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Le Monde de L'Écriture » Salon littéraire » Salle de lecture » Romans, nouvelles » Voyage au bout de la nuit (Louis-Ferdinand Céline)

Auteur Sujet: Voyage au bout de la nuit (Louis-Ferdinand Céline)  (Lu 17554 fois)

Hors ligne Safrande

  • Troubadour
  • Messages: 391
Re : Voyage au bout de la nuit (Louis-Ferdinand Céline)
« Réponse #15 le: 30 Août 2024 à 23:09:22 »
Pourquoi Proust une énigme ? Quand on suit le cheminement du Marcel, tel qu'il est décrit dans la Recherche, tel qu'il est plus ou moins démenti par sa correspondance, tel qu'il est plus ou moins confirmé dans certains témoignages, rien d'étonnant à ce que Marcel soit devenu Marcel  :)

Et pourquoi on a rien lu si on a pas lu Céline ?

Et pourquoi selon toi Céline il franchit pas la porte de Faulkner, Joyce, Kafka ? Sur quel plan ? Comment ça marche ?
Il regardait le verre non à sa portée d'une façon de reproche.

Hors ligne marécage désolé

  • Aède
  • Messages: 165
Re : Voyage au bout de la nuit (Louis-Ferdinand Céline)
« Réponse #16 le: 31 Août 2024 à 10:51:45 »
joyce, céline, faulkner, dorcel... ... ...

c'est très sollersien tout ça...
"En vert et contre tout."

Hors ligne pehache

  • Grand Encrier Cosmique
  • Messages: 1 445
Re : Voyage au bout de la nuit (Louis-Ferdinand Céline)
« Réponse #17 le: 09 Septembre 2025 à 19:05:06 »
Faulkner, Dos Passos, etc. doivent à Céline. Pas le contraire.
Il y a sur le web une interviou de L-F C. où on cherche à lui faire dire du mal de Proust... Et il en dit du bien.
(En revanche, il éreinte Stendhal.)

Hors ligne Marcel Dorcel

  • Prophète
  • Messages: 647
Re : Voyage au bout de la nuit (Louis-Ferdinand Céline)
« Réponse #18 le: 07 Octobre 2025 à 23:04:25 »
On y revient toujours.

Céline ne me doit rien et je ne luis dois rien.
Même si c'est un immense écrivain.
Et au-delà de l'indigne.
Même si lui n'a donné personne, ni les juifs, ni personne. Lucette est morte.
En mémoire de rien ou de je suis partout.

Céline, c'est tout ou rien.
Nobody's perfect.
Même Darnand, je lui en veux pas.

Ce qui me fait chier c'est la mort de Max Jacob.
Et les milliers de femmes tondues à la libération, jetées nues dans la rue comme de vulgaires chiennes.
Pour le reste...
Si ceux qui disent du mal de moi savaient exactement ce que je pense d'eux,  alors ils en diraient bien davantage.
Sacha Guitry

J'ai trop joué avec les ombres de la nuit pour que celles-ci bientôt ne s'emparent de moi.
François Augiéras

Hors ligne Apprenti fantaisiste

  • Tabellion
  • Messages: 23
Re : Voyage au bout de la nuit (Louis-Ferdinand Céline)
« Réponse #19 le: 09 Novembre 2025 à 17:14:31 »
Je l'ai étudié comme bien d'autres il y a longtemps, lors de mes études au lycée. Ce qui fait que je m'en rappelle encore s'explique par le style "sans filtre" et sans ménagement.

Cela a aussi été mon premier ouvrage traitant sur la 1ère Guerre Mondiale et les horreurs des tranchées. Je ne me souviens pas d'avoir tout lu, mais l'ouvrage m'a clairement marqué. Il y a des mots violents, sans détours, parfois choquants vis à vis de cette période...mais criants de vérité.

Il faudra que je le retrouve en bibliothèque, ou dans une boite à lire pour pouvoir le terminer.
« Trois feux de joie seront à nouveau allumés. Un de ces monstres, du ciel, de la nuit va émerger…et ce mal, trop souvent renié et à tort oublié…de nouveau va frapper. » Prologue de Firesword

Hors ligne pehache

  • Grand Encrier Cosmique
  • Messages: 1 445
Re : Voyage au bout de la nuit (Louis-Ferdinand Céline)
« Réponse #20 le: 05 Janvier 2026 à 15:20:22 »
Nous  voici encore seuls. Tout cela est si lent, si lourd, si triste... Bientôt je serai vieux. Et ce sera enfin fini. Il est venu tant de monde dans ma chambre. Ils ont dit des choses. Ils ne m’ont pas dit grand chose. Ils sont partis. Ils sont devenus vieux, misérables et lents, chacun dans un coin du monde.
Hier à huit heures Madame Bérenge, la concierge, est morte. Une grande tempête s’élève de la nuit. Tout en haut, où nous sommes, la maison tremble. C’était une douce et gentille et fidèle amie. Demain on l’enterre rue des Saules. Elle était vraiment vieille, tout au bout de la vieillesse. Je lui ai dit dès le premier jour quand elle a toussé : « Ne vous allongez pas surtout !...Restez assise dans votre lit. » Je me méfiais. Et puis voilà...Et puis tant pis...
Je n’ai pas toujours pratiqué la médecine, cette merde. Je vais leur écrire qu’elle est morte Madame Bérenge à ceux qui m’ont connu, qui l’ont connue. Où sont-ils ?...
Je voudrais que la tempête fasse encore bien plus de boucan, que les toits s’écroulent, que le printemps ne revienne plus, que notre maison disparaisse.
Elle savait Madame Bérenge que tous les chagrins viennent dans les lettres. Je ne sais plus à qui écrire...Tous ces gens sont loin... Ils ont changé d’âme pour mieux trahir, mieux oublier, parler toujours d’autre chose...
Vieille Madame Bérenge son chien qui louche, on le prendra, on l’emmènera.
Tout le chagrin des lettres, depuis vingt ans bientôt  s’est arrêté chez elle. Il est là dans l’odeur de la mort récente, l’incroyable aigre goût...Il vient d’éclore...Il est là...Il rôde...Il nous connaît, nous le connaissons à présent. Il ne s’en ira plus jamais. Il faut éteindre le feu dans la loge. A qui vais-je écrire ? Je n’ai plus personne. Plus un être pour recueillir doucement l’esprit gentil des morts...pour parler après ça plus doucement aux choses...courage pour soi tout seul !
Sur la fin ma vieille bignolle, elle ne pouvait plus rien dire. Elle étouffait, elle me retenait par la main...Le facteur est entré. Il l’a vu mourir. Un petit hoquet. C’est tout. Bien des gens sont venus chez elle autrefois pour me demander. Ils sont repartis loin, très loin, dans l’oubli, se chercher une âme. Le facteur a ôté son képi. Je pourrai moi dire toute ma haine. Je sais. Je le ferai plus tard s’ils ne reviennent pas. J’aime mieux raconter des histoires. J’en raconterai de telles qu’ils reviendront, exprès, pour me tuer, des quatre coins du monde. Alors ce sera fini et je serai bien content.
Louis-Ferdinand Céline, Mort à crédit (page 1)

 


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