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Le Monde de L'Écriture » Coin écriture » Textes courts (Modérateur: Claudius) » L'hippocampe

Auteur Sujet: L'hippocampe  (Lu 1490 fois)

Hors ligne Eptel Oru

  • Plumelette
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L'hippocampe
« le: 19 Février 2016 à 08:09:49 »
                                                                                         L’hippocampe

Le repas de Noël se termina tôt cette année, tout le monde était fatigué, enrhumé, pressé de rentrer. Après le diner, je marchai seul dans les rues silencieuses de Paris, contre un vent froid. Une majestueuse lune, ronde comme une galette des rois s'élevait dans la nuit. Selon un article du journal 20 minutes, le réveillon de Noël et la pleine lune étaient synchrones pour la première fois depuis 38 ans ; c'était une belle coïncidence, propice aux présages. En rentrant à la maison, personne ne m’attendait mis à part un admirable pandoro trônant sur la table comme un roc moelleux et ocre aux angles arrondis, enneigé de sucre-glace en son sommet. La fatigue de la journée m’avait embrumé l’esprit. J’avais envie d’un café avec une savoureuse tranche de pandoro, cela me remonterait. Je mis donc ma chère cafetière italienne sur le feu. Quelques minutes plus tard, elle siffla en expirant de la vapeur. Je la posai sur la table à coté du gâteau lorsque des volutes gazeuses s’échappèrent de son bec de métal et vinrent tourbillonner dans les feuilles de ma plante verte. De cette vapeur d’eau jaillit, à ma grande stupeur, un petit hippocampe ailé, les ailes battantes tel un colibri. Son corps vert-émeraude était cuirassé et ses yeux globuleux, jaunes pâles, avaient deux minuscules pupilles noires qui me fixaient. J'étais terrorisé. Il s’adressa à moi ainsi :
- N’aie pas peur, je ne te veux aucun mal ! Regarde par la fenêtre, aperçois-tu l’église   
en brique rouge ?
- Oui... mais... comment le savez-vous ! C’est... l’église St Christophe de Javel.
Lui répondis-je en essayant de conserver mon sang-froid.
-  Sur les marches de la grande porte d’entrée, tu verras une tsigane mendier, amène-lui un repas pour ce soir. Sois tranquille, je n’ai rien contre toi, tu es tout pâle !
 - Oui... euh.. d’accord... mais qui êtes vous, hippocampe ?
Il s’évapora au moment où je lui posai la question. J'étais sous le choc, un hippocampe ailé capable de parler ! Heureusement, il n’était pas méchant mais cet événement insensé me fit trembler de tout mon corps. Une heure passa. Je commençai peu à peu à me ressaisir et mon intuition m’incita à répondre à l’appel de l’hippocampe. J'avais envie d’offrir un repas à cette tsigane, n’était ce pas quelque part l’esprit de Noël ? Je pris dans ma cuisine, un reste de pain, du fromage, des cornichons polonais, des mandarines, des olives, un fond de Monbazillac, un quart de quiche et je découpai la moitié de mon pandoro. Une fois le tout emballé, je descendis la rue des Cévennes en direction de l’église. Mon coeur battait fort et le doute me saisit.
- Et si tout cela était faux ? Tu délires mon pauvre vieux !
 me dis-je, en tournant à droite dans la rue St Christophe. J’aperçus l’église. La messe de Noël se terminait et les gens sortaient par le portail éclairé de l’intérieur. Lorsque j'arrivai, tout le monde était déjà sortis et sur les marches je vis la vieille tsigane
assise, un gobelet Mc Donald rempli de pièces. Je m’approchai d’elle timidement avec mes victuailles. A ma vue, son visage s’illumina et elle s’écria :
-  Vous êtes venu monsieur ! Je vous reconnais je vous ai vu hier dans ma prière, je savais que vous viendriez !
-  Diable !...Vous ... vous m'avez vu... dans votre prière !  C'est incroyable !
lui répondis-je, abasourdi.
Tel un somnambule, je lui remis le repas en lui souhaitant machinalement joyeux Noël.
- Que dieu vous protège Monsieur, bon Noël à vous aussi !
 Ses yeux brillaient de joie. Je rentrai chez moi ne sachant plus quoi penser. J’ouvris la porte et sur la table à coté de mon demi pandoro, une bougie que je n’avais pas allumé éclairait la pièce. Je l’éteignis et me mis au lit dans un état d'agitation intense. Pendant des heures, je tournais et retournais sans cesse, l’extraordinaire événement dans ma tête.
 -  D’ou venait cet étrange animal ailé, doué de parole?
 -  Etait-ce un esprit ?
 -  Comment la tsigane pouvait-elle m’avoir vu dans sa prière ?
 -  Pourquoi avais-je été choisi pour accomplir cette mission ?
Ce qui s’était passé ce jour là, me fit douter de ma santé mentale. Ma nuit fut sans sommeil et pour couronner le tout, un vent terrible soufflait contre la vitre comme en pleine mer. Aux aurores, je me levai, faible et anxieux. Je fixai avec préoccupation ma cafetière, je devais en avoir le coeur net, aussi fébrilement je préparai le café. L’attente fut interminable, mes mains tremblotèrent. Finalement, la machine en aluminium siffla comme une petite locomotive et la vapeur se diffusa dans la pièce…
Mais rien ne se produisit !  Point de cheval de mer. J’en fus considérablement soulagé et une fois le petit-déjeuner achevé, mon esprit s’apaisa. D’accord, l’épisode d’hier était irréel, mais au fond que savons-nous de la vie ? Elle est remplie de phénomènes inexplicables. Je pris la résolution de ne plus me laisser déstabiliser par ce genre d’incident. Je ne me sentais pas fou non plus, j’étais lucide et ma raison gardait le contrôle. En plus j’avais accompli une bonne action. Ces pensées me requinquèrent le moral, on était le 25 et l’esprit devait être à la fête. J’étais invité chez mes grands-parents à 14h pour la distribution des cadeaux. Je réussi à passer une bonne après midi auprès de ma famille sans rien laisser paraître. Voir les enfants défaire les emballages de leurs jouets avec véhémence et précipitation, était une attraction récréative qui me fit presque oublier l’affaire de la veille. Je quittai la joyeuse maisonnée vers 19h et pris le métro. Dans le wagon je m’assoupis puis m’endormis. De justesse, je descendis à la station, Javel André Citroën puis je gravis les marches de la sortie dans un état vaporeux. Dehors, les toits et les arbres étaient couverts de blanc. La fraicheur des flocons fondant sur mon visage et la neige
tombante sur la Seine argentée, me mirent du baume au coeur. Alors que je longeai les rails du RER C, je vis sur un terrain vague au loin, trois adolescents roms, s’amusant à bruler un pneu de voiture. J’observai un moment leur manège lorsque soudain, ils détalèrent en un clin d’oeil. Quelques secondes plus tard, je compris la raison de leur fuite, une voiture de police passa lentement près du terrain abandonné. J’étais à présent tout proche du pneu enflammé, une forte odeur de caoutchouc me saisit, un sifflement se fit entendre et de la fumée sombre l’hippocampe émergea encore une fois. J’essayai de ne pas tressaillir. Il avait la taille d'un moineau et la neige chutait sur ses ailes vibrantes, noires de suie. Je l’écoutai le plus calmement possible. Sa voix sortant de sa trompe vibrante était grave et bienveillante :
- Près d’ici, un homme ivre est tombé dans la Seine, sauve-le ! me dit-il.
- Oui, cheval de mer... Mais encore une fois qui est-tu ?
-  Je te l’expliquerai bientôt, reste calme, Demain, sera la dernière fois
que l’on se reverra.
A la suite de ces paroles, il disparut. Prenant mon courage à deux mains, je courus vers la Seine. En passant sous le pont Mirabeau, j’entendis un homme crier à l’aide. A environ un mètre du bord, un vieil homme se débattait dans l’eau du fleuve. Souvent, en situation d’urgence nous mobilisons toutes nos ressources personnelles pour trouver une solution rapidement. J’attrapai vite une planche de bois laissée sur le quai et la tendis au malheureux. Par un effort désespéré, Celui-ci s’agrippa au morceau de bois ;  je le tirai vers la rive. Mais il était trop lourd, je manquai de force pour le soulever. A cet instant, par chance, une jeune femme ayant vu la scène du haut du pont courut à ma rescousse. A deux, nous réussîmes à hisser le pauvre homme sur le bord. Il grelotait, les lèvres bleuies, ses paroles étaient confuses et il gémissait. Il portait des habits usés et sales, c’était vraisemblablement un SDF. La demoiselle appela d’emblée les pompiers pendant que je déshabillai le vieillard puis le couvris avec mon manteau et mon bonnet pour lui éviter une hypothermie. Nous étions, elle et moi, mouillés et transis de froid. Elle était stressée, mais conservait une certaine assurance, son visage soucieux était emprunt de douceur et sa voix restait chaleureuse. Le vieux monsieur frissonnait et claquait des dents, mais heureusement l’attente fut brève, la sirène retentit et les pompiers arrivèrent vite. En un tournemain, ils l’installèrent dans le fourgon et vérifièrent si nous allions bien. Nous répondîmes que oui. Une fois les secouristes partis, je la raccompagnai au métro en la remerciant de m’avoir aidé.
- Mais c’est grâce à vous surtout que ce pauvre homme à été sauvé !  Je m’appelle Lise et vous ?
- Moi c’est Florian… je... bonne soirée et encore merci !
- A vous aussi Florian !
 J'étais charmé par cette fille, elle avait une allure gracieuse et un sourire affriolant.
Je n’osais rien dire, nos mains glacées se serrèrent et nous nous séparâmes. Elle
descendit les escaliers, laissant son parfum derrière elle. Sur le chemin du retour, j'eus un pincement au coeur, J'aurais du lui proposé de se revoir, le courant était bien passé entre nous. A la maison, frigorifié et fourbu, je pris tout de suite un bain chaud et me jetai au lit. Je n’avais qu’une envie celle de dormir. Ma dernière image avant le sommeil fut le doux visage de Lise. Le matin suivant devant une tasse de café fumante, je songeais à la journée de la veille, riche en émotions, j’avais fini par accepter les apparitions de ce sacré hippocampe. Tout compte fait il m’avait poussé à bien agir. Je compris qu’il était une sorte d’esprit me mettant à l’épreuve. Il se manifesterait surement le soir comme les autres fois. Nous étions ce jour là, le 26 décembre et je dus me rendre à mon entreprise. Au travail, je restai silencieux au sujet de mes aventures, ils m’auraient pris pour un fou. Après une journée monotone devant l’ordinateur, j’accueillis avec enthousiasme le pot de Noël entre salariés qui débuta à 18h. L’humeur était joyeuse, les blagues fusèrent et les verres se remplirent. Pensif par moment, je parvins tout de même à rire de bon coeur aux plaisanteries les plus douteuses. Deux semaines auparavant, nous avions tous participé à un tirage au sort entre collègues. Le jeu consistait à piocher à l’aveugle, un papier sur lequel était écrit le nom du cadeau à offrir et celui du destinataire. J’était tombé sur un masque de plongée pour Nicolas le technicien réseau. Bien sur cette information devait rester secrète pour préserver l’effet de surprise. C’était maintenant l’heure d’ouvrir les cadeaux. Je reçus de Rémi le comptable, un mégaphone. Je m’esclaffai à la vue de ce présent saugrenu. Je passai le reste de la soirée à faire l’idiot avec mon nouveau jouet en cassant les oreilles à tout le monde. Je quittai finalement la boite vers 21h parmi les derniers. Avant d’effectuer une troisième mission pour le cheval de mer, j'avais besoin de décompresser un minimum. Une fois l’amusant cadeau dans mon sac, je mis le cap vers la station de métro en déclamant des incantations pour faire venir maître hippocampe. L’esplanade de la Défense était désert et le ciel étoilé, limpide. La neige d’hier avait bien tenu et la température approchait de zéro. En arrivant aux tourniquets, je cherchai mon passe Navigo, je fouillai partout dans mes poches, dans mon sac, mais malheureusement je ne le trouvais pas. Je l’avais perdu ou oublié à la maison, espérant que ce fut la deuxième option. Je n’avais aucun moyen de paiement sur moi, juste une carte Velib. Je décidai donc de rentrer à vélo. Par chance, les routes étaient salées, je n’avais donc pas de mal à circuler. Je remontai l’avenue Charles de Gaulle et traversai la porte Maillot. En passant près du cirque Romanes,  je remarquai, perché sur le chapiteau rouge et jaune du cabaret tsigane, un pigeon blanc m’observant avec insistance.
- C’est surement un signe.
 Soupirais-je en continuant à rouler.  Je perçu un bruissement d’ailes tout proche.
- Aie !
J’avais reçu quelque chose sur la tête et maintenant au-dessus de moi, le pigeon
blanc tournoyait. Je ramassai le projectile en me frottant le crâne. C’était un marron sur lequel était gravé « Suis moi. »
 - Mon cher cheval de mer s’amuse bien ! Me dis-je en moi même.
 L’oiseau vola lentement en direction du bois de Boulogne, je le suivis en pensant qu'à cette heure-ci, le bois était un endroit qu’il valait mieux éviter. Cependant la beauté de la forêt enneigée me fit oublier mon appréhension. Les sons de la nuit étaient comme assourdis et il ne semblait y avoir personne. A la suite de mon guide aérien,  je m’engageai dans une allée impraticable en vélo, je l’accrochai  donc à un tronc et continuai à pied. L’hippocampe ne devait pas être bien loin. J'avais pris la précaution de couvrir les feux avant et arrière du vélib avec du papier journal que je gardais dans mon sac. De cette façon, je me retrouvai dans l’obscurité et restai invisible dans ce lieu peu recommandable. Je marchais depuis déjà cinq bonnes minutes derrière le pigeon, quand brusquement des voix rauques et agressives parvinrent à mes oreilles. Je ressentis une montée d’adrénaline et me cachai spontanément dans un buisson. A travers les arbres, je vis à la lueur d’un réverbère, une Mercedes noire garée et quatre individus entourant une femme recroquevillée au sol, la tête dans les mains. Il se mirent à la rouer de coups. J’étais terrifié et ne sus que faire. Alors que je rampai vers le groupe, une lumineuse idée vint à mon esprit : 
- Le mégaphone ! Mais oui… bien sûr !
  Surmontant ma peur et me redressant d’un seul mouvement, je hurlai dans mon cadeau de bureau :
- Police ! Ne bougez pas ! Vous êtes cernés !
 Mon annonce fut parfaitement efficace. Les quatre voyous se précipitèrent dans la voiture et disparurent en un quart de tour. J’avançai vers la femme mais celle-ci, déjà levée, prit peur en me voyant et fila en courant. Je ne cherchai même pas à la rattraper. Il faisait noir comme dans un four, c’était peine perdue. Je félicitai mon mégaphone et le rangeai en tremblant. Durant l’incident, l’oiseau blanc s’était tenu sur une branche, impassible. Il reprit son vol et je le suivis à nouveau, il tourna à droite et m’emmena sur un sentier touffu. La végétation se densifiait au fur et à mesure que nous avancions. Un éclair roux et deux yeux brillants passèrent furtive-
ment ; c'était un renard. Le chemin broussailleux se termina contre un ruisseau dans
lequel je manquai de tomber et le pigeon s’éleva dans le ciel puis sortit de mon champ de vision. Je me retrouvai seul face au cours d’eau brumeux.
Soudain un sifflement jailli et l’hippocampe surgit des flots, les ailes ruisselantes. Un rayon de lune l'éclairait. Ses pupilles étaient dilatées et son corps devenu vert-transparent fumait comme celui d'un cheval en nage. On pouvait presque voir à travers lui. Il prit la parole :
- Bravo Florian, pour ce que tu viens de faire !
- Merci hippocampe, mais tu m’as donné du fil à retordre.
- Tu peux le voir comme ça. Ainsi, tu aimerais savoir qui je suis ?
- Oui.
- Eh bien… je suis le fruit de la rencontre entre la pleine lune et le 25 décembre, je nais lors de phénomènes rares. Je représente une des forces cachées de la vie qui se manifeste parfois dans l’existence d’un être humain.
Je ne suis pas le destin, tu es libre. Je ne suis pas non plus un donneur de leçon, tu as suivi mes instructions mais rien ne t’y obligeait.
J’ai simplement stimulé le meilleur de toi même, la vie est capable de ça parfois. Considère moi comme un esprit.
- Mais pourquoi moi ?
- Tu n’est ni le meilleur, ni le pire des hommes, c’est un concours de circonstance qui a provoqué notre rencontre, voila tu ne me verras plus, je te souhaite une belle vie !
- Attends juste une dernière question.
- Je t’écoute.
- Si je n’avais pas suivi tes avertissements, que ce serait-il passé ?
- Il y aurait eu plus de souffrance dans le monde, voila tout. Tiens je te laisse un souvenir.
Sur ces mots,  il s’éleva vers le feuillage d’un pin et s’éclipsa dans la pénombre. Au sol, luisait un petit cheval de mer sculpté en corail blanc et aux reflets bleutés, il était magnifique, je le glissai dans ma poche. Après cette ultime rencontre, je récupérai le vélib’ et rentrai chez moi épuisé. Je ne me souvint plus de ce qui passa par la suite jusqu’au matin. Le lendemain lorsque je me réveillai, un ciel bleu et une douce lumière d’hiver éclairait mon studio. Peu après, ma vaillante cafetière siffla et exhala sa vapeur. Au moment où je me versai du café dans une tasse, le téléphone sonna.
 - Allo, Florian ?
 - Oui c’est moi !
 - C’est Lise, de l’autre jour.
 - Ah Lise ! Qu... quelle surprise !  Bon... bonjour !  Mais... mais comment as-tu trouvé mon numéro ?
 Balbutiai-je maladroitement en renversant un peu de café sur la table. J'étais euphorique.
 - On…peux se tutoyer ?  ajoutais-je
 - Oui sans Problème, Florian ! Tu sais ? Lorsque nous nous sommes quittés au métro de Javel, j’ai descendu les marches et devine quoi, j'ai trouvé ton passe Navigo par terre, je t’ai reconnu sur la photo, du coup je suis remontée mais tu n’étais déjà plus là ! J’ai cherché Florian Gallion sur les pages jaunes, il y en avait qu’un seul. J’ai appelé sur ton fixe hier et comme tu étais absent, j’ai laissé un message sur ton répondeur.
- Oh merci beaucoup Lise ! On peut se retrouver... pour... que...que je  récupère mon passe ?
- Oui bien sur ! Ca me ferait plaisir... de te revoir, ça te va un rendez vous aujourd'hui à 14h au Pont Mirabeau ?
- Oui c'est parfait ! Moi aussi… ça me ferait plaisir Lise ! Une chance d’avoir perdu ce passe ! A plus tard !
- Oui à toute à l'heure !
Je raccrochai le téléphone rayonnant de joie ; quand tout à coup sur
l'étagère un léger tressaillement attira mon attention. Je tournai la tête et mon regard s'arrêta sur l'hippocampe en corail. Il était immobile mais semblait sourire.
« Modifié: 28 Février 2016 à 22:48:18 par Eptel Oru »

Hors ligne Milora

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Re : Conte de Noël
« Réponse #1 le: 20 Février 2016 à 14:01:28 »
Salut !

J'avoue que je n'ai pas réussi à adhérer à ton texte. J'ai trouvé qu'il lui manquait un petit quelque chose qui le donne l'impression qu'il était bien abouti, bien lissé. Les nouvelles (et les contes), plus c'est court, plus c'est difficile, parce qu'il faut qu'en peu de lignes on ait donné assez au lecteur pour qu'il ne reste pas sur sa faim... Dans ce texte-ci, j'ai l'impression que tu pourrais creuser dans deux directions. Soit changer la chute, pour qu'elle soit moins convenue, qu'elle surprenne davantage, qu'elle apporte, peut-être, un indice qui révèlerait un sens nouveau au texte. Ou bien, deuxième option possible(et pas incompatible), ce serait de beaucoup plus travailler la forme, pour vraiment donner une ambiance à ton texte. Là, tel quel, il se lit sans difficulté, mais il ne nous plonge pas dans une ambiance, ni onirique, ni de Noël, ni de conte, ni étrange. Tu nous donnes juste les informations nécessaires, mais on ne s'y sent pas encore vraiment.

Voilà, c'est un avis tout subjectif, pour expliquer pourquoi je n'ai pas accroché. Tu prends/tu jettes dans cet avis ce qui te semble utile ou pas, bien sûr !

À bientôt sur un autre texte :)

Quelques remarques de forme :
Citer
Après le diner, Je marchais dans les rues
Minuscule, et j'aurais plutôt vu un passé-simple

Citer
contre un vent froid tandis que s’élevait dans la nuit, une pleine lune ronde comme une galette des rois
bug de ponctuation

Citer
je mis ma chère cafetière italienne sur le feu. Quelques minutes plus tard, la cafetière siffla
répétition de "cafetière"

Citer
dans la feuilles
bug ;)

Citer
comme si au fond de moi je m'y était préparé.  Il s’adressa à moi ainsi
moi x3

Citer
« - Regarde par la fenêtre, aperçois-tu l’église en brique rouge ? »
« - Oui, bien sur c’est l’église St Christophe de Javel » répondis-je
« - Sur les marches de la grande porte d’entrée tu verras une tsigane mendier,
      amène lui un repas pour ce soir. »
« - Oui d’accord mais qui es tu, hippocampe ? »
Pour les dialogues, c'est soit guillemet ouvrant à la première réplique et fermant pour la dernière, soi pas de guillemets, et en tout cas tu peux pas mettre guillemets + tirets de dialoge.
La ponctuation a des petits problèmes dans ce dialogue : il faut une virgule après "bien sûr" (et un accent circonflexe ^^), et le "oui d'accord qui es-tu" manque aussi de virgules.

Citer
Je n’était pas effrayé
n'étais

Il ne faut jamais remettre à demain ce que tu peux faire après-demain.

Hors ligne Eptel Oru

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Re : Conte de Noël
« Réponse #2 le: 20 Février 2016 à 16:43:04 »
Merci pour ton analyse,
 j' ai écrit ce texte assez vite, l'histoire m'est venue spontanément. Effectivement tu as raison, il faudrait que j'étoffe plus l'histoire, ça tombe comme un cheveux sur la soupe, il manque un développement. Par contre,
pour ce qui est du style, je voulais faire le plus simple et clair possible afin que le lecteur oublie qu'il est entrain de lire. 
Merci je vais corriger les Bug

Hors ligne ernya

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Re : Conte de Noël
« Réponse #3 le: 22 Février 2016 à 13:53:33 »
 
Citer
Après le diner, Je marchais dans les rues silencieuses de Paris,

majuscule fautive

Citer
contre un vent froid tandis que s’élevait dans la nuit, une pleine lune ronde comme une galette des rois.
soit tu mets "dans la nuit" entre virgules, soit tu enlèves la virgule après "nuit" parce qu'en l'état ce n'est pas correct

Citer
J’avais lu dans le journal 20 minutes que c’était la première fois depuis 38 ans qu’une rencontre entre la pleine lune et le réveillon de Noël arrivait.
"rencontre" est-il vraiment le bon mot ?

Citer
comme si au fond de moi je m'y était préparé.

étais

Citer
- Oui, bien sur, c’est l’église St Christophe de Javel répondis-je
Javel, répondis-je.

 
Citer
- Sur les marches de la grande porte d’entrée tu verras une tsigane mendier,
      amène lui un repas pour ce soir. »
amène-lui

Citer
- Oui d’accord, mais qui es tu, hippocampe ?
es-tu

Citer
Je n’était pas effrayé, ni bouleversé bizarrement.

Je n'étais

Citer
n’était ce pas quelque part l’esprit de Noël ?
n'était-ce pas

Citer
« Tu délires mon pauvre vieux  !»  Pensais-je en tournant à droite dans la rue St Christophe.
pensais-je

Citer
J’aperçu l’église, au moment oû la messe de Noël se terminait
aperçus / où

 
Citer
Lorsque j’arrivais, tout le monde était déjà sortis
sorti

Citer
Tel un somnambule je lui remis le modeste repas en lui souhaitant joyeux Noël.
modeste ?  :o


Citer
Ses yeux brillait.
:vaurien:

Citer
une bougie que je n’avais pas allumé, éclairait la pièce.
allumée
et comme tout à l'heure, soit tu mets une virgule avant le "que", soit t'enlèves celle avant "éclairait", on ne coupe pas un verbe de son sujet

Je rejoins Mil. En l'état, ton texte manque un peu de punch. Ca peut être un texte qu'on donne aux enfants pour les inciter à faire une bonne action mais niveau littérature, c'est un léger, je trouve. Comme le dit Mil, il faudrait amener une chute inattendue ou alors donner une vraie ambiance de conte de Noël à ton texte.
N'abandonne pas quoi qu'il en soit !
"Je crois qu'il est de mon devoir de laisser les gens en meilleur état que je ne les ai trouvés"
Kennit, Les Aventuriers de la Mer, Robin Hobb.

Hors ligne Eptel Oru

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Re : L'hippocampe (nouveau titre)
« Réponse #4 le: 22 Février 2016 à 16:41:47 »
Merci Milora et Ernya pour vos corrections !
Suite a vos conseils, j'ai écrit un prolongement à ce texte qui a pris une tout autre tournure  8) .
Il ressemble plus a une nouvelle qu'à un conte maintenant. J'ai changé le titre qui ne convenait plus
Je l'ai appelé l'hippocampe ça correspond mieux.
Il y a surement plein de fautes malgré mes relectures; Le style est simple et naïf, c'est écrit dans un esprit littérature jeunesse, je dirais.
mais voila n' hésiter pas à me dire ce que vous en pensez.

Hors ligne Eptel Oru

  • Plumelette
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Re : L'hippocampe anciennement conte de noël
« Réponse #5 le: 24 Février 2016 à 10:38:53 »
Ca y est j'ai modifié le texte.  :)

Hors ligne Navilys

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Re : L'hippocampe anciennement conte de noël
« Réponse #6 le: 24 Février 2016 à 11:59:58 »
Salut,

attention, en te relisant il reste pas mal de fautes (dont une bonne partie est repérée par mon correcteur orthographique). En particulier tu as l'air d'avoir du mal à arbitrer entre passé simple (ponctuel) et imparfait (dans la durée).
Citer
Je l’éteignit et me prépara
Je l'éteignis et me préparai
Citer
Comment la tsigane pouvait elle m’avoir vu dans sa prière ?
pouvait-elle
Citer
-  Pourquoi ai-je été choisi pour accomplir cette mission ? 
avais-je été choisi, je dirais, pour la concordance des temps.
Citer
ce qui s’était passé, me fit douter 
La virgule me fait bizarre à cet endroit
Citer
un vent terrible soufflait contre la vitre, ainsi qu’en pleine mer
Je trouve que "ainsi que" rend assez lourd et pas très propre ici : à mon sens il doit servir à introduire une subordonnée et n'est pas équivalent à comme.
Citer
Au lever du jour, je me levais
passé simple! "je me levai"
idem pour "je fixai" à la phrase suivante
Citer
fébrilement je prépara le café
je préparai
Citer
Finalement la bouillante siffla
la bouilloire?
Citer
D’accord l’épisode d’hier était irréel, mais au fond que savons nous de la vie 
D’accord, l’épisode d’hier était irréel, mais au fond que savons-nous de la vie
Citer
Je réussi à passer une bonne après midi
je réussis
Citer
en ouvrant impatiemment leur cadeaux
leurs cadeaux.
Cadeaux est utilisé une ligne au dessus : présents, paquets peuvent les remplacer efficacement.
Citer
Je quittais la joyeuse maisonnée vers 19h et prit le métro   
vers 19h ->ponctuel dans le passé -> passé simple -> je quittai
je pris
Citer
J’étais a présent tout proche 
à présent
Citer
un sifflement se fit entendre et de la fumée sombre, l’hippocampe émergea encore une fois
Là aussi j'aime pas trop la virgule, ça me donne une impression de pas coupé au bon endroit. Enfin c'est peut-être subjectif.
Citer
- Oui cheval de mer mais encore une fois qui est tu ?
Je vais passer pour un chieur de la virgule mais là pour le coup j'en rajouterais.
Oui, cheval de mer, mais encore une fois, qui est tu ?
Citer
Je te l’expliquerais 
Là c'est du futur ->expliquerai
Citer
Demain ce sera la dernière fois que l’on se reverra. 
Ca rendrait moins lourd en zappant le "ce", je trouve.
Citer
Prenant mon courage à demain 
Est-ce un jeu de mots délibéré?
Citer
je couru 
courus
Citer
A la vitesse de la lumière, j’attrapa une planche 
Je suis pas fan de la vitesse de la lumière, ça me donne un vague impression de team rocket en pagaille...
j'attrapai
Citer
pendant que je déshabillais le vieillard promptement puis le couvris
passé simple encore : je déshabillai
Citer
répondîmmes
répondîmes
Citer
je la raccompagna 
je la raccompagnai
Citer
séparâmes
Citer
je pris, tout de suite, un bain chaud et me jeta au lit
me jetai au lit
Là je supprimerais les virgules, sinon tu mets plus l'accent sur le tout de suite que sur le bain chaud. Comme y'a pas tellement d'effet de surprise avec le bain chaud je trouve que la phrase est plus fluide sans.
Citer
Je ne parla point de mes aventures aux gens de mon entreprise
Je ne parlai
Ensuite je trouve que ne... point ne correspond pas au personnage. Cette tournure m'évoque une personne au style ampoulé, un peu aristocratique et hautaine, ce qui ne colle pas vraiment ici. Si tu veux éviter ne pas parler tu peux utiliser des expressions comme ne pas dire un/souffler mot ou carrément : je pris soin de cacher.
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il m’aurait pris pour un fou
je te suggère de regarder le sujet qui vient avant
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J’était 
j'étais
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Je m’esclaffa (...) Je passa (...) je chercha (...) Je décida (...) Je remonta 
Toutes ces fautes ont en commun deux choses:
- d'une part elles concernent le passé simple des verbes du premier groupe à la première personne : je m'esclaffai est la bonne forme (idem pour les autres). Je te suggère donc de vérifier plusieurs fois tous tes passés simples, voire tous tes verbes à la relecture (c'est vraiment en conjugaison que tu commets le plus de fautes, au présent et à l'imparfait aussi, même si c'est dans une moindre mesure). Il y en a encore beaucoup sur la fin du texte mais je te laisse les trouver. Je suis peut-être dur mais les fautes perturbent vraiment la lecture (surtout lorsqu'elle correspondent à des sons différents pour ma part, mémoire auditive oblige, mais de manière générale ça peut faire fuir tes lecteurs) et je pense que dans une certaine mesure c'est à toi de prendre le taureau par les cornes.

- d'autre part elles sont toutes soulignées par le correcteur orthographique de word 2007(je ne sais pas quel logiciel tu utilises) ce qui veut dire que tu pourrais facilement améliorer ton orthographe avant de poster, juste en l'utilisant (et également le correcteur peut t'aider à progresser si tu examines les raisons des erreurs). Pour l'instant près des 2 tiers des fautes que j'ai signalées te sont corrigeables en un temps minimal.
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Un renard ! Si proche de Paris ! 
Le personnage est à peine surpris de la présence de l'hippocampe et n'hésite pas à suivre un pigeon jeteur de cailloux, mais est surpris de la présence d'un renard à Paris ! C'est un peu dur à avaler : on a plutôt l'impression que le personnage est dans un état tellement perturbé que plus rien ne pourra lui faire hausser les sourcils. Je trouve du coup l'expression de surprise vis-à-vis du renard plutôt surjouée. Surtout qu'il parle ensuite à l'hippocampe volant sans la moindre marque d'une quelconque surprise.
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le fruit de la rencontre entre la plein lune et le 25 décembre
pleine lune
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Considère moi 
Considère-moi
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ne me souvint plus de ce qui passa par la suite jusqu’au matin
ne me souvins plus de ce qui se passa par la suite jusqu’au matin
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Oui bien sur ,
Oui, bien sûr,

Voilà pour ce qui concerne les remarques précises. C'est le tour des remarques générales à présent.
Dans les grandes lignes je trouve que tu as une imagination certaine quitte à te laisser emporter par l'idée suivante sans prendre le temps de détailler davantage. La rencontre avec Lise est extrêmement brève et laisse le lecteur sur sa faim : bien sûr, il fallait gérer l'urgence et sauver le pauvre homme au plus vite. Mais le personnage principal pourrais avoir le temps de l'observer un peu plus, de décrire ce qu'il pense plus en détail. Son vrai cadeau de Noël, c'est sa rencontre avec Lise, en fin de compte : ça mériterait d'y passer plus de temps. Même chose pour ton hippocampe: tu nous le décris si peu! Crache-t-il des lasers par le nez, a-t-il une voix d'outre-tombe qui lui donne un air macabre, brille-t-il dans le noir? Tu as trois apparitions en plus, profites-en pour rajouter les détails au fur et à mesure pour ne pas surcharger (attention à rester cohérent quand même :) )

Je t'ai fait une remarque sur le manque de surprise général du personnage. C'est peut-être le personnage le plus zen qui soit : pouf, un hippocampe géant volant sors de sa cafetière à l'italienne en lui parlant et ni une ni deux, il te sort le nom de l'église d'à côté sans même réfléchir. Par contre un renard à Paris lui paraît la chose la plus incroyable du monde! Même s'il était probablement encore sous l'effet des vapeurs du réveillon pour la première fois, on comprend mal comment il peut être si calme la première fois et chamboulé par le renard. C'est peut-être un parti-pris d'avoir choisi quelqu'un de blasé pour lui montrer des choses incroyables et le sortir de son train-train mais du coup vas-y plus carrément sur ce côté-là du personnage (et zappe l'interrogation du renard). Sinon, si ton personnage se veut normal (ce que je pense vu la réaction qu'il a en contre-coup après la première rencontre) un peu plus de surprise la première fois ne serait pas déplacé.

Enfin, au risque de paraître lourd, j'insiste : attention à l'orthographe et en particulier à la conjugaison, ça endommage beaucoup le texte lui-même et tu peux en partie régler le problème rapidement en utilisant un correcteur orthographique.

Voilà, en tout cas merci pour la lecture et bon courage pour les modifs!
C'est parfois en faisant des étincelles que les problèmes s'éclairent.

Hors ligne Eptel Oru

  • Plumelette
  • Messages: 19
Re : L'hippocampe anciennement conte de noël
« Réponse #7 le: 24 Février 2016 à 12:32:29 »
Merci pour ta longue réponse, j'ai du pain sur la planche,
faut je révise l'emploi du passé simple et de l'imparfait,  :o
j'utilise Texedit sur mac, mais je ne maitrise pas trop le logiciel.
encore merci d'avoir pris le temps de me lire, J'irais lire ce que tu fais  :)


 


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