
Comme beaucoup d'entre nous, j'ai parmi mes connaissances un énergumène qui appartient à la famille des prétentieux.
Le genre d'individu dont la vanité est si démesurée qu'elle pourrait aisément percer la couche d'ozone.
Le champion toutes catégories des "j'ai tout fait", le titan des "j'ai tout vu", l'as des "à moi on m'la fait pas".
Bref, le crack des casse-bonbons.
Hors ce matin là, qui vois-je arriver dans mon bureau, déguisé en citrouille ?
Ce cher Monsieur "suffisant" !
Affublé d'un pauvre blouson de ski aux formes boudinées, il avait cru bon de le choisir orange vif.
Ah mes aïeux, quel spectacle halloweenesque ! J'ai cru que j'allais me pisser dessus.
Perdu dans ce manteau trop grand pour lui et son orgueil, la créature avait pressenti qu'elle portait sur le dos matière aux moqueries.
Aussi, comme un enfant qui préfère avouer une bêtise pour amoindrir sa punition, le clone de Casimir prit les devants et anticipa les quolibets en clamant haut et fort : "Tu peux m'appeler Jean-Claude Dusse !".
Avec la perche que me tendait ce bronzé du bulbe, j'aurais pu le mettre en boîte de bien des façons.
Et je ne cache pas que j'ai eu toutes les peines du monde à retenir une monstrueuse envie de lui asséner le coup de grâce par ces mots :
"Tiens, j'ignorais que le bonhomme Michelin et Tic-Tac orange sponsorisaient les épouvantails ?".
Mais après réflexion, je n'ai pas daigné rétorquer car comme disait si justement Michel Audiard :
"J'parle pas aux cons, ça les instruit !".
Bah, je lui fais confiance.
S'il y a une chose pour laquelle ce clown est doué, c'est bien pour provoquer chez moi l'hilarité...
à son égard et bien malgré lui.
C'est toujours mieux que d'inspirer de la pitié, non ?