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Le Monde de L'Écriture » Coin écriture » Textes courts (Modérateur: Claudius) » Une île échouée sur Terre

Auteur Sujet: Une île échouée sur Terre  (Lu 4129 fois)

Hors ligne extasy

  • Palimpseste Astral
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Une île échouée sur Terre
« le: 31 Janvier 2016 à 22:21:23 »
.
« Modifié: 01 Juin 2016 à 06:27:38 par extasy »

Hors ligne derrierelemiroir

  • Calame Supersonique
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  • orque magnifique et ténébreuse
Re : Une île échouée sur Terre
« Réponse #1 le: 01 Février 2016 à 10:12:46 »
Salut extasy!

Ben franchement, je te trouve bien dur avec toi-même. Moi j'ai beaucoup aimé. Surtout le début et la fin. Il y a un beau fil conducteur tout du long, et pour ma part, je ressens bien ton personnage et son sentiment d'inutilité. Comme tout étudiant qui s'ennuie de sa vie.

Un peu plus en détails:

Citer
Mon téléphone fait sonner douze fois les coups de sept heures
C'est bête mais j'aime bien le contraste des 12 coups de 7h :) ça claque bien pour un début de phrase.

Citer
La journée s'annonce très longue, je suis déjà fatigué.
J'ai mal pour lui. Je ressens tellement cette fatigue qui commence dès le réveil, rien qu'en y pensant, j'ai envie de retourner me coucher  :huhu:

Citer
Me tirer de ma quiétude là, tout de suite, ce serait aussi malfaisant que de voir un chat qui somnole quelque part dehors, couché dans une flaque de lumière, et décider pour s'amuser un peu de vider un seau d'eau sur lui
Un peu trop longue cette phrase pour décrire la quiétude...

Citer
Morphée s'étant barré pour de bon (le salaud), je me décide à m'habiller. Allez, allumer la lumière, ouvrir les volets, saisir mes fringues par terre, passer rapidement par la minuscule salle de bain, c'est une affaire de cinq minutes.
Mais pourquoi est-il déjà huit heures moins le quart ? J'ai laissé sonner cet abominable téléphone pendant aussi longtemps, sans m'en rendre compte ?
Re-merde. Je serai encore en retard à la fac aujourd'hui. Triple merde.
Je trouve qu'on ressent très bien l'étudiant dans ce paragraphe. La description de son milieu, les jurons répétés, les retards habituels :)

Citer
Je n'ai aucun objectif. Pas la moindre ambition. Chaque fois que je pense être arrivé à destination, je ne tiens plus en place. Ma boussole intérieure doit être détraquée des fois, et là où je m'imagine trouver un trésor précieux, je ne distingue jamais rien d'autre qu'une mer plate à perte de vue. Échoué sur un îlot sans sable et aux palmiers sans ombre, je reste ahuri quelques temps, comme si j'émergeais d'un rêve, avant de me remettre dans l'eau pour faire la planche, en attendant qu'une vague quelconque m'envoie errer ailleurs. Parfois je me retourne, le temps d'apercevoir l'oasis pleine de fausses promesses que j'ai laissée derrière moi. D'autre fois je lève un index humide dans l'air stérile, et un rayon malicieux fait scintiller la salive qui entoure ma peau et me renvoie en plein visage mon doigt dressé. Mais tout est entièrement ma faute. A-t-on jamais vu un jeune homme qui n'a d'autre désir dans la vie que de pouvoir dormir vingt-quatre heures sur vingt-quatre ?
J'aime bien ce passage aussi, décidément, je t'avais dit que j'aimais beaucoup ce texte! Sauf que pour moi, me retrouver devant une mer plate à perte de vue, c'est le Saint Graal  ;D mais je comprends parfaitement l'image. Tu décris très bien le gars perdu, sans rêve autre que celui de dormir, complètement désillusionné, conscient de son propre échec. Le pauvre, alors qu'il devrait juste apprendre à aimer la mer :)


Citer
je fais demi-tour et ressors avec l'impression d'avoir perdu une narine.
J'aime beaucoup cette image haha.


Citer
Mais cette femme est figée comme une sculpture de glace, tellement fine et polie que la lisseur de son âme transparaît, translucide, dans des mouvements infimes.

Citer
d'un mouvement si délicat qu'elle me caresse l'âme en passant

Citer
Son regard ne brille pas, il ne luit pas, ne rayonne pas, ne pétille pas, il ne brûle pas, il n'éclate pas, ne scintille pas, il ne bouge pas ; il est une mer de tranquillité qui me remue le cœur. Dans son regard, il n'y a qu'un silence qui supporte sans protester le poids inconnu d'une vie plombée d'épreuves. Elle a ce lourd clignement des paupières, comme si en un morceau de seconde, elle se ressourçait pour l'éternité. Et sa personne dépouillée incarne une sagesse ancestrale qui me déchire jusqu'aux chromosomes.

Elle est belle comme un tableau.

Et j'ai honte de vivre.
Bah, d'adore vraiment tout ce passage, surtout la fin. Belle comme un tableau et le pauvre qui meurt de honte.


Voilà, donc en gros j'ai trouvé chouette, la fin m'a touchée, ça me donne envie de montrer à cet étudiant que la vie est belle et infinie.

Il y a sûrement des choses à améliorer, comme partout, quelques phrases un peu lourdes je suppose, mais comme il pleut aujourd'hui, je ne parlerai que des choses que j'aime :)

Au plaisir de te relire!




 
"[...] alors le seul fait d'être au monde
  remplissait l'horizon jusqu'aux bords"
  Nicolas Bouvier

Hors ligne barnacle

  • Grand Encrier Cosmique
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Re : Une île échouée sur Terre
« Réponse #2 le: 01 Février 2016 à 16:15:47 »
soyez sans pitié ^^

OK  >:D

Citer
Couché sur le ventre, j'agrippe l'objet et relève la tête avec difficulté pour voir l'écran tactile. Au prix d'un douloureux effort, je pose mon pouce sur la case "ignorer" et fais taire cette abominable suite de notes.
Deux phrases de suite avec la même structure (blabla virgule verbe et verbe).

- Je pense que l'exagération est trop poussée. Pas besoin de forcer le trait, c'est du connu ultra-partagé par tous, donc pas besoin de cet excès : "si dur de", "avec difficulté", "avec un douloureux effort", "abominable" (tu as choisi ta sonnerie assume), "m'effondre", "très longue". Le poids de l'effort doit être dans la phrase sans que les phrases s'effondrent sous l'idée.

Citer
Mon lit est divinement mou.
Un peu facile de caser le divin dans un adverbe.

Citer
je l'impression de m'enfoncer
je l'impression, d'abord.
Puis il n'en a pas l'impression, il le fait. Il s'imprime.

Citer
Les volets fermés ne laissent filtrer aucune lumière.
Je préfère l'inversion ("Aucune lumière ne filtre"), je trouve la formule plus légère sans le "laisser" - et dans cette portion tu cherches cette légéreté, cette suspension du temps.

Citer
J'aime cette atmosphère de tranquillité qui m'environne. Parfois je la sens comme peser sur moi.
Introduire une idée par j'aime ou je sens : bof. C'est un peu la solution minimum.

Citer
Me tirer de ma quiétude là, tout de suite, ce serait aussi malfaisant que de voir un chat qui somnole quelque part dehors, couché dans une flaque de lumière, et décider pour s'amuser un peu de vider un seau d'eau sur lui. Aucun humain ne serait capable d'une telle monstruosité, n'est-ce pas ?
Le saut d'eau est peut-être un peu loin de la "malfaisance" (terme moyen d'ailleurs) en l'état.
Pour rapprocher et donner plus d'impact : le saut d'abord, la somnolence à l'imparfait brisé :
"que de vider un seau d'eau sur un chat qui somnolait..."
Et la deuxième phrase : l'art de la demi-mauvaise foi est difficile, là le triple renforcement (aucun, telle, n'est-ce pas) est probablement de trop.

Citer
J'appuie sur la bonne touche avec rancune, comme si cet hybride de métal et de plastique pouvait ressentir ma colère. J'appuie sur la bonne touche, donc, et dans un entrelacs de pulsations électriques, Nokia reçoit cinq sur cinq l'ordre de la fermer que je lui envoie.
La répétition ne marche pas pour moi.
(Je suis un être froid sans sens de l'humour)

Citer
Courbaturé, épuisé par la journée qui vient de se lever, l'esprit engourdi par le sommeil envolé, tenir sur mes deux jambes n'est pas réellement une glorieuse victoire.
"épuisé par la journée qui vient de se lever" est sympa.
Mettre comme sujet un verbe à l'infinitif après une succession d'adjectifs-participe passés, c'est maladroit par contre.

Citer
-pour la plupart-
Pas les bons tirets, pas les bons espaces.

Citer
une odeur -mon Dieu, une odeur !- de nourritures mélangées
Nourritures mélangées, c'est faible pour l'effet d'annonce que tu y mets.

Citer
Mais les effluves de la frite et de son huile poisseuse qui s'improvisent videurs me somment de déguerpir.
Je ne vois pas l'utilité du "sujet *qui* verbe verbe" quand le bateau "sujet verbe *et* verbe" est plus simple et percutant.

Citer
ressors avec l'impression d'avoir perdu une narine.
Ca fait un peu demi-blague pour le coup, formulée sans effet. Manque de punch.

On sent le côté "je vais me forcer à écrire" au sens où ça fait beaucoup : voilà des choses que je connais, je vais les mettre à la suite et espérer que quelque chose vienne. Et puis oh je suis tombé sur quelque chose, et oui les derniers paragraphes sont très jolis. Dommage pour l'entrée en matière un peu pâteuse.
La description du réveil et du lever est la plus pénible et pas dans le bon sens, elle fait vraiment forcée.
Le côté blagueur je ne sais pas. Ça oscille entre plaisant et coup dans l'eau (je suis toujours un être froid dénué d'humour) ; il y a un peu ce côté : je vais le faire pour être plaisant à défaut d'avoir quelque chose de neuf à dire. Il suffit de voir comme c'est laissé progressivement de côté, quand le texte prend une direction plus nette.
Donc je crois que ton jugement spontané sur ton texte est le bon : tu touches à quelque chose au final, et les derniers moments feraient un bon texte de façon isolé, mais il a fallu passer par du forcé pour y arriver.

Hors ligne aquarybe

  • Plumelette
  • Messages: 12
Re : Une île échouée sur Terre
« Réponse #3 le: 01 Février 2016 à 16:16:05 »
C'est vraiment un beau texte... J'ai finis de le lire (évidemment), mais je n'en suis pas encore sorti... J'ai encore l'impression d'être entouré de ce monde, gris et terne que l'on voit à travers les yeux du protagoniste.
Je le vois comme dans un film: tout est filmé dans des teintes de gris, aucune couleur. Sauf quand il voit la fille, qui possède des yeux bleus de glaçe (ce n'était peut-être pas comme ça que tu le voyais, mais dans ma tête, c'est ça!)

Par contre, je trouve que tu passais beaucoup de temps seulement pour une scène de «je ne veux pas me réveiller» et au début, ça m'a légèrement déplu. Néanmoins, après j'ai compris pourquoi. C'est tout ce que le protagoniste aime/veut faire. Ça a pris tout son sens  :noange:

Oh et cette phrase:  «C'était épuisant de ne rien faire, il faut que je me repose.» m'a faite rire, probablement plus que nécessaire.
Sinon, je crois qu'il est facile de s'identifier au personnage (du moins, dans mon cas) et ça le rend étonnament attachant pour quelqu'un d'aussi... morne.

Donc en conclusion, très bon texte, qui m'a vraiment transporter dans une autre réalité  :-¬?

Hors ligne AJGF

  • Calligraphe
  • Messages: 141
Re : Une île échouée sur Terre
« Réponse #4 le: 01 Février 2016 à 17:05:48 »
Bonjour,

J'ai bien aimé ton texte. Je trouve qu'il est assez représentatif de ce que certains étudiants peuvent vivre, surtout s'ils vivent seuls.
Le rythme est très bon.

J'ai réellement apprécié. Cependant, je trouve que tu es assez dur avec toi même !

Au plaisir.

Hors ligne Alan Tréard

  • Vortex Intertextuel
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    • Alan Tréard, c'est moi !
Re : Une île échouée sur Terre
« Réponse #5 le: 01 Février 2016 à 21:58:38 »
Un peu surpris par le commentaire de Barnacle, je me permets de souligner qu'il peut arriver qu'on ne comprenne pas un texte.

Attention à ne pas être trop sûr de soi dans la critique !

Pour ma part, je sais qu'extasy tente toujours l'impossible, innove comme on en aurait du mal, et que cette même force peut parfois surprendre les lecteurs. C'est aussi la raison pour laquelle on pourrait se sentir "extérieur" au texte, il ne faut pas en conclure pour autant que le texte n'a pas de sens...

Ici, c'est le contraste entre la "somnolence" du personnage et son éveil soudain qui fait le texte, c'est cette question sur ce qui a pu se passer à cet instant, lorsqu'il a observé cette femme, c'est ça, sa vérité.

Si on ne comprend pas ce questionnement, cette réflexion, on ne peut pas vraiment entrer dans le texte.

L'innovation, c'est prendre des risques, prière de ne pas trop être dur dans de tels cas : on ne peut jamais inventer à partir de l'immobilité, c'est normal de tenter de nouvelles choses.

Voilà, j'ai voulu réagir à cette injustice qui était faite à extasy.

Hors ligne barnacle

  • Grand Encrier Cosmique
  • Messages: 1 204
Re : Une île échouée sur Terre
« Réponse #6 le: 01 Février 2016 à 22:30:08 »
Est-ce que je peux réagir à l'injustice qui est faite d'appeler mon commentaire une injustice ? ^^
J'ai compris que l'emphase est ton style et ta façon d'être Alan, mais fais gaffe à ne pas la rendre vexante.
Je me suis montré exigeant parce que je le suis et qu'extasy avait invité à l'être. Je ne pense pas avoir été méchant (pas du tout), juste honnête. Et bien sûr que j'ai compris la dynamique essentielle du texte. extasy est un grand garçon et si quelqu'un pense qu'il peut mieux faire compte tenu de ce qu'il a fait, je suis sûr qu'il peut l'entendre. Et me le dire s'il est en désaccord, je suis à l'écoute, je ne suis pas omniscient etc bien sûr.
Voilà, j'étais juste un peu surpris par le commentaire d'Alan Tréard, je me permets de souligner qu'il peut arriver qu'on ne comprenne pas un commentaire ;)

Hors ligne extasy

  • Palimpseste Astral
  • Messages: 3 099
Re : Une île échouée sur Terre
« Réponse #7 le: 01 Février 2016 à 23:19:24 »
Yop, pas le temps de répondre encore, je passe juste pour dire que des MP ont été envoyés, et qu'on peut revenir au texte o><o
Ou pas hein, vous faites comme vous voulez :mrgreen:


Hors ligne LilyMarie

  • Tabellion
  • Messages: 23
Re : Une île échouée sur Terre
« Réponse #8 le: 02 Février 2016 à 10:11:11 »
J'ai beaucoup aimé ce texte. Déjà parce que tu reprends des éléments que n'importe quel universitaire connait très bien: la cafet qui pue alors que tu veux un simple café, le cour qui ne t'interesse pas, la pizzeria au bout de la rue remplie d'étudiant, et tu les décris assez bien pour que n'importe qui s'identifie totaltement à ton personnage.

Le passage sur la femme est très jolie et poétique meme si la première phrase où tu expliques qu'elle est pauvre semble etre une justification et finalemente je trouve que le lecteur n'en a pas besoin.

Le seul passage finalement que je n'aime pas, c'est le passage sur le lit: A partir de "La couverture repose....." jusqu'à "creuse une place en lui".
En fait on ne sent pas du tout l'idée de douceur. repose, loger, enfoncer, creuse. Ce ne sont pas du tout des verbes doux, et moelleux... c'est plein de R, c'est dur, ça ne donne pas l'idée que tu veux rendre selon moi.

voilà voilà
« Modifié: 02 Février 2016 à 14:03:08 par LilyMarie »

Hors ligne extasy

  • Palimpseste Astral
  • Messages: 3 099
Re : Une île échouée sur Terre
« Réponse #9 le: 02 Février 2016 à 13:06:19 »
Salut tout le monde (pas le temps de faire des coms personnalisés, je m'en excuse) !

Citer
Le pauvre, alors qu'il devrait juste apprendre à aimer la mer :)
Ben c'est intéressant que tu dises ça ! Sans l'avoir réellement prévu, j'ai fait de la femme quelqu'un qui aime justement la tranquillité de cette mer, le silence, une sorte d'inaction bénéfique. C'est bien vu :)

Citer
On sent le côté "je vais me forcer à écrire" au sens où ça fait beaucoup : voilà des choses que je connais, je vais les mettre à la suite et espérer que quelque chose vienne. Et puis oh je suis tombé sur quelque chose, et oui les derniers paragraphes sont très jolis. Dommage pour l'entrée en matière un peu pâteuse.
C'est tout à fait mon impression. J'ai fait les modifs suivant tes remarques pour commencer (sauf les espaces et les tirets, je sais pas mettre les bons), et j'aurais voulu faire des changements plus profonds (par exemple le côté blagueur et quelques trucs dont j'ai pris conscience) mais ce sera pas pour tout de suite. C'était un commentaire très instructif, un grand merci :) !

Citer
Je le vois comme dans un film: tout est filmé dans des teintes de gris, aucune couleur. Sauf quand il voit la fille, qui possède des yeux bleus de glaçe
C'est joli ça :)
Je le voyais pas comme ça, mais c'est vraiment très beau.

Citer
J'ai réellement apprécié. Cependant, je trouve que tu es assez dur avec toi même !
Pour la deuxième phrase : mouais, je sais pas ^^
Et pour la première : merci beaucoup :) !

Citer
Ici, c'est le contraste entre la "somnolence" du personnage et son éveil soudain qui fait le texte, c'est cette question sur ce qui a pu se passer à cet instant, lorsqu'il a observé cette femme, c'est ça, sa vérité.
Oui, exactement. Mal retranscrite, c'est sûr, mais ça reste l'Intention du texte.
C'est chouette que t'aies posé cette remarque :)

Citer
meme si la première phrase où tu expliques qu'elle est pauvre semble etre une justification et finalemente je trouve que le lecteur n'en a pas besoin.
Tiens, c'est intéressant ; je me rends compte que j'aurais pu m'en passer en effet ; le lecteur n'en a peut-être pas besoin, tu as raison, c'est en fait moi qui en ai besoin ^^
Je la garde pour l'instant, je vais y penser.
Citer
En fait on ne sent pas du tout l'idée de douceur. repose, loger, enfoncer, creuse. Ce ne sont pas du tout des verbes doux, et moelleux... c'est plein de R, c'est dur, òa ne donne pas l'idée que tu veux rendre selon moi.
Ah oui, j'entends vaguement parler de l'importance des sons dans un texte, mais je maîtrise pas encore ^^
Merci pour ta lecture et ton com intéressant :)

Merci à tous, bye bye, désolé d'avoir été aussi bref !
« Modifié: 02 Février 2016 à 15:09:19 par extasy »

Hors ligne Alan Tréard

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Re : Une île échouée sur Terre
« Réponse #10 le: 02 Février 2016 à 13:36:09 »
Mais oui, après tout, c'est parfaitement normal que Barnacle nous parle comme ça. Nous devrions tous nous parler sur ce ton-là. Je pense même qu'on devrait renommer le forum "le monde de l'honnêteté." J'implore une réconciliation, j'en ai même fait un éloge. Un éloge à l'amitié. Après tout, ce n'est qu'une histoire d'Emphase et de Vexation.

Hors ligne barnacle

  • Grand Encrier Cosmique
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Re : Re : Une île échouée sur Terre
« Réponse #11 le: 02 Février 2016 à 17:45:20 »
(sauf les espaces et les tirets, je sais pas mettre les bons)
Ce sont ceux qui sont un poil plus long : – contre -. Tu mets un espace avant et après, sauf s'il y a une virgule après le tiret fermant (dans ce cas ça fait espace tiret virgule espace).
Autre truc : le deuxième tiret ne s'utilise pas toujours, contrairement aux parenthèses ou aux guillemets. Je ne me souviens pas si ça se présente dans le texte, donc je te le dis juste en général. Si la phrase se termine, ou si on utilise des deux-points ou un point-virgule, le signe de ponctuation correspondant (point final, deux-points, point-virgule) remplace le tiret fermant.

Hors ligne extasy

  • Palimpseste Astral
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Re : Une île échouée sur Terre
« Réponse #12 le: 02 Février 2016 à 17:49:38 »
Yep, noté !

Par contre mon problème, c'est que je ne sais pas comment faire apparaître ces tirets plus longs  :\?
Edit : c'est bon j'ai compris, je viens d'essayer sur Word, les bons tirets s'affichent tous seuls si on met les espaces.
Merci :)
« Modifié: 02 Février 2016 à 17:51:28 par extasy »

Hors ligne Humoramor

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  • A la recherche du syndrome de la page noire
Re : Une île échouée sur Terre
« Réponse #13 le: 02 Février 2016 à 20:37:06 »
Salut!

En commençant la lecture je n'étais que très peu emballée. Je crois que c'est à cause de ton "à lire avant toute chose". Je me suis mise en mode lecture concentrée et je m'attendais à un texte lourd bourré de tournures de phrases compliquées. Je ne sais pas pourquoi  :-¬? Bref tout ça pour dire que j'ai eu du mal à me mettre dans le texte jusqu'à ce moment:

Citer
Je n'ai aucun objectif. Pas la moindre ambition. Chaque fois que je pense être arrivé à destination, je ne tiens plus en place. Ma boussole intérieure doit être détraquée des fois, et là où je m'imagine trouver un trésor précieux, je ne distingue jamais rien d'autre qu'une mer plate à perte de vue. Échoué sur un îlot sans sable et aux palmiers sans ombre, je reste ahuri quelques temps, comme si j'émergeais d'un rêve, avant de me remettre dans l'eau pour faire la planche, en attendant qu'une vague quelconque m'envoie errer ailleurs. Parfois je me retourne, le temps d'apercevoir l'oasis pleine de fausses promesses que j'ai laissée derrière moi. D'autre fois je lève un index humide dans l'air stérile, et un rayon malicieux fait scintiller la salive qui entoure ma peau et me renvoie en plein visage mon doigt dressé. Mais tout est entièrement ma faute. A-t-on jamais vu un jeune homme qui n'a d'autre désir dans la vie que de pouvoir dormir vingt-quatre heures sur vingt-quatre ?

Sincèrement, j'ai commencé à quoté une première phrase de ce paragraphe, puis une suivante, puis encore une autre. Finalement je me suis dis, au diable! Il est parfait! "Parfois je me retourne, le temps d'apercevoir l'oasis pleine de fausses promesses que j'ai laissées derrière moi". Tristement réaliste. Et puis l'image de la mer et de la planche... Oui! Ce paragraphe est simple, et traite finalement de quelque chose de bien terne, mais il met du claquant dans ton texte et il est d'une fluidité surprenante! Je ne sais pas trop comment mieux m'exprimer que cela, désolée si ce n'est pas très clair.

Ensuite...

Citer
C'était épuisant de ne rien faire, il faut que je me repose.
J'aime bien quand il y a des phrases paradoxales éparpillées dans les textes. Celle-ci suit la description précédente à merveille.

Ensuite, dans la pizzeria, au début de la description de la femme, j'ai un poil décroché, je pensais avoir à faire à une énième description de coup de foudre (décidément, je n'ai que fait me tromper!) Et puis... GROSSE CLAQUE!

Citer
Dans son regard, il n'y a qu'un silence qui supporte sans protester le poids inconnu d'une vie plombée d'épreuves. Elle a ce lourd clignement des paupières, comme si en un morceau de seconde, elle se ressourçait pour l'éternité. Et sa personne dépouillée incarne une sagesse ancestrale qui me déchire jusqu'aux chromosomes.

Elle est belle comme un tableau.

Et j'ai honte de vivre.

Je crois que ce qui m'a dérangé dans ton "à lire avant toute chose" c'est le fait que tu précises avoir forcé sur le style. J'avais peur de ne pas trouver de fluidité, ni de merveilleux enchaînements de mots dans ton texte. Mais maintenant je comprends mieux ce que tu voulais dire et ce dernier paragraphe m'a coupé le souffle! Je ne m'attendais pas du tout à un tel final. J'étais déjà émerveillée jusqu'à  "me déchire jusqu'aux chromosomes" et puis les deux phrases suivantes... Non vraiment, tu ne pouvais pas mieux finir ce texte.

Au plaisir de te relire.

H.
"Elle se moque de mourir. C'est vivre qu'elle veut. Et ce qu'elle veut, elle l'aura." - Alessandro Baricco, Océan Mer

Hors ligne Rémi

  • ex RémiDeLille
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Re : Une île échouée sur Terre
« Réponse #14 le: 02 Février 2016 à 20:53:06 »
Salut Exta !

Citer
Ce texte n'était au départ qu'un simple exercice pour me forcer à écrire. Comme souvent, c'est devenu un peu plus en cours de route, mais même si j'ai senti des élans d'authenticité par moments vers la fin, il reste assez mauvais je crois. J'ai surtout forcé sur le style, et si jamais quelqu'un a envie de lire puis de laisser un commentaire, je lui demande de surtout insister sur ce point ; soyez sans pitié

Le texte n'est pas mauvais, même s'il ne me laissera pas un souvenir impérissable. Un peu plus d'émotion sur la fin, et de fond plus original que le début.
Puisque tu souhaites un commentaire sur le style (tu as "forcé" ?), c'est parti. Je te donne ce que moi je préfèrerais comme formulation, histoire de comparer, pas pour récrire ton texte bien sûr. C'est plus facile parfois que d'expliquer ce qui ne me semble pas top.

Citer
La couverture repose avec douceur sur mon dos. Je sens une chaleur confortable m'envelopper.
J'aime pas trop le "je sens". Une seule phrase avec douceur et chaleur peut-être ?
Ou simplement "sa chaleur confortable m'enveloppe" ?

Citer
Aucune lumière ne filtre des volets fermés.
à travers les volets ?

Citer
Ce serait comme vider un seau d'eau sur un chat qui somnolait.
qui somnolerait
ou somnolant
Ou une seule phrase : "Aucune lumière ne filtre à travers les volets fermés. Dans une telle situation, faire le moindre mouvement serait comme vider un seau d'eau sur un chat somnolant : aucun humain ne serait capable d'une telle monstruosité, n'est-ce pas ?"
(et le "n'est-ce pas ?", je suis pas sûr, même si c'est intéressant d'interpeller le lecteur)

Citer
Il martèle la tête avec ces notes maudites
Il me martèle ?
maudites notes ? (ou sa maudite mélodie ?)

Citer
Mais son obéissance n'est qu'un mince réconfort, parce que cette fois je suis bel et bien debout.
:D Exta dictateur !

Citer
Courbaturé, épuisé par la journée qui vient de se lever,
le jour se lève, la journée, je ne suis pas sûr.

Citer
Et c'est pourquoi ça m'embête autant de ne pas arriver à apprécier ce moment.
réussir ? parvenir ?

Citer
Je n'ai aucun objectif. Pas la moindre ambition. Chaque fois que je pense être arrivé à destination, je ne tiens plus en place. Ma boussole intérieure doit être détraquée des fois, et là où je m'imagine trouver un trésor précieux, je ne distingue jamais rien d'autre qu'une mer plate à perte de vue.
chouette ça

Citer
Échoué sur un îlot sans sable et aux palmiers sans ombre,
mieux sans le "et" ?
Pourquoi "palmier sans ombre" ?

Citer
je reste ahuri quelques temps, comme si j'émergeais d'un rêve, avant de me remettre dans l'eau pour faire la planche, en attendant qu'une vague quelconque m'envoie errer ailleurs.
remettre à l'eau ?
Sinon l'image est chouette

Citer
Parfois je me retourne, le temps d'apercevoir l'oasis pleine de fausses promesses que j'ai laissée derrière moi.
sans sable, sans ombre, j'avais pas capté que c'était une oasis...

Citer
D'autre fois je lève un index humide dans l'air stérile, et un rayon malicieux fait scintiller la salive qui entoure ma peau et me renvoie en plein visage mon doigt dressé.
D'autres fois
Le rayon renvoie le doigt ? Je capte pas le sens de l'image (le doigt mouillé dans l'air m'évoque le mec qui cherche d'où vient le vent, mais le reste de la phrase brouille ce sens)

Citer
A-t-on jamais vu un jeune homme qui n'a d'autre désir dans la vie que de pouvoir dormir vingt-quatre heures sur vingt-quatre ?
oui, plein !  :D

Citer
Ça sent rarement la rose ici, mais aujourd'hui il y a visiblement fiesta et les nez n'ont pas été conviés.
bof le "conviés"... la fiesta n'est pas pour les nez, ok, mais pas conviés, je sais pas...
(et il est pas 10h du mat' ?)

Citer
Mais les effluves de la frite et de son huile poisseuse s'improvisent videurs et me somment de déguerpir.
effluves de friture ? (pourquoi poisseuse ? brûlée ?)
L'image est marrante

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Un type que je connais vaguement vient m'en taxer une autre,
juste après, c'est "son pote"

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Nous y trouvons un autre pote commun, un gars sympa que j'héberge de temps en temps dans ma garçonnière (il n'a toujours pas trouvé d'appartement et il fait des allers-retours en train tous les jours, sinon).
compliqué (et le "sinon" est pas top)
=> Nous y trouvons un autre pote, un gars sympa qui n'a toujours pas trouvé d'appartement et que j'héberge de temps en temps pour lui éviter quelques allers-retours en train.

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Mon pote -celui qui fume-
tiret longs

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Il ne se passe pas grand chose le temps qu'on nous apporte nos quatre-fromages et autres margheritas.
à 3, il y a plusieurs 4 fro et margheritas ?

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et le soleil qui nous fait cadeau d'une chaleur apaisante sur nos épaules et nos bras nus.
épaules et bras nus ?

J'arrête là le relevé, je dois filer. La fin donne son intérêt au texte, c'est clair.

J'espère que mes notes te seront utiles. Le texte est loin d'être mauvais, je t'ai donné mon avis en décortiquant le truc, en pinaillant, avec encore une fois mes goûts ou idées sur le style, d'autres lecteurs ont kiffé.

Tchuss !
Rémi
Le paysage de mes jours semble se composer, comme les régions de montagne, de matériaux divers entassés pêle-mêle. J'y rencontre ma nature, déjà composite, formée en parties égales d'instinct et de culture. Çà et là, affleurent les granits de l'inévitable ; partout les éboulements du hasard. M.Your.

 


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