Sirocco
En sortant de la Casbah je fus éblouis par le soleil de mai.
La chaleur lentement me pénétrait, me pétrissait, me disloquais
Pantin désarticulé déchiré d'extases vives et folles
Je marchais sans but l'âme envahie de pensées molles
Il faut que les corps exultent qu'ils courent après la petite mort
Rien ne peut les empêcher de rompre les liens qui les enchaînent aux ports
Giclées folles d'hormones, cocktails fous de neurotransmetteurs hybrides
L'endorphine après l'adrénaline, notre cerveau imbibé se débride
Puis il se laisse glisser à une paix sans but sans horizon sans Graal
Il donne quitus au corps qui le soutient et le nourrit sans mal
Pantin désarticulé je titube sous l'ombre déchiquetée des palmes
Au bout du chemin un puits une source on eut dit une balme
Le vent ébouriffe mes cheveux humides de sueur
Mes lèvres portent encore de son corps la saveur
Mes yeux les feux brûlants de son regard
Mes mains tremblent elles ont eu leur part
De l'indicible bonheur des mille caresses
Échangées partagées dans la fébrile liesse
De nos jeux amoureux et fous
Je tombe sur le sol à genoux
Dans la mousse et l'herbe humide
Je tends mes mains avides
Je lape l'eau fraîche
Et les lèche
m'étend
et dort