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Le Monde de L'Écriture » Coin écriture » Textes courts (Modérateur: Claudius) » La façon terriblement érotique avec laquelle Michel tient sa cigarette...

Auteur Sujet: La façon terriblement érotique avec laquelle Michel tient sa cigarette...  (Lu 4906 fois)

Hors ligne kokox

  • Calame Supersonique
  • Messages: 1 562
A moins d'en rabioter le titre, je n'ai malheureusement pas eu la place pour prévenir que le contenu de cette nouvelle était pour le moins explicite. Et je m'en excuse d'avance auprès de la jeunesse et des modérateurs.

26 janvier 2016 - Texte dégraissé et légèrement remanié grâce au chaleureux concours de Ben.G, et aux critiques constructives, entres autres membres de MDE, de ChampdeFaye.

La façon terriblement érotique avec laquelle Michel tient sa cigarette...


Je dois être sans doute le seul au monde à savoir comment et où Michel Houellebecq a emprunté cette manière affectée, un rien érotique, qui plaît tant aux femmes et aux coteries littéraires, de tenir sa cigarette.

Mollement blottie à mi-corps, entre le médium et l'annulaire, à l'exact médian des phalanges, la cigarette dandy de Michel Houellebecq est fumée aujourd'hui entre deux phrases en apnée, comme dans un film au ralenti. Car comme le dit si bien Michel en parlant affectueusement de lui-même : « Je suis loin d'être bête, mais je suis loin d'être vif ».

L'idolâtre de la cigarette de Michel Houellebecq aura certainement remarqué que la lèvre inférieure  de l'écrivain est épaisse et satinée, la supérieure bien plus fine, et que la plus médiatique semble chercher à manger la plus prude dans une sorte de lutte comique qui n'est pas sans rappeler les effets de lippe de Popeye.

Il aura remarqué, qu'en voie d'inhalation, le filtre de la cigarette de Michel Houellebecq disparaît
entièrement dans la fente buccale. Puis, qu'ayant servi à pomper son soûl de nicotine, il se trouve soudain rejeté comme d'une langue de belle-mère.

Enfin, il aura remarqué que ce filtre, un rien trop choyé, se trouve beaucoup moins aspiré que suçoté, voire même parfois beaucoup moins suçoté qu'impudiquement tété.

Y aurait-il dans cette sentimentale façon de crapoter une sorte d'hommage rendu aux lointains tétons de sa maman lorsque Michel n'était encore qu'un nourrisson préservé du mal du siècle ? Peut-être bien que oui ! Peut-être bien que non !

Quitte à décevoir nombre de ses admirateurs, mais aussi à en réjouir bien d'autres rétifs au spleen dégoulinant de Michel Houellebecq, je me dois à présent faire confidence que la cultissime cigarette du romancier ne fut pas toujours saisie et consumée de cette manière.

Je tiens à préciser que je ne suis pas coutumier d'envoyer des scuds sur les ambulances. En crachant ce petit morceau, nulle volonté en moi de vouloir mettre à bas ce bel édifice de la littérature française. Nul désir de nuire à cet homme touchant qui m'aura fait passer de succulentes heures de lecture et oublier le Temps.
Le moment est simplement venu pour moi de me désencombrer l'esprit de ce banal potin, que j'aurais su taire malgré tout, par élégance, durant plus de quinze ans.

Bref, simplement l'envie de raconter ce qu'un jour j'ai vu et entendu, tout comme Michel raconte dans ses livres, l'air de ne pas y toucher, ce qu'il a souvent vu ou entendu.

Nous étions donc en 1999. C'était l'été en Thaïlande.
Avec deux amis poètes Allemands, récemment rencontrés à l'Oktoberfest, la célèbre fête de la bière à Munich, nous étant entendus comme larrons en foire, nous avions décidé de partir faire un peu de tourisme sexuel à l'insu de nos dévouées épouses, prétextant une pêche à l'espadon dans le Golfe du Siam.
Guide du Routard en main (rédigé sans vergogne par des connards humanitaires protestants, pour reprendre l'expression de Michel Houellebecq), nos pas gentiment lubriques nous avaient naturellement menés jusqu'à cette capitale de la luxure, mondialement connue par les amateurs de chairs fraîches, qui s'appelait Pattaya.

Nos rétines irisées par les provocants néons de l'avenue principale, nous n'avions pas tardé à poser nos derrières sur de hauts tabourets en raphia dans une vaste paillote à ciel demi-ouvert. Là, sur une interminable estrade se trémoussaient moult jeunes filles asiatiques, peu avares en sourires lascifs, expertes en chorégraphies mécaniques et délurées.

Faisant valse hésitation entre l'empathie que nous avions pour leur tragique destin de provinciales totalement dévouées à la cause merdeuse de leurs géniteurs analphabètes, et notre violent désir de les posséder toutes à quatre pattes, en ligne et rang serré, les croupes affables exposées comme celles d'innocentes chèvres, nous avions passé ainsi un bon quart d'heure à nous traiter réciproquement de beaux salauds, en sirotant nos pintes de bières tièdes.

Quand tout à coup, je crus reconnaître entre les volutes de fumée, là-bas au bout du bar, Michel Houellebecq qui était accoudé au comptoir, avec sa chemise bleue à fleurs blanches, tel un touriste un rien désenchanté. Il ne semblait pas goûter plus que ça à la musique et aux faisceaux de la boule à facettes. Son menton triste était plongé vers l'ombrelle orangée de son "Cuba Libre".
Mon verre en main, m'approchant mine de rien, un œil sur les danseuses, et un autre sur lui, je détaillai alors bientôt ses cheveux blonds filasses, indisciplinés, sur la promesse d'une tonsure frontale. J'entrevoyais ensuite, entre les deux gifles d'un spot rouge, son émouvant regard de méduse, puis sa bouche lippue qui retombait aux commissures, cherchant presque à s'enfuir du visage, et dans laquelle pendait mollement une Marlboro light. Enfin je crus entendre, entre les intervalles assommants du rythme binaire, les borborygmes qu'il adressait sombrement à son cocktail.
Aucun doute n'était possible ! J'avais bien devant moi l'auteur d'"Extension du domaine de la lutte" et des "Particules élémentaires".

Je n'en croyais pas mes yeux. Et tenais sur l'instant cette agréable supériorité sur lui qu'il ne me connaissait pas, et était loin de se douter que je comptais parmi ses fans qui adoraient ses deux premiers romans.
Ainsi durant quelques minutes, je restai à un mètre à peine de lui telle une midinette qui s'entraîne à pleurer seule en silence, aux replis de ses draps, en attendant ce jour où lui viendra l'audace de sauter enfin au cou de son idole.
Monsieur Houellebecq, vous êtes à mes yeux bien plus qu'un écrivain, vous êtes l'astrologue de la France, la Madame Soleil de la Vème République pour les cinq décennies à venir, songeai-je en mon for de manière si brûlante que je reculai finement d'un demi pas, de crainte qu'il n'entende l'indicible susurrement de mes dithyrambes.
Puis, je retournai en pudique reculade voir mes deux comparses Teutons, dont les fessiers tenaient de moins en moins en place sur leur tabouret en raphia.
- Incroyable, vous avez vu ça, Michel Houellebecq, ici à Pattaya !
- Michel qui ? me rétorquèrent-ils alors, en foutus couillons, qui visiblement ne semblaient rien connaître du nouveau prodige littéraire hexagonal.
C'est au même instant que revint vers Michel Houellebecq une jolie femme-enfant aux seins nus en boutons et aux yeux de biche. Et je compris assez vite que la gosse revenait siroter à la paille, entre deux danses, le "Cuba Libre" que le grand écrivain lui avait offert à 30 % avec son cœur et à 70 % avec sa bite.
Piégé soudain par ce savoureux dilemme où se disputent l'envie de ne point importuner autrui et le désir très humain d'assouvir au bout du compte notre curiosité, je décidai de recoller à la célébrité, me plaquant presque dos à elle, comme si elle ne valait pas plus chère qu'une ombre dans la nuit.
Il s'ensuivit alors cette petite conversation semi-intimiste entre les deux tourtereaux qu'une maligne conjecture des étoiles avait dû se faire rencontrer depuis peu, pour le meilleur et pour le pire de Michel Houellebecq.

Michel Houellebecq : Tu en as encore pour longtemps, mon petit sucre ? Je commence à être fatigué, moi.
La jolie petite thaï (baragouinant un peu de français) : Tu payes à moi un autre verre, écrivain célèbre ?
- C'est le quatrième déjà. Même si je commence à avoir un petit nom, je ne suis pas encore Crésus !
- C'est qui Crésus ?
- Un vieil arriviste grec, un chercheur d'or qui a eu le bol de trouver des sables aurifères !
- Missel, tu payes à moi autre verre ?
- Ok, mais le dernier, bébé. Après je vais me branler. Et ce sera dommage pour toi, parce que ma jute a le goût de l'anis, d'après ce que me disent les femmes grêlées. Enfin, celles qui acceptent de me sucer vite fait.
- Missel ?
- Oui, quoi encore ?
- Pourquoi tu tiens cigarette comme un vieux ?
- Ben quoi, je la tiens normalement !
- Tu la tiens pas moderne, Missel ! Regarde, moi je la tiens moderne ma cigarette. C'est ça qui plaît beaucoup aux hommes.
- Je veux pas plaire aux hommes, moi.  J'aimerais plaire aux femmes.
- Hommes et femmes c'est pareil, Missel. Quand on est pas beau comme toi, il faut trouver beauté ailleurs. Si tu tiens cigarette comme moi, les femmes oublieront ton visage. Elles regarderont que tes mains. Elles diront, il a de très jolies belles mains, Missel. Blanches, pures, comme le soleil. Il fume tranquillement, il caresse sa cigarette. Il doit être très doux, cet homme pas beau !
- Ouais, c'est pas con ! J'y penserais. Bon alors, tu montes avec moi, maintenant, mon bébé en sucre ?
- Non, Missel. Moi devoir encore danser sur plate-forme pendant deux heures.
- Plateforme ? Tiens ça ferait un bon titre ça !
- Missel, mon verre est vide. Tu payes autre verre, Missel ?
- Ok, va pour une autre verre. Je vais encore t'attendre deux heures, qu'à cela ne tienne.
- Non Missel ! C'est temps perdu pour toi !
- Comment ça, temps perdu ?
- Ici, au Coconuts, on a droit choisir clients. Juste après, au Club Beautiful, les filles sont obligées d'aller avec vieux, paysans, stupides, moches et même très moches.
- Mais pourquoi tu ne me l'as pas dit plus tôt, p'tite salope ?
- Parce que tu es très gentil Missel. Mais c'est tes yeux…
- Qu'est-ce qu'ils ont mes yeux ?
- Tes yeux sont trop tristes comme un chien sans queue abandonné.
- Mais, regarde, je fume moderne maintenant. Je fume moderne, comme toi.
- Pas encore assez bien Missel. Pas encore assez bien.
« Modifié: 26 Janvier 2016 à 07:43:08 par kokox »

MillaNox

  • Invité
Salut !

au fil de la lecture...
Citer
Car comme le dit si bien Michel en parlant affectueusement et force lucidité de lui-même :
pb de formulation, pour que ça fonctionne il faudrait par exemple "avec affection et force lucidité" je crois

Citer
le filtre de la cigarette de Michel Houellebecq est presque entièrement absorbé dans cette fente buccale,
absorbé dans me parait bof approprié (ça donne plus un effet fusion pénétration par intégration que rentré dedans), peut-être absorbé par, mais je crois que absorber n'est peut être pas le bon verbe

Citer
puis rejeté comme d'une langue rétive de belle-mère ou de celle d'un fourmilier
hmmm j'ai du mal à appliquer l'image de déroulement au filtre de cigarette :\?

Citer
dont le moindre quatrain post-candide rayonne dorénavant en tête des gondoles aux quatre coins de la planisphère.
planisphère est un nom masculin

Citer
Alors pourquoi moi, n'aurais-je pas le droit de révéler aux Lapons et aux Massaïs,
Maasaïs (je crois)

Citer
Pour le moins cet aveu n'est d'ailleurs pas un lourd secret que je porte en moi, mais plutôt un ridicule fardeau superfétatoire dont mon hippocampe et mon cortex préfrontal aimeraient se débarrasser au plus vite, juste une banale anecdote dont mon surmoi juge enfin l'heure propice de se désencombrer.
je n'arrive pas à rentrer dans ton texte, pour que ce genre de jeu d’exagération de langage passe il m'aurait fallu un ptit truc avant, peut-être avoir de la sympathie pour ton narrateur ou je en sais pas trop, mais j'avoue que pour le moment j'accroche pas trop  :-[

Citer
dans laquelle se trémoussaient sur une interminable estrade moult jeunes filles bridées aux sourires lascifs
comment ça "jeunes filles bridées" ? leurs yeux ?

Citer
Nous goinfrant l'âme sensible de nos chères couilles, faisant valse hésitation entre l'empathie, la compassion pour leur tragique destin de provinciales totalement dévouées à la cause de leur merdeux, stupides et analphabètes géniteurs, et notre désir violent de les posséder toutes à quatre pattes, et en ligne, le derrière exposé comme d'innocentes chèvres, nous avions passé là quelques minutes à nous traiter réciproquement de beaux salauds en sirotant quelques pintes de bières tièdes.
phrase trop longue, lourde

Citer
Quand tout à coup, divagations ou perspicacité du videur de boîte ? Je cru entre les volutes de fumée reconnaître au bout du comptoir Michel Houellebecq qui était accoudé tel un pantin désenchanté.
crus / pas compris le "videur de boite"

Citer
et je dû un peu tendre l'oreille, je l'avoue, pour en percevoir mieux ces bribes
dus

Citer
Il s'ensuivit alors cette petite conversation semi-intimiste entre les deux tourtereaux qu'une maligne conjecture des étoiles avait dû se faire rencontrer pour se moquer du hasard et de l'envers des choses, et je dû un peu tendre l'oreille, je l'avoue, pour en percevoir mieux ces bribes succulentes qui, jusqu'à ce jour, furent gravées dans ma mémoire comme d'ironiques hiéroglyphes dont j'ai pris décision de me délester enfin tout de go :
phrase longue et lourde

hop là tout lu.
Bon, sur la forme c'est assez fluide à part quelques lourdeurs. Toutefois j'ai pas trop accroché, ça m'a pas tellement parlé (mais je connais houellebecq comme tout le monde toutefois je ne l'ai jamais lu et il ne m'attire pas trop), ça m'a laissé froide et j'ai pas trop vu l'intérêt de l'histoire...
une autre fois sûrement !

Milla


Hors ligne kokox

  • Calame Supersonique
  • Messages: 1 562
Bonjour MillaNox,

Merci beaucoup d'avoir relevé ces quelques fautes et autre petits problèmes de formulations. Il est certain que ceux qui n'ont pas lu Missel seront moins enclins à goûter cet hommage déglingue que j'ai tenté, peut-être de manière malhabile, de lui dédier. Quant à la froideur qu'à pu t'inspirer ce texte, je n'y peux pas grand-chose, à part peut-être de te conseiller de le relire une fois auprès d'un radiateur, emmitouflée dans un chandail.  :)

Bien à toi !


Hors ligne Angarth

  • Calligraphe
  • Messages: 148
Je trouve le début vraiment bien foutu et cocasse. Après, le sentiment que t en faisais trop, pour moi l excès de rocambolesque et de vulgaire gratuit font retomber la chose.

Hors ligne kokox

  • Calame Supersonique
  • Messages: 1 562
Merci bien Angarth pour ta lecture !

L'excès, la surenchère, tu n'as pas tout à fait tort ! Ce n'est pas pour me justifier, mais ce texte n'est pas à proprement parler une nouvelle, mais plutôt une sorte d'élucubration délirante autour d'un thème "La cigarette de Michel Houellebecq" lancé par un auteur sur le topic d'un autre site. Chacun y étant allé de son invention, de son pire fantasme, il est vrai qu'assez vite la chose a pris des proportions extravagantes, nous entraînant dans un feu roulant de rigolade digne d'une tournante catilinaire de potaches excités. Aussi, je ne doute pas qu'hors de ce contexte, cette extrapolation gratuite puisse dérouter, voire choquer certaines personnes. Et je prie celles-ci d'accepter mes excuses si j'ai pu parfois offenser leurs chastes oreilles.

Bien à toi !

Hors ligne AJGF

  • Calligraphe
  • Messages: 141
Bonjour,

J'ai également tout lu.

Pour ma part, je trouve la deuxième partie plus attrayante que la première. En fait j'aurai mieux apprécié ton texte si tu avais plus développé la seconde partie.
Selon moi, la première partie est superflue. Certes tu décris Houellebecq et sa façon de tenir sa cigarette, mais je ne trouve pas que ça apporte un véritable plus à ton récit.

Au plaisir.

Hors ligne kokox

  • Calame Supersonique
  • Messages: 1 562
Merci bien pour ta lecture AJGF !
Je me retrouve face à un cruel dilemme ! Angarth a trouvé le début vraiment bien foutu et toi la deuxième partie plus attrayante.
Que faire pour satisfaire pleinement votre idéal ?
Je crois que vais sans doute intervertir les deux parties !  :)
Voire les couper !
Et récrire un nouveau texte sans parties ! :)

Bien à toi

Hors ligne Alan Tréard

  • Vortex Intertextuel
  • Messages: 7 754
  • Optimiste, je vais chaud devant.
    • Alan Tréard, c'est moi !
Moi, quand je pense à Houellebecq, je pense à sa précédente interview dans laquelle il faisait pratiquement allégeance à l'État Islamique, en tout cas jusqu'à maintenant.

Ton texte a la vertu de remettre un peu en valeur cet homme dans sa simplicité et dans son apparente marginalité, ça atténue la vision que j'en avais. Ça rétablit un peu la vérité peut-être.

Hors ligne kokox

  • Calame Supersonique
  • Messages: 1 562
Bonjour Tréard,

Merci bien pour ton passage.
Ecrit à la va-vite, ce texte n'avait pas d'autre ambition littéraire que de faire sourire un rien la cantonade (comme stipulé plus haut) et plus précisément ceux qui connaissent un peu l'écrivain et son oeuvre. Ici, le clin d'oeil faisait référence à la période de son roman "Plateforme" dans lequel il décrivait avec force détails souvent crus les plaisirs tarifés du tourisme sexuel, avec ce genre de petite musique gentiment cynique et implacable et dont il était coutumier :

Donc, poursuivis-je, d'un côté tu as plusieurs centaines de millions d'Occidentaux qui ont tout ce qu'ils veulent, sauf qu'ils n'arrivent plus à trouver de satisfaction sexuelle : ils cherchent, ils cherchent sans arrêt, mais ils ne trouvent rien, et ils en sont malheureux jusqu'à l'os. De l'autre côté tu as plusieurs milliards d'individus qui n'ont rien, qui crèvent de faim, qui meurent jeunes, qui vivent dans des conditions insalubres, et qui n'ont plus rien à vendre que leur corps, et leur sexualité intacte. C'est simple, vraiment simple à comprendre : c'est une situation d'échange idéale. Le fric qu'on peut ramasser là-dedans est presque inimaginable : c'est plus que l'informatique, plus que les biotechnologies, plus que les industries des médias ; il n'y a aucun secteur économique qui puisse y être comparé.

Bref, ce texte qui ne casse pas trois pattes à un canard serait plutôt, comment dirais-je, une sorte de léger hommage post-mortem.
Puisque à vrai dire, je ne lis plus vraiment Houellebecq. L'homme se ratatine, se flétrit à vue d'oeil. Quant à l'écrivain brillant qu'il fut à ses débuts, du moins à mon goût, je trouve qu'il ressemble dorénavant à s'y méprendre aux personnages autocentrés et terriblement désenchantés qu'il dénonçait avec brio naguère, qui n'étaient alors qu'une portion congrue de lui-même et qui ont fini par vampiriser totalement sa moelle et sa pseudo-prescience pessimiste du monde.
Reste, que même s'il demeure encore sous le joug de très nombreux tabous, le cul mène et mènera toujours la danse du monde bien plus que le pognon. Et, que sans être un grand devin, il ne m'étonnerait pas que les débuts contrariés de Houellebecq en amour aient pu influencer peu ou prou son étriquée vision de l'avenir du genre humain.

Hors ligne Alan Tréard

  • Vortex Intertextuel
  • Messages: 7 754
  • Optimiste, je vais chaud devant.
    • Alan Tréard, c'est moi !
D'accord, je comprends. Je n'ai jamais lu Houellebecq, or les apparences sont souvent trompeuses. J'essaie toujours de sortir des préjugés sur les gens, et c'est la raison pour laquelle il est toujours difficile pour moi de figer mes sentiments sur quelqu'un. Ton texte apporte un autre visage à l'auteur. Peut-être aussi qu'il reviendra sur ses dernières prises de position (qui ne sont pas insensées dans l'œuvre d'un auteur) et qu'il apportera un regard plus détendu. Michel Houellebecq, c'est un personnage assez difficile à comprendre, je pense que je pourrai saisir toutes les nuances de ton texte quand j'aurai lu au moins un de ses bouquins. Pour le moment, ton texte lui apporte plus d'humanité et de sympathie que les interviews des journalistes que j'ai entendues dernièrement.

Je t'en prie, tu peux m'appeler Alan !

Hors ligne kokox

  • Calame Supersonique
  • Messages: 1 562
Cher Monsieur Alan,  :)

Pour être tout à fait honnête, je ne m'attendais pas à recevoir une foule de commentaires en postant ce petit texte potache, un tant soit peu graveleux aux entournures.
Tout au plus pensais-je faire sourire un ou deux lecteurs hasardeux, ayant lu Houellebecq, qui auraient capté tempo le clin d'oeil que j'ai fait à "Plateforme", et à deux ou trois références concernant sa biographie.
Tel n'est pas le cas, visiblement, pour le moment !
Et je remercie d'autant plus les lecteurs comme toi qui, ignorant son oeuvre, ont pu subodorer un peu entre les lignes quelle pouvait avoir été naguère la tendresse un rien persécutée du "personnage". Avec le temps, va tout s'en va, a si bien chanté Ferré. Avec le temps, fanent aussi les "fleurs bleues" rajouterais-je !  :)
« Modifié: 24 Janvier 2016 à 23:51:35 par kokox »

Hors ligne Vivi

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ca tient plus de l'essai que du petit texte pour s'amuser. Moi, je pense que tu devrais l'envoyer a Houellebecq justement :D (mais vite vite hein, paske il ressemble de plus en plus a son cadavre :/).

Houellebecq, c sympa mais sans plus. J'en a lu que deux et je ne souviens plus de la différence lol

Lecture sympa ;)
Je suis capable du pire comme du meilleur, mais c'est dans le pire que je suis le meilleur (^.^)v

Hors ligne kokox

  • Calame Supersonique
  • Messages: 1 562
Merci bien Versus1 pour ton passage et ta lecture !

Oui, il va de soi que Houellebecq est certainement un parangon de pudeur. Et qu'il profite de cette pudicité, plus ou moins feinte, mine de n'y vouloir toucher, pour cultiver son ironie laquelle, comme le disait Jules Renard, est la pudeur de l'humanité.

Bien à toi !

Hors ligne kokox

  • Calame Supersonique
  • Messages: 1 562
Merci également à toi Viviane pour ta lecture.

Un essai ? Non, non, je t'assure, je n'ai absolument pas voulu faire oeuvre de réflexion. Je ne me suis pas pris le cigare ! Pour preuve, j'avais un petit coup gentillet dans le nez, mais je ne titubais pas, j'étais plutôt guilleret.  :)
Cependant, je commence à émettre quelques remords d'avoir tiré un peu sur une ambulance. Je l'aime bien Michel Houellebecq, je le trouve même touchant, malgré ses tendances à tourner un peu à l'aigre avec sa sinistrose Zemmourienne et Finkielkrautienne. A croire que ces trois là font un souper fin tous les vendredis soirs chez Lipp, puis se finissent chez Soral au "Trivial Pursuit Coranique".

Bien à toi !

Hors ligne Aléa

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C'est sympa, l'idée m'a fait marré et c'est plutôt bien "peint" et bien écrit !
Après je trouve que y'a des lourdeurs de phrases souvent, surtout quand tu annonces devoir te décharger etc tout en disant que c'est pas grand chose, ca fait beaucoup d'emphase pour un petit truc, bref tu peux encore bien alléger et faire plus 'lapidaire' pour garder l'effet  :P N'en fais pas trop reste sur l'essentiel  :huhu:
Y'a des phrases qui me semblait sonner vaguement comme du desproges  :\?

Fin voilà, sympathique

++
Le style c'est comme le dribble. Quand je regarde Léo Messi, j'apprends à écrire.
- Alain Damasio

 


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