Le Monde de L'Écriture – Forum d'entraide littéraire

25 Août 2026 à 22:32:09
Bienvenue, Invité. Merci de vous connecter ou de vous inscrire.


Le Monde de L'Écriture » Coin écriture » Textes courts (Modérateur: Claudius) » Les Anges de Salomon

Auteur Sujet: Les Anges de Salomon  (Lu 11488 fois)

Hors ligne Gros Lo

  • ex Lo
  • Clochard céleste
  • Vortex Intertextuel
  • Messages: 9 903
    • olig marcheur
Les Anges de Salomon
« le: 24 Mars 2009 à 00:05:04 »
Ouais, j'l'ai fini ! :-¬? c'est plus long que d'habitude. L'idée me trottait dans la tête depuis presque deux mois, ou un mois je sais plus. Enfin voilà. A un moment, j'étais embourbé dans les mêmes images, toujours, et c'était super relou, mais j'ai élagué et j'aime bien la fin ^^

Hop hop hop.







Les Anges de Salomon




I. Vers Jérusalem


« Elle arriva à Jérusalem avec une suite très imposante, avec des chameaux chargés d’aromates, d’or en grande quantité et de pierres précieuses. »
Bible, I Rois 10, 2



Il y avait dans sa venue l’annonce d’un cataclysme, la certitude d’un royaume en marche, des empreintes qui ne s’effaceraient plus ; les flots enflaient, l’onde souveraine de la légende sortie de ses langes, et elle était seule parmi toutes les reines immortelles à précéder son mythe, altière et parée, une moue d’enfant obstruant sa bouche, un éclat de folie enjouée dans l’œil, le feu blanc du soleil étreignant la mer ; son regard était nu, sans les noirceurs du khôl qui tuméfient les yeux des courtisanes : car elle était reine, et la vie et la mort lui étaient sens abstrus ; car sa vie s’éteindrait soufflée par sa légende, la Cité le dictait et, à travers elle, le chant râpeux des conteurs de toutes terres ; déjà elle paraissait dans l’air en fusion, si épais et si lourd, et chassait d’un geste étourdi et gracieux la touffeur tropicale qui humectait ses seins.

Le désert glabre, ceint de grès, ceint de terre, rien ne bougeait sur la terre, la toile tendue des cieux, rien sous les roches, rien derrière le soleil qui s’étalait partout dans le ciel en lumière – rien n’était parmi ces choses, seul l’or à s’en lasser, de la terre ensellée, ou du ciel qui s’enterre. C’était chose à vivre. Apparition d’ombres hautes derrière les voiles de silence et de moiteur. Il y eut des fantômes, des spectres au-delà du voile, et le désert figé leur semblait mort tout autant. Il y eut de longues traînées de bruit et d’épaisses coulures de sons, il y eut des éclats de musique ou de rire, des barrissements puissants, des grelots et des flûtes, des aboiements placés en colliers à la gorge de l’air accablant, et, quand tous les voiles furent franchis, le chuchotement d’ombres nobles. Pourtant, chimère ou vague songe, il y eut chose à se souvenir, il y eut pas qui ne s’efface et mythe qui ne se perd, dans le chatoiement d’âme qui offrit une fragile parure aux seins nus du désert, au désert ceint de grès, rien ne bougeait pourtant, rien derrière le soleil…

Au-devant du soleil suppurant, la caravane était chargée de pierres et de soie, le bois de santal en présent à un trône encore imaginaire. Elle façonnait des taches grises sur le sable aux anciens reflets de soleil, et s’étirait entre les dunes, semant de bizarres bruissements, revêtements d’humains sur la structure osseuse du silence. Il y avait dans sa venue ce museau de vent fou qui ébouriffait les dunes, il y avait là présages de science et de richesse, les chameaux cheminaient vers la Cité Sainte, les éléphants avançaient avec lenteur et d’un pas pesant, et les chiennes, ses chiennes blanches, ne foulaient pas le sable.

La caravane progressait dans les dunes, serpent d’hommes et d’offrandes, de luxe et de noblesse, la caravane de Balqis aux voiles céruléens, Reine du matin au regard d’or et d’ombres, Makeda la Très-belle, c’était la Dame qui cheminait sans fard et sans parure aucune, ayant offert au désert ses étoffes safranées, jeté ses samits couleur de terre aux nombreux fils d’argent. Les yeux de la Reine avaient quitté Ophir, le port n’était plus sien en ces temps de doute – car il fallait qu’elle sût –, mais elle emportait Saba en sa suite. La caravane rampait sur les flancs des dunes, elle rampait, sinueuse ; la caravane de la Reine de Saba, celle-là même qui venait visiter le Grand Roi Salomon.





II. La Reine n’était plus…




Lorsque la longue troupe de la Reine parvint en vue de la Sainte Cité, les chiennes blanches bondirent à terre et se roulèrent dans la poussière d’Israël. La Reine eut un rire, elle lança un regard de promesses dansantes à la Sainte Jérusalem.


*


Dans le lit du Grand Roi, Balqis se démenait. Furieuse et lésée, du sang dans les cheveux, aveuglée par tant de lumière. L’on dit de Salomon qu’il fut le plus puissant des mages et que la Reine de Saba, resplendissante au cœur de ses présents, parée des brumes de l’azur et les cheveux constellés, étrangère en la Cité Sainte et avide d’arcanes, était allée quérir sa très haute sagesse. Et le feu et la houle, le khamsin caparaçonné de sable, la Reine et sa suite de Djinns, cédèrent aux Anges de Salomon.


*


Il y avait dans sa venue l’annonce d’un cataclysme, cet élan d’irraisonné qui absorbait l’âme, sans que l’on sache qui chuterait en premier du cœur ou de la raison : il y avait des chevaux, innombrables, la Reine montait un étalon blanc, la course semblait inachevable, cent, mille cavaliers, ou peut-être des djinns, l’esprit du désert s’attelait à la course, suivait leur sillage de poussière et d’opulence, et de mythe, le mythe qui n’en finissait pas de s’ériger tandis qu’ils galopaient vers Jérusalem. Ses voiles bleus s’enroulaient autour du vent comme de saintes oriflammes. Elle était reine d’Ophir et de Pount, son royaume était celui des légendes du sud, d’hommes à la peau noire ; c’était la Reine Thaumaturge, elle interrogeait les arcanes en traçant des pentacles interdits que le sable goulu absorbait. Elle invoquait ceux qui viennent du ciel étoilé, les Anges de son hôte – elle, les appelait Djinns.

Elle, les appelait Djinns. Ils portaient sa couronne au royaume des dieux, émissaires de la Grande Reine, ils s’y employaient tous, et les Efrits incendiaient pour elle le cœur de Salomon, et les Sylphes soufflaient dans le cœur du Grand Roi des remords acérés, lui dont la raison sombrait sous les houleux assauts des Marids qui commandaient à l’onde, et de tourbeux Satans le tentaient par mille langages de colère. Elle, les appelait Djinns. Flamme et fange, bourrasques chargée de mer elle façonnait.

Le sable ensemençait le ciel. Le khamsin s’était mis à souffler, soufflerait cinquante jours, sans cesser d’ahaner les lourds grelots qui tintaient là-bas, à Ophir ou à Pount. Un royaume à forme de femme s’approchait d’Israël. Elle avait surgi du désert à la moitié du jour, et derrière elle sifflait un long serpent de chair et de bois, une caravane bruyante composée d’animaux et d’arômes, d’épices et de parfums, de topazes, avec des chameaux en nombre pour les porter, ainsi que cent éléphants dodelinant de la trompe, et des lévriers blancs qu’elle seule commandait. Beaucoup d’hommes chevauchaient à l’entour et hâtèrent leurs montures lorsque la Cité Sainte parut à leurs yeux. La Reine pressa son cheval, toute voilée d’azur et de lin caressée, et partit au triple galop. Les chiennes immaculées folâtraient à sa suite. C’était un raid que conduisait Balqis, une attaque inopinée d’exubérance, imposant son mythe croissant à la foule de Judée. Saba fondait sur la sainte Jérusalem, le vent s’était levé, emportant avec lui un parfum d’iode et de cendres.



*


La Reine et ses cavaliers filaient à travers la ville aux ruelles ombragées, le martèlement des sabots se coulait dans l’agitation du peuple d’Israël. Le galop des montures, les longues foulées des chiennes d’ivoire. Elle chevauchait fière et libre, le velours bleu de sa cape – un bleu de haute mer – semblable aux champs du Nord exposés au frimas de l’hiver. Le lait et la nacre sous ses voiles émiettaient les rumeurs de Samarie qui faisaient d’elle l’adoratrice du jour, prêtresse du soleil : elle leur semblait là fille de la Lune et des cieux clairs. Parvenant aux abords du palais, la troupe dut emprunter une passerelle de fortune. Le passage était fort étroit et la Reine mit pied à terre. A mesure qu’elle traversait, elle sentait les rugosités souterraines du bois, ses souvenirs, ses pressentiments ; elle crut saisir une odeur d’humus et de restes humains, elle crut voir la tombe d’Adam dans le Jardin de Dieu ; masquée en-deçà des parfums végétaux se terrait une promesse, un contact comme le sien, de peau d’homme, une sanglante étreinte à venir pour les planches équarries. Elle perçut par le bois la nature de la Sainte Jérusalem. Son regard embrassa la ville fumante d’activité et, se portant sur les collines au-delà des remparts, voyant là soumission amère, s’emplit de larmes de désespoir.


*


Les échansons versaient leurs aigres humeurs. La Reine du matin leur préférait les paroles rudes du maître d’Israël, depuis longtemps brisées sur les dalles froides de ce palais sans vie ; trop d’hommes n’avaient pas compris ses dires. Balqis ne prenait pas garde aux plats fumants, au vin à ras-bord des aiguières ; Balqis tentait de ramasser, à genoux sur les dalles, la science ébréchée du roi marqué par l’âge. Il avait la voix blanche et sa litanie hermétique gouttait à ses lèvres, à son menton, sur les voiles bleus, intraitable et sifflante. En l’écoutant, Balqis ne sentait que le noir épais des cloîtres sombres, ceux des arts occultes à jamais hérétiques ; elle crut que le Grand Salomon était fou.


*


Elle s’était retirée dans les collines qui surplombaient la Cité Sainte. Mèches noires, encapuchonnée de safran. Dans l’ombre des oliviers qui se repaissaient de ses peurs et les gardaient patients au creux de l’écorce : d’autres viendraient. Le pont de fortune avait livré les secrets incrustés dans les nœuds du bois. De ce bois qui lui survivrait pour toucher d’autres peaux éternelles. Elle avait vu Jérusalem, ses sagesses et traîtrises, son tribut de sacrifices. Elle était recueillie là, entre les arbres tors. Les incantations dansaient dans le ciel sans étoiles. Serait-elle trahie, délaissée par ses tours et piégée par la ville ? Les portes de la Cité se refermaient lentement sur la Reine. Le ricanement des gonds, elle l’avait entendu bien tard. Les paroles du roi s’infiltraient dans les nuages et derrière les astres. Contre l’air piaffant. A travers les rayons dardés. Dominant les terres rouges. Bien au-dessus de l’eau désemparée. Où Balqis vit des Djinns, Salomon crut aux Anges. Et Saba dans l’horizon purulent ? Saba n’avait plus sens. Ophir s’effondrait dans les ravins de la légende et les ruines de Pount ; Saba n’avait plus sens.
Satan pouvait bien naître. Saba était tombé, Balqis ne voyait pas les Anges ; Satan pouvait bien vivre.



*


Dans le lit du vieux mage elle se débattait, sans que rien ne perdure, sous le khôl et l’azur, sous richesse et fierté, rien que le mythe distendu, racorni, ébréché comme les sorts du Grand Roi, qui légitimait toute souillure pour se parer des fils d’or du mystère. Au matin, la Reine n’était plus. L’on dit de Salomon qu’il fut puissant parmi les sages et que la Reine de Saba aux lèvres crevassées, à l’aura si charnelle, portant dans le regard les constellations du monde, dans les doigts la violence du vent rouge du sud, sous le ventre une soif de magie, avait pris le chemin de Jérusalem pour s’enquérir de sa science. Mais le feu et la houle, et le khamsin suffoquant, et la Reine et sa suite de Djinns, cédèrent aux Anges de Salomon.


*


Une voix s’élève des aigreurs du désert. S’élève entre les oliviers chargés de feuillage argenté. Elle chante la reine aux soieries de safran.


Balqis ôtait son voile à la clarté du sable,
Balqis ôta le lin sans attendre le soir.
Après qu’elle eut défait ses lourds bracelets noirs
Elle plongea ses mains dans l’ocre intarissable
Et sentit que sa paume effleurait de vieux mythes
Et sentit sous ses doigts que les djinns s’éveillaient.

Elle est morte à présent ! nul ne saurait la suivre
Ni le Grand Salomon, ni son faux Dieu d’ermites,
En son chemin de grâce elle errait folle et blême
Croyant voir en Saba l’âpre Jérusalem…

Balqis s’ôtait le cœur, nul n’aurait su la suivre
Balqis mourait ailleurs sans plus croire en ses djinns
Ni au Roi Salomon, ni à la Cité ivre
Croyant tuer en Saba l’âcre Jérusalem…

Balqis ôtait son âme à la clarté des Anges
Samaël l’éclairait, nul ne pouvait l’atteindre,
Nul ne pouvait l’atteindre…



La complainte mourut, et le jour avec elle. De l’autre côté de la vallée, sur une autre éminence, il y avait des croix et des hommes cloués contre le bois, le bois de Salomon, celui de la passerelle empruntée par la troupe de la Reine de Saba lors de sa venue à la Sainte Jérusalem, le bois dont la Reine avait écouté les souvenirs à venir. Elle, n’était plus, la cité brisait les corps pour faire éclore ses mythes. La complainte s’éteignit dans la rumeur des oliviers ; le soleil disparaissait sous le palais d’Hérode. Et les croix dans la nuit, la nuit coulait du flanc des morts sur l’impassible Golgotha.




« Modifié: 19 Avril 2009 à 23:37:52 par Loredan »
dont be fooled by the gros that I got ~ Im still Im still lolo from the block (j Lo)

Hors ligne ernya

  • Vortex Intertextuel
  • Messages: 7 683
  • Ex-dragonne
    • Page perso
Re : Les Anges de Salomon
« Réponse #1 le: 24 Mars 2009 à 17:15:12 »
les flots enflaient, l’onde souveraine de la légende sortie de ses langes, et elle était seule parmi toutes les reines immortelles
c'est fait exprès j'imagine...
parce que là, c'est... enfin, il y a un petit souci de construction, mais c'est tellement gros que ça doit être fait exprès :P
en tout cas le rapprochement "flots"/"onde" passe bien
et puis même avec les "langes", l'image des eaux, ouais, non, c'est bien
c'est juste la syntaxe bouleversée qui me dérange :mrgreen:

arf, la phrase :D
c'est long, c'est épuisant, je dirais pour un début, d'un autre côté ça rend bien l'impression d'étouffer :D

Le désert glabre, ceint de grès, ceint de terre,
j'aime bien le balancement

Il y eut des fantômes, des spectres au-delà du voile, et le désert figé leur semblait mort tout autant.
j'aime pas trop "tout autant" à la fin
et finir sur "mort" ça rendrait bien ( mieux?  :mrgreen:)

il y a pas mal de répétition du mot "voile", perso, ça me lasse un peu :-¬?

Au-devant du soleil suppurant (l’abrasive lumière), la caravane était chargée de pierres et de soie, le bois de santal en présent à un trône encore difficile à imaginer.
j'aime pas la fin...
ça fait... je sais pas... intrusion, rupture... c'est peut-être fait exprès

Dans le lit du Grand Roi Balqis se démenait.
peut-être une virgule?

C’était un raid que conduisait Balqis, une attaque inopinée d’exubérance, imposant son mythe croissant à la foule de Judée.
un raid ?
au sens d'attaque?  je trouve que ça fait bizarre

j'aime pas trop les répétitions du début et des fins de paragraphes



Et sentit sous ses doigts que les djinns s’éveillaient.

Croyant tuer en Saba l’âcre Jérusalem…

Balqis ôtait son âme à la clarté des Anges
des vers sans rimes  :-\



bon, bon, bon
en général, je dirais que j'aime pas trop trop en fait :-[
c'est super descriptif et les descriptions ont beau être belles, elles me lassent, je suis perdue par la masse de détails et dès que c'est un peu plus du récit, j'ai déjà décroché en fait :-[
mais bon, j'ai jamais aimé les descriptions

en fait, ça m'a frustré parce que je sais que je suis totalement passée à côté du "récit"

je trouve ça trop long en fait

il y a des formulations que j'ai bien aimé et même dans les descriptions il y a de beaux passages, mais les phrases sont longues, atrocement longues.  C'est fait exprès mais je sais pas, je trouve ça dommage parce que plus court, la beauté des phrases auraient gagné en intensité, je pense
là, on a pas le temps de se laisser porter par la description, on est entraîné par ces phrases longues (c'est pas que la première, c'est en général que je trouve ça long)
et les répétitions, ça m'a aussi énervé, je trouvais ça un peu "simple" et ça ne faisait qu'alourdir le texte :-[

franchement, je l'aurais bien plus aimé en super plus court ( comme quoi, t'as pas assez élagué à mon goût :mrgreen:), mais une grosse coupure d'au moins 4 -5 paragraphes

 c'est vraiment frustrant parce que c'est bien "au fond", mais vraiment au fond, le coeur et même le choix des mots, c'est bien, c'est vraiment la longueur et des phrases et du texte qui m'ont rebutée
c'est... vraiment pesant,  t'as l'impression de crouler sous des joyaux ( les belles tournures, tout ce qui est bien dans le texte), tu nous les imposes en masse
en gros trop de... recherche ?  belles tournures ? ( je sais pas comment appeler ça) tue la recherche, les belles tournures, etc

bref, si je tente de résumer un peu
j'ai bien aimé les images, le fond du texte, mais il y a trop de répétitions, trop de longeurs, trop de texte ( ><)
donc j'aimerais bien mieux en beaucoup plus élagué :-[

mais j'ai pas détesté, hein ? c'est juste que c'est "trop" :-[ :-[
"Je crois qu'il est de mon devoir de laisser les gens en meilleur état que je ne les ai trouvés"
Kennit, Les Aventuriers de la Mer, Robin Hobb.

Hors ligne Kailiana

  • Palimpseste Astral
  • Messages: 3 801
  • Lial' | Calamar placide
Re : Les Anges de Salomon
« Réponse #2 le: 24 Mars 2009 à 18:22:04 »
Citer
Au-devant du soleil suppurant (l’abrasive lumière), la caravane était chargée de pierres et de soie, le bois de santal en présent à un trône encore difficile à imaginer. La caravane façonnait des taches grises sur le sable aux anciens reflets de soleil
Oserai-je dire "répétition soleil", ou est-ce trop loin ? C'est toi qui vois  :P

Citer
Croyant tuer en Saba l’âcre Jérusalem…
j'aime moins ça dans le poème



Citation de: Ernya
un raid ?
au sens d'attaque?  je trouve que ça fait bizarre
J'crois que ça se dit bien (en tout cas sur mes mmorpg ça se dit  :-¬?)


Alors j'ai pas vraiment aimé le début (les deux premiers paragraphes surtout). Et comme Ernya j'ai trouvé que les phrases étaient longues et interminables ; méritant d'être plus courtes. Parce qu'il y a de très beaux trucs niveau style, et une bonne ambiance dans le texte (enfin, "bonne"... l'ambiance est plantée quoi ^^) mais c'est parfois un peu trop facile de décrocher avec les descriptions à rallonge.

Sinon je dois avouer que perso j'aime bien l'histoire (pour une fois  :-¬?) et j'aime beaucoup la Reine. Et je trouve la fin très bien amenée.

Pour ce qui est des répétitions, ça ne m'a pas vraiment dérangée. C'est plutôt le... manque de souffle qui m'étreignait parfois à cause d'une suite de phrases interminables qui me rebutait un peu  :-[ Et ton style est quand même assez lourd ; lourd dans le sens... enfin, ce que j'appelle un "texte lourd", c'est un texte qu'on ne peut pas lire rapidement. Où on est "obligé" de lire vraiment chaque mot (c'est pas forcément négatif, quoi)
Mais du coup sur un texte long, où en plus tu ne te déranges pas pour bousculer un peu les règles habituelles, c'est parfois bien d'avoir quelques paragraphes (voire quelques lignes) pour que le pauvre lecteur puisse se reposer un peu  :-[

Mais sinon j'ai bien aimé. Ca parait pas forcément avec tout ce que j'ai dit  :-¬? Mais j'aime vraiment beaucoup la fin, et même à peu près toute la partie II (si on enlève quand même quelques passages un peu redondants, tu pourrais raccourcir quelques trucs)
Le début par contre, j'ai eu beaucoup plus de mal.


Bon pour l'instant j'vois rien d'autre à dire, je repasserai peut-être si j'y pense
Si la réalité dépasse la fiction, c'est parce que la réalité n'est en rien tenue à la vraisemblance.
Mark Twain

La théorie, c'est quand on sait tout et que rien ne fonctionne. La pratique, c'est quand tout fonctionne et que personne ne sait pourquoi.
Einstein

Hors ligne Nolan Llyss

  • Scribe
  • Messages: 96
Re : Les Anges de Salomon
« Réponse #3 le: 24 Mars 2009 à 19:19:48 »
On sent effectivement que tu sors d'une lecture de Saint-John Perse ; on retrouve le rythme de certains versets.
On trouve également une sorte de parfum lyrique d'une autre époque, comme un Cantique des Cantiques étouffé/étoffé...

J'aime bien la structure, le style, bref je ne trouve pas grand chose à redire. Je pense que nous avons ici affaire à une petite pierre précieuse, finement taillée.

Je me demande simplement si l'emploi de la conjonction "car" après un point-virgule n'est pas un procédé discutable... C'est sans doute le seul élément qui m'a déplu à la lecture, mais je chipote. Le morceau de phrase qui débute après le point-virgule est grammaticalement considéré comme indépendant de ce qui précède, et "car" ne me semble pas adéquat à ce moment de ta phrase.
Il faut souffler sur quelques lueurs pour faire de la bonne lumière.

René Char

Verasoie

  • Invité
Re : Les Anges de Salomon
« Réponse #4 le: 25 Mars 2009 à 12:40:33 »
J'ai beaucoup aimé le début, et la fin.

La première très longue phrase m'a mise dans l'ambiance, avalanche de belles images, de beaux mots, ... qui me permet de sentir tout de suite le ton et le décor. Et aussi on reconnaît qu'on est en train de lire du Lo' et que ça rigole pas. :mrgreen: (nan je plaisante)

Sinon la fin, pareil. Le poème (même sans rimes) est super beau, avec de belles images et il permet vaguement de reconstruire l'intrigue pour le pauvre lecteur qui s'est laissé entraîner et a un peu décroché vers le milieu.

Donc, le milieu. Je dirais que le passage qui m'a gênée c'est le paragraphe qui commence par "Les échansons versaient leurs aigres humeurs.", j'avais l'impression qu'on n'y lisait que des métaphores et du coup je me représentait pas ce qui se passait concrètement. Mais à la relecture, ça ne me pose plus de problème, donc je sais pas trop quoi en penser...

D'un autre côté si tu délaissais les métaphores pour raconter littéralement ce qui se passe quand la Reine de Saba rencontre Salomon, ça casserait vraiment le rythme du texte. Donc je trouve ça bien comme ça, peut être un peu difficile à suivre au milieu si on ne connaît pas la légende (je viens de la lire sur wiki, je connaissais pas) mais le poème à la fin rattrape l'incompréhension. "Donc je relève ça mais en fait faut pas le changer", haha, comme j'me sens utile xD

Enfin pour conclure, j'aime vraiment le cadre et les images soulevées, les personnages, la légende-là... le bémol pour moi ce serait le milieu du texte où ce qui se passe concrètement est pas assez mis en valeur par rapport aux images et métaphores autour. Par exemple dans l'avant-dernier paragraphe avant le poème, j'ai quasiment zappé la phrase "Les portes de la Cité se refermaient lentement sur la Reine.", alors que c'est celle qui est importante, après-coup, pour la compréhension... Je sais pas si tu vois ce que je veux dire >_o

Hors ligne Gros Lo

  • ex Lo
  • Clochard céleste
  • Vortex Intertextuel
  • Messages: 9 903
    • olig marcheur
Re : Les Anges de Salomon
« Réponse #5 le: 25 Mars 2009 à 17:17:59 »


J'ai attendu un peu avant de répondre ^^


Alors juste, j'ai oublié de préciser les musiques qui m'ont aidé à écrire.

- pour les descriptions de la Caravane et la progression de la Reine, et pour les 2 paragraphes qui mettent en scène sa fin (et tous ceux avec plus ou moins une "dynamique tragique"), Requiem for a dream
- pour les descriptions du désert, le bien nommé To Jerusalem de Kingdom of Heaven
- pour les descriptions de la Reine, Sibylla de KoH
- pour la course de la Reine, Swordplay de KoH


*

En fait j'ai passé trois jours à le rédiger, autrement dit, oui, ce fut long et laborieux...
Et j'ai fait pas mal de suppression, c'était vraiment très lourd, vous savez souvent, il y a des textes qui se veulent beaux juste parce qu'ils parlent de choses belles. Genre là y avait des métaphores mélioratives à la pelle, et que je te refourgue de l'or partout et des pierres précieuses, c'était vraiment... de très très mauvais goût du coup, cette surenchère. Donc ce côté-là j'pense qu'il est à peu près parti (j'espère).



>>> Ernya

oui pour la rupture de syntaxe c'est... je sais pas si c'est fait exprès, dans la mesure où c'est pas fait pour attirer spécialement l'attention, en tout cas c'est pas involontaire.


Citer
Le désert glabre, ceint de grès, ceint de terre,
j'aime bien le balancement
c'est tout le début de ce paragraphe-là, jusqu'à "Il y eut des fantômes", qui me sort par les yeux...


Citer
Il y eut des fantômes, des spectres au-delà du voile, et le désert figé leur semblait mort tout autant.
j'aime pas trop "tout autant" à la fin
et finir sur "mort" ça rendrait bien ( mieux?  :mrgreen:)
voilà donc tout le paragraphe avant m'agace profondément... hm ouais mais c'est pour faire le parallèle. Hm?

Citer
il y a pas mal de répétition du mot "voile", perso, ça me lasse un peu :-¬?
alors, c'est l'expression que j'voulais mettre donc j'l'ai laissée, mais "au-delà du voile" ça fait pas trop "Siriuuuuuus !" ?


Citer
Au-devant du soleil suppurant (l’abrasive lumière), la caravane était chargée de pierres et de soie, le bois de santal en présent à un trône encore difficile à imaginer.
j'aime pas la fin...
ça fait... je sais pas... intrusion, rupture... c'est peut-être fait exprès
oui j'avais modifié (avant c'était pire). Je sais pas trop comment changer.


Citer
Dans le lit du Grand Roi Balqis se démenait.
peut-être une virgule?
on a l'impression qu'il s'agit du "Grand Roi Balqis" ? Si c'était dans l'autre sens ça ferait bizarre, "Balqis se démenait, dans le lit du Grand Roi"


Citer
C’était un raid que conduisait Balqis, une attaque inopinée d’exubérance, imposant son mythe croissant à la foule de Judée.
un raid ?
au sens d'attaque?  je trouve que ça fait bizarre
ouais, c'est pour rendre la manière dont elle "débarque"...


Citer
j'aime pas trop les répétitions du début et des fins de paragraphes
le côté cyclique ?


Citer

Et sentit sous ses doigts que les djinns s’éveillaient.

Croyant tuer en Saba l’âcre Jérusalem…

Balqis ôtait son âme à la clarté des Anges
des vers sans rimes  :-\
ouais j'me suis dit que ça ferait complètement artificiel si je cherchais à imposer les rimes... genre ajouetr un vers pour faire rimer Jérusalem avec emblème, s'éveillaient avec conseillaient, Anges avec langes... j'étais pas convaincu


Citer
en général, je dirais que j'aime pas trop trop en fait :-[
c'est super descriptif et les descriptions ont beau être belles, elles me lassent, je suis perdue par la masse de détails et dès que c'est un peu plus du récit, j'ai déjà décroché en fait :-[
donc un peu ce que j'ai dit avant d'attaquer ton comm ? sur le côté "quand un texte parle de trop de belles choses, il devient très laid" ?



Citer
en fait, ça m'a frustré parce que je sais que je suis totalement passée à côté du "récit"
il est pas très mis en valeur il faut dire...


Je comptais peut-être supprimer le paragraphe court qui... enfin celui-là :

Citer
*


Le vent rouge du sud, fureur âcre de Seth, la Reine l’avait-elle dompté ? Le sable ensemençait le ciel. Le khamsin s’était mis à souffler, soufflerait cinquante jours, sans cesser d’ahaner les lourds grelots qui tintaient là-bas, à Ophir ou à Pount, au royaume de Saba. Il est une loi, édictée par le trône d’Israël, qui efface les crimes perpétrés pendant que souffle le vent rouge du sud, fureur acerbe du maître du tonnerre…


*

et raccourcir celui de l'entretien entre Salomon et la Reine, qui commence avec les échansons. Et peut-être le début du 2e paragraphe, qui parle du désert... voire raccourcir le premier. Ce serait mieux ?

Parce que la fin j'aimerais pas trop la couper, j'l'aime vraiment bien... et dès le paragraphe où la Reine se recueille au Mont des Oliviers... (en plus j'ai essayé de donner plusieurs aperçus de sa dimension psychologique... au départ c'était censé être -plus court, et puis- une geste rapide racontant l'arrivée de la Reine... enfin le projet de base, c'est la première partie)



>>> Lial

Citation de: Kailiana
Citer
Au-devant du soleil suppurant (l’abrasive lumière), la caravane était chargée de pierres et de soie, le bois de santal en présent à un trône encore difficile à imaginer. La caravane façonnait des taches grises sur le sable aux anciens reflets de soleil
Oserai-je dire "répétition soleil", ou est-ce trop loin ? C'est toi qui vois  :P
ah pas vu... j'essaierai de remplacer le 2ème

Citer
Citer
Croyant tuer en Saba l’âcre Jérusalem…
j'aime moins ça dans le poème
j'essaie de renforcer lse parallèles entre les vers, et j'vois pas trop commencer je pourrais changer... c'est tout le vers qui bloque ? ou un(e) hémistiche ?

[pour les suggestions de raccourcissurement, voir réponse ernya :-¬? ]

Citer
Sinon je dois avouer que perso j'aime bien l'histoire (pour une fois  :-¬?) et j'aime beaucoup la Reine. Et je trouve la fin très bien amenée.
cool pour la fin, puisqu'elle s'est... élaborée en cours de rédaction...



>>> Llyss

Citation de: Llyss
On sent effectivement que tu sors d'une lecture de Saint-John Perse ; on retrouve le rythme de certains versets.
On trouve également une sorte de parfum lyrique d'une autre époque, comme un Cantique des Cantiques étouffé/étoffé...
j'ai lu le passage de la Bible pour voir ce que ça en disait et surtout comment c'était raconté (j'adore le "style" de l'Ancien Testament :coeur: )... tant mieux si ça y fait un peut penser, du coup ^^ pour SJP, j'm'en suis rendu compte après, mais les "Il y avait dans sa venue" ça fait penser au début de certaines de ses parties... "Et la Mer vint aux degrés de... [...]" ? faut que j'l'apprenne j'men souviens plu trop.


Citer
Je me demande simplement si l'emploi de la conjonction "car" après un point-virgule n'est pas un procédé discutable... C'est sans doute le seul élément qui m'a déplu à la lecture, mais je chipote. Le morceau de phrase qui débute après le point-virgule est grammaticalement considéré comme indépendant de ce qui précède, et "car" ne me semble pas adéquat à ce moment de ta phrase.
alors, les points-virgules j'en ai mis pas mal, c'est surtout, comme les phrases sont très longues, une "plate-forme" pour le lecteur, pour qu'il puisse retrouver sa respiration, ou faire une pause sur une branche épaisse avant de repartir dans sa course de liane en liane :-¬?



>>> Vera

Le poème (même sans rimes) est super beau, avec de belles images et il permet vaguement de reconstruire l'intrigue pour le pauvre lecteur qui s'est laissé entraîner et a un peu décroché vers le milieu.
en fait il est pas fidèle en tout point à l'histoire, mais le fond de l'intrigue est brouillé, t'façon. Mais j'suis content de la fin avec Samaël ^^


Citer
Donc, le milieu. Je dirais que le passage qui m'a gênée c'est le paragraphe qui commence par "Les échansons versaient leurs aigres humeurs.", j'avais l'impression qu'on n'y lisait que des métaphores et du coup je me représentait pas ce qui se passait concrètement. Mais à la relecture, ça ne me pose plus de problème, donc je sais pas trop quoi en penser...
oui je vais peut-être aller au plus court. Genre en 5-6 lignes... y a des trucs à supprimer, parce que j'me laissais emporter par la musique du coup j'écrivais plus qu'il ne fallait...


Citer
un peu difficile à suivre au milieu si on ne connaît pas la légende (je viens de la lire sur wiki, je connaissais pas)[/size]
est-ce que le coup de la planche de bois est pas trop embrouillé ? j'ai appris ça pendant la rédaction et du coup j'l'ai incorporé, du coup j'aime beaucoup l'ouverture de la fin du texte... mais les sous-entendus vers Jésus sont compréhensibles ou pas ? genre les souvenirs à venir du bois, la Reine qui se recueille au Mont des Oliviers, et les crucifiés de la fin... ? Ca vient de la Légende dorée : Adam est enterré au Jardin d'Eden, l'arbre sous lequel il gît est débité (par le jardinier de Dieu j'imagine xD) et certaines des planches qui en sont tirées sont destinées à resservir comme croix de Jésus. Entre temps, elles servent comme pont de fortune à l'entrée du palais de Salomon et la Reine a une vision de Jésus sur la croix. C'est ça l'histoire vite fait dans la Légende dorée... j'ai essayé de la reprendre.



Citer
Par exemple dans l'avant-dernier paragraphe avant le poème, j'ai quasiment zappé la phrase "Les portes de la Cité se refermaient lentement sur la Reine.", alors que c'est celle qui est importante, après-coup, pour la compréhension... Je sais pas si tu vois ce que je veux dire >_o
enfin cette phrase-là est une image, c'est l'impression qu'elle a, genre la gueule du loup... oui je crois que je vois... tout est affaire de mise en relief :P



bon, merci à vous quatre d'avoir lu et commenté :-¬?

par contre j'ai un problème, c'est que je suis toujours content du texte, enfin vraiment à partir de
Citer
Elle s’était retirée dans les collines qui surplombaient la Cité Sainte. Mèches noires, encapuchonnée de safran. Dans l’ombre des oliviers

du coup je suis embarrassé que vous n'ayez pas aimé ><
dont be fooled by the gros that I got ~ Im still Im still lolo from the block (j Lo)

Hors ligne Nolan Llyss

  • Scribe
  • Messages: 96
Re : Les Anges de Salomon
« Réponse #6 le: 25 Mars 2009 à 17:31:32 »
Euh... moi j'avais beaucoup aimé ;)
Il faut souffler sur quelques lueurs pour faire de la bonne lumière.

René Char

Hors ligne Gros Lo

  • ex Lo
  • Clochard céleste
  • Vortex Intertextuel
  • Messages: 9 903
    • olig marcheur
Re : Les Anges de Salomon
« Réponse #7 le: 25 Mars 2009 à 17:34:11 »


Mon argumentaire de lianes te convainc ? :-¬?

oui mais t'as trouvé ça précieux non ? j'aime pas ce côté-là du texte, pas précieux dans le sens "archaïque" mais dans le sens "pierre précieuse", j'trouve que ça fait trop clinquant et "croulant sous les joyaux" comme dit ernya ><
dont be fooled by the gros that I got ~ Im still Im still lolo from the block (j Lo)

Hors ligne Nolan Llyss

  • Scribe
  • Messages: 96
Re : Les Anges de Salomon
« Réponse #8 le: 25 Mars 2009 à 17:50:27 »
Bah oui c'était un peu l'idée... mais je pensais que c'était exactement ce que tu avais voulu nous présenter avec cet extrait ;) Une impression de quelqu'un qui a passé un temps fou à fignoler, à lisser chaque élément du texte, à bien tout raboter pour que rien ne dépasse.


Non?
Il faut souffler sur quelques lueurs pour faire de la bonne lumière.

René Char

Hors ligne Gros Lo

  • ex Lo
  • Clochard céleste
  • Vortex Intertextuel
  • Messages: 9 903
    • olig marcheur
Re : Les Anges de Salomon
« Réponse #9 le: 25 Mars 2009 à 18:03:43 »


bah... un peu mais comme le fignolage est pas une fin en soi, c'est pas forcément positif qu'il ressorte :-¬?

enfin si t'as aimé c'est l'essentiel, j'vais pas me plaindre... xD
dont be fooled by the gros that I got ~ Im still Im still lolo from the block (j Lo)

Hors ligne ernya

  • Vortex Intertextuel
  • Messages: 7 683
  • Ex-dragonne
    • Page perso
Re : Les Anges de Salomon
« Réponse #10 le: 25 Mars 2009 à 18:38:09 »
alors


pour "raid" en fait, je trouve que ça fait trop "moderne", le texte est quand même fortement imprégné d'"anticité" :mrgreen:
pour tout ce qui est raccoucir, oui, les passages que tu veux élaguer sont pas les plus "beaux" et j'oserais dire pas les plus importants donc oui

et pour le fameux "croulant sous les joyaux", c'est dû à la longueur des phrases et à leur construction, pas aux mots

sinon, oui, ça fait très KOH ^^

sinon, en fait, faut quand même que j'avoue quelque chose: ma culture biblique, elle est tout simplement inexistante ( les quelques passages que j'ai pu lire, je les ai aussitôt oubliés, le courant n'est jamais passé ><)
donc du coup, ben, tout est un peu inconnu donc les références, ben elles ne me parlent pas
genre, la "Judée", la seule chose que ça m'évoque c'est Bérénice ><
donc, forcément, la richesse du texte.... voilà quoi ( mais du coup, t'en es pas responsable  :mrgreen:)


"Je crois qu'il est de mon devoir de laisser les gens en meilleur état que je ne les ai trouvés"
Kennit, Les Aventuriers de la Mer, Robin Hobb.

Hors ligne Gros Lo

  • ex Lo
  • Clochard céleste
  • Vortex Intertextuel
  • Messages: 9 903
    • olig marcheur
Re : Les Anges de Salomon
« Réponse #11 le: 25 Mars 2009 à 19:56:10 »

Je crois que c'est le mot dont on se sert pour désigner les attaques arabes du Moyen-Age, si c'est le côté... "aviation à poste de combat, larguez missiles" qui te gêne...

arf... moi j'ai toujours trouvé (enfin je m'en suis pas rendu compte tout de suite mais.) que les noms bibliques étaient super poétiques ^^ le Grand Roi Salomon, la Jérusalem Céleste, le mythe du Déluge, Noé, "Satan", les dix Plaies d'Egypte... :coeur:
dont be fooled by the gros that I got ~ Im still Im still lolo from the block (j Lo)

Verasoie

  • Invité
Re : Les Anges de Salomon
« Réponse #12 le: 25 Mars 2009 à 20:49:46 »
Oh ouais les noms bibliques et hébraïques en général je trouve ça trop beau ;_;

Oui pour le bois, enfin sans rapporter à la légende parce que je la connaissais pas du tout, j'avais saisi ce que tu expliques... même si ça me rappelait plutôt le bois-sorcier, sur le moment :P

Pour l'image des portes de la cité, en fait j'avais pas bien compris qu'elle y était restée, en lisant au début, je la voyais repartie. C'est pour ça que j'ai trouvé après que la phrase était importante à la compréhension...

Voilà ^^

Hors ligne Gros Lo

  • ex Lo
  • Clochard céleste
  • Vortex Intertextuel
  • Messages: 9 903
    • olig marcheur
Re : Les Anges de Salomon
« Réponse #13 le: 26 Mars 2009 à 23:49:56 »

Voilà les petites modifs de ce soir (pas encore ajoutées au premier post). Suppressions en barré et ajouts en gras.


Citer
Le désert glabre, ceint de grès, ceint de terre, rien ne bougeait sur la terre jaune, rien ne bougeait sur la toile tendue des cieux, rien sous les roches, rien derrière le soleil qui s’étalait partout dans le ciel en lumière – rien n’était parmi ces choses, seul l’or à s’en lasser, de la terre ensellée, ou du ciel qui s’enterre. C’était chose à vivre. Incursion, silhouettes tout contre les sécheresses nébuleuses, il y eut des troubles en effet, apparition d’ombres hautes derrière les voiles de silence et de moiteur. Il y eut des fantômes, des spectres au-delà du voile, et le désert figé leur semblait mort tout autant. Il y eut de longues traînées de bruit et d’épaisses coulures de sons, il y eut des éclats de musique ou de rire, des barrissements puissants, des grelots et des flûtes, des aboiements placés en colliers à la gorge de l’air accablant, et, quand tous les voiles furent franchis, le chuchotement d’ombres nobles. Mais les précipitations des fuyards sont hors de portée du désert lent et veule, ses voiles d’éternité lui dissimulent les tribulations des hommes. Pourtant, chimère ou vague songe, il y eut chose à se souvenir, il y eut pas qui ne s’efface et mythe qui ne se perd, dans le chatoiement d’âme qui offrit une fragile parure aux seins nus du désert, au désert ceint de grès, rien ne bougeait pourtant, rien derrière le soleil…

Au-devant du soleil suppurant (l’abrasive lumière), la caravane était chargée de pierres et de soie, le bois de santal en présent à un trône encore difficile à imaginer imaginaire. La caravane façonnait des taches grises sur le sable aux anciens reflets de soleil, et s’étirait entre les dunes, semant de bizarres bruissements, revêtements d’humains sur la structure osseuse du silence. Il y avait dans sa venue ce museau de vent fou qui ébouriffait les dunes, il y avait là présages de science et de richesse, les chameaux cheminaient vers la Cité Sainte, les éléphants avançaient avec lenteur et d’un pas pesant, et les chiennes, ses chiennes blanches, ne foulaient pas le sable.

La caravane progressait dans les dunes, serpent d’hommes et d’offrandes, de luxe et de noblesse, la caravane de Balqis aux voiles céruléens, Reine du matin au regard d’or et d’ombres, Makeda la Très-belle, c’était la Dame qui cheminait sans fard et sans parure aucune, descendue du palanquin pour que le désert, auquel elle avait ayant offert ses étoffes safranées, l’accueille. Elle avait jeté ses perles au sable oublieux, et ses samits couleur de terre aux nombreux fils d’argent. La caravane était entrée dans le désert et les yeux de la Reine avaient quitté Ophir, le port n’était plus sien en ces temps de doute – car il fallait qu’elle sût –, mais elle emportait Saba en sa suite. La caravane rampait sur les flancs des dunes, elle rampait sinueuse ; la caravane de la Reine de Saba, celle-là même qui venait visiter le Grand Roi Salomon.



Citer
Le vent rouge du sud, fureur âcre de Seth, la Reine l’avait-elle dompté ? Le sable ensemençait le ciel. Le khamsin s’était mis à souffler, soufflerait cinquante jours, sans cesser d’ahaner les lourds grelots qui tintaient là-bas, à Ophir ou à Pount [déplacé en tête du paragraphe précédent ("Un royaume à forme de femme s'approchait d'Israël"], au royaume de Saba. Il est une loi, édictée par le trône d’Israël, qui efface les crimes perpétrés pendant que souffle le vent rouge du sud, fureur acerbe du maître du tonnerre…


[...]

Les échansons versaient leurs aigres humeurs. La Reine du matin leur préférait les paroles rudes du maître d’Israël. Les vérités qu’il proférait s’étaient depuis longtemps brisées sur les dalles froides de ce palais sans vie ; trop d’hommes n’avaient pas compris ses dires. Balqis ne prenait pas garde aux plats fumants, au vin à ras-bord des aiguières ; Balqis tentait de ramasser, à genoux sur les dalles, la science ébréchée du roi marqué par l’âge. Il avait au visage des rides de pouvoir la voix blanche et sa litanie hermétique gouttait à ses lèvres, à son menton, sur les voiles bleus, intraitable et sifflante inachevable comme la course du désert et au contraire infiniment pénible à vivre et laissant le corps et la conscience endoloris. C’était pourtant la même impression de vertige qui ôtait le cœur et qui ôtait le souffle, le vide horrifiant vu au seuil de la mort, les yeux plongés dans les ténèbres vides ; lors de la chevauchée, Jérusalem dans les esprits et la compagnie grisante des djinns lui avait rendu son assurance. En l’écoutant, Balqis ne sentait que le noir épais des cloîtres sombres, ceux des arts occultes à jamais hérétiques ; elle crut que le Grand Salomon était fou.
« Modifié: 26 Mars 2009 à 23:52:09 par Loredan »
dont be fooled by the gros that I got ~ Im still Im still lolo from the block (j Lo)

Hors ligne ernya

  • Vortex Intertextuel
  • Messages: 7 683
  • Ex-dragonne
    • Page perso
Re : Les Anges de Salomon
« Réponse #14 le: 27 Mars 2009 à 07:23:19 »
ouip ça fait mieux, je trouve^^
"Je crois qu'il est de mon devoir de laisser les gens en meilleur état que je ne les ai trouvés"
Kennit, Les Aventuriers de la Mer, Robin Hobb.

 


Écrivez-nous :
Ou retrouvez-nous sur les réseaux sociaux :
Les textes postés sur le forum sont publiés sous licence Creative Commons BY-NC-ND. Merci de la respecter :)

SMF 2.0.19 | SMF © 2017, Simple Machines | Terms and Policies
Manuscript © Blocweb

Page générée en 0.025 secondes avec 23 requêtes.