Les Quarts de finale se poursuivent — on approche de la fin — avec un duel qui s'annonce fou entre L'Auteur de BD et La Mort !
Vous avez jusqu'au
10 janvier, 11h42 pour voter pour votre personnage préféré.
Pour ce quart de finale, il faut écrire la lettre d'un employeur qui embauche le personnage pour lequel vous votez (ça peut être très court hein).
Bon vote !
L’auteur de BD :Œuvre :Zaï zaï zaï zaï, de Fabcaro
Description :L’auteur de BD est un type normal, bon père de famille (même si, à la maison, c’est souvent taboulé), à qui il arrive une mésaventure qui va bouleverser sa vie tranquille.
Un beau jour, il arrive à la caisse du supermarché en ayant oublié sa carte de fidélité (restée dans son autre pantalon qui est au sale). Lorsque le vigile arrive, alerté par la caissière, l’auteur de BD commet l’irréparable… Menaçant le vigile d’un poireau (probablement même pas bio), il prend ensuite la fuite pour éviter la roulade arrière dudit vigile. S’ensuit une course-poursuite haletante qui nous mène jusqu’au fin fond de la Lozère, durant laquelle l’auteur rencontre pêle-mêle des automobilistes individualistes, des animaux de la forêt, une ancienne camarade d’école qu’il rêvait d’embrasser derrière les sapinettes ou encore son mari, chercheur en exo-chais-pas-quoi. Il se fait malheureusement rattraper par la police et se retrouve condamné à chanter vous-devinez-quoi dans un bar-karaoké.
La vie est triste pour les auteurs de BD qui oublient leur carte de fidélité, alors votez pour lui !
Extrait : (voir aussi le
fil de l’album)
Fiche par Marygold
La Mort :Oeuvre : Les Annales du Disque-Monde, de Terry Pratchett
Description :Les
Annales du Disque-Monde racontent les aventures de plusieurs bandes de personnages à des époques et endroits différents dans le fantasque Disque-Monde, parodie de fantasy. On y croise Mages et Sorcières, trolls et légendes et toutes sortes d’autres personnages bigarrés.
La Mort est un grand squelette vêtu (oui, La Mort est mâle) d’une robe noir absolu. Il prend très à cœur son travail et le fait d’être à l’heure. Rien ne l’embête plus que quand un mort est en retard à son rendez-vous. Pourtant, il n’est pas méchant et a volontiers le sens de l’humour (un sens de l’humour un peu particulier, on l’avouera).
Extrait : C’est ainsi que Rincevent, qui traversait en hâte les bazars du soir grouillants de monde à la lueur des torches, le Bagage courant lourdement sur ses talons, Rincevent, donc, bouscula une grande silhouette sombre, se retourna pour lui balancer quelques jurons bien sentis et contempla la Mort.
C’était forcément la Mort. Personne d’autre ne se promène avec des orbites vides ; évidemment, la faux posée sur une épaule était un indice supplémentaire. Alors que le mage horrifié fixait l’apparition, deux amoureux qui riaient d’une plaisanterie intime lui passèrent carrément au travers sans avoir l’air de la remarquer.
La Mort, pour autant qu’un visage dépourvu de traits en soit capable, parut surpris2.
« RINCEVENT ? dit-il d’une voix aussi grave et pesante que le claquement de portes de plomb, loin sous terre.
— Euh… fit le mage en tâchant d’échapper à ce regard fixe sans yeux.
— MAIS QU’EST-CE QUE TU FICHES ICI ? (Boum, boum, firent les dalles de cryptes dans des places-fortes vermoulues sous des montagnes ancestrales…)
— Euh, pourquoi pas ? Bon, je suis sûr que vous avez des tas de choses à faire, alors si vous voulez b…
— J’AI ÉTÉ SURPRIS QUAND TU M’AS BOUSCULÉ, RINCEVENT, PARCE QUE J’AI RENDEZ-VOUS AVEC TOI CE SOIR MÊME.
— Oh, non, pas…
— EVIDEMMENT, LE PLUS FRUSTRANT DANS CETTE HISTOIRE, C’EST QUE JE M’ATTENDAIS À TE RETROUVER À PSEUDOPOLIS.
— Mais c’est à huit cents kilomètres d’ici !
— PAS BESOIN DE ME LE RAPPELER, TOUT LE SYSTÈME EST ENCORE EN TRAIN DE SE DÉGLINGUER, JE LE VOIS BIEN. ECOUTE, TU NE POURRAIS PAS, DES FOIS… ? »
Rincevent recula, les mains tendues devant lui pour se protéger. Le marchand de poisson séché d’un étal voisin observa ce cinglé avec intérêt.
« Pas question !
— JE POURRAIS TE PRÊTER UN CHEVAL TRÈS RAPIDE.
— Non !
— ÇA NE TE FERA PAS MAL DU TOUT.
— Non ! » Rincevent pivota et prit ses jambes à son cou. La Mort le regarda partir et haussa les épaules avec amertume.
« VA TE FAIRE FOUTRE, ALORS », lâcha-t-il. Il se retourna et remarqua le marchand de poisson. Avec un grondement rageur, il tendit un doigt osseux et le cœur de l’homme cessa de battre, mais il n’en tira guère de fierté.
Il se souvint alors de ce qui devait arriver plus tard ce même soir. Il serait inexact de dire que la Mort sourit, puisque n’importe comment ses traits restaient figés en un rictus calcaire. Mais il fredonna un petit air guilleret comme une fosse commune puis — ne s’arrêtant que pour abréger les heures d’un éphémère de passage et prendre une des neuf vies d’un chat tapi sous l’étal à poissons (tous les chats voient dans l’octarine) — il pivota sur ses talons et se dirigea vers le Tambour Crevé.
Fiche par Loïc