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Que se passe t-il ?
Dans un coin d'une pièce, c'est à 11h52 que la vie d'un couple bascule pour la deuxième fois, par cette fois-ci : ma naissance. Les habitudes quotidiennes deviennent différentes.
Il fait beau, les oiseaux chantonnent et les passants sont heureux, pris par le beau temps, tandis que dans cette pièce je naquis. Nous sommes au moins de Mai. En 1996.
C'est un moment unique, un instant merveilleux. Mes traits sont fins, ma peau est douce au point d'attirer le regard familiale. Mère porteuse de vie se met à sourire, visiblement fière du petit bout de chou que je suis. Me voilà bienvenu au berceau pour le début d'une nouvelle vie sur Terre. Ma vie.
Qui suis-je ?
À l'heure actuelle, j'en suis à ma dix-neuvième année de vie. Je suis blond au yeux bleus, de taille et de corpulence moyenne, portant le prénom : Ryan qui m'a été attribué, bien qu'il soit peu réfléchit.
Je réside au domicile de Papa, grande soeur est avec nous. Et aujourd'hui maman, je m'ennuie de ton regard posé sur nous, de ta voix et de toutes ces manifestations de toi... Souvent maman, je me remémore tes faits et gestes d'antan à l'égard de Mégan et moi. Tu étais différente d'aujourd'hui. Protectrice et les yeux remplis d'étoiles lorsque tu étais avec nous. C'est ce dont je remarquais mais c'est aussi ce que j'aimais.
Aujourd'hui, je suis ce fils au coeur meurtri, ayant pour sentiment d'avoir été délaissé de sa propre mère et j'en suis au stade où je n'ai que pour seule pensée : tu n'es pas morte mais tu as arrêtée de vivre pour nous.
Où en suis-je ?
Plus d'une fois je me suis posé la seule et unique question qui me taraude sans cesse et chaque jour "
quand reviendras-tu vers nous ? " mais jamais je n'ai eu la réponse. J'ai (eu) les larmes aux yeux, mais la vie est ainsi faites et on apprend, j'apprends à vivre sans toi. J'avoue que c'est dur à certains moments, mais au final, moins j'en attends de toi et plus ma vie sera plaisante.
Il est vrai que ton absence me ronge car tu es en moi. Tu es une partie de moi, tu es celle qui m'a mis au monde. En fait, tu es ma mère, l'étais et le restera tant bien que mal.
Mais tu sais maman, parfois je me renferme sur moi-même, je baisse la tête puis je regarde le sol... Avant que tu partes, l'on pouvait lire en moi, un émerveillement chaque fois qu'on me parlait de toi, mais désormais, j'ai appris à souffrir en silence et à ne parler du manque que j'ai pour toi avec personne. Ou si, à mon cahier.
Tu sais maman, j'ai aussi appris à dessiner un faux sourire sur mon visage d'enfant, cachant de manque.
Je n'aurai jamais pensé vivre avec papa et grande-soeur, sans toi maman. Je n'aurai jamais pensé que soit toi qui partirait, qui nous laisserait tomber. Papa fait désormais tout ce que tu ne fais plus pour nous. Mais toi maman que fais-tu, outre le fait de vivre ta nouvelle vie, sans même penser à nous ? Sans même penser aux deux enfants que tu as mis au monde ? Cette réponse je l'ai. Tu ne fais rien. Tu ne fais plus rien.
Maintenant, tu ne fais plus réellement partie de ma vie, du moins pour le moment, car ce poids du passé je le porte toujours. Il est difficile de s'en défaire.
Plus d'une fois...
Plus d'une fois je me suis demandé si tu pensais à nous, mais au final à quoi est-ce que ça sert de se poser la question alors que j'ai déjà la réponse ?
Plus d'une fois aussi, tu nous a oublié. Tant de belles paroles et tant de déception.
Te souviens-tu de cette année 2015 ? Le 13 Mai est la date de mon anniversaire. Peut-être avais-tu autre chose de mieux à penser. La santé ou l'humeur de ton nouveau compagnon qui te sert de mari, peut-être ?
Tu m'as oublié. Tu as appris à m'oublier comme tu as appris à m'aimer. Pour terminer, maman... je suis moins bien qu'avant ton départ et à cause de ça, chaque fois que la fête des mères approche ou que la date de ton anniversaire se rapproche du calendrier, j'ai un pincement au coeur et je me renferme sur moi même. C'est alors, que je deviens silencieux.