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Le Monde de L'Écriture » Coin écriture » Textes courts (Modérateur: Claudius) » [Dérangeant] Plaisante aventure du parvenu au restaurant

Auteur Sujet: [Dérangeant] Plaisante aventure du parvenu au restaurant  (Lu 3355 fois)

Hors ligne barnacle

  • Grand Encrier Cosmique
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[Dérangeant] Plaisante aventure du parvenu au restaurant
« le: 06 Novembre 2015 à 11:32:47 »
Note : si ça n'est pas à proprement parler explicite, le texte qui suit peut être un peu... déplaisant. Je laisse à la discrétion de chacun le choix de le lire.


PLAISANTE AVENTURE DU PARVENU AU RESTAURANT


   Le serveur crache ses dents sur le plateau, non sans une certaine nonchalance aristocratique. On entend, j'entends distinctement un petit tchink quand il les déchausse avec sa langue – la dent quitte sa gencive avec un bruit décapsulé avant d'être lâchée, comme ça, sur le plateau d'argent, loin de la bouche du serveur plein de morgue, désabusé. Il n'a pas l'air de m'en vouloir. Peu importe, si je dois manger ses dents.
   Je ne sais pas comment je vais manger ça.
   Il aurait fallu commander autre chose. Je m'étais dit, naïvement, qu'entre le moment où j'entrerais et celui où je serais coincé (désespérément coincé) à ma table avec le menu, j'aurais bien le temps de regarder les assiettes des autres, de voir ce qu'il était de bon ton de choisir, de prendre pareil. Pauvre de moi. Je n'avais absolument pas prévu ces grands rideaux dissimulant les tables les unes aux autres ; j'aurais dû puisque la présence de ces larges tentes de soie noire, de ces alcôves aux voiles endeuillées, semble normale. Elles sont à leur place dans ce restaurant.
   Elles (pas moi, elles, pas moi) sont à leur place.
   J'essaye de me souvenir du nombre de dents dans une bouche humaine. Il faudrait peut-être que je compte, pour savoir quand il aura fini ; non, il ne faut pas, je ne dois même pas le regarder. Ce qu'il fait ne mérite pas mon attention, je devrais snober l'homme qui fait tchink, l'homme qui laisse tomber ses dents sur le plateau, il ne les crache presque pas, elles glissent plutôt sur sa lèvre jusqu'à choir. Non – faire la conversation, paisiblement (péniblement), avec elle. Lui dire que je, ou bien qu'elle, qu'on ; lui dire quelque chose –
   n'importe quoi
   mais VITE.
   Lui dire que j'ai eu la bêtise de vouloir faire un choix intelligent (ne surtout pas lui dire) et en rire (non) : prendre le plat intermédiaire – ni le plus cher, ni le moins cher. Le plat du milieu. Oui, j'ai bien eu un sentiment d'étrangeté, mais je me suis dit que c'était un morceau de viande, les pièces de viande ont toujours des noms curieux, crosse, talon, flanchet, j'ai étudié : molaires et assortiments. Cela semblait innocent, délicieux, précieux, le bon choix, un mets qu'on commande de manière détachée – surtout, ne pas montrer que je ne sais rien.
   J'ose à peine la regarder – je devrais me détendre, je suis trop tendu. Il ne se passe rien de grave ici. C'était pire tout à l'heure, dans les vestiaires. Maintenant, comme j'ai froid, je ne transpire plus, et j'ai pu m'asseoir. Oui, tout à l'heure, c'était presque gênant, quand il a fallu se déshabiller. J'essayais de ne pas la regarder, de ne pas y penser, mais je ne pouvais m'empêcher de la voir nue, je sentais le bruit de ses vêtements qu'elle délaissait un à un, tandis que je me débattais pour enlever mon pantalon, mon caleçon, pensant fort, très fort, à autre chose, n'y arrivant qu'à moitié – elle a commandé autre chose, je ne sais plus ce que c'est (une Sainte-Agathe), il faudra que je lui demande si c'est bon lorsque son plat arrivera, ça fera un sujet de conversation, ou au moins quelques mots. Avec un peu de chance, le serveur aura fini d'ici là ou les mots couvriront un peu les tchink ; j'aimerais qu'il n'ait pas l'air aussi blasé, je sens qu'il se moque un peu de moi, il voit bien que je le regarde inquiet – mais c'est moi qui paye, je fais ce que je veux.
   C'est moi qui paye.
   Difficile de l'ignorer. Il le faudrait, oui, vraiment – quel besoin y a-t-il, de toutes façons, de faire ça devant moi ? Est-ce bien correct ? Il le sait sans doute mieux que moi. Ses molaires ne sont même pas propres, un peu jaunies. Peut-être un fumeur. Ça n'est pas important : il faut que je me dise que ce ne sont pas ses dents que je mange, mais des dents. De petites
   dents  –
   Je la regarde un peu (mieux vaut la regarder elle), sa peau pâle se détache sur le fond noir des rideaux ; j'essaye de regarder son visage, mais c'est difficile – elle a l'air de s'ennuyer, d'attendre, j'aimerais m'ennuyer aussi, être détaché ; elle caresse du bout du doigt la pointe d'un des couteaux, sa nudité ne semble pas la gêner. Je pense à ce que je lui ai donné à voir, elle m'a jaugé d'un coup d'œil, sans détour ; je pourrais au moins regarder ses seins, après tout j'ai le droit, je crois.


   Il semble avoir fini : « Cela convient-il à monsieur ? » Si je m'offusquais, « Non ça ne me convient pas ! », si j'avais le courage – mais je hoche la tête. Il fait glisser les dents du plateau dans une assiette qu'il pose devant moi, puis reste là. Me regarde. Il attend que je goûte, sans doute.


   Elle ne me regarde toujours pas et je comprends qu'elle fait exprès. Elle feint l'indifférence, mais rit sous cape : elle a compris que je n'étais pas de ce monde. Mais c'est moi qui paye, le client est roi, je suis le roi, le serveur attend.
   Peut-être ne faut-il pas croquer, mais juste sucer ou aspirer, comme un os. Je sais d'où viennent ces dents, bien sûr, c'est évident. Ce ne sont pas celles du serveur, il ne les porte que temporairement, mais celles de cadavres, ou de parvenus – celles des parvenus idiots qui commandent des molaires et assortiments ? Je vérifie avec ma langue : les miennes sont toujours là. Si je mets une dent dans ma bouche et si je dis que c'est bon, le serveur s'éloignera. Je n'aurais qu'à la recracher après, discrètement, puis je dirais que je n'ai pas vraiment faim. Le client est roi. Je paye, je peux m'en sortir.
   J'approche ma main d'une fourchette –  nouveau problème. Je ne sais pas quelle fourchette choisir. J'ai besoin d'aide. Il devrait m'aider, c'est son travail, d'aider les parvenus qui défilent ici, pour leur souligner leur ridicule. Il sait ce qu'il en est. Je suis resté immobile trop longtemps. Le client est démasqué, mais le client est roi. Il faut que lui, ou elle, m'aide. C'est moi qui paye. Je la regarde dans les seins, pour la faire réagir ; elle m'accorde un regard, comme pour me dire :
   « Oh moi, tu sais... »


   Je suis prêt à manger les dents, ai-je envie de lui dire. Qu'elle comprenne, je n'ai aucun problème avec ça, vraiment. Je ferai tous les efforts nécessaires. J'ai juste besoin qu'on me dise quelle fourchette utiliser. Elle le sait, j'en suis convaincu. Mais elle ne veut pas m'aider.
   Elle sait d'où viennent les dents – elle même, peut-être, rôde la nuit dans les cimetières, nue, pour déterrer les faux riches l'ayant touchée de loin lorsqu'elle le leur a accordé ; les dents s'enlèvent d'un coup de tenaille, déjà un peu fragilisées par le temps, faciles à  –
                            


   Je sais que tu déterres les cadavres, voudrais-je lui hurler. Je sais que ce sont des choses qui se font. Je suis prêt à le faire, avec toi. Ou, si tu veux, ne m'autorise pas à entrer ; laisse-moi à la porte du cimetière, d'accord, si je peux regarder à travers les barreaux. Désigne-moi la fourchette.
   Elle caresse le couteau.
   Je ne regarderai pas tes seins, plus jamais, excuse-moi, j'ai eu tort. Je ne penserai même pas à regarder tes seins, non, je penserai à autre chose. Je serai ridicule à chaque fois que nous irons au restaurant ensemble, et tu pourras me regarder de haut en bas, et rire, mais permets-moi, permets-moi seulement d'aller au restaurant avec toi, ô Déesse.
   Daigne me désigner la fourchette, ô ma belle, ou égorge-moi avec ton couteau, lentement, et je mangerai les dents par la plaie. Fais comme il te plaira. Mais je t'en supplie, ne me laisse pas seul avec le serveur, il me regarde, il ne cessera jamais de me regarder. Dis-lui que le client est roi, et tu seras ma reine, et je serai ton bouffon. Dis-moi, parle-moi, montre-moi. Je tuerai, je tuerai mes semblables pour toi, lui dirais-je si j'osais.
   Son doigt quitte la pointe du couteau, se déplie, se tend – pointe quelque chose. Je baisse les yeux et je vois l'objet, à côté du troisième couteau. L'objet. J'ai honte, très honte. Oui, vraiment, ils ne m'indiquaient pas la tenaille parce que c'était évident, j'ai été idiot depuis le début, jamais ils n'ont voulu me mépriser, ils me plaignaient, me plaignaient d'être si bête, et avec raison !
   J'attrape une des dents dans l'assiette ; mais je vois à son regard, je vois soudain que ce n'est pas ça.
   J'attrape une de mes dents avec la tenaille, la décapsule, la laisse choir
   choir sur le plateau d'argent que le serveur tient sous mon menton.
   Tchink c'est le bruit le prix du
                 – sang
« Modifié: 10 Novembre 2015 à 11:36:01 par barnacle »

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Re : [Dérangeant] Plaisante aventure du parvenu au restaurant
« Réponse #1 le: 06 Novembre 2015 à 17:47:48 »
Merci !
Je ne suis pas contre expliciter ma compréhension de la fin, mais je suis aussi assez curieux de voir ce que d'autres en feront. Donc je garde un peu le silence en attendant.

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Re : [Dérangeant] Plaisante aventure du parvenu au restaurant
« Réponse #2 le: 08 Novembre 2015 à 13:11:02 »
Salut !

Joli texte, vraiment. Un peu brouillon, peut-être. Un peu trop, je veux dire, puisqu'il faut nécessairement qu'il le soit, mais je crois que je pinaille.
L'ambiance est très bien retranscrie, notamment avec les jeux de mise en forme. Le début mériterait sans doute d'être plus clair pour mieux... comprendre la scène avant que ça ne parte dans le n'importe quoi glauque.

Merci pour la lecture.
"We think you're dumb and we hate you too"
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"Les Grandes Histoires sont celles que l'on a déjà entendues et que l'on n'aspire qu'à réentendre.
Celles dans lesquelles on peut entrer à tout moment et s'installer à son aise."
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Re : [Dérangeant] Plaisante aventure du parvenu au restaurant
« Réponse #3 le: 08 Novembre 2015 à 13:50:29 »
Oui, j'en parlais justement dans mon commentaire du texte de quelqu'un d'autre. C'est difficile de trouver la balance exacte quand le narrateur perd un peu la boule (ici, panique).
Pour ta deuxième remarque - des fois je me demande s'il n'y a presque pas trop de détails à la scène. Les voiles noirs, la nudité etc... L'image du restaurant chic vient assez naturellement via le titre et le serveur à la "nonchalance aristocratique". Peut-être que je devrais m'en contenter pour établir la scène ? En même temps, j'en ai besoin pour prouver que la réalité elle-même est dérangée, pas seulement le narrateur.
Je ne pense pas corriger intensément ce texte dans l'immédiat. Je n'ai pas la distance pour. Mais je ne suis pas contre des remarques sur des phrases précises qui glissent trop vers le brouillon ou des sauts d'une idée à l'autre trop brusques.

Hors ligne -Iva-

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Re : [Dérangeant] Plaisante aventure du parvenu au restaurant
« Réponse #4 le: 09 Novembre 2015 à 00:27:49 »
Yo ! :mrgreen:  :-¬?

Alors, perso, j'ai adoré. Vraiment. Je n'ai pas encore saisi toutes les subtilités de ton écriture (ni tout saisi à l'histoire, mais vu qu'il manque un "quand, comment, pourquoi ?", je suppose que c'est normal.

Je n'ai rien trouvé de dérangeant, mais j'ai tout trouvé surprenant. Maintenant que j'en ai le recul nécessaire je veux dire, car lors de la lecture, ta plume est si juste et place les éléments si bien dans leur contexte, qu'on y croit tout à fait, à ton univers.
Je veux dire, pas une fois je me suis demandé "pourquoi dîner nue ?"
"Comment ça, manger des dents ?"
Dans la lecture, ça a plutôt été : " dîner nue, c'est la base. Allons ma chérie, c'est l'aristocratie voyons ! Les vêtements, c'est pour le p'tit peuple !"
Je sais pas si tu m'suis, mais ça m'a fait ça, aucun WTF, à aucun moment.
Ce serait une scène normale de restaurant à Bizarreville ! Tu vois l'idée ? Ca peut nous sembler peu familier, mais tout en étant familier, c'est très dur à expliquer. Enfin clairement, il a une âme je trouve, ton texte.

J'ai eu une grosse empathie envers ton personnage principal, et une gêne, je me suis prise à vouloir lui souffler quels étaient les couverts, avant de me souv'nir à mon tour, bah que j'sais pas lesquels on utilise pour niaquer des dents. Je crois avoir compris l'étendue de sa détresse, à quel point il voudrait que la fille qu'il invite le sauve de son monde de parvenu, qu'elle lui octroie une place dans son monde à elle. Ca se sent, JE TROUVE (ce qui n'inclue donc que moi), à cause du fait qu'il insiste sur le côté pécuniaire du RDV, de leur rapport, c'est le seul pouvoir qu'il "a" ; contrairement à elle. Elle ferait penser à une noble sans le sou, par comparaison au monde réel. Avec la grâce et l'éducation, mais pas la thune qui sied à son train de vie et à sa distinction. Je n'ai pas la sensation qu'elle ait un jour été nouvelle riche elle aussi, elle pue la naissance dans ce 'milieu' ;)
Il a l'air plus sous le charme de tout son 'package', bagages inclus, que sous le charme de sa personne. Même s'il a l'air d'apprécier ses attributs XD
C'est gênant de lire depuis ses yeux à lui, parce qu'on ne sait pas si il pense juste qu'on le prend pour un idiot, ou s'il est réellement pris pour un idiot. Si cette nana est une conasse, ou si elle en a seulement l'air.
Foutreciel !


Je trouve ton atmosphère particulière mais juste, et je l'apprécie. Je trouve que c'est enfumé, noir et bordeaux, ambiance années 20, ou Dracula de FFC (les scènes avec la petite fée verte, mais la comparaison sert uniquement l'atmosphère), j'aiiiime !
Ta plume aussi, j'y suis tout à fait réceptive. Sans ponctuation pour la pensée ou autre, ça reste compréhensible, c'est condensé, ça traduit très bien un malaise évoluant en panique grandissante. Kiffance quoi.


Y'a juste un p'tit truc qui m'chagrine, quand même. C'est là où je n'ai pas embrassé la subtilité de ton histoire, sur le point de la prov'nance des chicots.
Ils viennent du serveur (comme le laisse à penser la première partie, puisqu'on "l'entend" se les déchausser) ? Ou d'un cadavre (comme le laisse entendre la suite) ?

Ah !, et la fin... pas certaine d'avoir compris, mais... est-ce qu'elle est une espèce de métaphore pour dire que les passe temps des riches (du style, manger des dents, celles des pauvres de surcroît), coûte la vie, ou en tout cas le sang, la santé des moins riches ? Pour résumer sommairement


Voilà pour l'instant, je suis sûre que j'voulais sortir un autre truc mais ça m'reviendra sûr'ment plus tard.


PS : Il y a 28 dents définitives, 32 avec les dents de sagesses si elles pointent le bout de leur ivoire. :D Enfin si je me souviens bien XD x3
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Hors ligne barnacle

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Re : Re : [Dérangeant] Plaisante aventure du parvenu au restaurant
« Réponse #5 le: 09 Novembre 2015 à 10:47:47 »
Merci ! Ton enthousiasme est vivifiant. Vraiment.

Y'a juste un p'tit truc qui m'chagrine, quand même. C'est là où je n'ai pas embrassé la subtilité de ton histoire, sur le point de la prov'nance des chicots.
Ils viennent du serveur (comme le laisse à penser la première partie, puisqu'on "l'entend" se les déchausser) ? Ou d'un cadavre (comme le laisse entendre la suite) ?
C'est une faute de ma part. Il faut probablement que je rajoute une phrase quelque part pour le clarifier.
L'idée de la provenance exacte des dents est censée rester ambiguë, mais à mi-chemin le parvenu réalise ou comprend quelque chose : ce n'est pas parce que les dents sortent de la bouche du serveur qu'elles lui appartiennent. Il ne fait que les (trans)porter. Ça explique qu'il les déchausse d'un coup de langue, par exemple.
Je vais l'expliciter d'un coup de phrase. Merci d'avoir pointé ça.

MillaNox

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Re : [Dérangeant] Plaisante aventure du parvenu au restaurant
« Réponse #6 le: 09 Novembre 2015 à 16:02:07 »
salut barnacle :)

au fil de la lecture...
Citer
Le serveur crache ses dents sur le plateau, non sans une certaine nonchalance aristocratique. On entend, j'entends distinctement un petit tchink quand il les déchausse avec sa langue – la dent quitte sa gencive avec un bruit décapsulé avant d'être lâchée, comme ça, sur le plateau d'argent, loin de la bouche du serveur plein de morgue, désabusé. Il n'a pas l'air de m'en vouloir. Peu importe, si je dois manger ses dents.
   Je ne sais pas comment je vais manger ça.
:o :D :D awi tu nous mets cache dans l'ambiance !! C'est fluide et immersif de suite, diablement efficace ^^

Citer
Je n'avais absolument pas prévu ces grands rideaux dissimulant les tables les unes aux autres ; j'aurais dû puisque la présence de ces grandes tentes de soie noire, de ces alcôves aux voiles endeuillées, semble normale.
répétition bof
je séparerais en deux phrases car le retour au présent sur la fin fait bizarre comme on était parti au + que parfait

Citer
(une Sainte-Agathe), il faudra que je lui demande si c'est bon lorsque son plat arrivera, ça fera un sujet de conversation, ou au moins quelques mots
ouh purée je connais pas la vie de tous les saints mais entre ceux écorchés vifs et ceux décapités, je m'attends au pire avec al sainte agathe  ><

Citer
  Il semble avoir fini : « Cela convient-il à monsieur ? »
je em demande si sans dent il devrait pas parler bizarrement ? genre "fela" au lieu de "cela" ?

Citer
ne m'autorise pas à entrer ; laisse-moi à l'entrée du cimetière,
répétition

hop là
pouuuuuuuuuuuuuahhh  :-X :-X tu m'as tuée ><
déjà c'est très bien écrit et très immersif, donc ça fonctionne vraiment. Tu nous donne quelques indices, on comprend
Désolé, vous n'êtes pas autorisé à afficher le contenu du spoiler.

tu ne nous inondes pas de détails variés, ça reste sobre et du coup tu peux pousser la descriptions de ces détails, donc le visuel est clair et réussi.
 au niveau de l'immersion dans les émotions du narrateur, on est en plein dedans c'est aussi super réussi :)

bref, c'est un super texte, dérangeant effectivement ^^
au plaisir de te lire dans d'autres styles *-*

Milla


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Re : [Dérangeant] Plaisante aventure du parvenu au restaurant
« Réponse #7 le: 09 Novembre 2015 à 16:37:04 »
J'aime bien ce genre de texte. On s'y trouve prit. On a l'impression d'y être et quand arrive la fin on est largué par les différents sous entendus et les différentes idées véhiculées. Le genre de texte qu'on aime même si arrivé à la fin on se dit "Bordel j'ai pas tout pigé".
Et puis moi j'aime bien le fantastique et l'absurde. Et là on est en plein dedans.
Avec des Si on fait de la musique monotone...

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Re : [Dérangeant] Plaisante aventure du parvenu au restaurant
« Réponse #8 le: 09 Novembre 2015 à 17:37:12 »
Merci pour vos retours tous les deux.

Citer
  Il semble avoir fini : « Cela convient-il à monsieur ? »
je em demande si sans dent il devrait pas parler bizarrement ? genre "fela" au lieu de "cela" ?
Techniquement oui (je n'y avais pas pensé), mais j'ai peur que ça fasse un peu trop comique, un peu trop farce. Il y a un fond d'humour noir dans le texte - Sainte Agathe par exemple, que je connais d'après ce portrait (vaguement NSFW), mais je préfère le garder un peu caché.
Pour les répétitions, je suis tout à fait d'accord. Je corrigerai ça.

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Re : Re : Re : [Dérangeant] Plaisante aventure du parvenu au restaurant
« Réponse #9 le: 09 Novembre 2015 à 17:42:48 »
Merci ! Ton enthousiasme est vivifiant. Vraiment.

Y'a juste un p'tit truc qui m'chagrine, quand même. C'est là où je n'ai pas embrassé la subtilité de ton histoire, sur le point de la prov'nance des chicots.
Ils viennent du serveur (comme le laisse à penser la première partie, puisqu'on "l'entend" se les déchausser) ? Ou d'un cadavre (comme le laisse entendre la suite) ?
C'est une faute de ma part. Il faut probablement que je rajoute une phrase quelque part pour le clarifier.
L'idée de la provenance exacte des dents est censée rester ambiguë, mais à mi-chemin le parvenu réalise ou comprend quelque chose : ce n'est pas parce que les dents sortent de la bouche du serveur qu'elles lui appartiennent. Il ne fait que les (trans)porter. Ça explique qu'il les déchausse d'un coup de langue, par exemple.
Je vais l'expliciter d'un coup de phrase. Merci d'avoir pointé ça.

Mais j't'en supplie ! XD
En fait j'ai capté quel est le mot qui met le doute, c'est "déchausser". Car si le serveur 'se' les déchausse, c'est que c'sont les siennes !
Donc difficilement envisageable que ce soit celles d'un autre, non ?

Sinon, je ne pense pas que ce soit un texte fantastique, par opposition à ce que dit Vinz.
On dirait une autre réalité, il n'y a pas d'éléments fantastiques à proprement parler.

Pour ce qu'a notifié Milla, le serveur n'est pas censé déchausser des molaires ? Il n'y a pas de zozotement sans molaires Oo  :o

Est-ce que t'as, Barnacle, prévu une suite ?  ;) :D ;D :mrgreen:
Au plaisir d'te lire !!!


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Re : [Dérangeant] Plaisante aventure du parvenu au restaurant
« Réponse #10 le: 09 Novembre 2015 à 20:27:07 »
C'est molaires et assortiments. C'est toute la denture qui y passe.
Et hmm non pas de suite. Je vois ça comme assez clos.
Maintenant il faut juste que j'angoisse tranquillement sur le fait de décevoir avec mon prochain texte...

Hors ligne Rémi

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Re : [Dérangeant] Plaisante aventure du parvenu au restaurant
« Réponse #11 le: 09 Novembre 2015 à 21:42:15 »
Salut barnacle,
Citer
Le serveur crache ses dents sur le plateau, non sans une certaine nonchalance aristocratique. On entend, j'entends distinctement un petit tchink quand il les déchausse avec sa langue – la dent quitte sa gencive avec un bruit décapsulé avant d'être lâchée, comme ça, sur le plateau d'argent, loin de la bouche du serveur plein de morgue, désabusé.
pas fan de la répétition de serveur
ni de "on entend, j'entends"
Et le "bruit décapsulé", c'est marrant mais bon, le bruit ne peut être décapsulé en tant que tel

Citer
Elles (pas moi, elles, pas moi) sont à leur place.
pareil, "Elles (pas moi, elles) sont à leur place." aurait été suffisant à mon goût... c'est peut-être un peu tôt dans le texte pour partir en vrille à ce point.

Citer
je devrais snober l'homme qui fait tchink,
énorme !  :mrgreen:

Citer
Non – faire la conversation, paisiblement (péniblement), avec elle. Lui dire que je, ou bien qu'elle, qu'on ; lui dire quelque chose –
   n'importe quoi
   mais VITE.
ça j'aime bien, rythme bancal, hésitant, comme le mec.

J'aime beaucoup, c'est dérangeant en effet. Le fait que le serveur et la femme dévisagent le narrateur qui perd les pédales, ça marche très bien.
Le fait que les deux soient nus, ça apporte une tension (si je puis dire) et un côté "autre monde" supplémentaire. Le coup des dents seuls serait trop bizarre. Là, on se doute que tout est chelou dans ce monde.
A la fin de la lecture, je n'avais pas d'interprétation du tout. Juste un questionnement.
J'ai plein de questions.
Est-ce le "prix du sang" ?
Citer
   Tchink c'est le bruit le prix du
                 – sang
Est-ce le bruit du sang ?

Doit-on comprendre qu'à trop vouloir être client roi, on en devient l'objet de la transaction ?
Le parvenu, le snob sont capables d'aller jusqu'où pour faire croire qu'ils maîtrisent leur pouvoir, leur pouvoir d'acheter et de montrer leur pouvoir (à la belle) ?
Pour séduire, ou même passer du temps avec la déesse nue, l'homme est capable de tout, y compris de se mutiler, pourvu qu'il respecte le code.
Et le serveur matérialise la bienséance, le regard de la société sur le con sommateur somatisant.
Et devant tant d'absurde, la syntaxe, la ponctuation et la grammaire perdent les pédales. Pas de point à cette histoire.

En conclusion, il faut snober l'homme qui fait Tchink...

Merci pour ce superbe texte, très bon moment de lecture, de relecture et de réflexion.

Rémi
Le paysage de mes jours semble se composer, comme les régions de montagne, de matériaux divers entassés pêle-mêle. J'y rencontre ma nature, déjà composite, formée en parties égales d'instinct et de culture. Çà et là, affleurent les granits de l'inévitable ; partout les éboulements du hasard. M.Your.

Hors ligne -Iva-

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Re : Re : [Dérangeant] Plaisante aventure du parvenu au restaurant
« Réponse #12 le: 09 Novembre 2015 à 21:45:37 »
C'est molaires et assortiments. C'est toute la denture qui y passe.
Et hmm non pas de suite. Je vois ça comme assez clos.
Maintenant il faut juste que j'angoisse tranquillement sur le fait de décevoir avec mon prochain texte...

Dans le texte, le protagoniste n'a que des molaires sous les yeux -apparemment- et elles sont même sales, jaunies ;)
D'où ma confusion.
Toutes mes confuses justement, dans ce cas :D

Tu sais, c'est relatif, ton prochain texte "décevra" peut-être les lecteurs de cette oeuvre-ci, mais en ravira d'autres d'un autre côté :D
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Rymounette

  • Invité
Re : [Dérangeant] Plaisante aventure du parvenu au restaurant
« Réponse #13 le: 09 Novembre 2015 à 23:43:37 »
J'ai adoré. C'est drôle, bien amené, crédible. J'attends d'en savoir plus sur cette autre normalité infâme. ^^
J'aimerais savoir, comment tu as vu les choses? C'est quoi ce monde? Ca m'intrigue.  :)

 


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