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Le Monde de L'Écriture » Encore plus loin dans l'écriture ! » L'Aire de jeux (Modérateur: Claudius) » 66 histoires de fantômes #2

Auteur Sujet: 66 histoires de fantômes #2  (Lu 12834 fois)

Hors ligne Kerena

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66 histoires de fantômes #2
« le: 30 Octobre 2015 à 20:27:03 »
Allez, parce que je n'y tiens plus, m'y voilà :

Mon ex avait de beaux yeux bleus. Je sais pas pourquoi, j'y pense, là maintenant. A vrai dire, il semblerait que je pense à lui un peu trop souvent. En tout cas, c'est ce que me fait remarquer mon copain actuel. Il faudrait que je fasse un peu plus attention. Il pourrait se vexer.
Un frisson me couvre le dos. Brr, il fait froid, même à l'intérieur. J'entends ma moitié s'activer en cuisine. Il prépare une soupe, et l'arôme rempli l'appartement. Ah, ça y est le voilà. Il pose le bol devant moi et repart à la cuisine. Je saisis le bol et le serre dans mes mains avec délices. Ça fait tellement du bien de se réchauffer les mains sur un bol de soupe. Mon homme a même pensé à la cuiller à soupe.
Je la plonge dans le bol et me régale de ma première gorgée. Ça fait tellement du bien. C'est chaud.
J'y replonge la cuiller et sens quelque chose. Certainement un morceau de patate qui sera mal passé au mixer. Je mange ma seconde cuiller.
Puis je plonge encore la cuiller dans le bol.
Il y a quelque chose qui remonte dans le potage.
C'est un œil.

Et il est bleu.

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Re : 66 histoires de fantômes #2
« Réponse #1 le: 30 Octobre 2015 à 21:22:06 »
La nuit était claire, et après une journée à bavarder, jouer, manger et boire, j’appréciais pour une fois de rentrer par ces petites routes de campagne – que d’habitude j’abhorre – et de pouvoir profiter du calme nocturne avec un fond de radio. J’ai toujours aimé ces émissions tardives aux contenus loufoques, aux ambiances indescriptibles. Le charme des diffusions noctambules qui préparent au sommeil… ou pas !
Un mot accrocha mon oreille, et je soupirai : « Halloween ». Pourtant, j’avais réussi à y échapper, cette année ! Cependant je ne changeai pas de station, la voix du conteur m’avait d’ores et déjà happée. Et puis des contes d’horreur, des histoires de sorcières… je n’allais pas bouder mon plaisir juste parce que c’était Halloween ! Je montai donc le son, et laissai le conteur prendre le contrôle de mon imagination.
« … alors si ce soir, pour rentrer chez vous en cette nuit de Samhain, vous empruntez une route de campagne, et surtout à cette heure-ci, car il est près de minuit, surtout ne regardez pas derrière vous, pas même dans le rétroviseur ! Car les fées n’aiment pas être vues, et si vous croisez le regard de l’une d’elles, qui sait ce qui pourrait vous arriver… »
Un silence, puis musique. Ne pas regarder dans le rétro, il est gentil, lui, mais bon, soit, j’étais toute seule sur cette route, après tout, nul besoin de surveiller derrière moi. Nul besoin de… ah mais pourquoi sentis-je soudain comme un regard sur moi ? Sûrement l’effet de suggestion. Bah, de toute façon, ce n’était que superstition, et en plus, je n’étais même pas en Bretagne. Mais je crois tout de même un peu, un tout petit peu au petit peuple, alors, je préférai ne pas tenter le diable. Mais c’était pas malin de la part du conteur, tout de même, interdire quelque chose, c’était le moyen le plus sûr d’inciter les gens à le faire. Non, je ne regarderai pas ! Pas besoin de toute façon ! Sûr de sûr ! De toute façon y'a jamais personne sur cette route ! Alors que viendraient y foutre les fées, hein ? Hein ?
Je fixais obstinément la route devant moi, chantonnant la ballade qui passait à la radio. Carrefour, stop, regard à gauche, à droite, OK, c’est bon, je passe… et je jette un coup d’œil par habitude dans le rétro… Mais… mais… c’est quoi ces yeux de chat juste derrière moi ?

 
 

 
 
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Hors ligne Kerena

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Re : 66 histoires de fantômes #2
« Réponse #2 le: 30 Octobre 2015 à 21:43:07 »
J'ai emménagé dans ce nouvel appartement, mais depuis quelque temps, je lui trouvais une drôle d'odeur.
Les jours ont passé, puis les semaines, et ça devenait de plus en plus fort, malgré mes ménages et décrassages répétés.
C'est en allant voir ma voisine du dessous que j'ai compris d'où ça venait.

En même temps, je sais pas depuis combien de temps elle était pendue là, mais elle était plus trop fraîche.

Bougie soufflée.
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Re : 66 histoires de fantômes #2
« Réponse #3 le: 30 Octobre 2015 à 21:50:58 »
Les mains pleines de mousse et d'eau je pense à la soirée que nous allons passer. Après la vaisselle, on s'est promis un bon film à deux, en amoureux. On s'est un peu disputé quand elle a voulu regarder un de ces stupides films, dont j'ai horreur, éponymes à mon sentiment. Juste une petite dispute, on a trouvé un compromis, finalement.
J'ai hâte, mais je dois faire attention avec la vaisselle, si je casse un verre elle va me tuer. Pourtant j'ai tellement hâte... Et la maudite sauce tomate de cette assiette qui ne veut pas partir. J'en ai plein les mains maintenant, c'est malin.

Voilà, j'ai enfin fini. C'était long... pourtant nous n'étions que deux ce soir...

Je vais enfin pouvoir la rejoindre ! Je marche à tâtons vers la chambre. Je ne dois pas faire de bruit pour la surprise.
Je pousse la porte et... elle dort. Je prends sur l'étagère le film dont nous avions convenu et met le disque dans le lecteur DVD.
Je me glisse sur le lit et lui tapote l'épaule pour la réveiller. Pas un grognement, pas un mouvement, mais je ne m'inquiète pas et lui sourit doucement. C'est comme ça que je l'aime. Mais... tiens, c'est étrange, ici aussi il y a de la sauce tomate... J'en ai plein les mains, c'est malin maintenant.



Bougies soufflées.
aucun : les artichauts n'ont aucun rapport avec le Père Noël. Ce ne sont pas des cadeaux et on ne peut pas faire de Père Noël en artichaut.

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Re : 66 histoires de fantômes #2
« Réponse #4 le: 30 Octobre 2015 à 22:02:01 »
Je n'ai jamais su respecter les règles ...

Citer
De mémoire, j'ai toujours volontiers cédé mes jouets à mes frères et sœur. C'est une chose que m'a rappelée mon père le jour où je lui ai amené Élias son petit-fils, et qui m'a conduite à me mettre à la recherche d'un souvenir.

Une chose à laquelle je n'avais pas songée depuis ma petite enfance : un ensemble de petits automates munis d'un moteur électrique que l'on remontait avec une clé, et qui figuraient la fanfare multicolore d'un cirque traditionnel.
Mon père ne pouvait plus quitter ce fauteuil roulant où l'avait cloué son attaque, aussi c'est à moi qu'incombait la lourde tâche de ressusciter l'orgue de barbarie fonctionnant avec son long ressort, et les bravos des petites mains de plastique.

Je montai donc au grenier en passant par une trappe ménagée dans le plafond de la salle de bain, et empruntant l'échelle armée d'une antique lampe torche dont la pile plate avait dû connaître Jules Vernes, je découvris soudain avec mes yeux d'adulte un endroit où papa ne m'avait pas emmenée depuis mes six ans.

La charpente en bois vermoulu plongée dans les ténèbres et envahie de toiles d'araignée m'était familière, contrairement à l'odeur de poussière moite et de moisi qui m'agressa les narines, m'obligeant à me couvrir la bouche.
Parcourant les lieux du halo de ma lampe, je ne parvenais pas distinguer quelle forme recouverte d'une épaisse couche grise pulvérulente pouvait se trouver le petit cirque, même s'il me semblait que cela devait se trouver dans une boîte longue et plate.

Un pas de plus, et il me sembla distinguer de petites formes se mouvoir dans le noir,  probablement des rongeurs ayant élu domicile dans le grenier de mon père, mais qui ne devaient pas y être à l'époque où j'étais petite fille.
Puis il me revint soudain le curieux souvenir d'avoir déposé mon merveilleux jeu d'automates moi-même autrefois, et quelque part au fond de cette curieuse pièce. Je fis alors quelques pas sur le sol cabossé, et ne tardai pas à trouver quelque chose qui ressemblait à ce que je cherchais. Une chose que, pour une raison dont je n'arrivais plus à me souvenir, j'avais laissée ici autrefois.

«Je peux t'aider maman ?», me demanda la petite voie d'Elias, qui venait de passer la trappe et était monté à son tour. Seule sa frêle silhouette apparaissait dans le contre-jour provoqué par le puit de lumière qu'était l'accès aux combles.

Je lui fis signe de venir, me tournant à nouveau vers la boîte qu'il me semblait avoir reconnue, et qui curieusement n'était pas emballée, et semblait avoir été placée là hier. Je m'assis sur le sol, et prit le cirque sur mes genoux, avec le curieux sentiment de m'emparer d'une chose qui n'était pas à moi, et soulevai alors le couvercle.
Tous étaient là, mes petits automates, sauf un : l'éléphant. Le préféré de …
«Marie ...»
Je levais les yeux vers Élias, pour découvrir avec horreur qu'il se trouvait face à une repoussante forme humanoïde toute déformée, aux cheveux sales et raides comme du fil de fer, maigre à faire peur, et qui n'était plus vêtue que de haillons. Ce qui avait dû être une femme était enchaîné à une poutre du grenier, et venait de saisir mon fils de ses doigts longs et tordus comme les branches d'un arbre mort. Ses yeux fous roulaient dans leurs orbites en agitant sous les yeux du petit garçon la pièce manquante de ma collection, l'éléphant.

C'était Marie, … ma sœur Marie qui avait tant aimé ce petit pachyderme quand nous étions enfants et à qui j'avais donné le cirque autrefois, après qu'elle eut perdu la raison, et que mon père décida de la faire passer pour morte, enchaînée dans le grenier.
Avec le temps, mes autres frères et sœur et moi avions tenu pour acquis qu'elle avait cessé d'être et je l'avais oubliée, elle qui à présent coassait et laissait filer de longues gouttes de baves sur le petit débardeur de mon fils.

D'un regard, elle me fit comprendre que comme le cirque, Élias était à présent à elle. J'allais lui hurler de s'écarter quand la voix de mon père, claire et forte, me dit soudain : « Tu as toujours été une bonne fille Sabrina, tu as toujours donné tes jouets préférés à ta sœur. »

Bougie soufflée
« Modifié: 30 Octobre 2015 à 22:05:07 par Olaf »

Hors ligne Kerena

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Re : 66 histoires de fantômes #2
« Réponse #5 le: 30 Octobre 2015 à 22:07:14 »
Pendant quelques temps, j'ai entendu du bruit en-dessous de chez moi. Comme j'habite au rez-de-chaussée et qu'en-dessous c'est la cave, j'en ai parlé au Syndic. Il paraît qu'ils ont posé des pièges et du poison pour les rats.
Mais, rien à faire. Le bruit s'est arrêté un temps et puis il est reparti.
"Quand même, pour que le bruit traverse le sol, ce doivent être des gros rats", que j'ai pensé.
J'en ai re-parlé au syndic.
Re-pièges, re-dératisant.
Re-bruits.

Et puis un jour, on a vu arriver des flics. Ils ont fouillé les appartements, demandé les clés aux propriétaires pour fouiller les caves.
Y'avait rien dans la mienne, bien sûr.
Mais dans la 13, ils ont trouvé un corps sans ongles. Et sur les murs, des inscriptions au sang :
"Laissez-moi sortir"

Bougie soufflée (n°6)
« Modifié: 30 Octobre 2015 à 22:09:13 par Kerena »
Je crois qu'il y a dans le coeur des hommes une place créée pour l'émerveillement, une place endormie qui attend de s'épanouir ~ Les Aventuriers de la mer


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Re : 66 histoires de fantômes #2
« Réponse #6 le: 30 Octobre 2015 à 22:09:03 »
- On va y jeter un coup d’œil ?
Les filles me suivirent, une maison qui n'avait pas été ouverte depuis que son propriétaire était parti, excitant non ? Être témoin de son départ avait dû être une expérience mémorable pour les voisins, c'est pas tous les jours que l'on croise quelqu'un dans la rue tenant un couteau ensanglanté dans sa main ni que l'on voit une équipe d'ambulanciers psychiatriques venir attraper le malheureux.
Rien n'avait bougé à l'intérieur de la demeure, une assiette et un verre vide sur la table, de la poussière et des meubles rongés par le temps. Les filles inspectaient chaque recoin à la recherche d'un trésor oublié. Voulant faire ma maline, je grimpais les escaliers, une seule pièce, la porte en bois ne s'ouvrit pas, fermée à clé, me baissant pour observer à travers la serrure. Elle était fermée de l'intérieur.

Bougie soufflée
Should we reboot universe ?

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Nocte

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Re : 66 histoires de fantômes #2
« Réponse #7 le: 30 Octobre 2015 à 22:17:58 »
Les asticots qui grouillaient sur son crâne avaient un goût de Haribo.

                                                                                                                                      N'est-ce pas mignon ?
Et avec ses petites dents je me suis fait un joli collier tout blanc.

                                                                                                                            C'est parce que je te mordais souvent la queue ?

Que c'est dommage, les peaux de bébé qui pourrissent au frigo.

                                                                                                                                  A qui le dis-tu...

Mais ne t'en fais pas, ma petite, Papa  a enchaîné ton âme !

                                                                                                                                Youpi !

                                   Nous
                                                                       Jouerons encore
                                                                                                                                A nous torturer
                                                 Pour l'éternité
                                                                                          En maudissant
                                                                                                                                  Ceux qui osent nous déranger
                                    Hi hi hi
                                                                     HA HA HA.


Bougie soufflée.
                                                             
                               

Hors ligne Alan Tréard

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Re : 66 histoires de fantômes #2
« Réponse #8 le: 30 Octobre 2015 à 22:18:56 »
Ah ! J'y mets ma sauce ! Connaissez-vous le fabuleux conte de Jack l'insomniaque ? C'est plein de douceurs ! Il avait tué sa femme en y mettant toute la cruauté nécessaire, et l'avait enterrée loin. Il aimait tuer, ça le rendait beau. Son plan extraordinaire était plaisant à entendre, sauf qu'il avait oublié l'essentiel : ayant tout entrepris pour faire croire à la fuite de sa femme, il avait réussi miraculeusement, sous la torture, à lui faire écrire une petite lettre d'Adieux ; on aurait cru qu'elle était partie avec un amant, pour vivre une belle histoire d'amour.
"Au revoir, mon mari, notre liaison était sans rêves..."
Ensuite, il l'avait tuée et enterrée.
Difficile de revenir sur ses pas dans l'immense forêt, glaciale forêt dans laquelle il l'avait enterrée. C'était l'erreur de trop, un oubli désastreux ! En plus, on entendait le cri des loups...
Jack avait dû faire marche arrière, comme pour aimer une dernière fois sa femme, et aller retrouver le corps dont il avait oublié de prélever l'alliance ! C'était cette même alliance qui devait servir de preuve à la fuite de sa femme. Il se perdait, tout devenait terrifiant. Jack avait finalement retrouvé le lieu où il l'avait enterrée, et une grosse bête était assise sur ce rudimentaire tombeau. De drôles d'yeux, une respirations lubrique, en d'autres mots l'enfant de l'enfer. Heureusement, sa pelle à la main, Jack avait réussi à faire déguerpir le monstre et avait commencé à creuser.
La Lune était pleine, imposante.
Jack se souvenait avoir uriné sur l'endroit, mais curieusement, l'immonde odeur ne ressemblait plus à celle de sa propre urine, comme si quelqu'un d'autre était passé par là...
Le claquement du vent avait une résonance fantastique.
Un craquement terrible, là, dans la nuit, l'avait surpris mais il avait continué à creuser. Il retrouva une main, puis le bras, la jambe... comme un puzzle terrifiant qui dénudait peu à peu le corps du cadavre tordu dans tous les sens. Il y avait cette parole qu'il avait dit à sa femme après l'avoir tuée : "putain de suceuse !" Il lui fallait le bon bras, la bonne main.
Un autre craquement terrible ; cependant il ne fallait rien lâcher, la fin n'était pas loin.
Dès l'instant où il découvrit le visage à coups de pelle, une main, la main de sa femme l'attrapa par la jambe...
Jack n'en crut pas ses yeux : sa femme n'était pas morte !
Pourtant elle ne parlait pas, seules ses dents claquaient malicieusement et grimaçaient.
Même un coup de pelle ne suffit pas à l'achever : sa femme le tuerait, c'était sans espoir !
Ainsi est mort Jack, dévoré par sa femme revenante !

Bougie soufflée !

Hors ligne Chouc

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Re : 66 histoires de fantômes #2
« Réponse #9 le: 30 Octobre 2015 à 22:24:10 »
Regardez qui voilà
Jolie petite araignée
Court juste devant moi
Se balade sur le plancher

Elle grimpe le long de mon doigt
Jolie petite araignée
Dévale mon avant-bras
Remonte sur mon poignet

Je me glisse sous les draps
Jolie petite araignée
M'approche doucement de toi
Dans ta bouche la fait tomber

Ça t'apprendra à ronfler

Bougie Soufflée

Citer
Signé une arachnophobe totale qui est sincèrement terrifiée par ce qu'elle vient d'écrire.  Première fois que je tente la rime, ne comptez pas les pieds, par pitié  :P




Tel esprit qui croyait se pendre.

Hors ligne Kerena

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Re : 66 histoires de fantômes #2
« Réponse #10 le: 30 Octobre 2015 à 22:24:38 »
J'ai été invité chez mon voisin.
C'est super gentil de sa part, il vient de s'installer. Je suppose qu'il voulait lier connaissance - on s'est juste croisés dans le couloir, au milieu des cartons, lors de son installation. Quelques mots, et hop. Me voilà invité.
J'ai amené le vin, tout de même.
On a mangé autour d'un rôti délicieux.
La discussion a tourné un peu sur tous les sujets. Et puis, bien sûr, est venue Anna sur le tapis. La pauvre locataire voisine a disparu il y a quelques jours, sans laisser de traces.
Mon voisin repart en cuisine, et moi je me lève pour me couper une nouvelle tranche de rôti.
Tiens ? Y'a quelque chose de dur, là-dedans. Je coupe autrement ; parfois, on trouve des agrafes métalliques dans la viande, qui témoignent de sa traçabilité.
Sauf que les agrafes alimentaires ne ressemblent pas à des piercings de jeunes femmes.

Bougie soufflée (n°11)
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MillaNox

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Re : 66 histoires de fantômes #2
« Réponse #11 le: 30 Octobre 2015 à 22:28:08 »
chui désolée ça fait + que 500 mots  :-[ :-[ :-[
On peut mettre des comm' sur les textes des autres ou c'est pas le bon endroit ? et faudrait pas qu'on les numérote pour savoir si on approche un jour des 66 ?


Depuis le décès du voisin, quelques mois auparavant, mes parents n’étaient plus tout à fait les mêmes. Bien sûr, un assassinat à moins de dix mètres de chez vous, ça fiche un coup. Moi aussi, j’avais perdu le sommeil pendant plusieurs semaines. Des ombres semblaient prendre vie dans ma chambre, comme quand j’avais six ou sept ans. J’en avais pourtant seize maintenant. Le pire, c’étaient les hurlements. Maude, notre voisine, avait retrouvé son mari un soir en rentrant du travail. Le corps gisait sur le tapis du salon, décapsulé comme une vulgaire bière. Une mare de sang se déversait par le cou de René dont la tête trônait sur la cheminée. Le cri de Maude avait résonné, glacial, interminable. Tout le quartier avait débarqué chez eux et l’avait vue tourner en rond sur ce tapis en s’arrachant les cheveux, bouche ouverte et gueulante. Sa détresse était largement aussi choquante que la glauquissime scène du crime. Peut-être que les séries télé m’avaient davantage préparé à ce genre de tableau macabre qu’à contempler une vraie émotion d’horreur et de folie. Les hurlements de Maude ne se sont arrêtés que quand les pompiers l’ont emmenée pour l’hospitaliser. Et depuis, au moindre crissement de pneu ou sifflement de la bouilloire, au plus petit son allant vers les aigus, ma tête est submergée par le cri de Maude.
— Jen, on part. Tu es sûre que tu ne veux pas venir ? Je n’aime pas que tu…
— …restes seule, je sais, maman. C’est bon, ça ira très bien, lâchez moi un peu.
La porte a claquée et j’ai su que j’étais enfin tranquille. Je suis descendu à la cuisine pour mettre une poignée des bonbons prévus par mes parents dans une assiette, puis j’ai emmené l’assiette sur le perron avec une feuille stipulant « vous n’aurez rien de plus, si c’est vide, passez votre chemin ». La télé braillait ses pubs dans mon dos. Cela m’apaisait. Je ne supportais plus le silence. Quelques minutes plus tard, j’avais gagné le canapé munie de gâteaux salés, de coca et du saladier de bonbons. Plus qu’à attendre le début du film pour une bonne soirée d’Halloween. Mais les pubs s’éternisaient et j’avais une sensation étrange qui montait en moi. Comme si quelqu’un m’observait. Mon dos s’est crispé. Frisson.
Je me suis tournée brusquement vers la fenêtre, mais il n’y avait que la nuit dehors. Pas de visage ensanglanté comme au cinéma. Ma mère m’avait refilé ses foutues angoisses. Merde !
Et ces pubs qui s’éternisaient. Mon regard s’est perdu dans le vide, lassé des sourires plus blancs que blancs n’ayant jamais goûté si bon yaourt si peu calorique qu’il va presque vous faire maigrir. Il s’est fixé sur la reproduction du tableau de picasso que papa aimait tant, un portrait étrange, brisé. C’est là que les battements de mon cœur se sont accélérés. Ces yeux asymétriques étaient ceux que je sentais sur moi. Ils ont frémi. Je pourrais le jurer ! Ils ont bougé ! Instinctivement, j’ai reculé sur le canapé et je me suis appuyé sur la télécommande dans mon mouvement. Ça a coupé l’écran et j’ai lâché un petit cri. Je ne pouvais plus lâcher le tableau des yeux, j’avais peur… peur de quoi ? Qu’il sorte de son cadre ?
Alors la voix a résonné.
— Jen… Sais-tu que la mort est une chose horrible ?
J’ai immédiatement reconnu la voix de René. Mon corps ne répondait plus. J’étais pétrifiée, avec la sensation de balles de tennis qui tambourinaient partout en moi, mais rien de vivant à l’extérieur. À part mes larmes qui se sont mises à couler mécaniquement. Sur la reproduction, tous les éléments du visage ont commencé à bouger et à changer de place de façon incessante.
— Ça te donne un joli air, Jen, cette figure de porcelaine. Je vais te parler un peu de la mort. Et de la vie.
Mes lèvres étaient scellées. Privée de droit de réponse, je me retrouvai spectatrice impuissante de… quoi ? Qu’est-ce qu’il me voulait, merde ?
— Vois-tu la mort est douloureuse, irréversible, interminable. Toutefois on n’a plus rien à y perdre. Plus rien à y regretter. Son aspect positif, c’est qu’elle donne l’occasion de se venger.
Je me suis demandée si je respirais encore. Les balles de tennis étaient devenues des oursins qui me lacéraient de l’intérieur. Le tableau continuait d’agiter ses images, de plus en plus vite.
— Quand la hache m’a tranché la tête, Jen, j’ai eu une fraction de seconde pour voir mon corps décapité. Et puis l’éternité m’a figée dans la pire souffrance que j’ai jamais connue. Imagine qu’on t’arrache les ongles lentement et qu’on les utilise pour te creuser les yeux. Te les faire manger peut-être ?
Je n’étais plus qu’une statue mais je crois que j’ai vomi de l’intérieur. Ma pensée se disloquait avec mes espoirs. La douleur m’asphyxiait.
— Je ne veux pas seulement donner la mort à mes bourreaux. Ce serait leur faire vivre ce que j’ai vécu. Et ce n’est pas assez. Je veux qu’ils souffrent davantage. Et c’est là que la vie intervient. Je vais leur arracher ce qu’ils aiment le plus dans la vie.
Mon cerveau fonctionnait au ralenti et je me retrouvai avec un puzzle confus à assembler. Bordel, mes parents. Je ne comprenais pas. Ce n’était pas possible.
— Tu sais je ne t’en veux pas à toi, tu n’y peux rien et ça ne doit pas être facile d’être la fille de meurtrier. Allez, tu en souffriras pas plus que moi.
Une hache lévitait entre le tableau et moi. J’ai voulu hurler mais je ne pouvais pas. Dans ma tête, j’ai entendu de nouveau le cri d’horreur de Maude.  Et je me suis demandée si mes parents pousseraient le même en rentrant. Je me suis demandée qui ils étaient vraiment. Et puis…
Slashrk
Bougie soufflée.




Hors ligne Kerena

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Re : 66 histoires de fantômes #2
« Réponse #12 le: 30 Octobre 2015 à 22:35:22 »
On peut mettre le numéro de la bougie en bas, avant de la souffler !



Petites, petites araignées grimpent, grimpent sur le plancher.
Petites, petites araignées se reflètent dans la bouteille
Grosses, vilaines araignées semblent aimer se faire siffler
Velues, poilues, les araignées, près de mon oreille

Elles glissent sur les murs
Sortent de la bouteille
Soixante-dix degrés
Sont aussi sur le plancher

Terribles, grossières araignées, je les vois s'approcher
Et le goulot noir semble vouloir les avaler
Clic-clic, clic-clic font sur mes pieds les araignées
On dirait que sur moi, elles veulent grimper

Elles glissent sur les murs
Sortent de la bouteille
Soixante-dix degrés
Filent droit vers mes pieds

La bouche grande ouverte
La bouteille est vide
Je les vois grimper
Elles vont me manger

Bougie soufflée (n°13)
« Modifié: 30 Octobre 2015 à 22:37:28 par Kerena »
Je crois qu'il y a dans le coeur des hommes une place créée pour l'émerveillement, une place endormie qui attend de s'épanouir ~ Les Aventuriers de la mer


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Re : 66 histoires de fantômes #2
« Réponse #13 le: 30 Octobre 2015 à 22:36:10 »
 Je dors mal en ce moment. Je me réveille souvent, trois-quatre fois par nuit, peu importe ma fatigue, peu importe l’heure à laquelle je me couche, ou les cachets ingurgités. Le stress des exams, a dit le médecin. Mais alors pourquoi je me réveille toujours aux mêmes heures ? Et cette sensation d’angoisse diffuse… c’est pénible, au final je suis sur les nerfs en permanence, je m’énerve pour un rien et envoie bouler tout le monde. J’ai même failli en coller une à un camarade de classe cet après-midi !
Bon, ce soir, décidé, je dors. Bain relaxant, musique douce, draps propres, somnifères, toutes les conditions sont remplies pour que je passe une bonne nuit. À demain !



3h17
han… je dormais bien, pour une fois ! Ce crétin de chat s’est encore installé sur mon dos ! À tous les coups le frangin a oublié de lui donner à manger ce soir. Attends, minute ! T’es pas chez les parents, là, t’es dans ton appart… y'a pas de chat… Je m’assois d’un coup dans mon lit, la respiration courte. Inspirer, expirer… Je dois me calmer, j’ai juste dû faire un cauchemar, un de plus. Aller aux toilettes, boire un verre d’eau, penser à autre chose. Me voilà plus détendue, je vais pouvoir continuer ma nuit. Je retourne me coucher, me love contre mon amoureux qui m’enlace un peu trop fort dans son sommeil… brrr… sa peau est glacée !

 
 

 
 
Mais, au fait, depuis quand j’ai un amoureux, moi ?

 
 
Bougie soufflée (n°14)
 
Relectrice-Correctrice pro, et fière et enthousiaste correctrice du Mout'!

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Re : 66 histoires de fantômes #2
« Réponse #14 le: 30 Octobre 2015 à 22:40:07 »
J'ai toujours adoré marcher dans la forêt, le bruit de nos pas adouci par la mousse, cette petite odeur si familière mais que l'on ne sait qualifier, l'humidité ambiante, je me sens en paix ici, emplie d'une quiétude que je ne retrouve qu'au milieu de ces arbres.
Les oiseaux lancent des pious pious à travers les branches, le soleil peine à filtrer la brume qui monte du sol grouillant d'insectes en tout genre, et je marche encore m'enfonçant toujours plus loin, me répérant à certaines formes d'arbres si singulières.
Je m'arrête une seconde pour ramasser une mûre, le jus sucré dans ma bouche, cette touche d'acidité, seul un fruit des bois procure cete sensation piquante. Mais il faut repartir, ma destination est encore loin et putain qu'est ce que c'est lourd à trainer un cadavre !

Bougie soufflée (n°15)
Should we reboot universe ?

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