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04 Juillet 2026 à 05:01:06
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Le Monde de L'Écriture » Coin écriture » Textes courts (Modérateur: Claudius) » A la rue

Auteur Sujet: A la rue  (Lu 1466 fois)

Hors ligne Vir

  • Aède
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A la rue
« le: 17 Octobre 2015 à 13:41:06 »
[Ceci est le début d'un roman fantasy absurde. Faites vous plaisir, commentez, constructivement ou non. N'ayez pas peur d'être méchant mais n'ayez pas peur d'être gentil non plus  :mrgreen: Et si vous arrivez jusqu'à la fin, je vous devrai ma reconnaissance éternelle :-[ ]


  L’histoire que je vais vous raconter prend place dans un monde fictionnel, plus exactement dans une rue du faubourg de Beodargaud, capitale du territoire d’Humavis - mais je vous parlerai de géographie plus tard. Le terme de « rue » est définitivement trop d’honneur fait à l’espace boueux qui s’étendait entre les petits bâtiments moisis semés là au hasard. C’était un endroit qui, par tous ces aspects ne vous aurait pas donné envie de vous y aventurer. Outre la boue, le sol était composé d’excréments de toute espèce et d’objets inutiles ou inidentifiables. Dans cet endroit, ça sentait mauvais tout le temps, à toute heure du jour et de la nuit, et l’arôme salé de la mer n’arrangeait rien. Mais ceux qui vivaient là ne s’apercevaient plus de la puanteur ambiante. A vrai dire, c’était pire : ils l’avaient adopté. Et on ne savait qui, de l’air ou des hommes sentait le plus mauvais.

 Il y avait dans cette rue deux personnages vêtus de vieux vêtements rapiécés qui exhalaient ce suave parfum, et venaient, comme de fait, de cet endroit. C’étaient un homme et un enfant. Petit et potelé, l’enfant, que le froid faisait claquer des dents, avait de longs cheveux fins et d’immenses yeux marron. L’homme quant à lui avait le teint rougeâtre d’un alcoolique, et malgré sa maigreur, il semblait ne pas sentir le froid. Le soleil ne s’étant pas encore levé, ils étaient seuls dans la rue et l’endroit résonnait des « splash », « splash », que faisaient leurs pieds chaque fois qu’ils rencontraient le sol.

« Splash » « Splash », faisait la rue.

  Et c’était tout. Toutefois, si l’on tendait l’oreille, on pouvait aussi entendre les mouettes se disputer. En effet, le port était un peu plus loin : c’était là-bas que l’odeur était la pire. Essayez de vous figurer des cadavres putréfiés de poissons et autres animaux de mers entassés sur les déchets des hommes. Bref, je vous laisse imaginer. L’homme rougeâtre et le petit garçon potelé embarquèrent avec trois autres hommes sur un bateau nommé « La P’tite ». Voilà des années que l’embarcation avait fait son temps et elle menaçait chaque jour de sombrer. Une peinture bleue délavée, des planches de pont frétillantes et des trous rebouchés à la va-vite.  Pourtant, jusqu’à ce jour, l’équipage revenait sain et sauf sans faute à la nuit tombée. Vir Bjorn, le petit garçon, passait presque toutes ses journées comme ça : sur la P’tite, à lancer des filets, à en lever d’autres, à remplir des caisses de poissons et enfin à faire tout ce que les pêcheurs font. Pourtant à peine assez âgé pour être pêcheur, il n’en était pas à sa première sortie en mer et ses mains étaient déjà pleines de cals. Pauvre garçon pensez-vous ? Loin de là. Pour ce monde et pour cette époque, la vie de Vir n’était qu’un long jour d’été. Tout le monde n’avait pas un toit sur la tête et de la nourriture dans l’assiette. Vir avait même ses deux parents ; en ces temps-là, soixante-dix pour cent de la population étaient orphelins soit de père, soit de mère, c’est dire ! Alors, voilà notre heureux personnage principal qui se massait les épaules de ses mains rugueuses. Exténué, éventé, il ne rêvait que de s’étaler dans son lit pour dormir le restant de sa vie. Malheureusement, la journée n’était pas finie, il devait encore aider à débarquer les caisses et seulement après, lorsque le soleil aurait disparu, serait-il libéré.

  Le soir, le bruit de la ville était beaucoup plus dense : les gens criaient, priaient, chantaient, pissaient et éructaient. Enfin, la peuplade était amenée à accomplir tout ce que l’inhibition empêchait dans la journée. Et l’alcool aidant, ce n’était pas beau à voir. Mais Vir n’était pas choqué pour si peu : il en avait l’habitude, il le voyait tous les jours. Et je dirais même plus : c’était son moment préféré de la journée ; non pas parce que les rues y étaient sordides, mais parce que c’était le moment où il allait retrouver ses amis.

  Il y avait Barrys, son meilleur ami, aussi long qu’étroit, il dépassait toute la troupe d’une bonne tête et atteignait difficilement l’épaisseur d’une tranche de jambon. En plus, l’immense tignasse blonde qu’il portait l’agrandissait encore de quelques centimètres. Il y avait Hans, qui était le plus mignon de la troupe avec ses cheveux blonds et ses yeux bleus. Malheureusement, orphelin de père et de mère, celui-ci vivait dans la rue. Et il y avait Ivar, un môme trop petit pour son âge, avec des jambes si courtes qu’il devait trottiner pour rester à la hauteur des autres. A cause de cette particularité physique, tout le monde se moquait de lui, mais en bonne victime qu’il était, il se laissait faire. Il avait ce jour-là un hématome sur la tempe, mais personne ne lui posa de questions : Ivar se faisait battre quotidiennement. D’ailleurs, ils se faisaient tous battre.

  Ils se rendaient souvent dans une taverne bondée où on ne faisait pas trop attention à eux. En fronçant le nez sous les forts effluves d’alcool, Vir se faufila entre les jambes des buveurs. La pièce jaunâtre dans laquelle les enfants étaient entrés semblait ne tenir debout que par magie, tant les poutres en bois qui la maintenaient paraissaient jetées au hasard. 

-   En même temps, pourquoi tu restes chez toi ? Demanda Vir à Ivar, le plus petit, qui se plaignait de recevoir des coups.
-   Je sais pas. Je me casse de chez moi ce soir, répondit-il.
-   Tu vas encore te faire taper, répliqua Vir en soupirant.
-   Mon frère part demain matin… commença Barrys, son meilleur ami.
-   Quoi ? Tout le monde veut fuguer ou quoi ? L’interrompit Hans.
-   Non, il part à la guerre. Mes parents l’ont forcé. Il va avoir quatorze ans dans deux mois. Mon père a parlé de m’y envoyer moi aussi.

  Barrys avait trois grands frères, dont deux étaient déjà sur les champs de bataille. Enfin, dès le lendemain.

-   Tu es trop petit, ils voudront pas de toi, affirma Vir.   
-   Moi, j’aimerais bien y aller. Ce sera mieux que de vivre dans la rue, dit Hans.
-   Dis pas n’importe quoi, tu te ferais tuer en trois secondes.
-   Je veux pas y aller, se plaignit Barrys.
-   Ils acceptent pas les enfants en-dessous de treize ans, dit Ivar. Mon père s’est renseigné, vous pensez bien.
-   Ou c’est parce que t’es nain ! Sourit Vir.

  Avec un regard noir, Ivar bouscula son camarade qui s’empressa de lui rendre la pareille mais Barrys les arrêta :

-   Arrêtez, ils vont nous mettre dehors, dit-il. Et si on se fait jeter, moi je rentre chez moi, il fait trop froid.
-   T’as raison, il faudrait pas qu’Ivar la terreur s’énerve, ça ferait trop de chahut, continua Vir.
-   Les murs en trembleraient ! S’esclaffa Hans.
-   Ta gueule ! T’es jaloux parce que t’as pas de maison !
-   Au moins moi, mon père me frappe pas tous les soirs.

  Ivar fit mine de lever le poing mais Barrys l’interrompit :

-   Arrêtez putain ! On peut pas passer une soirée sans se foutre sur la gueule ?
-   Barrys le sauveur ! S’exclama Vir avec une voix aiguë.
-   Barrys le grand !
-   Barrys le chevalier !
-   Barrys, mon Barrys !
-   Barrys, mon amour !
-   Mais arrêtez ! Se récria le concerné.

  Et c’est ainsi que les conversations étaient. Guillerettes mais parsemées de piques bien senties. Bien sûr, ils ne se firent pas jeter dehors, mais durent sortir lorsqu’une véritable bagarre éclata à côté d’eux.
« Modifié: 26 Novembre 2015 à 17:38:53 par Vir »

Siegrid

  • Invité
Re : A la rue
« Réponse #1 le: 20 Octobre 2015 à 21:08:19 »
Coucou,
Je voulais bien relire ton texte avant de poster mon commentaire.
Tout d'abord, je te félicite : tu as su planter le décor, installer tes héros, lancer une intrigue,sans que mon attention diminue :)
C'est un très bon début, je trouve.

Maintenant, mes petites remarques, toutes personnelles, et dont tu feras ce que tu voudras . ;)

  L’histoire que je vais vous raconter prends place dans un monde fictionnel,
"fictionnel"fait très sérieux...Peut-être "à part du notre" ou"ailleurs dans l'espace et le temps"ou  ce qui te plait ,ferait plus poétique.

plus exactement dans une rue du faubourg de Beodargaud, capitale du territoire d’Humavis. Mais ça, je vous expliquerai plus tard. Le terme de « rue » est définitivement trop d’honneur fait à l’espace boueux qui s’étendait entre les petits bâtiments moisis semés là au hasard. C’était un endroit qui, par tous ces aspects ne vous aurez pas donné envie de vous y aventurer. Outre la boue, le sol était composé d’excréments de toute espèce et d’objets inutiles ou inidentifiables. Dans cet endroit, ça sentait mauvais tout le temps, à toute heure du jour et de la nuit, et l’arôme salé de la mer n’arrangeait rien. Mais ceux qui vivaient là ne sentaient plus la puanteur ambiante. A vrai dire, c’était pire : ils l’avaient adopté. Et on ne savait qui, de l’air ou des hommes sentaient le plus mauvais.
Le décor, glauque à souhait. Ce qui est un peu curieux, puisque le reste de l'aventure est plutôt sympathique. Peut-être une petite transition, genre "Qu'est ce qui pourrait s'épanouir dans un tel magma ?"  et hop, l'arrivée des personnages  ?
"ne vous aurez pas donné" petit oubli à la réécriture, je crois. J'aurais carrément enlevé "C'était un endroit". tu répètes le mot "endroit", un peu plus loin dans le texte.
Je verrais bien une césure à "et l'arôme salé de la mer....". Un point plutôt qu'un "et" et un point d'exclamation au bout.

Il y avait dans cette rue deux personnages vêtus de vieux vêtements rapiécés qui exhalaient ce suave parfum, et venaient, comme de fait, de cet endroit. C’étaient un homme et un enfant. Petit et potelé, l’enfant, que le froid faisait claquer des dents, avait de longs cheveux fins et d’immenses yeux marron. L’homme quant à lui, avait le teint rouge, de la couleur d’un alcoolique et malgré sa maigreur, celui-là semblait ne pas sentir le froid. Le soleil ne s’étant pas encore levé, ils étaient seuls dans la rue et l’endroit résonnait des « splash », « splash », que faisaient leurs pieds chaque fois qu’ils rencontraient le sol.

« splash » « splash », faisait la rue.
Cool. :)
  Et silence complet. Toutefois, si l’on tendait l’oreille, on pouvait aussi entendre les mouettes se disputer. En effet, le port était un peu plus loin : et c’était là-bas que l’odeur était la pire. Essayez de vous figurer des cadavres putréfiés de poissons et autres animaux de mers entassés sur les déchets des hommes. Bref, je vous laisse imaginer. L’homme rougeâtre et le petit garçon potelé embarquèrent avec trois autres hommes sur un bateau nommé « La P’tite ». Voilà des années que l’embarcation avait fait son temps et elle menaçait chaque jour de sombrer. Une peinture bleue délavée, des planches de pont frétillantes et des trous rebouchés à la va-vite.  Et pourtant, l’équipage revînt sain et sauf à la fin de la journée. Vir Bjorn, le petit garçon, passait presque toutes ses journées comme ça : sur la P’tite, à lancer des filets et à en lever d’autres, à remplir des caisses de poissons et enfin à faire tout ce que les pêcheurs font. Il était pourtant à peine assez âgé pour être pêcheur et ses mains étaient déjà pleines de cales. Pauvre garçon pensez-vous ? Loin de là. Pour ce monde et pour cette époque, la vie de Vir n’était qu’un long jour d’été. Tout le monde n’avait pas un toit sur la tête et de la nourriture dans l’assiette. Vir avait même ses deux parents ; en ces temps-là, soixante-dix pour cent de la population étaient orphelins soit de père, soit de mère, c’est dire ! Alors, voilà notre heureux personnage principal qui se massait les épaules de ses mains rugueuses. Exténué, éventé, il ne rêvait que de s’étaler dans son lit pour dormir le reste de sa vie. Malheureusement, la journée n’était pas finit, il devait encore aider à débarquer les caisses et seulement après, lorsque le soleil était couché, était-il libéré.
Des petits "Et" en trop. Ca alourdit, comme transition .
" Et silence complet."
 "et c’était là-bas..."
"Et pourtant, l’équipage revînt sain ..."
Je crois, en général, qu'il faut éviter de trop utiliser 'et', que ce soit au milieu d'une phrase ou au début. Ou alors, il faut en mettre vraiment partout : cela devient un style à part.
Sinon, le personnage de Vir est d'emblée intéressant : pour lui même, ainsi que pour la description de son monde qu'il te permet. ^^

Toute la suite:
J'ai aimé les amis,j'ai aimé les dialogues : pour moi, ton récit devient prenant dés la présentation des copains.  Cette dernière partie est extrêmement vivante, tes gamins sont très réalistes. Par ailleurs, cette guerre mystérieuse est accrocheuse...J'espère lire la suite ! ;D
Bonne soirée et à la prochaine. :)
« Modifié: 21 Octobre 2015 à 12:10:40 par Siegrid »

Hors ligne Vir

  • Aède
  • Messages: 165
Re : A la rue
« Réponse #2 le: 21 Octobre 2015 à 18:43:41 »
  Merci d'avoir commenté  !  :)

J'ai trouvé ton commentaire très pertinent. Pour la première phrase et la répétition de "endroit", j'ai pris note, et je trouverais quelque chose d'autre sous peu.
J'ai enlevé quelques "et" aussi.

Contente que ça t'ait plu.
« Modifié: 21 Octobre 2015 à 18:45:52 par Vir »

Hors ligne Vir

  • Aède
  • Messages: 165
Re : A la rue
« Réponse #3 le: 23 Novembre 2015 à 21:17:30 »
[Allez quoi, ce ne sont que 3 000 mots.  :-*]

   Vir prenait toujours bien soin de rentrer avant son père, dont l’état et l’humeur, après son passage en taverne, étaient imprévisibles : on n’était jamais à l’abri d’une paire de tarte. Toutefois sa mère lui offrait invariablement un bouillon de poisson, ce qu’il considérait comme un très bon accueil. Puis ils s’installaient, se racontaient leur journée et enfin sa mère le grondait gentiment pour ses bêtises et l’envoyait se coucher.

  Le lendemain, on parla de la guerre sur la P’tite. Voilà deux ans qu’elle les opposait eux, les humavissiens, aux prépoménos, dont Vir ne savait rien d’autre que le nom. En revanche il savait que les humavissiens croyaient en un dieu humain : Humavis, qui aidait les plus forts à vaincre les plus faibles, qui était immortel, invisible, très fort et très rapide - tellement qu’il pouvait être à plusieurs endroits à la fois, ce qui n’était pas rien.

-   Papa, en quoi ils croient, les prépoménos ? demanda Vir tandis qu’ils rentraient au port.
-   En rien, répondit-il.
-   Si, ils croient en un dieu. Qui serait partout et nulle part à la fois, intervint l’un des matelots, mais qui ne les aide jamais.
-   C’est bien ça, en rien. A quoi ça sert de croire en quelque chose d’inutile, grommela le père.
-   Ouais ! renchérit un autre. Humavis ne se laissera pas marcher dessus par une bande d’abrutis pareils !
-   J’ai quand même entendu dire qu’ils étaient arrivés à Endarr, c’est pas très loin. Et puis ils ont pris des territoires frontaliers.
-   C’est parce qu’ils servent à rien ces territoires. Tu sais, Vir, les prépoménos pourraient pas tenir une journée comme toi sur ce bateau.
-   Ouais. Ils sont aussi petits et fragiles que des enfants et ils doivent porter plusieurs manteaux pour se protéger du froid. Et même comme ça ils sont tous malades.

  Vir se représenta un nain filiforme, la goutte au nez, tremblant sous des montagnes de peau en fourrure. Il l’imagina se pencher pour tirer un filet de pêche et basculer, emporté par un de ses propres éternuement.

Le sceptique du groupe le tira de ses réflexions :

-   Ouais bah regarde autour de toi ! Il y a plus un chien sur les quais, les gens partent. Moi, je te dis que la guerre est tout près.

  Vir remarqua alors que de ces beaux navires qui le faisaient rêver n’en restaient plus que six amarrés au port. Avant, ils se comptaient par dizaines et on les voyait partout. Ils ébrouaient leurs grandes ailes au large et on entendait leurs matelots faire un boucan du diable au port.  Ces navires-là ne dormaient jamais : toujours ils s’agitaient. Venant du bout du monde ils n’en étaient qu’à la moitié du chemin et même si vous n’aviez pas le pied marin, ils vous donnaient l’envie de hisser la voile avec ses matelots. 

  Lorsque Vir songeait à son futur, il s’imaginait parfois capitaine du plus gros bateau du monde, avec sous ses ordres un équipage de quatre cent costauds marins. Et ils chanteraient des chansons paillardes sous leur drapeau, buvant et buvant toute la nuit. Vir serait le plus gros des buveurs du bâtiment. Tout le monde le respecterait et sa seule vue suffirait à faire taire l’équipage. Ils seraient connus dans le monde entier. 

  Ca n’aurait rien à voir avec « La P’tite », leur miteuse petite barque dont les planches étaient si pourries que Vir en avait honte chaque fois qu’ils amarraient.

  Une fois le boulot terminé, le petit garçon courut rejoindre ses amis sur « la place à la pierre ». C’était là qu’ils se retrouvaient : un petit carré de terre où passaient les poules, avec en son centre une grosse pierre que personne n’avait réussi à enlever. Autour, les mêmes bâtiments écaillés déjà partout présents. Il y avait une inscription sur le caillou mais les enfants ne savaient pas lire.

-   Ivar est pas là. Vous croyez qu’il a vraiment fugué ? demanda Hans.
-   Pas moyen, il est tellement petit qu’il a dû se perdre dans l’herbe en venant, lança Vir.
-   Mais n’importe quoi ! s’étonna Barrys. Il est pas si petit que ça !
-   Mais t’es con, je plaisante, soupira Vir. Il sera là demain.
-   Demain c’est le marché, sourit Hans, de quoi me refaire les poches !
-   Ah ! Quel voleur celui-là ! Le taquina Vir.
-   Tu peux parler.
-    En parlant d’Ivar, mon père m’a parlé des prépoménos sur le bateau.
-   Le rapport avec Ivar ? Demanda Barrys.
-   Ce sont des nains.

Hans s’esclaffa :

-   T’arrêteras jamais d’être un connard hein ?
-   C’est pas marrant, intervînt Barrys. Et il faut se méfier de ceux qui ont l’air inoffensifs. C’est mon père qui le dit.
-   Oui, Barrys-le-sauveur, minauda Vir.
-   Tait-toi, je suis sérieux. Il m’a raconté qu’il y avait un simplet qui s’appelait Oksar Waldemar il y a des centaines d’années. Il était si idiot qu’il ne savait pas compter jusqu’à dix. Il ne savait rien faire et tout le monde se moquait de lui. Jusqu’au jour où il brûla tout son village.
-   Tu penses qu’Ivar va incendier Béodargaud ? Se moqua Hans.
-   Non ! Je dis juste que… Qu’on sait jamais… Que c’est pas parce qu’il est petit qu’il peut rien faire, c’est tout.
-   Calme-toi Barrys, on n’a jamais dit ça, le rassura Vir.

  Comme son ami gardait son air renfrogné, le regard perdu au loin, Vir se mit à loucher et à baver, dans une parodie de ce qu’il pensait être un débile.

-    Ze m’abbelle Ogzal Waldemal. Ze vais tout bluler.
-   Ah ! Non ! Attention ! C’est Oksar ! Bondit Hans, se prenant de suite au jeu.

  Barrys fixa les deux autres une poignée de seconde puis, lâchant un sourire, il déguerpit en criant :

-   Sauve qui peut !

  D’Ivar, ils n’eurent pas une nouvelle de la soirée, et après avoir couru en tous sens et ri à en avoir mal au ventre, ils rentrèrent chez eux. Sur le chemin, Vir croisa la route d’un chaton gris qui lui miaula énergiquement dessus. Face à ses grands yeux verts et ses petits cris aigus, le cœur de Vir eut vite fait de fondre et il s’approcha de l’animal.

-   Bah alors, petit amour, tu as faim ?
-   Miaou, répondit le chaton.
-   Oh, oui, tu as faim. Viens avec moi.

  Délicatement, il le souleva du sol et le cala dans ses bras comme un bambin. Puis, après avoir déposé  un baiser sur le front de l’animal, il se dirigea vers chez lui.

  A quelques pas, il déposa le chaton sur le sol et lui murmura :

-   Tu vas m’attendre ici. Je reviens, d’accord ?
-   Miaou.

  Le garçon se précipita alors chez lui. Sa mère était là, tout sourire :

-   Enfin rentré ! Comment…

  Mais Vir n’avait pas le temps ; s’il traînait, le chaton partirait.

-   Deux secondes Maman, Barrys m’a dit que son père lui avait dit qu’une étoile rouge allait s’allumer dans le ciel. Il faut que j’aille voir.

  Ni une ni deux, il prit son bouillon de poisson et couru dehors, plantant là sa pauvre mère.  Sans s’arrêter, il rafla le chaton et continua son chemin ; si sa mère sortait voir cette fameuse étoile, il ne fallait pas qu’il se trouve dans les parages.

  Arrivé à distances raisonnables de chez lui, il déposa ses deux fardeaux sur le sol. Le chaton s’approcha de la nourriture, la renifla prudemment et puis se jeta dessus. Vir observa l’animal engloutir voracement son repas alors que son propre ventre dodu criait famine.

-   Tu en as plus besoin que moi, murmura-t-il en caressant les côtes saillantes du petit chat.

  Une fois qu’il eut finit, le petit chat vînt ronronner aux pieds du garçon.

-   Je dois partir maintenant.

  Le chaton se frotta délicatement contre ses jambes.

-   Je dois rentrer avant mon père.
-   Miaou.
-   Oui, Miaou.

  Sur ce, il attrapa le matou, le monta jusqu’à ses lèvres pour l’embrasser et rentra chez lui. Sa mère était, comme prévu, sur le pas de la porte, les bras croisés, scrutant le ciel d’un air concentré. Elle n’était pas très grande et portait une tunique qui avait été blanche mais qui était depuis longtemps grise, crasseuse et trouée. Très fins, ses cheveux blonds étaient plaqués sur son crâne, agrandissant son visage et faisant ressortir ses yeux, qui étaient d’une couleur indéfinissable, quelque part entre le vert, le gris et le bleu. Son nez était fin et droit, ses yeux, rieurs, et son sourire, généreux. Mais sa plus grande particularité était cet énorme grain de beauté, de la taille d’un œil, qui trônait sur sa joue droite. La première fois que Barrys l’avait vu, il l’avait longuement dévisagée avant de chuchoter : « Elle s’est blessé, ta mère ? ». Mais Vir trouvait que ce grain de beauté l’embellissait, il trouvait qu’il était magnifique, que ça la différenciait des autres femmes. 

-   L’est où cette étoile rouge ? Demanda-t-elle, remarquant son fils.
-   Je crois pas qu’elle viendra, répondit-il en se faufilant dans la pièce.

J’ai bien dit la pièce. Parce que sa maison n’en avait qu’une. Petit, dîtes-vous ? Si vous la voyiez… c’était bien pire ! Elle croulait sous les articles de pêche : filets, hameçons, cannes à pêches, de quoi entretenir tout ça, plus les bottes qu’il fallait enjamber en entrant. Et on avait entassé tout ça où on le pouvait si bien que l’espace en était réduit aux dimensions d’un petit box pour cheval. Ces objets n’étaient pas sans s’accompagner de l’odeur reconnaissable du poisson. De toute façon, c’était simple : ils vivaient poisson. Ils le mangeaient, le pêchaient, c’était leur meuble, leur odeur, leur décor ; jusqu’aux lits, qui étaient composés de filets de pêche. Il y avait une table toutefois, rangée dans un coin. Et en bois. Pas en canne à pêche. Sa mère mettait un point d’honneur à ce que rien ne traîna jamais dessus et qu’on s’y assît pour manger. Le seul objet qui y était tout le temps était une bougie. Il y avait aussi un garde-manger et deux petits meubles, l’un pour les vêtements, l’autre, vous l’aurez deviné, pour des objets relatifs aux poissons.

-   Et ben, t’as d’jà mangé ? Dit sa mère en fermant la porte. Et moi qui t’attendais.

  Elle avait l’air penaud. Elle se laissa choir sur une chaise devant la table.

-   Désolé, maman, j’avais très faim.
-   Tu aurais pu attendre dix minutes…
-   Tu sais la pêche ça creuse ! Et pis c’était bien bon ! Dit-il en s’asseyant en face d’elle.
-   Ah, j’suis contente de t’l’entendre dire, s’illumina-t-elle. J’y ai mis du sel de truffe qu’Alwine m’a donné. C’est bon, j’trouve aussi.

  On entendit la rotation d’une roue sur la boue au dehors, accompagné de l’ahanement de celui qui devait tirer la charrette. On entendait tout de l’intérieur de la maisonnette : les passants parfois, les mouettes incessamment, et les voisins s’ils criaient.

-   Vous avez bien péché ? S’enquit la mère de Vir.
-   Oui. Plein de petits. Et même un énorme, comme ça ! S’exclama-t-il en écartant les bras. Il était rouge.
-   C’est super, ça.
-   On a parlé des prépoménos aussi. Tu savais que c’étaient des nains, toi ?
-   Des nains ? Je savais pas non…
-   Et ben si. Et même qu’ils croient en rien et qu’ils sont toujours malades.
-   Ah bon ?
-   Ils coulent du nez tout le temps, grimaça-t-il avant de renifler bruyamment.
-   C’est papa qui te dit tout ça ?
-   Oui, mentit-il non sans sourire.
-   Il t’a dit qu’ils avaient la goutte au nez ? Insista-t-elle avec un sourire en coin.
-   Oui, rit Vir.

  Sa mère rit de concert.

-   Allez, va te coucher petit menteur.

  Vir sauta de sa chaise et trottina jusqu’à son filet-lit. Il l’avait entouré de petits objets : des planches, des boites, des outils et deux trois jouets. La muraille ainsi construite ne s’élevait guère que jusqu’à ses genoux, mais il se sentait mieux ainsi : plus entouré, plus en sécurité. C’était son espace, son château fort.

  Tout à ses nains malades, il sombra dans un profond sommeil.

  Le bruit que fit la porte en claquant le réveilla en sursaut. Il se releva vivement pour jeter un œil par-dessus ses remparts.

  Son père.

  Sa longue silhouette mince se découpait dans l’encadrement de la porte. Il titubait et avait une bouteille à la main. Il trébucha jusqu’à la table et y posa sa bouteille.

-   Tu veux ton bouillon ? S’enquit la mère d’une voix tremblante.
-   Au lit, lui ordonna-t-il d’une voix rauque.

  A travers les trous de sa muraille, Vir observa sa mère se diriger vers leur lit.

  Son père avait amené avec lui une forte odeur d’alcool et de sudation.

-   Ca va ? Demanda sa femme.
-   Non ! S’emporta-t-il. Non, ça va pas ! Ca fait neuf ans que j’attends des gosses !
-   Mais on a Vir…
-   D’autres gosses, idiote ! Alors écarte les cuisses.

  Il s’avança vers elle tandis que Vir souhaitait pouvoir fermer les yeux. Mais vous savez comme ces choses-là ça obnubilent. Immobilisé, il se trouva forcé de regarder son père arracher les vêtements de sa mère qui ne dit rien, à peine eut-elle une exclamation de surprise. Et puis, il la monta. Comme ça, sans préambule. Le temps de quatre va-et-vient, un gémissement, et c’était fini.

  Le lendemain dès l’aube, Vir était sur ses pieds, derrière la table de la maison mais pas dans la maison.  Il se trouvait sur le port et le meuble leur servait d’étal pour le marché qui prenait place là-bas chaque semaine. Le parfum changeait alors sensiblement, et à l’odeur de poisson s’ajoutaient celles des épices, des fruits, du pain, du cuir, du vin et de pleins d’autres merveilles alléchantes… Rien de trop désagréable, jugeait Vir.

  L’étal fut rapidement allongé par les trois autres membres de l’équipage de La P ‘tite. Sur leurs tables, rien que des poissons, cela va de soi. Mais dans ce domaine au moins n’avaient-ils rien à envier à la concurrence : des gros, des petits, des bleus et des jaunes, il y en avait pour tous les goûts. En revanche, le brouhaha ambiant et les cris constants des pêcheurs « Poisson ! Pas cher ! », n’étaient pas pour alléger la pénibilité de la tâche. C’était à vous en étourdir que les gens se criaient dessus. Ils s’engueulaient sur le prix, la qualité, l’odeur, pour hier soir, voire même pour dire bonjour.

  Là-dedans, Vir s’efforçait de donner les poissons qu’on lui demandait – était-ce bien ce poisson noir le merlan ?-, prenait argent comptant et reléguait toujours l’affaire à ses parents si c’était un échange qu’on proposait. Même s’il n’était pas sûr de ce qu’il faisait, il faisait toujours bien attention à ne pas paraître avoir une once de soupçon, sinon son père le frappait. Il se voyait alors contraint de ne pas toujours rendre le bon nombre de pièce ou même de ne pas donner le bon poisson, ce n’était pas sa faute : son père ne voyait que l’hésitation. Et s’il avait le malheur de demander conseil, je ne vous raconte pas la raclée.

  Il n’était pas rare que ses parents ou qu’un membre de l’équipage l’envoie faire une course, comme ce fut le cas ce jour-là. Et un petit détour pour passer prendre Barrys à son propre étal était toujours de mise. Il se cachait derrière un mur non loin et sifflait jusqu’à ce que son ami prétexte une envie pressante pour le rejoindre.

-   Alors, t’as toujours pas croisé Oksar Waldemar ? Le taquina Vir.
-   Pfff…

  Barrys leva les yeux au ciel.

-   Et toi, t’as toujours pas fait régime, répliqua-t-il en pointant du doigt le ventre rond de Vir.
-   Je préfère ça qu’être lent comme toi.
-   Je me suis amélioré.

  Au regard suspicieux que lui lança Vir, Barrys continua :

-   Je t’assure, depuis la dernière fois qu’on a fait la course, je me suis entrainé. Je suis sûr que je peux te battre maintenant.
-   Ah bah allez, on fait la course ! S’exclama Vir.
-   Non peut-être pas te battre mais…
-   Pas de couille. Le trancha Vir.
-   Pfff…
-   Barrys le grand n’aurait-il pas d’entre-jambe ?

  Barrys pinca les lèvres.

-   Votre attention s’il vous plait ! Scanda-t-il dans la rue. Barrys le chevalier, je dis bien Barrys le grand n’aurait pas…
-   C’est bon, allez, s’exaspéra ce dernier.
-   Haha ! Alors stop, Vir leva le bras. A trois. Un… Deux… Trois !

  Vir partit comme un coup de fusil.

  Barrys ne put rester à sa hauteur que pendant cinq pas, puis Vir fusa devant. Mettant toutes ses forces dans chaque appui, ses foulées étaient incroyablement longues et rapide. Le vent lui soufflait au visage, tandis que, agile comme un chat, il évitait la populace de mouvements rapides et précis. Il ressentait une extraordinaire impression de puissance. Il était rapide, plus rapide que tous.

  Mais il s’essouffla bientôt et, ralentissant, il se retourna pour guetter Barrys du regard. Celui-ci marchait bien loin derrière. Vir sourit : voilà qui lui apprendrait à le traiter de gros.

  S’arrêtant, Vir se mit à l’attendre, le menton en l’air, fier comme un paon mais Barrys n’avançait plus… il s’était mis à regarder un gars qui jouait de la musique que Vir n’avait même pas entendu en passant. L’homme portait pourtant des vêtements colorés qui le rendaient bien visible. A ce moment, il tapait sur une boite en bois munie de cordes. La musique avait toujours laissé Vir de marbre, en fait il n’y pensait pas, c’était juste un de ces trucs idiots dont les riches raffolaient. En revanche, Barrys laissait couler sa bave chaque fois que quelqu’un poussait la chansonnette.

  Vir soupira un « qu’est-ce qu’il est chiant. » et rebroussa chemin. L’impression de près était la même que celle de loin : ennuyeuse et vaine. Pourquoi est-ce que tu tapes sur cette caisse mon gars. T’as vraiment rien de mieux à faire ? Barrys, par contre, était comme hypnotisé. Ses yeux étaient rivés sur les doigts du musicien qui couraient sur les cordes de l’engin.

« Modifié: 27 Novembre 2015 à 17:19:40 par Vir »

Hors ligne SoDeb

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Re : A la rue
« Réponse #4 le: 23 Novembre 2015 à 22:40:52 »
Voilà mes remarques :

Citer
Mais ça, je vous expliquerai plus tard.
l'expliquerai

Citer
C’était un endroit qui, par tous ces aspects ne vous aurez pas donné envie de vous y aventurer.
aurait

Citer
Et on ne savait qui, de l’air ou des hommes sentaient le plus mauvais.
sentait

Citer
L’homme quant à lui, avait le teint rouge, de la couleur d’un alcoolique et malgré sa maigreur, celui-là semblait ne pas sentir le froid.
de la couleur d'un alcoolique ça sonne bizarre, peut être plus simplement "tel un alcoolique" ?
celui-là, ça alourdit, tu peux mettre juste "il" on comprendra de qui tu parles.

Citer
« splash » « splash », faisait la rue.

  Et silence complet.

C'est bizarre, l'idée de silence alors qu'on est dans les splash au rythme des pas.
Et puis c'est un détail, mais le s minuscule au premier splash me chiffonne...

Citer
En effet, le port était un peu plus loin : c’était là-bas que l’odeur était la pire.
Le "en effet" et la tournure "c'était... que" alourdissent la phrase, de mon point de vue, bien sur.

Citer
Essayez de vous figurer des cadavres putréfiés de poissons et autres animaux de mers entassés sur les déchets des hommes. Bref, je vous laisse imaginer.
La première phrase, top, la seconde bof, il y a une grosse différence de style je trouve entre les deux, on a l'impression de chuter.

Citer
Vir Bjorn, le petit garçon, passait presque toutes ses journées comme ça
comme cela ?

Citer
Pourtant à peine assez âgé pour être pêcheur, ses mains étaient déjà pleines de cales.
Après la première partie de la phrase, on attend "il", pas "ses mains". Je pense que tu dois changer ta tournure de phrase.

Citer
la journée n’était pas finit, il devait encore aider à débarquer les caisses et seulement après, lorsque le soleil était couché, était-il libéré.
finie
serait-il libéré

Citer
Le soir, le bruit de la ville était beaucoup plus dense : les gens criaient, priaient, chantaient, pissaient et éructaient.
jolie phrase

Citer
Enfin, la peuplade était amenée à accomplir tout ce que l’inhibition empêchait dans la journée.
Le enfin me dérange. Pourquoi "enfin" ? Je dirais "Dans l'obscurité, la peuplade..."
Et je n'utiliserais pas forcément amenée à, ça donne l'impression qu'ils ne sont pas maîtres de leurs actes (mais peut être est ce le cas ?)

Citer
c’était son moment préféré de la journée ; non pas parce que les rues y étaient sordides
le "y" renvoie à un lieu, alors que toi tu renvoies à un moment, peut être tu pourrais dire "les rues devenaient sordides"

Citer
dépassant toute la troupe d’une bonne tête et étant aussi épais qu’une tranche de jambon
j'inverserais pour virer le "étant" qui alourdit : "aussi épais qu'une tranche de jambon, et dépassant toute la troupe d'une bonne tête"

Citer
les forts effluves d’alcool
fortes

Citer
jetés au hasard
jetées

Citer
-   Tu vas encore de faire taper, répliqua Vir en soupirant.
te faire taper

Le dialogue monte en puissance, j'aime pas trop le début, mais ensuite ça s'améliore.

Citer
ils ne se firent pas jetés dehors
jeter


Mon avis général sur cette première partie : c'est plutôt bien écrit, intéressant, les personnages sont bien croqués, on a envie de connaître la suite.

Bon, la suite :

Citer
Vir prenait toujours bien soin de rentrer avant son père, dont l’état et l’humeur, après son passage en taverne, étaient imprévisibles : on n’était jamais à l’abri d’une paire de tarte. Toutefois sa mère lui faisait toujours bon accueil et avec un bouillon de poisson.
répétition de toujours
Le dernier "et" pourrait être remplacé par une virgule, ça passerait mieux.

Citer
ce qui n’était pas rien.
ce qui n'est pas rien ? sans certitude

Citer
-   Papa, en quoi ils croient, les prépoménos ? demanda Vir tandis qu’ils rentraient au port.
-   En rien, répondit-il.
-   Si, ils croient en un dieu. Qui serait partout et nulle part à la fois, intervint l’un des matelots, mais qui ne les aide jamais.
-   C’est bien ça, en rien. A quoi ça sert de croire en quelque chose d’inutile, grommela le père.
-   Ouais ! renchérit un autre. Humavis ne se laissera pas marcher dessus par une bande d’abrutis pareils !
-   J’ai quand même entendu dire qu’ils étaient arrivés à Endarr, c’est pas très loin. Et puis ils ont pris des territoires frontaliers.
-   C’est parce qu’ils servent à rien ces territoires. Tu sais, Vir, les prépoménos pourraient pas tenir une journée comme toi sur ce bateau.
-   Ouais. Ils sont aussi petits et fragiles que des enfants et ils doivent porter plusieurs manteaux pour se protéger du froid. Et même comme ça ils sont tous malades.
J'aime beaucoup beaucoup ce dialogue, là ça prend une autre tournure avec le choc des civilisations, je suis vraiment intriguée.

Citer
Le petit homme se pencha pour tirer un filet de pêche mais il bascula tête la première, emporté par son propre éternuement.

-   Ouais bah regarde autour de toi ! Il y a plus un chien sur les quais, les gens partent. Moi, je te dis que la guerre est tout près, dit le sceptique.
Je ne comprend pas du tout la transition. Il tombe, et ensuite il se passe quoi ?

Citer
par dizaine
par dizaines

Citer
leur matelot
leurs matelots ?

Citer
buvant et buvant toute la nuit.
c'est fait exprès la répétition ? Moi j'aurais dit "bâfrant et buvant toute la nuit"

Citer
Ca n’aurait rien à voir avec « La P’tite », leur miteuse petite barque
répétition de petite
leur miteuse et ridicule barque ? minuscule ? minable ?

Citer
Autour, les mêmes bâtiments écaillés qu’il y avait partout. Il y avait une inscription sur le caillou mais les enfants ne savaient pas lire.
répétition de "il y avait"

Dialogues savoureux !

Citer
Le garçon se précipita alors chez.
chez lui

Citer
une tunique qui avait été blanche mais qui était depuis longtemps grise, crasseuse et trouée.
joli !

Citer
Très fins, ses cheveux blonds étaient plaqués sur son crâne, ce qui lui agrandissait le visage et faisait ressortir ses yeux, qui étaient d’une couleur indéfinissable, quelque part entre le vert, le gris et le bleu.
répétition de qui

Citer
ses yeux, rieurs, et son sourire, généreux
ses yeux rieurs, et son sourire généreux. Un point après généreux

Citer
il l’avait dévisageait longuement
dévisagée

Citer
Elle s’est blessé
blessée

Citer
une chaine devant la table
chaise ?

Citer
ça va
majuscule ?

Citer
eu-t-elle
eut-elle ?

Citer
c’était finis
fini

Citer
s’ajoutaient celle des épices, des fruits, du pain, du cuir, de vin et de pleins d’autres merveilles alléchantes…
celles
du vin

Citer
dans chaque appuie
appui

Citer
tandis que, agile comme un chat
Un peu lourd ? "tandis qu'agile comme un chat " ?

Citer
il s’était mis à regarder un gars qui jouait de la musique que Vir n’avait même pas entendu en passant devant.
qui, que ça fait un peu beaucoup

Citer
Barrys, par contre, rivait des yeux éclatants sur les doigts du musicien qui couraient sur les cordes de l’engin, comme hypnotisés.
Peu être plus : Barrys, par contre, rivait des yeux éclatants, comme hypnotisés, sur les doigts du musicien qui couraient sur les cordes de l’engin.


C'est vraiment sympa...
On commence à se demander où tu nous emmènes...
Tes personnages sont vraiment sympas, rugueux comme on les aime, et l'environnement glauque à souhait.
C'est une nouvelle ou un début de roman ?

A plus tard...
Mon blog, c'est un blog.
Avec des articles, format classique. Avec des fictions courtes. Avec des images que j'ai - dans une écrasante majorité - créées de mes petites mains.
C'est Maman de Plume. Fictions et réalités d'une maman du XXIème siècle.

https://mamandeplume.wordpress.com

MillaNox

  • Invité
Re : A la rue
« Réponse #5 le: 24 Novembre 2015 à 15:58:32 »
Salut :)

en rouge, les fautes d'orthographe que je te laisse corriger par toi-même
en bleu, mes remarques
en vert, les répétitions



  L’histoire que je vais vous raconter prends place dans un monde fictionnel, plus exactement dans une rue du faubourg de Beodargaud, capitale du territoire d’Humavis. Mais ça, je vous [manque "l'" ]expliquerai plus tard. Le terme de « rue » est définitivement trop d’honneur fait à l’espace boueux qui s’étendait entre les petits bâtiments moisis semés là au hasard. C’était un endroit qui, par tous ces aspects ne vous aurez pas donné envie de vous y aventurer. Outre la boue, le sol était composé d’excréments de toute espèce inutile, ça change aps grand chose que ce soit que de la crotte de chien ou aussi de la crotte de bouc non ? et d’objets inutiles précision étrange, on ne cherche pas particulièrement des choses utiles au mileu de la rue, je pense que tu peux te contenter d'inidentifiables qui fait + sens ou inidentifiables. Dans cet endroit (répétition) ouip  :huhu:, ça sentait mauvais tout le temps, à toute heure du jour et de la nuit, et l’arôme salé de la mer n’arrangeait rien. Mais ceux qui vivaient là ne sentaient plus la puanteur ambiante. A vrai dire, c’était pire : ils l’avaient adopté. Et on ne savait qui, de l’air ou des hommes sentaient le plus mauvais.

 Il y avait dans cette rue deux personnages vêtus de vieux vêtements rapiécés qui exhalaient ce suave parfum, et venaient, comme de fait je vois pas trop l'utilisation ici ?? ça fait un peu parachuté :\? , de cet endroit. C’étaient pour le moment tu à un ton un peu enfantin, propre aux contes plutôt qu'à une nouvelle fantasy, est-ce que c'est volontaire, pour renforcer l'absurde, ce ton ? un homme et un enfant. Petit et potelé, l’enfant, que le froid faisait claquer des dents, avait de longs cheveux fins et d’immenses yeux marron. L’homme quant à lui, avait le teint rouge, de la couleur d’un alcoolique et malgré sa maigreur, celui-là semblait ne pas sentir le froid. Le soleil ne s’étant pas encore levé, ils étaient seuls dans la rue et l’endroit résonnait des « splash », « splash », que faisaient leurs pieds chaque fois qu’ils rencontraient le sol.

« splash » « splash », faisait la rue. pas convaincue  :-[

  Et silence complet. Toutefois, si l’on tendait l’oreille, on pouvait aussi entendre les mouettes se disputer. En effet, le port était un peu plus loin : c’était là-bas que l’odeur était la pire. Essayez de vous figurer des cadavres putréfiés de poissons et autres animaux de mers entassés sur les déchets des hommes. Bref, je vous laisse imaginer. L’homme rougeâtre et le petit garçon potelé embarquèrent avec trois autres hommes sur un bateau nommé « La P’tite ». Voilà des années que l’embarcation avait fait son temps et elle menaçait chaque jour de sombrer. Une peinture bleue délavée, des planches de pont frétillantes   :???: et des trous rebouchés à la va-vite.  Pourtant, jusqu’à ce jour, l’équipage revenait sain et sauf sans faute à la nuit tombée. Vir Bjorn, le petit garçon, passait presque toutes ses journées comme ça : sur la P’tite, à lancer des filets, à en lever d’autres, à remplir des caisses de poissons et enfin à faire tout ce que les pêcheurs font. Pourtant à peine assez âgé pour être pêcheur, ses mains étaient déjà pleines de cales. Pauvre garçon pensez-vous ? Loin de là. Pour ce monde et pour cette époque, la vie de Vir n’était qu’un long jour d’été. Tout le monde n’avait pas un toit sur la tête et de la nourriture dans l’assiette. Vir avait même ses deux parents ; en ces temps-là, soixante-dix pour cent de la population étaient orphelins soit de père, soit de mère, c’est dire ! Alors, voilà notre heureux personnage principal qui se massait les épaules de ses mains rugueuses. Exténué, éventé, il ne rêvait que de s’étaler dans son lit pour dormir le restant de sa vie. Malheureusement, la journée n’était pas finit, il devait encore aider à débarquer les caisses et seulement après, lorsque le soleil était couché, était-il bizarre cette inversion libéré.

Ptite pause : pour le moment je suis pas convaincue. je ne m'attache pas aux personnages, le scénario ne se met pas vraiment en place, ça traine en longueur sans susciter mon intérêt, et j'avoue que le ton ne marche pas non plus (pas fan que le narrateur s'adresse souvent au lecteur, et le fait que ce soit une narration un peu parlée, familière, marcherait si ça donnait de la personnalité au narrateur mais comme on est en point de vue externe, je suis pas super convaincue et je vois pas trop l'intérêt  :-[ :-[ 

  Le soir, le bruit de la ville était beaucoup plus dense : les gens criaient, priaient, chantaient, pissaient et éructaient soutenu ou familier il faut choisir je pense (urinait et éructait ou pissait et rotait non ?. Enfin, la peuplade était amenée à accomplir tout ce que l’inhibition empêchait dans la journée. Et l’alcool aidant, ce n’était pas beau à voir. Mais Vir n’était pas choqué pour si peu : il en avait l’habitude, il le voyait tous les jours. Et je dirais même plus : c’était son moment préféré de la journée ; non pas parce que les rues y étaient sordides, mais parce que c’était le moment où il allait retrouver ses amis.

  Il y avait Barrys, son meilleur ami, qui était aussi long qu’il était étroit, dépassant toute la troupe d’une bonne tête et étant aussi épais qu’une tranche de jambon. tu dis deux fois la même chose Et son immense tignasse blonde n’aidait en rien et l’agrandissait encore de quelques centimètres. Il y avait Hans, qui était le plus mignon de la troupe avec ses cheveux blonds et ses yeux bleus. Malheureusement, orphelin de père et de mère, celui-ci vivait dans la rue. Et il y avait Ivar, un môme trop petit pour son âge, avec des jambes si courtes qu’il devait trottiner pour rester à la hauteur des autres. A cause de cette particularité physique, tout le monde se moquait de lui, mais en bonne victime qu’il était, il se laissait faire. Il avait ce jour-là un hématome sur la tempe, mais personne ne lui posa de questions : Ivar se faisait battre quotidiennement. D’ailleurs, ils se faisaient tous battre.

  Ils se rendaient souvent dans une taverne bondée où on ne faisait pas trop attention à eux. En fronçant le nez sous les forts effluves d’alcool, Vir se faufila entre les jambes des buveurs. La pièce jaunâtres dans laquelle les enfants étaient entrés semblait ne tenir debout que par magie, tant les poutres en bois qui la maintenaient paraissaient jetés au hasard. 

-   En même temps, pourquoi tu restes chez toi ? Demanda Vir à Ivar, le plus petit, qui se plaignait de recevoir des coups.
-   Je sais pas. Je me casse de chez moi ce soir, répondit-il.
-   Tu vas encore de faire taper, répliqua Vir en soupirant.
-   Mon frère part demain matin… commença Barrys, son meilleur ami.
-   Quoi ? Tout le monde veut fuguer ou quoi ? L’interrompit Hans.
-   Non, il part à la guerre. Mes parents l’ont forcé. Il va avoir quatorze ans dans deux mois. Mon père a parlé de m’y envoyer moi aussi.

  Barrys avait trois grands frères, dont deux étaient déjà sur les champs de bataille. Enfin, dès le lendemain.

-   Tu es trop petit, ils voudront pas toi, affirma Vir.   
-   Moi, j’aimerais bien y aller. Ce sera mieux que de vivre dans la rue, dit Hans.
-   Dis pas n’importe quoi, tu te ferais tuer en trois secondes.
-   Je veux pas y aller, se plaignit Barrys.
-   Ils acceptent pas les enfants en-dessous de treize ans, dit Ivar. Mon père s’est renseigné, vous pensez bien.
-   Ou c’est parce que t’es nain ! Sourit Vir.

  Avec un regard noir, Ivar bouscula son camarade qui s’empressa de lui rendre la pareille mais Barrys les arrêta :

-   Arrêtez, ils vont nous mettre dehors, dit-il. Et si on se fait jeter, moi je rentre chez moi, il fait trop froid.
-   T’as raison, il faudrait pas qu’Ivar la terreur s’énerve, ça ferait trop de chahut, continua Vir.
-   Les murs en trembleraient ! S’esclaffa Hans.
-   Ta gueule ! T’es jaloux parce que t’as pas de maison !
-   Au moins moi, mon père me frappe pas tous les soirs.

  Ivar fit mine de lever le poing mais Barrys l’interrompit :

-   Arrêtez putain ! On peut pas passer une soirée sans se foutre sur la gueule ?
-   Barrys le sauveur ! S’exclama Vir avec une voix aiguë.
-   Barrys le grand !
-   Barrys le chevalier !
-   Barrys, mon Barrys !
-   Barrys, mon amour !
-   Mais arrêtez ! Se récria le concerné.

  Et c’est ainsi que les conversations étaient. Guillerettes mais parsemées de piques bien senties. Bien sûr, ils ne se firent pas jetés dehors, mais durent sortir lorsqu’une véritable bagarre éclata à côté d’eux.

hop là, bon je t'ai tout mis dans le texte. Je sais pas comment tu fonctionnes mais je trouve que c'est trop à se mettre en place, ton scénario gagnerait à être redynamiser je pense...
Je n'ai pas compris pourquoi tu disais au début que ce serait un texte absurde ? du moins je n'ai pas trouvé le style absurde dans ce début :\?
Je passerai lire la suite si tu le souhaites :)

@+

Milla

Hors ligne Vir

  • Aède
  • Messages: 165
Re : A la rue
« Réponse #6 le: 26 Novembre 2015 à 17:36:09 »
Bonsoir ! Merci beaucoup d'avoir pris le temps de commenter : vous êtes des gens bien. J'ai modifié mon texte selon certains de vos conseils, pas tous mais je vous rassure : j'ai tout pris en note et j'y réfléchirai une fois que tout ça aura refroidi dans ma tête.

SoDeb :

"Enfin, la peuplade était amenée à accomplir tout ce que l’inhibition empêchait dans la journée.
Le enfin me dérange. Pourquoi "enfin" ? "

J’utilise enfin dans son sens de base : en définitive.


"les forts effluves d’alcool
fortes"

On dit bien un effluve  ;)

Et oui, c’est le début d'un roman, c’est peut-être pour ça MillaNox que tu trouves que c’est long à se mettre en place. Par ailleurs, même dans la suite, que je serais absolument ravie que tu lises, rien n’est mis en place à la fin.

"pour le moment tu as un ton un peu enfantin, propre aux contes plutôt qu'à une nouvelle fantasy, est-ce que c'est volontaire, pour renforcer l'absurde, ce ton ?"

Yes, c’est volontaire  :mrgreen:

"« splash » « splash », faisait la rue. pas convaincue"

  A vrai dire, moi non plus ^^

Vos commentaires m'ont vraiment été utiles. MillaNox, puisque tu le demandes oui, j'aimerais beaucoup que tu lises la suite et que tu me dises ce que tu en penses. C'est bien un roman absurde, mais rien ne l'est dans ce début; c'était un peu une technique d'attraction trompeuse et fourbe que de l'annoncer au début, je l'avoue.  :)
« Modifié: 26 Novembre 2015 à 17:47:56 par Vir »

 


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