Bonjour à tous, j'ai écris ce texte il y à de ça quelques semaines dans le but de le poster dans un forum qui était bien spécifique à ce type d'écrits. J'ai reçu des commentaires positifs et négatifs des membres de ce forum et je souhaitais le partager ici afin d'avoir des avis différents. Le moyen de transmission est un forum , ce qui doit changer des écrits habituels et qui le rend peut-être un peu infantile ou je ne sais quoi d'autre, mais j'aimerai vraiment avoir vos avis.
Merci pour votre future lecture.

[Si il y a des erreurs ou quoi, ce sont des fautes de frappes que je n'ai pas relevées à ma relecture]
___________________________
Je m'appelle Chris, j'ai actuellement 20 ans. Je me permet d'écrire sur ce forum car j'ai vécu une histoire assez troublante.
Ce n'est pas dans mes habitudes de partager ma vie sur internet, mais j'aimerai bien savoir ce que vous pensez de tout ça car…personnellement, je suis dans le doute et l'inquiétude.
Alors voilà, ma mère travaille en tant qu'aide-soignante dans une maison de retraite publique assez fréquentée (car nous habitons une grande ville et que celle-ci est placée en plein centre). Il y a de cela environ une semaine, elle a commencé à me parler d'un cas qui l'a vraiment bouleversée et…inquietée. Je vous vois arriver, elle n'est pas censée le faire puisqu'elle est soumise au secret médical, mais je vous promet, elle était vraiment perturbée :
Un patient de 84 ans (un des seuls qui a toute sa tête) s'est mis à se confier à elle. Il lui racontait les aventures peu rassurantes qu'il a vécu pendant la guerre. Dont une qui l'a vraiment troublée : Ce vieil homme, à l'époque un jeune soldat, s'est retrouvé dans une unité sur les terres de l'Algérie. Lui et son groupe étaient au total une vingtaine à avoir été déposés dans un petit village en ruines afin de "garder un œil". Ils avaient planté les tentes, gardé les armes chargées à portée de main, et préparé un petit feu pour la première soirée qu'ils allaient passer dans le climat froid de la nuit. Il s'étaient réunis en cercle autour de celui-ci, afin de se raconter des histoires, parler de leurs familles respectives et surtout se tenir compagnie dans un pays qui n'était pas le leur.
Ils avaient décidé de tourner deux par deux pour veiller la nuit au cas ou un rebelle se pointerait, bien que le village où ils avaient été largués ressemblait plutôt à un amas de ruines inoffensives. Le fameux patient fit partie de la première veillée. Il était en binôme avec un soldat du même âge que lui. Au début, ils sont restés assis autour du feu a discuter à basse voix afin de tenir la fatigue et de garder un peu de réconfort. Puis, le fameux patient à finit par s'assoupir. Il se réveilla en sursaut car il avait entendu comme des bruits de pas, craquants sur le sol sec. Il se calma et se dit que c'était sans doute son binôme. Néanmoins celui-ci n'était plus à sa place initiale. Notre soldat se mit donc à tourner autour des tentes pour se rendre compte qu'il n'était plus dans le coin. Il pensa que celui-ci était aller se coucher. Ronchonnant un peu, il alla réveiller deux autres soldats afin de leur signaler que c'était à leur tour de veiller et qu'il pensait que son binôme était allé se coucher plus tôt que prévu. Il alla s'installer dans sa tente afin de se reposer.
Il se réveilla brutalement le lendemain matin, à cause de la chaleur étouffante qui tapait sur sa tente. Et surtout à cause de la conversation agitée qui explosait dehors. Il s'extirpa très vite de sa chambre de fortune pour aller voir se qu'il se passait.
Il vit alors dix-huit autres soldats dehors le regarder d'un œil suspicieux. Il leur demanda donc rapidement ce qu'il se passait et ceux-là, après quelques secondes d'hésitations leur montrèrent une image assez terrifiante. Le vieillard avait d'ailleurs du mal à parler de ce moment. Car en effet, c'était le corps étripé de son binôme qui gisait par terre, à une vingtaine de mètres de leur campement, attaqué férocement par les mouches. Notre soldat a commencé par vomir le peu de nourriture qu'il avait ingurgitée puis questionna les autres. Qui n'en savaient pas plus que lui et qui semblaient le suspecter d'avoir massacré ce pauvre soldat. Il leur expliqua l'affaire de la veillée, qu'il pensait que son binôme était allé se coucher plus tôt…etc. Mais ils ne le crurent pas. Ils pensaient qu'il avait fait cette horreur. Après l'avoir passé à tabac et insulté sauvagement, les dix-huit soldats prirent la décision commune de le faire partir le plus loin possible de leur campement.
Ils lui ont masqué les yeux et l'ont traîné pendant environ une heure sous le soleil aride. Il le plantèrent dans un endroit désert, avec tout au plus quatre ruines et lui ont balancé son sac de couchage et sa gourde. Et ils partirent. Notre soldat décida de se cacher dans les ruines et de rester à cet endroit pendant la journée. Il ne voulait pas particulièrement risquer de se faire tuer par ses "camarades".
Il ne fit rien de particulier de sa journée. Si ce n'est guetter et réfléchir à ce qu'il pouvait faire. La nuit tomba, il se blottit dans son sac de couchage. Il s'assoupit et se fit réveiller rapidement par des bruits de pas similaires à ceux qui l'avaient réveillé la nuit dernière. Il décida de guetter qui pouvait rôder si tardivement à cet endroit désert. Il entendit un faible bruit, comme un grognement. Ne sachant pas d’où cela venait il décida de surveiller discrètement une bonne partie de la nuit. Puis, s'endormit sous le coup de la fatigue intense.
Le matin venu, il se réveilla, encore assaillit par la chaleur ardente qui régnait et à laquelle il ne se faisait décidément pas. Il commençait à être faible. Il avait faim. Et soif. Il décida donc de tenter de retrouver son unité. Quitte à mourir il ne voulait pas mourir lentement de faim et de soif ici. Il marcha quelques heures. Malgré sa difficulté face à la chaleur, le campement n'avait pas été très difficile à retrouver : l'odeur de feu de bois l'avait guidé jusqu'à celui-ci. A sa grande surprise, il n'entendit personne.
Personne ne parlait. Il semblait même que personne ne bougeait. Il s'approcha des tentes, il n'était encore qu'à quelques mètres. Quand il sentit cette odeur immonde. Il ne savait pas ce que cela pouvait être et ça commençait à l'inquiéter. Il se précipita alors vers les tentes. Le feu de camp fumait encore. Il ne vit rien de spécial mais… cette odeur épouvantable s'était amplifiée méchamment. Il alla regarder dans la zone des dernières tentes.
Et il les entendit. Les mouches. Derrière la dernière tente se trouvait un spectacle assez monstrueux : Les corps entassés de tous les soldats. Éventrés. Étripés. Avec les mouches qui s'activaient à la tâche. Après avoir vomi le peu de choses qu'il y avait dans son estomac, pleuré et crié, il décida de trouver la radio du campement et de demander de l'aide.
Il alla directement dans la tente du chef et la trouva, gisant au milieu des sac de couchages. Après quelques difficultés à la faire fonctionner, il arriva à lancer un appel à la station qui avait envoyé son escouade. Il leur expliqua brièvement qu'il y avait un gros problème et qu'il fallait faire vite. Les renforts ne mirent pas beaucoup de temps a arriver. Ils le rapatrièrent et laissèrent les corps sur place.
Son histoire était assez troublante. Devant l'inquiétude de ma mère, j'ai décidé d'aller rendre visite à son patient afin de me rendre compte un peu du personnage, de m'en faire une idée.
Arrivé à la maison de retraite, on m'a assez vite redirigé vers sa chambre. Je suis tombé sur un vieillard qui semblait inoffensif, le regard vide dirigé vers la fenêtre donnant sur le jardin.
Après m'être présenté, j'ai tenté de le questionner indirectement sur cette fameuse histoire.
Il me raconta une anecdote sans réel intérêt sur des armes qui lui avaient été livrées durant une mission, mais dont les munitions avaient été oubliées dans le colis. Puis il me demanda poliment, mais froidement (ce qui marqua un certain contraste car il était auparavant plutôt accueillant), si je pouvais m'en aller car son émission TV allait bientôt commencer.
Peu satisfait de ce qui avait résulté de cette rencontre, j'ai décidé de chercher dans une bibliothèque de ma ville les archives des journaux de l'époque. J'ai trouvé assez vite quelque chose d’intéressant :
"Bilan des morts du 5 novembre 1956 : Une unité entière décimée.
Une unité envoyée le 3 novembre a été décimée sauvagement. Elle avait été envoyée dans le but de
réprimer d'éventuels rebelles dans une zone plutôt calme de l'Algérie. Nous ne connaissons à ce jour pas la cause de ce massacre.
Les vingt courageux soldats envoyés par notre pays sont tous morts…[S'ensuit un discours de remerciement pour ces soldats et d'encouragement pour leurs familles, ainsi que leurs noms et dates de naissance]"
J'étais partagé. Cela correspondait en partie à l'histoire du vieillard. Mais il est encore vivant et l'article stipule que toute l'unité a été massacrée. Je me suis alors renseigné un peu plus sur les noms des morts figurant sur l'article.
Celui de l'octogénaire y figurait.