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Le Monde de L'Écriture » Coin écriture » Textes courts (Modérateur: Claudius) » Un vol au Paradis (texte complet)

Auteur Sujet: Un vol au Paradis (texte complet)  (Lu 1377 fois)

Siegrid

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Un vol au Paradis (texte complet)
« le: 27 Septembre 2015 à 13:00:08 »
Les deux hommes patientaient devant un Lavomatic dans lequel se croisait la jeunesse du quartier. Tout vêtus de bleu, arborant un képi de même couleur, ils ne cachaient pas leur métier. Dévisagés avec insistance, parfois d’un sourire, parfois d’une grimace, ils restaient impassibles. Que diable, leur mission était de la plus haute importance ! Ce n’était pas le moment de frayer avec la populace.
Pierrot, le plus grand, broussailleux du sourcil et du torse s’adressa à son collègue :
« Crois-tu qu’on va l’avoir ? »
Paulo, son petit maigrichon de copain lui rétorqua :
« Il est pour nous, je le sens dans ma peau. »
Pierrot soupira :
« Deux mois que ça dure et pas un indice… »
Son grand corps s’affaissa sous le poids du pessimisme. Mais Paulo bomba fièrement le torse :
« Je le sens, je te dis, mon instinct ne m’a jamais trompé ! Allez, du courage ! »
Et il donna un grand coup de coude dans le bras de son copain, lui insufflant sa vitalité. Pierrot se redressa derechef. Tous deux se remirent à surveiller l’intérieur de la laverie, où s’alignaient d’énormes machines à laver en plein travail.
Les clients, affalés sur les sièges, attendant patiemment la fin d’un cycle de lavage, étaient presque tous jeunes et fauchés. Sans un sou pour se payer leur propre appareil ménager, ils venaient là nettoyer leur linge sale…en famille. Car c’était devenu un lieu de rassemblement. Pour l’heure, on y voyait Marie-Madeleine, Matthieu, Jeannot et Luc. Pierrot et Paulo ne les impressionnaient nullement. Pères de famille sous leur képi, ils faisaient souvent preuve de mansuétude pour ces vieux ados-jeunes adultes, qui ne défrayaient la chronique que par des provocations innocentes. Comme la fois où ils avaient improvisé un sit-in pour la légalisation de la marijuana. Pierrot et Paulo avaient eu beau déambuler et renifler, pas une seule odeur coupable ne leur était venue aux narines. C’aurait pourtant été l’occasion de savoir à quoi ça ressemblait…Ils avaient fini leur service képi bas, tout déçus d’avoir raté l’expérience.
Pour l’heure, Marie-Madeleine s’approchait d’eux, sourire dehors et griffes dedans. En effet, sa réputation de petite tigresse n’était plus à faire. Pierrot rougit sous ses poils et Paulo se redressa d’un demi-centimètre, poitrail de moineau en avant. MM, consciente de son charme, s’enquit :
« Alors, vous cherchez le voleur chez nous ? »
Paulo rétorqua, d’un ton rogue :
« Mission confidentielle, petite. T’as pas besoin d’en savoir plus. »
MM, vexée, se retira en grommelant ;
« Moi, je m’en fous du voleur de slip, je porte pas de culotte… »
Pierrot vira au rouge volcan, Paulo rétrécit de trois centimètres. Ha, la, la…Quel métier.
Et pourtant, c’était bien là le but de leur présence : traquer, arrêter, porter aux bancs de la justice, le détraqué qui depuis bientôt deux mois volait les slips, culottes, boxers de la ville.
Tous disparaissaient : étendus sur une corde à linge au bord d’une fenêtre, tournant dans le coffre d’un sèche linge public, tous les dessous étaient victime d’un maniaque. Un maniaque très malin. Aucun témoin de ses actes à répétition. Si l’on excepte la vieille Mémé Thérèse, qui passait sa vie à guetter ses voisins, et qui jurait avoir vu une colombe s’envoler avec le string à dentelle de Melle Philomène.
Pour l’heure, Pierrot et Paulo multipliaient les factions et les heures supplémentaires devant la laverie de la place de la mairie, jusqu’à présent sans plus de succès que leurs collègues, répartis aux quatre coins de la ville.
Un joli gamin entra en sautillant dans le local. Blond, bouclé, joufflu, on aurait dit un angelot échappé d’une peinture baroque. Les deux flics portèrent un regard attendri à ce chérubin, Marie Madeleine sentit son instinct maternel se réveiller, et tous les clients sourirent à cette vision paradisiaque. Même Jeannot, entre deux vapeurs d’éther comme d’habitude, remarqua le garçon, et se leva en titubant :
« Hé petit…..t’veux un bonbon ? »
Et de brandir un Mars défraichi, tiré du fond de sa poche crasseuse.
Marie-Madeleine s’interposa :
« Arrête ! Le touche pas avec tes pattes sales… »
Jeannot, un peu titubant, s’accrocha à la fille :
« Laiche moi faire…J’lui veux pas d’mal…Allez, laiche moi, quoi ! »
Pierrot et Paulo, s’avancèrent, raides comme la justice, vers le jeune drogué.
Alors tout se passa très vite. Marie Madeleine, changeant de cible, s’élança vers les deux policiers, prête à défendre son copain. Matthieu et Luc en firent autant, faisant saillir leurs biscoteaux aux stéroïdes.  Dans l’enchevêtrement, Jeannot se pencha pour attraper le gosse, et se releva, éberlué, avec un slip rose à la main.
« Hé, lâche ma culotte ! » cria Marie Madeleine.
« Hé d’où ça sort ? » cria Jeannot, tétanisé par cette prise.
« Hé, où il va le gosse ? » brailla Matthieu.
Au milieu des cris, l’enfant courait vers la sortie, un joli boxer imprimé de petites fleurs posé sur ces boucles blondes, et brandissant dans sa main potelée une culotte de grand-mère qu’il agitait comme un drapeau.
« La culotte de Mamie ! Reviens, petit salaud ! » hurla un client.
Et tous de se mettre à la poursuite du jeune gredin qui filait comme le vent. Sauf  Jeannot, perdu dans la contemplation du slip de son amie.
Paulo et Pierrot vivaient un cauchemar : le gamin donnait l’impression de voler plutôt que courir. Ils sentaient leurs gros godillots patauds les clouer au trottoir, alors que l’enfant voltigeait de plus en plus loin devant.
Le petit vira brusquement à gauche, dans la rue de Paradis. Cinq secondes plus tard, Luc et Matthieu, en tête de la troupe, en faisaient autant…et s’arrêtèrent net : leur proie s’était volatilisée !
« Il s’est réfugié dans une entrée ! Ou il habite cette rue ! »
Les deux policiers, enfin arrivés, échangèrent un regard : il allait falloir s’en coltiner, des escaliers, pour retrouver ce petit vaurien. Oui, mais si c’était le voleur tant recherché, quelle gloire pour eux deux ! Paulo bomba de nouveau le torse :
« Laissez nous faire ! On se charge de la suite des évènements ! »
Ce ton martial et son air sur de lui furent un peu gâchés par le survol d’un gros pigeon qui s’oublia sur son képi, mais qu’importe…Le crime semblait presque résolu !
Pierrot sortit son portable afin d’informer la commissaire en chef, Marie Duciel, de l’importante évolution de l’affaire.
Celle-ci, à cet instant précis, aurait bien tout donné pour cinq minutes de ballade en forêt. Marie aimait les arbres, si sereins, si majestueux et surtout,  si silencieux. Elle trouvait dans ses promenades une détente bienfaisante après des journées passées à traquer le crime. Et pour l’heure, elle aurait eu bien besoin de décontraction : son portable n’arrêtait pas de sonner : des quatre coins de la ville, tous les flics signalaient le même évènement : un gamin blond bouclé venait de leur échapper mystérieusement, après avoir chapardé un ou deux slips sous leur nez.
A l’appel de Pierrot, elle explosa :
« Et pas un d’entre vous ne peut tenir tête à un gang de maternelle ! Faut-il que je fasse tout moi-même ! Très bien, j’arrive !»
Marie courut vers son vestiaire pour y chercher son manteau. Elle fut arrêtée dans sa course, par un homme d’une quarantaine d’année, qui tenait, impassible, le milieu du couloir.
Elle ne le reconnut pas, ce n’était pas un des flics du commissariat….Qui l’avait laissé accéder aux étages supérieurs ? N’était elle donc entourée que d’incapables !
Réfrénant sa colère, elle parla calmement à l’inconnu :
« Que faites vous là, Monsieur ? »
Il répondit doucement :
« Je te cherche, Marie. »
Elle entendit, comme dans un songe, la suite de la phrase : « bénie entre toutes les femmes. »
Elle sursauta, se reprit, le reprit :
« Quoi, qu’avez-vous dit ? »
Et l’homme de dire, respectueusement :
« Je cherche le commissaire Duciel, Madame. Le planton m’a prié de monter directement à son bureau. Serait-ce vous, Madame ? »
Sa voix était chaude, mélodieuse, une vraie voix d’animateur de radio. Et son allure ! En jeans repassés et chemise blanche, les cheveux châtain mi-longs, le corps fin et délié, les yeux…Mais de quelle couleur étaient ils ? Au premier coup d’œil, ils lui avaient semblé verts et maintenant ils étaient, à y regarder mieux, d’un brun chaud. Marie se secoua, sortit de sa contemplation, et répondit, acerbe.
« Je suis la commissaire et je suis très pressée. Que me voulez vous ? »
Et lui, sobrement :
« Mon père a disparu. Je crains pour lui, il est très âgé. »
Et de nouveau, la fin de la phrase surgit dans la tête de Marie : « vieux comme le monde… »
Enervée, affolée, elle cria presque :
« Et que voulez vous que j’y fasse ? Une battue dans les rues de la ville ? »
Aussitôt honteuse de son comportement, elle baissa la tête sous le regard douloureux de l’inconnu. Elle vit alors qu’il ne portait que des sandales pour toutes chaussures. Un SDF ? Un fou ? « Dieu ! Que je suis mal à l’aise » songea-t-elle. Cette pensée fut aussitôt suivie d’un « C’est ça  le problème ! » qui l’anéantit. Elle vacilla, aussitôt soutenue par l’homme.
« Ce n’est rien, le stress, la fatigue… », balbutiât elle.
« Je vous raccompagne à votre siège, permettez ! »
Et l’homme claqua des doigts. On entendit une cavalcade de charge légère dans l’escalier. Et accourut un autre homme, aux muscles impressionnants, vêtu d’un treillis militaire, dont les boucles blondes s’échappaient en cascade d’un béret kaki, orné d’un écusson en forme d’ailes.
« Sergent Michael pour vous servir ! Madame ! Mes troupes aéroportées sont prêtes à vous aider dans les recherches ! Vous n’avez qu’un mot à dire et nous sommes à vos ordres ! »
Et de faire un impeccable salut militaire à une Marie effondrée.
« Paix, Miky, je n’ai pas encore eu le temps de lui exposer l’affaire. Porte Madame dans un coin calme, ça vaudra mieux» lui dit l’inconnu.
« Miky » se calma aussitôt et fit ce qu’on lui demandait. Il enleva Marie dans ses bras puissants. Celle-ci, confuse, se raidit :
« Je ne suis pas invalide, tout de même. »
Arrivés dans son bureau, après avoir bu un verre d’eau, Marie avait repris toute sa contenance. Elle interrogea les deux hommes :
« Il me faut votre identité, et celle du disparu. »
« Je m’appelle Jésus Denouveau et voici Mickael Denouveau, mon cousin. »
« Jésus ?  Vos parents devaient être très croyants… »
« Oh ! Mon père ne croit qu’en lui-même ! Sauf que ces derniers temps, il avait eu une grosse contrariété avec mes cousins et je le crois un peu dépressif. »
Marie haussa les sourcils et fixa Michael.
« Pas moi ! » s’écria ce dernier « D’autres cousins ! Moi, je n’aurais jamais trahi le vieux ! Je lui dois tout ! Mon statut militaire, mes ailes, tout ! »
Jésus intervint :
« Nos petits cousins gardaient un objet précieux, très précieux. Ils ont abusé de la situation, se sont révoltés contre l’autorité de mon père. Et le pauvre avait déjà eu bien du souci dans sa vie. Les gens sont si peu reconnaissants ! On leur donne un monde sur mesure, et rien, pas un merci ! Dés qu’il y a un problème, il est assailli de prières et on lui reproche d’avoir mal fait. Alors, cette histoire en plus… »
« Heu ! Il gère un parc d’attraction ? » ,demanda Marie, un peu perdue devant toutes ces révélations familiales.
« On peut dire ça ! A côté de lui, Disney peut se rhabiller. » ,répondit Jésus.
Et Miky d’opiner vigoureusement.
Le téléphone de Marie interrompit la conversation :
« Chef ! On vous attend ! Il faut chercher ce gamin ! » , braillait Paulo à l’autre bout du fil.
« Oui ! J’arrive tout de suite. » ,répondit Marie, pas mécontente de trouver un prétexte pour échapper aux deux bizarres zigotos.
« Messieurs, voulez vous repasser demain ? Une affaire urgente m’appelle, le voleur de slip, vous avez dû entendre parler ? »
« Bien sur ! » répondit Jésus, approuvé par les vigoureux hochements de tête de Miky.
« Je dois me rendre sur les lieux d’un de ses crimes et je dois donc vous abandonner. Pourrez-vous repasser demain ? Le policier du rez-de-chaussée prendra votre déposition en bonne et due forme. »
Jésus lui lança de nouveau un lourd regard douloureux, peu dupe de son maigre subterfuge. Elle se laissa aller dans la profondeur de lac de ses yeux bleus. Bleus ? Marie cilla des yeux et se leva précipitamment :
« Désolée de vous brusquer, Messieurs, mais le temps presse. »
Et elle les planta là, courant vers la rue de Paradis, la tête encore embrouillée. Ayant enfin rejoint ses deux agents, elle fit le point. Restaient sur la place Pierrot, Paulo,  ainsi que Marie-Madeleine, Luc et Matthieu qui furetaient de-ci-delà, l’oreille aux aguets.
« Alors, qu’avons-nous ? »
« Un gamin de six-huit ans, pas plus ! »répondit Paulo.
« On lui donnerait le bon dieu sans confession ! »ajouta Pierrot.
« Oui, c’est déjà arrivé… », commenta une voix tranquille, une voix d’animateur de radio.
Tous se retournèrent brusquement. Marie, Paulo et Pierrot, sourcils froncés, ne cachaient pas leur agacement. Marie-Madeleine, bouche bée, semblait hypnotisée par l’apparition spectaculaire de Jésus. Quant à Luc et Matthieu, ils se poussaient du coude, reluquant sans gêne les biscoteaux de Michael, qui faisaient passer les leurs pour des muscles de jeune fille.
« Que voulez vous dire ? » lança Marie d’un ton aigre.
« Mes petits cousins sont des experts en camouflage. Un jour bambin, un jour pirate…Tout cela ressemble à leur tactique. »
« Ha ! Et leur motivation ? Quelle est leur motivation, hein ? C’est la graine de folie de votre famille, peut-être ? » Lâcha Marie, excédée.
Jésus baissa les yeux, si violets, et murmura : « Ils ont eu de mauvais exemples. »
« Oui ! » tonna Miky « Ce diable rouge ! Fallait me laisser l’anéantir ! C’est toi aussi et tes idées de pardon !  »
« Ca a commencé avec ces deux idiots, là, et leur pomme, je n’y étais pas ! » râla Jésus. « Qu’est ce qu’ils racontent, chef ? » demanda Paulo.
« Des histoires de fous dans une famille de fous, voilà ce qu’ils racontent. »
« Et notre voleur est leur cousin ! » triompha Pierrot, voulant montrer qu’il avait bien tout suivi.
Marie-Madeleine s’approcha de Jésus, rosissant :
« Ne t’en fais pas, moi aussi, je suis un peu folle, on pourrait s’entendre… »
Jésus la regarda avec douceur de ses magnifiques yeux pers :
« Nul n’a le droit de te jeter la pierre. »
MM en eut les larmes aux yeux, on ne lui avait jamais rien dit d’aussi beau. Marie intervint, la voix piquée de jalousie :
« Ha vous les jeunots, ne vous mêlez pas de l’enquête ! »
Marie-Madeleine se dressa sur ses ergots :
« C’est ma culotte qui a servi. Je me mêle si je veux »
Et les deux femmes de se toiser, telles deux chattes furieuses.
Miky partit d’un grand rire :
« Ha ! Ha ! Sacré J ! Quand tu ne les fait pas pâmer, tu les hérisses l’une contre l’autre ! Sacré toi ! Tu n’es pas sortable »
Marie et MM revinrent sur terre, tournant leur fureur vers le grand baraqué.
« T’es qui, toi ? » cracha la jeune fille.
« Z’avez vos papiers ? » ajouta Marie.
Pierrot intervint :
« Quand est ce qu’on s’occupe de fouiller la rue, Mâme la Commissaire ? »
«  Ce n’est pas peine, il s’est envolé. » lui répondit Jésus.
« Mais…Qu’est ce que vous en savez ? » couina Paulo, dépassé par les évènements.
« Leur tactique, Monsieur l’agent, je connais leur tactique… »
« Bon, ça suffit, maintenant ! Monsieur Denouveau, vous viendrez demain vous expliquer au poste, sur cette fameuse « tactique ». Vous deux, allez faire votre rapport et rentrez chez vous, et tous les autres circulez ! Y a plus rien à voir ! » Tonna Marie.
Et, plantant là son monde, elle partit vers le bout de la rue, en direction de la forêt. Les autres se dispersèrent, papotant à qui mieux-mieux sur cette après-midi extraordinaire.
MM s’éloignait, accrochée au bras de Jésus, et  lui expliquait qu’elle avait plein de culottes et que ce n’était pas grave si son cousin voulait en garder une. D’ailleurs, si lui-même avait les mêmes envies …
Pierrot et Paulo se chamaillaient quant à l’efficacité de l’instinct de ce dernier. Il n’avait fonctionné qu’à moitié puisque le voleur, bien que repéré, avait réussi à s’enfuir. Tout de même, on tenait le cousin, c’était mieux que rien…
Luc et Matthieu voulaient discuter avec Miky, en vrais professionnels de la gonflette. Mais celui-ci restait planté au milieu de la rue, les yeux en l’air. Les deux partirent donc, dépités, en direction de leur salle de sport, déterminés à tout faire pour ressembler à leur nouveau modèle. Le treillis et le béret en moins, bien sur. Ca, ça craignait…
Marie, quant à elle, se retourna une dernière fois sur les lieux du crime. Elle fut donc seule à voir Miky s’élancer vers le ciel, d’un bond prodigieux. Le géant attrapa à mains nues un pigeon qui voletait par là et retomba gracieusement en position accroupie, serrant le volatile sur son cœur. Portés par le vent de novembre, elle crut entendre, ébahie, ces mots :« Te voilà donc , Rafael. Tu n’as rien à me dire, petit traitre ? ».
Marie se frotta les yeux, comme un enfant fatigué. Quand elle les rouvrit, la rue était déserte. Mais, changée en statue de sel, la commissaire mit longtemps à reprendre le chemin de la forêt. Les arbres majestueux l’aidèrent une fois de plus à retrouver son calme. Dommage que les pépiements des oiseaux lui parurent si menaçants.
Enfin, elle rentra chez elle, mit à chauffer une pizza, et s’allongea avec délices dans son canapé pour regarder, pour la énième fois, Autant en emporte le vent. Accompagnée d’un Martini, elle tombait tour à tour amoureuse de Rhett ou d’Ashley. Elle ne s’en lassait pas. Mais, ce soir , Rhett ressemblait à Miky et Ashley au mystérieux J. Pourvu que le père ne soit pas le sosie de Gérald O’Hara…Elle se sentait très Scarlett, ce soir…
Pendant ce temps, Marie Madeleine galvanisait ses troupes :
« Oh, les gars, on va laisser des petits gamins dans les mains des flics ? Qu’est ce que ça sera pour eux ? Maison de redressement, prison, l’engrenage infernal ? En vérité, je vous le dis : on se doit d’intervenir. Ce sont nos petits frères, ces gosses là ! »
Une série de grognements approbateurs lui répondit.
« Mais, qu’est ce qu’on peut faire ? C’est pas à nous qu’on va demander l’avis avant de les arrêter… » s’exclama Luc.
MM avait un plan tout prêt :
« On colle le train à Paulo, Pierrot et la mère Duciel. Où ils vont, on va. Quand ils choperont les mouflets, on sera là. »
Il fut décidé que Jacques filerait Paulo. Pierrot était pour Matthieu. Marie-Madeleine se réservait Marie Duciel. Ce que ne disait pas la jeune fille, c’est que de cette manière, elle comptait bien revoir Jésus, qui avait déjà une place privilégiée dans son cœur.
Paulo, inconscient des drames qui se préparaient dans son dos, passait une petite soirée tranquille en famille, avec les Experts. Son rêve, à lui, c’était de travailler pour Horatio. Plus de ronde ennuyeuse, plus de képi. Il jouerait du microscope et du P38. Et, en plus, au soleil. Il s’entrainait à mettre et démettre ses lunettes de soleil, et dire d’un ton profond « Passe-moi le sel. » lorsqu’on toqua à sa porte.
Surpris, il découvrit sur le palier Pierrot, escorté du grand Miky.
« Viens ! » lui dit son vieux collègue « Des développements inattendus dans l’affaire des slips. On part sur le terrain »
Paulo, galvanisé, enfila un blouson de cuir, rechaussa ses lunettes noires, cacha le képi au fond de l’armoire, et fila le train aux deux autres, la tête pleine de gloire et de soleil. « Si je résous l’affaire, je postule au FBI ! » songeait-il.
Chez Marie aussi, on toqua à la porte, en plein incendie d’Atlanta. Revêche, elle contempla Jésus qui lui souriait gentiment :
« Venez ! Il est temps d’en finir. »
Elle hésita, mais ne savait pas résister au charisme de cet homme. Abandonnant Scarlett aux bras de Rhett, elle le suivit dans le dédale des rues sombres, sans remarquer l’ombre silencieuse qui leur avait emboité le pas.
C’est ainsi que tout le monde se retrouva devant un hangar désaffecté à la périphérie de la ville. Marie, Paulo, Pierrot, Miky et Jésus y pénétrèrent de concert. Bientôt suivis furtivement par Marie Madeleine, Luc, Matthieu, Jacques et Jean, toujours entre deux vapes.
Miky alluma deux puissantes lampes torches qui éclairèrent une curieuse scène : le hangar était empli de cages à oiseaux. Et dans chacune, selon sa taille,  s’agitaient  un, deux, voire trois pigeons.
Marie s’esclaffa : « C’est ça, votre métier, oiseleur ! ».
Miky se retourna, furieux. Il semblait avoir grandi de vingt centimètres, ses yeux rougeoyaient dans la lueur des torches. Les ombres lui dessinaient un double immense, qui semblait…oui, pourvu d’ailes majestueuses. Il tonna :
« J’ai fait ton travail, femme. N’insulte pas ce que je suis ! »
Marie se recroquevilla. Elle n’eut qu’une pensée, la même que Paulo et Pierrot :
« Et j’ai oublié mon flingue ! »
Jésus intervint :
« Paix sur la terre. Nous sommes ici pour solutionner le problème de Marie et le notre, Michael. Essayons d’y mettre tous de la bonne volonté. »
Miky rétrécit, son ombre s’atténua. Il dit placidement :
« Tu es le boss, fils du boss. On fera à ta manière. » Mais tous entendirent distinctement la suite dans leur for intérieur «  pour ce coup là ! ».
Jésus reprit :
« Vous pouvez interroger mes cousins, Marie. Ce qu’ils ne vous diront pas, je vous le révèlerai. »
« Mon Dieu ! Quel dommage ! Si charmant et aussi fou que le lapin de mars ! » pensa Marie.
Elle se mordit aussitôt la langue, car une pensée incongrue avait envahi sa tête :
« Fais attention quand tu l’appelles. Le vieux ne badine pas avec la famille. »
Paulo et Pierrot se dandinaient. Jésus les gênaient, Miky leur faisait peur. A tout prendre, ils préféraient les pigeons. Plus vite ils sortiraient de là, mieux ça vaudrait. Aussi, Pierrot attaqua-t-il :
« Toi, là, à gauche, le gros noir et blanc au bec rouge ! Où sont les slips ? »
A sa grande surprise, un « Rououou-Rououou » enroué lui répondit.
Jésus claqua des doigts «  Traduction , Michael ! »
Miky disparut derrière les cages, et en ressortit avec un magnifique perroquet, perché sur l’épaule.
« Je vous présente Gabriel ;Il fera office d’interprète. »
L’oiseau s’ébroua et caqueta d’un ton grincheux :
«  Les culottes sont dans le wagon désaffecté de la gare abandonnée, au nord de la ville. »
« Toutes ? » insista Paulo, de plus en plus persuadé de s’être endormi devant la télé, et de vivre un fabuleux cauchemar.
« Rou !Rou ! » crièrent les pigeons. « Toutes ! » lança le perroquet.
« Je file vérifier ! »cria Paulo, saisissant l’occasion de partir en courant.
« Attends-moi ! Attends-moi ! » s’écria Pierrot. Et tous deux se précipitèrent dehors, sans voir la petite troupe, cachée dans l’ombre, qui ne perdait pas une miette de la conversation des volatiles.
Jean était le moins surpris. N’avait il pas déjà chevauché une bête ailée  à deux têtes dans ses délires ? Même qu’elle s’appelait « 666 », parfaitement !
Il s’avança donc dans ce nouveau rêve, révélant sa présence en pleine lumière. Miky le toisa sans aménité, les yeux de nouveau rougeoyants. Jésus intervint de nouveau :
« Laisse venir à moi le simple d’esprit. Et vous aussi, ses frères et sa sœur, sortez de l’ombre ! »
Les autres s’avancèrent. Jean et Marie-Madeleine entourèrent Jésus.
Marie, retrouvant son autorité, en même temps qu’un public, demanda sèchement :
« Si tout ceci n’est pas qu’une infâme comédie, si vous n’êtes pas vous-même le coupable, avec votre sbire… je repose la question : mobile ? »
Le hangar s’emplit de « Rouou ! Rououou… » déchainés. Tous les oiseaux battaient des ailes dans leur cage et le fracas ressemblait à un jour de tempête.
Jésus éleva ses mains, bras écartés, paumes vers le ciel. Aussitôt, les oiseaux se calmèrent, et restèrent tranquilles sur leurs perchoirs. On entendait plus que de timides « Rou ? »
« Je raconterai l’histoire. Mais c’est la dernière fois que je me mêle de vos affaires. J’intercède, je louvoie, et tout le monde n’en fait qu’à sa tête. Je vais faire comme mon père, vous planter là. Mais d’abord, je raconterai l’histoire. »
Il s’assit à même le sol, aussitôt imité par Marie-Madeleine et Jean. Luc, Matthieu et Jacques s’accroupirent, à l’image de Michael. Seule, Marie resta debout, résistant à l’idée de le rejoindre au sol et de profiter, elle aussi, de son rayonnement magnétique.
Il commença :
« Vous aimez les arbres, Marie ? »
Elle hocha la tête. Il continua :
« Il en est un magnifique au jardin de mon père. Ses feuilles sont d’or, son écorce d’argent. Ses fruits, qui poussent toute l’année, sont de  pur rubis. »
Marie s’étonna, en elle-même : « Son père doit être immensément riche, pour se payer une telle sculpture. Qui sont ces gens ? »
Jésus poursuivait, imperturbable :
« Mais nul n’a le droit de les cueillir, ni de les manger. »
« Tu m’étonnes… » murmura Marie Madeleine.
« Mes cousins, ces chérubins, étaient chargés de garder cette magnificence. Ils vivaient nus sous leurs ailes, comme au premier jour, et ne savaient pas qu’ils étaient nus. »
« Bon dieu ! Ces richards ! Tous des pervers ! Il a du transformer sa maison en camp de nudistes. Pas étonnant que les gosses soient déphasés ! » se dit la commissaire.
« Mais, l’éternité, c’est long, pour des bambins. Par jeu, par bravade, suivant l’exemple de vos grands-parents à tous, ils ont croqué les fruits. Et ils ont su, le bien , le mal… Ils ont su qu’ils étaient nus et ils ont eu honte ! »
« Et en plus, des aphrodisiaques ! Je ferais bien une descente dans ta maison familiale, aussi charmant sois-tu ! » explosa intérieurement Marie. Mais elle ne pipa mot.
« Alors, pour se couvrir, ils ont renié leur nature profonde, ils ont volé des culottes, ils ont menti à mon père ! Et, lui, dégoûté, a pris la route pour je ne sais où ! »
Marie continuait son monologue intérieur :
« P’têt pas un mal, quand on voit l’état du fiston. Vaut mieux que tu restes loin d’un dégénéré pareil. Sinon, tu ne vas pas t’arranger, mon gars »
Jésus termina :
« Alors, voilà. On vous rend les slips, mes cousins demandent pardon. Et ils rentrent au jardin de mon père. Ainsi, peut-être reviendra-t-il. »
Marie ouvrit enfin la bouche :
« Si on récupère nos affaires, je suis d’accord pour tout. »
Elle eut un geste vers les cages :
« Je laisse partir vos…cousins. Quant à vous, Monsieur Denouveau, je vais vous donner l’adresse d’une excellente maison, où vous pourrez vous reposer de toutes ces émotions, et raconter vos problèmes à des gens charmants qui vous aideront. Vous allez voir, tout va bien se passer. »
Michael, qui était resté muet, se redressa.
« Sa seule maison, c’est l’horizon. Pas vrai, J ? Tu vas encore tenter ta chance, n’est ce pas ? Allez ! Je te connais depuis ta naissance, je lis en toi comme dans un livre. »
Jésus répondit, souriant :
« Oui, mon vieux Miky ! Ce petit séjour ici-bas m’a donné un gout de revenez-y. Je repars sur les routes, avec mon bâton de pèlerin. Qui m’aime, me suive ! »
Marie Madeleine et Jean acquiescèrent avec enthousiasme.
« Où tu iras, j’irai » chanta MM.
« Un trip pareil, je ne veux pas louper ça » s’exclama Jean.
« Ok ! De toutes façons, on a fait le tour, ici » ajouta Luc. Matthieu et Jacques approuvèrent vigoureusement :.
« On prend les motos ! », « En route ! »
Et chacun de se hâter vers la sortie, Jésus en tête, riant comme jamais depuis le début de cette histoire.
Michael resta seul avec Marie. Il lui dit :
« J’espère que je ne le récupèrerai pas à terre, les bras en croix, comme la dernière fois. »
Puis, il ouvrit les portes de toutes les cages, tandis que Marie vérifiait par téléphone que Paulo et Pierrot avaient bien retrouvé les dessous de l‘affaire. C’était le cas.
Miky se tourna alors vers elle, l’enlaça fougueusement, lui chuchota à l’oreille :
« Adieu, Scarlett. »
Puis, il sortit, et, bien que sur ses talons, elle ne le vit pas disparaitre. Elle resta seule dans la nuit, tandis qu’une plume démesurée venait se poser sur son épaule.
Elle se frotta les yeux, comme un enfant fatigué.
« Quel lundi ! » songea-t-elle.
Le mercredi, commencèrent les premiers vols de soutien-gorge… Marie, recommença, quant à elle ses tours en forêt, y cherchant son soutien habituel. Elle leva les yeux vers la cime des arbres mais Dieu ne fit pas un geste dans sa direction.
« Modifié: 04 Octobre 2015 à 15:25:48 par Siegrid »

Siegrid

  • Invité
Re : Un vol au Paradis (suite)
« Réponse #1 le: 27 Septembre 2015 à 13:04:16 »

Alors tout se passa très vite. Marie Madeleine, changeant de cible, s’élança vers les deux policiers, prête à défendre son copain. Matthieu et Luc en firent autant, faisant saillir leurs biscoteaux aux stéroïdes.  Dans l’enchevêtrement, Jeannot se pencha pour attraper le gosse, et se releva, éberlué, avec un slip rose à la main.
« Hé, lâche ma culotte ! » cria Marie Madeleine.
« Hé d’où ça sort ? » cria Jeannot, tétanisé par cette prise.
« Hé, où il va le gosse ? » brailla Matthieu.

Je ne suis pas tout à fait satisfaite de ce passage : les suggestions sont les bienvenues ! ;)

Hors ligne Solene

  • Tabellion
  • Messages: 22
Re : Un vol au Paradis (suite)
« Réponse #2 le: 27 Septembre 2015 à 15:58:49 »
Yo ! eh ça serait bien que tu mettes la première partie du texte juste avant, ça évite d'aller rechercher la première !
Waouh quel rythme! ça m'a tout de suite fait penser à un vieu film de  comédie à la Louis de Funès  :banane:  gendarme contre le voleur de culotte ...  Tu créer directement l’atmosphère avec le vocabulaire "gredin" "chérubin"... mais en même temps il y as aussi "stéroide" "boxer" "portable" "Mars", c'est complétement le bordel c'est énorme ! Les personnages burlesques sont kiffants ! 
M'enfin bien poilant, complètement wtf ! 

Alors juste moi qui suis un peu lente d'esprit, j'ai du unpeu beaucoup relire les textes pour comprendre les actions, il y en a tellement ! Et j'ai pas encore tout compris, je vais encore relire. On se sent emporté dans un tourbillon effréné  o><o! Bon quand même ça se comprends assez bien si on se concentre ^^ 
(en tout cas ton texte donne la patate, je sais pas si tu le vois dans mon écriture haha  :mrgreen:)

Peut-être que ce sont ces vielles formules qui entravent un peu ma compréhension du texte (mais elles contribuent pourtant à l'ambiance!)
Citer
Et de brandir un Mars défraîchi, tiré du fond de sa poche crasseuse.
"Et de"

et puis là
Citer
vers le jeune drogué.
ouais mais Jeannot il est désigné comme un pochtron plutôt non ? Enfin ça me perds uu peu, j'ai l'impression qu'il y a un personnage en plus qui arrive x)

Citer
    Alors tout se passa très vite. Marie Madeleine, changeant de cible, s’élança vers les deux policiers, prête à défendre son copain. Matthieu et Luc en firent autant, faisant saillir leurs biscoteaux aux stéroïdes.  Dans l’enchevêtrement, Jeannot se pencha pour attraper le gosse, et se releva, éberlué, avec un slip rose à la main.
    « Hé, lâche ma culotte ! » cria Marie Madeleine.
    « Hé d’où ça sort ? » cria Jeannot, tétanisé par cette prise.
    « Hé, où il va le gosse ? » brailla Matthieu.

Je ne suis pas tout à fait satisfaite de ce passage : les suggestions sont les bienvenues ! ;)

-Bon alors moi pour clarifier les choses je remplacerais dans la phrase juste avant "drogué" par "Jeannot". Même si ça fait une redondance et que y'as moyen de faire mieu -
Allez j’essaye, il m'éclate trop ton texte!  :
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"Alors tout se passa très vite. Marie Madeleine voulut défendre son copain et s'élança vers les deux policiers, faisant saillir ses biscoteaux aux stéroïdes (petite boutade).
Matthieu et Luc  la rejoignirent. En comparaison, ils ressemblaient à des branquignols .
Malgré l'agitation, Jeannot tenta d'attraper le gosse. Il se releva, éberlué, un slip rose à la main.
Marie-Madeleine devint écarlate et s'écria "Voyou! lâches tout de suite ma culotte !"
Jeannot restait tétanisé, obnubilé par sa prise -Non d'un chien d’où qu'ça sort ?
Mathieu fut le plus réactif, et brailla "hé le gosse! il est partit ! " "
Bref j'ai essayé quoi x)

Alors non sérieusement ce qui me gêne dans ce passage c'est la structure répétitive : "Hé (...) " cria\brailla x3
Citer
« Hé, lâche ma culotte ! » cria Marie Madeleine.
« Hé d’où ça sort ? » cria Jeannot, tétanisé par cette prise.
« Hé, où il va le gosse ? » brailla Matthieu.


Citer
Ce ton martial et son air sur de lui furent un peu gâchés par le survol d’un gros pigeon qui s’oublia sur son képi,
"sûr de lui" 
J'aime l'idée mais pas la formulation. Je trouve que "survol" ça va pas et "s'oublia" bof :\.

Voilà donc j'aime beaucoup ton texte, même si je m'y perds, il faudrait pour moi le clarifier et reprendre certaines phrases .
Voilà  :lecon:
« Modifié: 27 Septembre 2015 à 16:17:44 par Solene »

Siegrid

  • Invité
Re : Un vol au Paradis (suite)
« Réponse #3 le: 27 Septembre 2015 à 17:30:23 »
Ha! Ha! :D
J'aime beaucoup ta version . Je vais revoir ça. ^^
Il y a beaucoup de personnages : ils sortent tous de la Bible, où il y en a encore plus. Ma vielle éducation chrétienne qui ressort... :noange:
A mon époque, vieille comme Hérode, les gens sniffaient l'éther : des drogués, pas de pochtrons. Ca a mal vieilli, à première vue. ::)
Merci pour ton passage , et j'espère, à bientôt :)
« Modifié: 27 Septembre 2015 à 17:34:05 par Siegrid »

Siegrid

  • Invité
Re : Un vol au Paradis (suite)
« Réponse #4 le: 03 Octobre 2015 à 23:24:38 »
Bon, ben, je renonce.
Une petite réponse pour moi. Une pléïade de commentaires pour des plic, plic.
Ce site n'est pas pour moi.
Bonne chance à tous ! ;)

 


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