Le Monde de L'Écriture – Forum d'entraide littéraire

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Le Monde de L'Écriture » Coin écriture » Textes courts (Modérateur: Claudius) » Chhhhut...

Auteur Sujet: Chhhhut...  (Lu 6655 fois)

Hors ligne gage

  • Calame Supersonique
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  • Homme incertain.
Chhhhut...
« le: 02 Septembre 2015 à 17:46:45 »
Chhhhut...


Chhhhut...
Chhhhut...
 
Cela vous étonnera sans doute, mais il m'a fallu plusieurs années avant de comprendre que « Chhhhut », eh bien, ce n'était pas mon prénom.
Maman avait tant d'imagination pour me donner des petits noms tendres et doux que ça changeait tous les jours... sauf Chhhhut qui revenait quand même assez souvent.
« Ma fleur », « mon vitrail», « mon biscuit », « ma menthe», « mon cordon »... jamais pareil, jamais banal et souvent profond, tout bien réfléchi.
Mon prénom c'est Philippe, en fait, mais personne ne m'a jamais appelé comme ça à part maman, et de toute façon je n'ai aucun état civil. Pour tout dire, personne d'autre ne s'était jamais adressé à moi avant le début de cette année. Mais il faut que je vous raconte mon histoire depuis le commencement, ce sera plus clair :
 
Maman avait rejoint une communauté hippie en Ariège, dans les années soixante-dix. Ces jeunes gens pleins de révolte et d'énergie y avaient acquis un hameau entier, abandonné et sauvage, et en avaient fait leur domaine. En calculant bien je me suis rendu compte qu'elle n'était pas tout à fait majeure quand elle avait rallié le groupe, mais à l'époque tout le monde s'en moquait, et notamment ses parents, plutôt soulagés de se débarrasser d'elle. Finir de digérer mai 68 leur serait sûrement plus facile, en tête à tête dans leur hôtel particulier lyonnais.
La communauté l'avait accueillie à bras grands ouverts, d'abord parce que c'était un peu le principe, et puis maman était une très jolie fille, ce qui agrémenterait le quotidien, bien sûr.
 
Je ne porte pas de jugement sur ce qu'a pu être sa vie à partir de ce moment-là. J'imagine qu'à ses yeux elle se résumait à un seul mot : liberté.
Elle a eu les amants pas toujours propres, mais beaux comme des sylphes, les amantes sur le corps nu desquelles elle dessinait des fleurs colorées, et puis une sorte de belle vie de famille avec tant de frères et de sœurs, parfois un peu immatures, mais si frais et drôles, et tendres, et bienveillants.
Elle révérait les longues discussions des veillées, autour d'un feu de camp l'été ou d'un feu de cheminée l'hiver, ponctuées par ces joints que l'on se passait en inventant un monde, à moitié nus et souriants. Confettis au LSD, tablées immenses, promenades dans les champs et fleurs dans les cheveux...
Tout cela a existé.
 
Il y avait des salles communes, un four, des puits, un lavoir et plein de maisonnettes un peu éparpillées dans un jardin sauvage et idéal.
Il y avait les tâches partagées, les potagers collectifs, l'artisanat, et les équipées vers les marchés locaux pour écouler les productions et faire entrer un peu d'argent.
 
Puis un jour, maman se rendit compte qu'elle était enceinte.
 
L'enchaînement des circonstances de ma naissance paraît peu plausible, et je me rends bien compte que si le hasard avait voulu qu'un détail en soit différent, ma vie entière aurait été autre. Le caractère hors du commun de maman y a été pour beaucoup, il faut bien le dire.
 
Elle vivait alors seule dans l'une des petites maisons de pierre fraîchement rénovées, et n'avait pas d'amant attitré... juste quelques visites courtoises et délicieuses de temps à autre. Le sentiment qu'elle éprouva en découvrant sa grossesse, tel qu'elle me l'a décrit ensuite, était assez proche de ce que l'on pourrait appeler de la « reconnaissance ». Sa vie au sein de la communauté relevait pour elle de la perfection et, considérant qu'elle lui était redevable de tout ce bonheur, elle décida de faire don de son enfant à cette grande famille, et donc de lui en faire la surprise. Il est possible que son  jugement ait été un peu altéré, comme on le dirait de nos jours, par la consommation de différentes substances qui circulaient dans la petite société idéaliste, mais toujours est-il qu'elle prit la décision de cacher sa grossesse et qu'elle y parvint, du moins l'a-t-elle toujours pensé. Et à voir la forme de certaines tuniques à fleurs et autres robes amples de l'époque, cela paraît tout à fait possible.
Maman avait un esprit extrêmement pragmatique et efficace. Pour anticiper son incapacité prochaine à participer à certaines tâches et pouvoir s'en dispenser, elle commença très vite à réfléchir au genre d'artisanat qui pourrait être dans ses cordes et serait une excuse à son abandon des corvées communautaires. Son idée s'arrêta curieusement à la conception de sortes de mobiles écolos faits de bois, de fibres et autres trouvailles végétales. Tant qu'elle le put, elle consacra ses promenades et son temps libre à l'amassement de toute la matière première dont elle aurait besoin plus tard : pommes de pin, faines, graines et gousses diverses, plumes, mousses, écorces, tiges... Elle installa un atelier dans sa cabane, récupéra des outils, puis vint le moment de se lancer. Elle se livra passionnément à sa nouvelle activité et fit preuve très vite d'un don certain pour des créations que l'on ne tarderait pas à découvrir sur les marchés ariégeois.
C'est d'ailleurs à l'aube d'un jour de marché important qui requérait la présence d'une majorité des compagnons de ma mère, que celle-ci comprit qu'elle ne serait pas sur le stand hippie ce jour-là.
Elle prétexta un malaise, ou que sais-je, pour rester chez elle, et, au prix de plusieurs heures d'angoisses et de douleurs, elle me mit au monde.
 
C'est ce jour-là que j'entendis pour la première fois ce « Chhhhut...  », quand maman essaya, en pleurant, de plaquer sa main sur ma bouche qu'elle ne trouvait pas et qui émettait ce vagissement caractéristique, que désormais personne ne devait entendre, comme elle le décida sur le champ.
Je ne peux imaginer l'immense détresse qui fut la sienne quand je suis né : comprenez bien, elle vivait avec moi depuis des mois, me parlait longuement dans le secret de sa cabane, se réjouissait de me révéler au monde comme un cadeau, un don de soi, mais...
L'accouchement se passa très bien, tout était prêt pour mon arrivée, je pousse mon premier cri et là, maman veut couper le cordon et... ne me voit pas. Elle m'entend, se sent délivrée, mais le bébé qui pleure n'est pas visible...
 Et comme elle était assez raisonnable pour s'être progressivement sevrée des drogues au cours de la grossesse, elle savait très bien qu'elle n'était pas victime d'une illusion : elle ne pouvait pas me voir, « simplement ».
Son cerveau tourna à vide pendant un moment, mais son côté pratique finit par reprendre le dessus : elle sectionna ce qu'elle devinait du cordon, alla chercher du talc et m'en saupoudra énergiquement de la tête aux pieds, révélant un bébé dodu de quatre kilos et demie. Elle me prit alors contre elle et, tout en me murmurant des  choses tendres, elle me berça en sanglotant jusqu'à ce que je m'endorme.
 
 
Alors commença la vie de « Chhhhut », l'enfant imperceptible.
 
 
Maman quitta le hameau.
Ce ne fut pas son dernier sacrifice, d'ailleurs, mais la vie communautaire toute de partage et d'échanges n'était pas l'endroit idéal pour cacher un secret tel que moi. Elle trouva à se loger dans un village pas très loin de Saint Girons, plus adapté à l'intimité que nécessitait mon existence. Elle y continua ses activités artisanales, variant ses créations au gré de ses inspirations.
Elle m'a tout appris : lire, écrire, compter, jouer de la guitare (en me farinant les doigts), chanter, cuisiner... Et puis, en plus de ces apprentissages classiques, il y eut les leçons de... silence.
Un aphorisme paradoxal qu'elle m'a seriné toute mon enfance est celui-ci : « Être invisible, c'est ne pas faire de bruit ». Elle m'enseigna donc, au même titre que tout le reste, et aussi tôt que l'on apprend la propreté, à ne pas faire de bruit.
Manger sans faire de bruit, se déplacer sans faire de bruit, courir dans l'escalier sans faire de bruit, respirer, voire pleurer dans un silence complet.
Elle y consacra beaucoup de son temps, persuadée que mon avenir auprès d'elle en dépendait.
Bien sûr que l'on ne peut demander à un enfant, même s'il est d'humeur égale, de ne jamais faire de caprice. C'est là que j'entendais le plus de « Chhhhut.... », et je sens encore le parfum de savonnette, associé à ce geste preste qu'elle avait pour me bâillonner tendrement, toujours tendrement :
« Chhhhut mon cristal... », « Chhhhut mon pollen...», « Chhhhut Fraise, Mimosa, Réséda... » et rien que d'évoquer ces moments, le parfum de chèvrefeuille de sa paume s'impose encore à moi et me fait monter les larmes aux yeux.
 
Pour bien cacher un enfant invisible dans une petite maison, il faut qu'elle soit toujours animée d'un courant de sons divers. Les gens qui ont des chats vous le diront : si l'on entend un bruit dans la nuit, on le leur attribue toujours. Alors maman adapta son artisanat et commença à concevoir ce qui est devenu un peu banal de nos jours, mais qui était encore assez nouveau à l'époque : de jolis carillons qui tintaient au moindre courant d'air. Carillons de nacre, carillons de bois creux, carillons de vitrail (mes préférés, parce qu'au doux cliquetis qu'ils émettaient se joignait tout un poème de couleurs entrecroisées), carillons de terre cuite ou de métal poli. Elle veillait donc à ce qu'il y ait toujours un peu de « bruit » à la maison : ses carillons, des disques de musique classique ou de variété (« Alexandrie, Alexandra ! » : on en a dansé des chorégraphies tous les deux...), un ventilateur, ou la télévision en sourdine (Ah, le générique d ' « Aujourd'hui Madame »...), ce qui lui permettait d'avoir une vie sociale à peu près normale, l'autorisant à recevoir la factrice pour un café ou un voisin pour l'apéritif, sans m'obliger pour autant à retenir ma respiration. Le maire avait bien failli s'asseoir un jour sur moi, alors que je m'étais assoupi sur le canapé, mais dans l'ensemble tout cela fonctionnait très bien.
C'est quand elle recevait le plus de monde que j'étais le plus à l'aise. Je me souviens de soirées joyeuses où elle invitait les artisans qui lui fournissaient ses matières premières. Ça buvait, ça riait, ça flirtait aussi, et moi je faisais une cure de « société », de la marche d'escalier d'où j'observais la scène. Elle trouvait toujours l'occasion de me passer la main dans les cheveux, ou sur le visage. Évidemment, maman se refusait à finir la soirée dans les bras de l'un de ses visiteurs, mais même ça, on a fini par le réussir plus tard.
 
Quand je fus un peu plus grand, autour de mes huit ans, on commença à sortir se promener ensemble. Il fallait que la température soit douce, et qu'il n'y ait pas trop de monde à éviter, mais c'était faisable. Je ne craignais que les chiens, et à la campagne il y en a beaucoup, mais ils sont souvent attachés et il n'arriva jamais aucun accident. Les errances dans les prés fleuris, les bois ou les chemins de terre restent des grands souvenirs de liberté et de beauté, avec les baignades dans une rivière discrète où maman s'amusait à m'asperger d'eau, me faisant apparaître de manière fugace dans ma tenue de gouttelettes et de lumière. Et puis il y avait les 14 juillet où l'on admirait le feu d'artifice du haut d'un talus isolé. Et Carnaval, ah, Carnaval : dès que je sus marcher, ou presque, on n'en rata aucun, de ces défilés où je pouvais déambuler au milieu de tous. Momie ou  cheik arabe, allez deviner qu'il n'y a rien à voir sous le déguisement ! Évidemment, ces défilés me donnaient l’occasion de toucher des êtres humains qui n'étaient pas ma mère, et mon Dieu, que la frustration remonte à loin quand j'y pense... Être touché, toucher de la peau : combien j'ai souffert et pleuré de ne pouvoir tenir simplement la main d'une petite fille dans ma main nue ! « Chhhhut mon œil-de-chat... Chhhhut ma rosée... Chhhhut ma spirale... »
 
 
Puis je me mis à dévorer les livres. Je pense que j'ai lu toute la bibliothèque de Saint Girons, et même plusieurs fois. C'était pour moi le meilleur moyen de voyager et de « rencontrer » du monde, si bien que je m'y adonnais comme on se laisse submerger par les vagues, jusqu'à ne plus savoir qui on est, et où on est. C'est d'ailleurs peut-être en constatant mon avidité de lecture que se produisit en maman le déclic révélateur.
La seule chose que je dirai sur ses succès littéraires c'est qu'ils eurent deux effets : ils nous plongèrent dans l'aisance, et ils nous séparèrent. Ce qui pouvait m'arriver de pire, moi qui n'existais que pour elle, au pied de la lettre.
Notre nouvelle maison me permit d'avoir une chambre à moi, cachée dans la soupente pour que nul ne risque de la découvrir, mais vraiment à moi avec mes affaires personnelles et mes secrets, et il m'avait fallu attendre l'adolescence pour la gagner. Avec elle j'atteignis à une notion qui m'avait toujours échappé : la propriété.
Quand maman devait s'absenter plusieurs jours, très organisée elle remplissait placards et congélateur et me laissait à ma vie de séquestré. Contraint au couvre-feu pour ne rien révéler de ma présence, je finis par adapter la maison à cette obligation de discrétion, et vécus du matin au soir dans le secret des stores baissés. Vous savez qu'il est extrêmement douloureux de vivre enfermé et d'assister sur un petit écran gris à l'interview de votre mère par Bernard Pivot ? Mais comment lui en vouloir après tout ? J'étais resté si longtemps le boulet de son bagne... Je comprenais sans me l'avouer qu'elle veuille secouer sa chaîne. J'excusais son égoïsme. Je la détestais.
 
C'est à partir de ces absences relativement prolongées de maman que j'ai commencé à « tricher ». Elle m'avait fait jurer de ne jamais le faire. Du plus loin qu'il m'en souvienne, elle m'avait supplié de ne jamais, jamais me servir de mon don pour voler, ou pénétrer chez autrui, ou épier les gens, ou chercher à découvrir leurs secrets. Et elle était parvenue à intégrer cette règle si profondément en moi, qu'elle m'était aussi instinctive que de ne pas faire pipi au lit.
Mais, abandonné à mes frustrations, livré à la solitude et rongé de rancœur, je me mis à bafouer cette règle sacrée, tout d'abord pour la bafouer, puis il faut bien avouer que j'y pris goût.
 
Chhhhut devint le fantôme du village.
 
 
Oh, je ne volai rien, ni ne me servis en aucune manière de ce que j'ai pu apprendre pendant ces errances. Non, après avoir procédé à quelques plaisanteries dans les maisons alentour qui me faisaient croire en mon omnipotence, ce qui finit par m'obséder vraiment, c'est la chair. La chair au sens propre du terme : toucher de mes mains nues de la peau nue...
Combien j'ai pu en observer des corps, livrés à mes regards avides, des corps nus, puis des étreintes aussi. J'atteignais au fantasme ultime du voyeur : être près des corps à les toucher. D'ailleurs je le fis aussi.
Dans certaines circonstances, il est difficile (et de toute manière inenvisageable) de se rendre compte que la main qui nous touche là, n'est pas la main de l'autre. J'ai donc beaucoup caressé, passionnément caressé, et parfois même un peu plus...
 
 
La punition céleste ne s'est pas faite attendre. Le péché était de taille, la pénitence fut colossale.
 
 
Maman a découvert bien trop tard qu'elle était malade. Son succès, ses lecteurs, ses prix avaient fait diversion trop longtemps, ils n'ont rien pu pour elle. Moi non plus.
S'il y a une chose que je voudrais effacer maintenant, c'est ce remords qui a empoisonné la fin de sa vie. Un remords qui l'a torturée nuit et jour pendant des semaines. Et mon repentir à moi d'avoir provoqué une inextinguible colère céleste n'a pas fait le poids à côté du sien de m'avoir abandonné, et de n'avoir pas anticipé ma ruine.
 
 
Je n'existe pas, je ne pouvais donc pas hériter de ma mère. Si elle disparaissait, je n'avais plus de foyer.
Elle aurait peut-être eu les moyens de me créer un état civil de manière artificielle, les moyens de m'adopter ensuite... elle n'en a pas eu l'idée, puis plus le temps.
Mon Dieu, mon Dieu comme elle en a pleuré sur son lit d'hôpital. Je pleurais avec elle, mais nous ne pleurions pas de la même chose.
 
 
Ce jour-là, elle a posé sa main sur ma bouche une dernière fois, pour que l'on ne m'entende pas sangloter :
« Chhhhut, chhhhut, mon ange, chhhhut mon Philippe, mon regret, ma bulle irisée, chhhhut... » et je l'ai sans doute imaginé, mais sa paume a eu pour moi ce doux parfum de chèvrefeuille, ce parfum d'enfance et de temps révolu.
 
 
J'habite encore notre maison.
La vitesse de dissémination des biens d'une célébrité intestat est inversement proportionnelle à l'avidité de certains à vouloir se les approprier, et c'est une chance pour moi.
J'ai encore ma chambre, et curieusement aussi l'électricité qui me permet de  manger chaud et de parcourir le net à la recherche d'une solution.
Internet est plutôt impuissant à m'aider, mais au moins il me tient compagnie.
Et puis il m'a permis de faire la connaissance d'Isabelle.
 
J'ai de nombreux correspondants à travers le monde, j'ai tout mon temps pour ça. Je crois que nous commençons à compter les uns pour les autres.
 
Mais je sens aussi qu'avec Isabelle ce n'est pas vraiment la même chose.
Si l'on m'en laisse le temps je pense qu'il est possible que je noue avec elle une relation différente.
Elle me dit de plus en plus souvent qu'elle aimerait me « voir ».
 
Il est bien possible que ce soit pour elle une façon de parler : son avatar est une canne blanche...
« Modifié: 29 Août 2021 à 11:51:52 par gage »
"Tous ceux qui survenaient et n'étaient pas moi-même
Amenaient un à un les morceaux de moi-même". Apollinaire

maanilee

  • Invité
Re : [T18] Chhhhut...
« Réponse #1 le: 02 Septembre 2015 à 21:10:59 »
Citer
La chair au sens propre du terme : toucher de mes mains nues de la peau nue...
Combien j'ai pu en observer des corps, livrés à mes regards avides, des corps nus, puis des étreintes aussi.  J'atteignais au fantasme ultime du voyeur : être près des corps à les toucher. D'ailleurs je le fis aussi.
Dans certaines circonstances, il est difficile ( et de toute manière inenvisageable ) de se rendre compte que la main qui nous touche là, n'est pas la main de l'autre. J'ai donc beaucoup caressé, passionnément caressé, et parfois même un peu plus...
Un poil trop de répétitions par ici.

Citer
S'il y a une chose que je voudrais effacer maintenant, c'est ce remord qui a empoisonné ses derniers jours. Un remord qui l'a torturée nuit et jour pendant des semaines.
la répétition de jour est pas terrible.


Voilà : alors pour la forme, j'ai eu un peu de mal avec ce ton un peu trop oralisé, mais c'est assez subjectif comme remarque.
Pour le fond, j'ai eu du mal à rentrer dans le texte, je trouve que Philippe est très détaché on a du mal à s'y attacher.
Par contre quand il commence à sortir et faire "ses bêtises", on sent enfin la personnalité du personnage, ses envies ...
j'ai bien aimé la chute aussi qui sonne comme une note d'espoir.

Hors ligne gage

  • Calame Supersonique
  • Messages: 2 257
  • Homme incertain.
Re : [T18] Chhhhut...
« Réponse #2 le: 03 Septembre 2015 à 11:56:08 »
Bonjour Manilee, et merci pour ton passage.

Tu trouves le narrateur assez détaché, et en effet je voulais qu'il raconte de manière banale une existence hors du commun.
Le ton oralisé est effectivement peu riche, mais c'est le seul moyen que j'ai trouvé pour raconter cette histoire qui atteint déjà 3000 mots.
L'histoire peut mériter un traitement plus détaillé, mais je n'avais pas la place...

J'ai corrigé la deuxième répétition que tu m'indiquais, mais pour la première, je veux faire comprendre par ces mots qui se répètent, ce qui devient une obsession pour le personnage.

Je suis très content que dans l'ensemble ton commentaire soit positif, et je t'en remercie !

A bientôt !

Mout  :moutunjour:
"Tous ceux qui survenaient et n'étaient pas moi-même
Amenaient un à un les morceaux de moi-même". Apollinaire

Hors ligne extasy

  • Palimpseste Astral
  • Messages: 3 099
Re : [T18] Chhhhut...
« Réponse #3 le: 03 Septembre 2015 à 17:13:08 »
Citer
du moins l'a-t'elle toujours pensé
l'a-t-elle ?

Citer
mais la vie communautaire toute de partage et d'échanges  n'était pas l'endroit idéal
Espace de trop après "échanges"

Citer
Elle m'enseigna donc, au même titre que tout le reste, et aussi tôt que l'on apprend la propreté,
J'hésite entre "aussi tôt" et "aussitôt"

Citer
Pour bien cacher un  enfant invisible dans une petite maison
Espace en trop après "un". Et très joli passage, au passage 

Citer
chiens, et à la campagne il y en a beaucoup ,
Espace en trop avant la virgule

J'en suis à "Ce qui pouvait m'arriver de pire, moi qui n'existait (existais) que pour elle, au pied de la lettre" et je m'arrête dans mon relevé, parce que j'ai presque les larmes aux yeux. Je sais déjà que ce sera mon texte préféré de l'AT.

Citer
Avec elle j'atteignis à une notion qui m'avait toujours échappé : la propriété.
Je ne suis pas sûr, mais "échappée" ?

Citer
livré à la solitude et rongé de rancoeur ,
Espace en trop après la virgule

Citer
pendant ces  errances
Espace en trop après "ces"

Citer
puis des étreintes aussi.  J'atteignais au fantasme ultime du voyeur :
Espace en trop après le point

Fini.
C'est simple, tout y est. C'est merveilleusement bien écrit, c'est merveilleusement bien pensé, c'est merveilleusement bien traité, c'est merveilleux. On ne s'ennuie pas une seule seconde, les descriptions sont belles, les personnages profonds, et le thème, Oh mon Dieu, le thème et merveilleusement bien exploité. Tu ne te contentes pas d'effleurer la surface, tu pars d'une idée déjà profonde en soi, et tu ne n'arrêtes pas de la développer. C'est aussi ça que j'admire dans ce texte : ce n'est pas statique, il y a une évolution, tu exploites les diverses possibilités de ton idée de départ et tu nous offres une histoire avec une progression, des péripéties, des choses qui bougent, et qui nous émeuvent. Ça, c'est ce que j'appelle respecter le thème, le traiter avec respect même. J'aurais juste aimé avoir assez de talent pour pouvoir expliquer aux autres combien ton texte est riche, combien tu arrives à me surprendre tous les deux ou trois paragraphes. Mais mes émotions dépassent mes mots. Comment pourrais-je expliquer, d'ailleurs, que d'un simple "Chut !" tu as crée un monde ?
Je t'aime  :)

Désolé, vous n'êtes pas autorisé à afficher le contenu du spoiler.
« Modifié: 03 Septembre 2015 à 18:32:06 par extasy »

Hors ligne gage

  • Calame Supersonique
  • Messages: 2 257
  • Homme incertain.
Re : [T18] Chhhhut...
« Réponse #4 le: 03 Septembre 2015 à 18:31:43 »
Ahhh, mister Extasy !!

J'ai d’abord corrigé toutes les menues broutilles que vous m'avez signalées, en laissant telles quelles les choses dont vous doutiez et qui étaient correctes...  :D
Ce petit travail appliqué m'a donné le temps de calmer mon cœur qui, à l'instar de mes chevilles, prenait une proportion inadéquate.

Mister Extasy, merci !!!
vous êtes le lecteur dont tout scribouillard de mon espèce rêve de voir apparaître le commentaire au bout de son texte.

Vous êtes trop gentil et trop emphatique... méfiez-vous, je risque de vous entraîner dans ma chute lorsque les commentaires moins positifs vont se greffer sur ce fil...

Comment pensez-vous me reconnaître, alors que j'avance ici affublé d'une trompe en caoutchouc-mousse ? Mes oreilles en carton mâché changent la forme de mon profil et mes défenses de polystyrène expansé cachent mon regard... Vous serez peut-être surpris !?...

Mister Extasy, c'est doux et chaud d'être aimé, et je vous remercie infiniment pour ça.  :-[
J'espère mériter longtemps vos commentaires flatteurs et si enthousiastes.
Merci encore...  :coeur:

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Hors ligne extasy

  • Palimpseste Astral
  • Messages: 3 099
Re : [T18] Chhhhut...
« Réponse #5 le: 03 Septembre 2015 à 19:03:45 »
extasy s'extasie peut-être, mais même caché derrière un masque, il n'y a qu'un seul gentil Mout à ma connaissance qui aurait pu écrire pareil texte. Mais dans le cas où je me serais fourvoyé, j'espère bien que vous vous déciderez à rejoindre ce forum pour nous faire profiter d'autres merveilleux textes de votre cru  :)
« Modifié: 03 Septembre 2015 à 19:26:02 par extasy »

Hors ligne Thorim

  • Calligraphe
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  • Incarnation de la bonté asociale
Re : [T18] Chhhhut...
« Réponse #6 le: 05 Septembre 2015 à 22:32:46 »
Yo,

Hé bien, voici un texte très agréable, bien que peut être un poil long ? J'ai juste eu un peu de mal à rentrer dedans au début, mais au final j'apprécie beaucoup  :D

Bon, à défaut de faire une critique réellement constructive (Dès fois j'en fais ) voici un petit schéma couleur de quelques répétition plutôt basique que j'ai trouvé :


Désolé, vous n'êtes pas autorisé à afficher le contenu du spoiler.
Je ne suis pas un bot

Hors ligne gage

  • Calame Supersonique
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  • Homme incertain.
Re : [T18] Chhhhut...
« Réponse #7 le: 06 Septembre 2015 à 11:31:56 »
Bonjour maître Thorim.

Merci d'être passé par ici.

Si tu as trouvé mon texte un peu long, c'est mauvais signe, c'est que tu t'es ennuyé. Car je n'ai pas dépassé les 3000 mots de la consigne.
Mais je retiendrai donc plutôt cette phrase :
Citer
au final j'apprécie beaucoup
qui me plaît mieux. :)

Par contre, ton listing de mes répétitions ressemble quand même à un gag : pointer les auxiliaires dans un texte essentiellement écrit au passé composé me paraît aussi original que si tu me disais que j'ai mis un peu trop de "la" de "le" et de "des".  :D

A bientôt ici ou ailleurs, et merci de m'avoir lu !
« Modifié: 06 Septembre 2015 à 15:03:49 par Mout »
"Tous ceux qui survenaient et n'étaient pas moi-même
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Hors ligne Rémi

  • ex RémiDeLille
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Re : [T18] Chhhhut...
« Réponse #8 le: 07 Septembre 2015 à 22:54:26 »
Salut Mout !

Aaaaah, ouais, une nouvelle, une vraie. J'aime beaucoup le démarrage avec la présentation du perso à travers son récit de la vie de sa mère. On se demande ce que va vivre le perso tout en étant plongé dans la vie originale et bien narrée de sa génitrice. Et puis la révélation survient, et le dénouement magnifique d'espoir et de poésie.
Un vrai coup de coeur pour ce texte. Il va sans dire que l'écriture est vraiment belle, super bien adaptée au texte.
Ce qui est fort aussi, c'est la profondeur des deux personnages, leur relation si forte et si ambigüe. Et j'ai beaucoup aimé la fin.

Citer
Elle révérait les longues discussions des veillées, autour d'un feu de camp l'été ou d'un feu de cheminée l'hiver, ponctuées par ces joints que l'on se passait en inventant un monde, à moitié nus et souriants, et les confettis au LSD, et les
"et les confettis au LSD, et les" est COD d'un verbe vachement loin... pas évident à lire sans tiquer

Citer
et faire entrer un peu d'argent .
espace en trop avant le point

Citer
considérant qu 'elle lui était redevable
espace en trop

Citer
Google est plutôt impuissant à m'aider, mais au moins il me tient compagnie.
j'aurais préféré sans "google", juste parler d'internet ou de la toile ou comme tu veux, mais là, ça casse la poésie de cette fin si belle.

Un grand merci pour ce superbe texte.

Rémi
Le paysage de mes jours semble se composer, comme les régions de montagne, de matériaux divers entassés pêle-mêle. J'y rencontre ma nature, déjà composite, formée en parties égales d'instinct et de culture. Çà et là, affleurent les granits de l'inévitable ; partout les éboulements du hasard. M.Your.

Hors ligne extasy

  • Palimpseste Astral
  • Messages: 3 099
Re : [T18] Chhhhut...
« Réponse #9 le: 08 Septembre 2015 à 00:30:14 »
+ 1 au commentaire de Remi !

Hors ligne gage

  • Calame Supersonique
  • Messages: 2 257
  • Homme incertain.
Re : [T18] Chhhhut...
« Réponse #10 le: 08 Septembre 2015 à 19:41:19 »
Aaah, le Rémi est à Lille ce que le Jeff est à Bruges : un bonbon chocolaté doux à déguster...

Merci monsieur Rémi, merci pour votre passage.
J'ai corrigé les dernières coquilles qui avaient échappé à mister Extasy.
Et j'ai viré Google, parce que votre jugement corroborait le mien.

Merci pour ces compliments  :coeur: :coeur: :coeur:, sans lesquels une écrivaillon doutera toujours de lui.
Avec Mister Exta vous faites vraiment la paire...

Merci encore à tous les deux !!  :-[
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Hors ligne Kanimp

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Re : [T18] Chhhhut...
« Réponse #11 le: 15 Septembre 2015 à 21:00:41 »
J’ai bien aimé. Il se laisse lire.
L’idée est très originale.

Le seul regret, c’est une longue plage de vie, tranquille, sans trop d’accros.
Mais du coup, le texte ne me marque pas non plus.



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Hors ligne gage

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Re : [T18] Chhhhut...
« Réponse #12 le: 15 Septembre 2015 à 21:34:26 »
Alors c'est très simple, Kanimp.
Je ne vais retenir que les deux premières lignes de ton commentaire.  :D

Pour la suite de tes observations, désolé de ne pas t'avoir convaincu.
Une prochaine fois sans doute !
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Hors ligne Marygold

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Re : [T18] Chhhhut...
« Réponse #13 le: 16 Septembre 2015 à 22:13:52 »
Bonsoir !

Bon, comme mes camarades, j'applaudis des deux mains devant le style et la maîtrise incontestables ! :coeur: Et cette fin... J'avais survolé certains commentaires et j'avais une légère appréhension quant à la manière dont tu pourrais finir cette nouvelle, mais cette fin est superbe. Et elle clôt parfaitement ce texte empreint de douceur et d'acceptation.
Un petit bémol cependant sur les retours à la ligne qui se multiplient sur la fin du texte. C'est voulu, cette impression effilochement ?

Ceci dit, je suis chipoteuse... donc quelques remarques :
Citer
Elle a eu les amants pas toujours propres,
J'ai eu du mal avec cette phrase (le "les" surtout). J'aime beaucoup ton style alors je ne voudrais pas proposer un truc qui le dénature, d'autant que les autres n'ont pas eu l'air de buter sur ladite formulation. Mais je préfère le dire.
Citer
Et à voir la forme de certaines tuniques à fleurs et autres robes amples de l'époque, cela paraît tout à fait possible.
J'aime pas trop le "et à voir" parce qu'on a tous en tête ce genre de vêtements. Là, c'est comme s'il découvrait ça.
Citer
toute la matière première dont elle aurait besoin plus tard : pommes de pins
pommes de pin (à moins qu'il ne s'agisse de différents pins...)
Citer
comprenez-bien
nul besoin du tiret
Citer
(en me farinant les doigts )
espace en trop avant la parenthèse
Citer
( mes préférés, parce qu'au doux cliquetis qu'ils émettaient se joignait tout un poème de couleurs entrecroisées ) [...]( « Alexandrie, Alexandra ! » : on en a dansé des chorégraphies tous les deux... ) [...] ( Ah, le générique d ' « Aujourd'hui Madame »...)
des espaces en trop entre les parenthèses et le texte
Citer
cachée dans la sous-pente
soupente
Citer
dans les maisons alentours,
alentour (c'est un adverbe)
Citer
Non, après avoir procédé à quelques plaisanteries dans les maisons alentours, qui me faisaient croire en mon omnipotence, ce qui finit par m'obséder vraiment, c'est la chair.
J'ai eu du mal avec cette phrase : succession de propositions séparées par des virgules + problème du verbe au présent dans la dernière. Je te suggèrerais, pour le confort de lecture, de supprimer la virgule avant le "qui me faisaient". Mais surtout, pourquoi du présent pour "c'est la chair" ? ça passerait bien au passé et ça choquerait moins, non ?
Citer
( et de toute manière inenvisageable )
espaces en trop
Citer
c'est ce remord [...] Un remord qui l'a torturée
remords
Citer
à la recherche d'une solution .
un espace en trop avant le point


Bref, ce n'est vraiment pas grand-chose mais ce texte s'approche tellement de la perfection qu'on a envie de lui donner un coup de pouce ;)
Bon, j'avais commencé aussi un florilège des meilleurs passages, ceux que j'ai trouvé les plus poétiques, les plus touchants ou frappants, mais j'ai dû l'arrêter sinon mon commentaire n'en finissait plus. Je note cependant ce moment de génie où, en quelques phrases, tu résumes les sentiments si forts et partagés d'un fils pour une mère au moment de la "rupture" : "J'étais resté si longtemps le boulet de son bagne... Je comprenais sans me l'avouer qu'elle veuille secouer sa chaîne. J'excusais son égoïsme. Je la détestais."
J'ai adoré.

Merci, petit Mout !  :)
Oh yeah ! 8)

Hors ligne gage

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Re : [T18] Chhhhut...
« Réponse #14 le: 17 Septembre 2015 à 21:51:08 »
Chère Marygold, qu'il est doux de vous lire et de savoir que vous avez apprécié ma prose.
Vous l'avez ressentie comme j'en rêvais : avec beaucoup de tendresse pour ce personnage atypique.
Citer
douceur et acceptation.
c'est exactement ça.  :)
Quant aux retours à la ligne qui se multiplient en fin de texte, il ne faut pas y voir un effilochement, mais plutôt un ralentissement de l'action, au moment où le narrateur est en pleine perplexité, en plein doute quand à son avenir : il marche au pas.

Vous tiquez sur "elle a eu les amants ...", voyez-le comme une énumération : "elle a eu les amants ceci, les amantes cela, une sorte de belle vie etc... "

Pour l'histoire des tuniques, est-ce que ça passerait mieux comme ça : " quand on connaît la forme de certaines tuniques, etc" ?

Enfin, au sujet de
Citer
J'ai eu du mal avec cette phrase : succession de propositions séparées par des virgules + problème du verbe au présent dans la dernière. Je te suggèrerais, pour le confort de lecture, de supprimer la virgule avant le "qui me faisaient". Mais surtout, pourquoi du présent pour "c'est la chair" ? ça passerait bien au passé et ça choquerait moins, non ?
J'ai fait sauté la virgule surnuméraire, pour le reste je suis étonné que ce présent vous indispose  :), parce que si je retourne la proposition, on a  :  "C'est la chair qui finit par m'obséder vraiment", et je ne trouve pas ça choquant...
Ou bien donnez-moi l'équivalent avec un verbe au passé, je n'y arrive pas...  :(

Merci en tout cas pour votre intervention bienveillante, et pointilleuse. Je pense que dorénavant je saurai me servir des parenthèses...  :D

Merci un dernière fois pour votre commentaire si chaleureux et élogieux... j'en rosi de la trompe...   :moutunjour:= :-[
A bientôt ici ou là !  ;)
"Tous ceux qui survenaient et n'étaient pas moi-même
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