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Le Monde de L'Écriture » Coin écriture » Textes courts (Modérateur: Claudius) » Le messager - terminé

Auteur Sujet: Le messager - terminé  (Lu 2302 fois)

Hors ligne Luptinote

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Le messager - terminé
« le: 08 Août 2015 à 21:31:19 »
Bonjour à tous !
Ce texte sera vraiment un texte court mais j'ai très envie de l'écrire en plusieurs parties, d'avoir votre avis avant d’écrire une suite.

Ce texte c'est un peu un vide-tête, issu d'un rêve que j'ai fait (original n'est-ce pas ?) et qui m'a accompagnée toute une journée. je l'ai imaginé dans un de ces moments loués où le texte "s'écrit tout seul".
Une fois couché sur papier, la première partie me plait toujours.

Maintenant à vous de me donner vos avis, si vous le voulez bien.

Merci !


Partie 1 modifié le 11/08

Je sors de table le téléphone à la main, trop heureuse que la volerie me rappelle. Je vais avoir ce job, travailler avec les plus beaux oiseaux du monde et être la femme comblée que je mérite d’être ! Je ris intérieurement à cette pensée.

Mes parents me jettent un regard noir car on ne quitte pas la table, on ne répond pas au téléphone en famille. Je file m’enfermer dans la salle de bain où le verrou me protège des « reviens à table ! » auxquels je suis en proie dans ma chambre.
Fébrile, je porte le téléphone à mon oreille, bouton vert enclenché.  Le « allo » est prêt à franchir mes lèvres.
— Eh bien, j’ai failli attendre.
Ce coup de téléphone dans ma salle de bain marque le début et la fin. La soumission totale et la puissance ancestrale offerte sur un plateau d’argenterie rouillée et puant le pétrole brûlé.
J’entre dans ma nouvelle vie.


Je me retrouve nulle part. Le lieu n’existe pas et n’a pas d’importance. Le lieu aujourd’hui ne contient pas, mais est contenu, contrôlé, régis par des lois immaîtrisables.
Et moi, je ne suis rien.
Devant mes yeux se tient le tout, force pure et beauté laide, invitation à voler les mille cieux que j’aperçois en lui et mon âme lui fait gage d’une obéissance aveugle. Je suis prête à fuir et à m’offrir, je ne suis rien devant l’infini, je suis obscurité face à une lumière noire, effacée.
Car l’entité qui se tient devant moi est négative, éternelle bavure dans un lieu qui n’existe pas et qui pourtant pourrait être beau.
J’ai peur.

Puis un temps passe, ou une éternité, et celui qui se tient devant moi est toujours fort, laid, infini, sombre, négatif, et diablement beau à mes yeux de femme.
Il est Homme pour m’accorder un air familier. Il est tangible pour me proposer une approche sentimentale. Il est beauté pour moi.
Je sais tout de lui. Mon inconscient pour une fois envoie à ma conscience des messages très clairs, vestiges d’une mémoire sans âge et oubliée, décombres de croyances profondément enfouies dans ma chair, dans la vôtre.
Je suis face au Diable.

— Comment le sais-tu ?
Et je lui réponds. Ma peur est si forte et tellement écrasante que je passe outre, tout simplement pour continuer d’exister, pour ne pas être que crainte et tremblements. C’est mon instinct de survie, issu lui aussi de mes entrailles et légué par des ancêtres  inconnus, qui me permet de chasser ma peur.
— Je le sais, c’est tout.
J’entends dans ma voix une insolence étourdissante.
J’entends dans la sienne un rire qu’aucun mortel ne devrait entendre.
— Continue d’être à l’écoute car je ferai appel à toi.

Puis plus rien.
Je suis dans ma salle de bain, je suis vivante, je suis entière. Je suis et c’est déjà bien.
Ma peur aussi est ici, et mon instinct de survie laisse ma maison protectrice prendre le relais.
Je tombe assise contre le mur, et chaque muscle de mon corps tremble. Je pleure en silence, je transpire à grosses gouttes.

Une transe terrible s’entremêle à mes pensées et mes mouvements.
Une part de moi attend, patiemment, pour reprendre le dessus sur mes émotions et comprendre ce qui m’est arrivé.

Après de longues heures, ou quelques secondes, ou bien des jours entiers, je ressens à nouveau l’émail froid du carrelage contre mon front, la tétanie de mon corps épuisé, le froid contre ma peau trempée.
Mon père tambourine à la porte. Je dois retourner manger.
Cette seule idée, tellement banale, tellement habituelle, m’arrache un rire nerveux qui s’envole et devient fou. Mon père râle, me menace d’une punition dont je n’ai cure, s’en va.
Après la peur, après le rire, vient le calme réfléchi et intelligent. Que m’est-il arrivé ? Pourquoi, comment ? Etait-ce réel ? Oui, j’en suis certaine. Etait-ce le Diable ? Oui, mon cerveau est clair sur ce point.
Suis-je en vie ? Oui.
Pourquoi et comment ?
Ai-je changé ? Suis-je moi-même ? Reviendra-t-il, ou retournerai-je « là-bas » ?

Les questions sont autant de balles de mitraillette qui ne s’arrêteront jamais de transpercer mes pensées de part en part. Je dois m’y faire, et je m’y fais.
Je regarde machinalement mon téléphone. Un message a été laissé par mon fauconnier potentiellement recruteur. Je vais l’écouter, le rappeler, avoir ce travail et vivre.
Je m’étonne de me découvrir aussi forte que ces héroïnes de livres et de films. Si je peux résister à ce qui vient de se produire et mener une existence normale, alors chacun peut y parvenir.
Je fais un saut par la cuisine, mais ils ont débarrassé, et je me retrouve devant mon assiette pleine et froide.
Tant pis, je ne suis pas sur le point de mourir de faim. Mon assiette rangée au frigo, et ce geste terriblement banal me procure une drôle d’impression. Je retourne m’isoler, dans ma chambre.
Mes jambes flageolent un peu en me portant le long du couloir.

Je compose le numéro de ma messagerie et m’arrête sans appuyer sur le bouton vert. La peur est toujours réelle et rôde tout près.
Mon téléphone ne m’est plus aussi rassurant qu’auparavant.
Et surtout, je dois composer un nombre précis pour contacter ma boite vocale.
666.
Je n’ose pas appeler…

« Modifié: 01 Septembre 2015 à 19:04:35 par Luptinote »
Maître, dois-je marcher vers la lumière ?

Je suis l'esprit qui toujours nie, et c'est avec justice, car rien n’existe en ce monde qui ne mérite d'être détruit.
MephistoPheles

j'ai perdu le Jeu !

Hors ligne extasy

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Re : Le messager
« Réponse #1 le: 08 Août 2015 à 22:17:29 »
Salut !

Je pense que j'ai vu une faute mais je l'ai laissée passer, désolé ! Sinon il y a ça :

Citer
Oui, j’en suis certaine. Etait-ce le Diable.
Tu voulais probablement dire : "C'était le Diable".

Sinon, j'ai bien aimé l'écriture, j'ai trouvé ça sympa et facile à lire. Mais encore rien de sûr de mon côté, parce que c'est assez court et je sais pas encore ce que tu feras de ton idée (que je trouve intéressante en tout cas). J'attends de lire le reste  ^^

Bonne chance, et à bientôt !

Hors ligne Kath

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Re : Le messager
« Réponse #2 le: 09 Août 2015 à 02:16:51 »
Eh bien, une jolie petite surprise ce soir! J'aime beaucoup ton texte, peut-être est-ce par expérience que je vois très bien la situation initiale  ;D, mais cette irruption du diable dans l'histoire, super idée!!
J'ai hâte de savoir ce qui va se passer ensuite pour cette jeune fille (je ne me trompe pas?)
Bon, voilà les quelques fautes que j'ai vues:*

Citer
volerie
ça s'appelle vraiment comme ça ?
Citer
Me parents
il manque un s ! "mes"
Citer
— Et bien, j’ai failli attendre.
Eh bien
Citer
Etait-ce le Diable.
il manque le point d’interrogation
Citer
« là-bas ? »
le point d'interrogation après le guillemet, et non avant
Citer
flagellent
flageolent, et non flagellent ! Ce n'est pas tout à fait la même définition !
Relectrice-Correctrice pro, et fière et enthousiaste correctrice du Mout'!

Hors ligne Olaf

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  • Mathémagicien
Re : Le messager
« Réponse #3 le: 09 Août 2015 à 14:18:13 »
Bonjour,

J'aime bien le sujet, j'aime bien aussi le traitement qui en est fait. Ça me rappelle un peu une histoire que j'ai lu quand j'étais minot : Le Diable c'est au Premier, ici aussi on ressent bien l'impuissance de l'héroïne (Je considère que même s'il s'agit d'un rêve, l'héroïne du texte et toi-même êtes bien distinctes. Ça évitera les quiproquos.) face à quelque chose qui la déborde totalement, et qui arrive à s'en sortir sans devenir dingue d'une part, et sans l'aide de son entourage qui de toute façon ne pourrait pas comprendre.

On attend la suite avec impatience !

Je ne sais pas si c'est possible, j'ai le droit de te proposer des formulations ou écritures alternatives ? Si tu penses que ça sert ton texte, tant mieux, sinon considère juste cela comme des suggestions.

1- «on ne quitte pas la table», «on ne répond pas au téléphone en famille», je te conseille de mettre par exemple des guillemets, histoire de "faire parler" les parents de l'héroïne, puisqu'il semble que ce soient eux qui parlent dans sa mémoire. Tu le fais d'ailleurs bien avec «Reviens à table» ensuite.
2- J'ai mis un moment à comprendre que quand tu dis "à mon bureau" l'héroïne ne parle pas de son lieu de travail, mais d'un bureau qui se trouve certainement dans la maison. Peut être faudrait il désigner de façon plus précise la pièce ?
3- Même fébrilement, "monter le téléphone à son oreille" me semble envisageable en Anglais mais j'ai du mal à l'écouter, lu à voix haute, en Français. C'est peut être une expression régionale ? Si ce n'est pas le cas, je te suggère plutôt "porter le téléphone à son oreille".
4- Kath ne va pas être contente mais au lieu de «Et bien» ou «Eh bien», moi j'écrirais carrément : Hé bien, bien que ça soit peut-être un peu vif, vis à vis de ce que tu veux exprimer.
5- Quand tu dis, "Ce coup de téléphone marque le début et la fin" , c'est un jeu de mot biblique avec "Je suis l'Alpha et l'Omega, le commencement et la fin" ? Un truc à voir avec l'Apocalypse/les révélations ? Si ce n'est pas le cas, je te propose "marque un début et une fin".
6- [...] et gage d’une obéissance aveugle -> Là j'ai compris la phrase dans le sens où c'est un serviteur qui apparaît à l'héroïne dans la salle de bain. J'aurais plutôt proposé "gage de mon obéissance aveugle."
Ou alors ce n'est pas le diable, c'est un djinn malintentionné qui obéit au pied de la lettre ... enfin cette remarque est assez liée à ma compréhension du Diable.
7- [...] je suis lumière face à l’obscurité, étouffée. -> Après Lucifer, c'est le porteur de lumière étymologiquement  :ned:
8- [...]fort, laid, infini, sombre, négatif, et diablement beau -> Spoiler !
9- Il est Homme pour me proposer une approche sentimentale -> Je crois qu'avec une majuscule à Homme, ça définit le genre humain tout entier. Ca crée une distanciation qui justement n'appelle pas à l'approche sentimentale, je trouve. Là il faudrait peut être plutôt rattacher la personnification du démoniaque protagoniste à quelque chose de plus sensuel pour ton héroïne. Etant donné que pour l'instant on ne la connaît pas bien, je n'ai pas grand chose à te suggérer. Dans la collection Harlequin on aurait eu : Il est viril pour me proposer une approche sentimentale.
10- Les renvois de sons de type «mon inconscient»/«ma conscience», «mémoire immémoriale» sont-ils des choix volontaires ?
Autant le premier échange me semble très sympa, autant le second produit un effet bizarre quand je le lis, tout en faisant déborder le quotat de M dans le texte.
«Mémoire oubliée» produit le même effet en restant dans l'opposition, ou si tu veux garder l'idée d'ancienneté : «Mémoire sans âge et oubliée» (Lovecraft's style), «Mémoire antédiluvienne et oubliée» (Anne Rice's style), «Mémoire antique et oubliée» (mais là ça devient très pauvre, Alain Decaux's style), «Mémoire ancestrale et oubliée» (Adam le prince d'Eternia's style),  «Mémoire Alzheimerienne donc oubliée» (Michel Cymès' style)
11- «Et je lui réponds» trouverait plus sa place, à mon sens, juste avant «Je le sais, c'est tout». Je comprends bien que ce sont les sentiments qui portent la réponse, mais ça restera aussi efficace si tu les décris avant d'indiquer que l'héroïne répond. Je te proposerai même de fusionner cela avec l'expression de l'insolence qui suit :
«Et je lui réponds, la/[ma voix d'une insolence étourissante : — Je le sais, c'est tout.»
ou
«Et je lui réponds, avec une insolence étourissante : — Je le sais, c'est tout.» (Plus fluide mais avec un sens légèrement trahi)
12- «Une transe terrible s’entremêle à mes pensées et mes mouvements» -> J'aime bien l'assonnance en T de la transe terrible, mais là j'ai eu du mal à comprendre. Comme je ne suis pas sûr du sens que tu veux obtenir, je te propose éventuellement des choses qui s'accordent à la transe.
«Je fus prise d'une transe terrible, mes pensées et mes mouvements s'entremêlant»
13- «Mon père tambourine à la porte» -> Si je comprends bien, la partie précédente traîne en longueur, la notion de temps s'efface et de fait, tu pourrais t'offrir le luxe d'un bout d'éternité. Que dirais-tu de mettre des points de suspension après «trempée», et «Soudain» avant «Mon père tambourine à la porte». Ou pour marquer un retour plus lent à la "réalité" : Soudain, on tambourine à la porte. C'est mon père : je dois retourner manger.
Ce n'est pas forcément plus joli remarque, mais ça ne se lit pas tout à fait pareil, et tu as plus un côté "fin du cauchemar" dans les nuées qui entourent les réveils difficiles. Après tout, c'est un récit rêvé !
14- «Mon père râle, me menace d’une punition dont je n’ai cure, s’en va» -> Là j'ai un peu de mal avec l'enchaînement des temps. Peut être avec un et ou un puis, avant "s'en va" ?
15- «Je vais l’écouter, le rappeler, avoir ce travail et vivre»
-> A la lecture on a l'impression que l'héroïne va rappeler le message et pas son auteur.
16- La transition entre "mourir de faim" et "Mes jambes" est un peu abrupte non ? Surtout qu'on le fait sur deux lignes qui se suivent. Peut être peux-tu préciser le sort de l'assiette un chouilla ?
17- «Je compose le numéro de ma messagerie et m’arrête» -> tu renforcerais peut être la fin de ta phrase avec «mais m'arrête» ?

Voilà, j'arrête là avec les suggestions. Le texte a déjà une odeur bien personnelle, intimiste, ça colle au sujet. Show must go on !

Hors ligne Luptinote

  • Aède
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Re : Le messager
« Réponse #4 le: 09 Août 2015 à 20:12:17 »
<<erreur de post, le bon est en suite>>
« Modifié: 09 Août 2015 à 20:24:18 par Luptinote »
Maître, dois-je marcher vers la lumière ?

Je suis l'esprit qui toujours nie, et c'est avec justice, car rien n’existe en ce monde qui ne mérite d'être détruit.
MephistoPheles

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Hors ligne Luptinote

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Re : Le messager
« Réponse #5 le: 09 Août 2015 à 20:23:23 »
Extasy

Citer
Oui, j’en suis certaine. Etait-ce le Diable.
Tu voulais probablement dire : "C'était le Diable".
oui, il manque un point d'interrogation. La relecture était un peu fatiguée je crois...

Merci d'être passée ! Et je suis contente de t'avoir intriguée avec cette ébauche, en espérant te surprendre ou t’hypnotiser, qui sait, par la suite 8)

Kath

C'est bien une jeune fille et il serait bon de le préciser pour éviter les confusions. Et pour le Diable, le divin est un sujet que j'adore, que je vénère, et sans être croyante tout ce qui est foi, religions, anges et archanges, je m’immerge dedans avec passion et plaisir ! (oups je me sus un poil emportée là !)

Pour ce qui est des fautes... On dit bien une volerie puisque les oiseaux y volent. Les erreurs de ponctuations seront dues à ma fatigue lors de la relecture, je n'y reviens pas et tu n'as pas tord.
Et pour flagellent, je ne savait simplement pas, ce sont les flageolets qui flageolent non ?  ><

Merci !!


Olaf

Ton commentaire m'a plu, je suis aussi du genre à proposer des reformulations quand je corrige.

L'histoire et la façon de la traiter sortent d'une envie de neuf et de force dans un texte, j'ai envie d'exploser mes limites d'écriture dans ce mini roman pour voir, juste pour voir. Et là entrent en jeu les commentaires des lecteurs à l’affût de la moindre incompréhension, bénis soit-eux !

Citer
Ici aussi on ressent bien l'impuissance de l'héroïne face à quelque chose qui la déborde totalement, et qui arrive à s'en sortir sans devenir dingue d'une part, et sans l'aide de son entourage qui de toute façon ne pourrait pas comprendre.
le fait qu'elle s'en sorte, comme tu dis, ça vient du fait que je ne veut pas d'une héroïne qui flanche, qui devient faible. je veut qu'elle 'y renforce en quelques sortes, et j'espère y parvenir dans l'écriture.
Citer
On attend la suite avec impatience !
Kyaa ♥

Pour tes reformulations :
1/ je ne mettrai pas de guillemets dans les paroles des parents dans la tête de la fille, on comprend assez comme ça et les guillemets, bah c'est juste moche  :mrgreen: par contre si j'ai mis des guillemets après je suis d'accord qu'il faudrait équilibrer, je vais voir ça.

Citer
2- J'ai mis un moment à comprendre que quand tu dis "à mon bureau" l'héroïne ne parle pas de son lieu de travail, mais d'un bureau qui se trouve certainement dans la maison. Peut être faudrait il désigner de façon plus précise la pièce ?
Entièrement d'accord, je revois ça.
Citer
3- Même fébrilement, "monter le téléphone à son oreille" me semble envisageable en Anglais mais j'ai du mal à l'écouter, lu à voix haute, en Français. C'est peut être une expression régionale ? Si ce n'est pas le cas, je te suggère plutôt "porter le téléphone à son oreille".
Vendu aussi, ça sera plus français.

Citer
4- Kath ne va pas être contente mais au lieu de «Et bien» ou «Eh bien», moi j'écrirais carrément : Hé bien, bien que ça soit peut-être un peu vif, vis à vis de ce que tu veux exprimer.
Franchement, le et, eh ou hé, je n'y voit pas d’importance, mais j'ai un faible pour eh donc bon... j'achète.

Citer
5- Quand tu dis, "Ce coup de téléphone marque le début et la fin" , c'est un jeu de mot biblique avec "Je suis l'Alpha et l'Omega, le commencement et la fin" ? Un truc à voir avec l'Apocalypse/les révélations ? Si ce n'est pas le cas, je te propose "marque un début et une fin".
ah ? non ça n'est pas une référence, mais j'aime juste pas ta formulation  :P

Citer
6- [...] et gage d’une obéissance aveugle -> Là j'ai compris la phrase dans le sens où c'est un serviteur qui apparaît à l'héroïne dans la salle de bain. J'aurais plutôt proposé "gage de mon obéissance aveugle."
à réfléchir, je ne suis pas conquise mais je comprends ton hésitation.

Citer
7- [...] je suis lumière face à l’obscurité, étouffée. -> Après Lucifer, c'est le porteur de lumière étymologiquement  :ned:
Alors j'utiliserai le terme de lumière sombre ou noire, et si les gens me font des remarques je ferai genre d'être culturée mouhahaha !
Citer
9- Il est Homme pour me proposer une approche sentimentale -> Je crois qu'avec une majuscule à Homme, ça définit le genre humain tout entier. Ca crée une distanciation qui justement n'appelle pas à l'approche sentimentale, je trouve. Là il faudrait peut être plutôt rattacher la personnification du démoniaque protagoniste à quelque chose de plus sensuel pour ton héroïne. Etant donné que pour l'instant on ne la connaît pas bien, je n'ai pas grand chose à te suggérer. Dans la collection Harlequin on aurait eu : Il est viril pour me proposer une approche sentimentale.
Viril c'est moche. homme avec une minuscule ? papable ? (on tombe dans le sale là xD) Physique ? dans le sens touchable ?
A creuser.

Citer
10- Les renvois de sons de type «mon inconscient»/«ma conscience», «mémoire immémoriale» sont-ils des choix volontaires ?
Autant le premier échange me semble très sympa, autant le second produit un effet bizarre quand je le lis, tout en faisant déborder le quotat de M dans le texte.
«Mémoire oubliée» produit le même effet en restant dans l'opposition, ou si tu veux garder l'idée d'ancienneté : «Mémoire sans âge et oubliée» (Lovecraft's style), «Mémoire antédiluvienne et oubliée» (Anne Rice's style), «Mémoire antique et oubliée» (mais là ça devient très pauvre, Alain Decaux's style), «Mémoire ancestrale et oubliée» (Adam le prince d'Eternia's style),  «Mémoire Alzheimerienne donc oubliée» (Michel Cymès' style)
bon, dans le sens reformulation je suis servie !! je piocherai à tête reposée pendant la correction !  :mrgreen: alzheimerienne ?

Citer
12- «Une transe terrible s’entremêle à mes pensées et mes mouvements» -> J'aime bien l'assonnance en T de la transe terrible, mais là j'ai eu du mal à comprendre. Comme je ne suis pas sûr du sens que tu veux obtenir, je te propose éventuellement des choses qui s'accordent à la transe.
«Je fus prise d'une transe terrible, mes pensées et mes mouvements s'entremêlant»
non non, ce sont bien ses pensées et es mouvements qui sont biaisés par cette transe. Mais j'aime bien cette phrase, et sauf nouveaux commentaires là-dessus, je ne touche pas  :mrgreen:
Citer
16- La transition entre "mourir de faim" et "Mes jambes" est un peu abrupte non ? Surtout qu'on le fait sur deux lignes qui se suivent. Peut être peux-tu préciser le sort de l'assiette un chouilla ?
okok, l'assiette ira au chien ou au frigo je vais doser ça.

Citer
17- «Je compose le numéro de ma messagerie et m’arrête» -> tu renforcerais peut être la fin de ta phrase avec «mais m'arrête» ?
moui, sais pas, à voir... (beaucoup de à voir hein ? mais l'heure de la correction approche et je vais me décider !)

merci !! pour ce boulot gratuit en rab !  :mrgreen:

A tous

J'ai été hyper contente en tout cas de recevoir autant de positif, et des critiques légères dans leur forme mais pertinentes dans l'idée. je suis aussi un peu surprise de la vitesse de lecture sur un texte court comparé aux textes longs (j'ai aussi un début de roman ais les correcteurs sont plus frileux je crois ^^)
j'ai hâte de poster une suite en tout cas grâce à vous !!

Alors un grand grand merci..
Maître, dois-je marcher vers la lumière ?

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MephistoPheles

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Re : Le messager
« Réponse #6 le: 11 Août 2015 à 20:33:46 »
Partie 2

Le nombre maudit scintille à l’écran quand une voix d’un autre temps s’échappe du haut-parleur :
— Tu penses à moi, comme c’est gentil.
Mon corps réagis seul, sursautant si fort que le boitier électronique s’échappe de mes mains et se fissure sur le parquet. Je n’arrive même pas à m’énerver de ce gâchis.
Cette voix je la connais, elle s’est gravée dans mon cerveau et jamais n’en disparaîtra.
— La plupart des gens deviennent fous en me voyant. Le contrôle de tes instincts est impressionnant !
Je tremble. Il a tort, je ne contrôle rien !
— Je n’ai jamais tort.
Je ne suis pas étonnée qu’il lise mes pensées, mais cela me terrifie tout de même. Mon pied envoie voler mon téléphone à l’autre bout de la chambre où il se fracasse contre le mur. Alors la voix qui aurait dû être cantonnée à l’intérieur de l’appareil résonna dans mon crâne.
— Ton objet est une interface familière pour toi, préfères-tu que je parle de cette manière ?
Je prends ma tête entre mes bras et contracte chaque muscle de mon visage en un mouvement défensif dérisoire. Je ne crie pas, je ne dis rien. Je reste immobile. Une pleine minute s’écoule.

Prostrée, je ne me rends pas compte que je suis de nouveau seule dans ma tête et que mon téléphone vibre tant qu’il peut.
Je n’hésite qu’un instant à aller le ramasser. Cette voix projetée directement dans mon cerveau me glace le sang et pour rien au monde je ne l’entendrais une nouvelle fois.
Des gestes fébriles, un souffle saccadé, une main tremblante. Je ramasse cet objet abîmé et l’empoche précipitamment. Un besoin viscéral me pousse à le dissimuler. Je quitte ma chambre et traverse la maison. Je me chausse. Je sors et je marche jusqu’aux abords de mon village.
Un champ de vigne pousse là et entre ses rangs, je m’assois. Le téléphone ne vibre plus mais je le sais, quelqu’un attend que je décroche. Que je parle. Je le porte à mon oreille.
— Je préfère parler ainsi, soufflé-je.
— Bien, très bien.  As-tu peur ?
Aucune larme ne couvre ma joue, mais un sanglot s’échappe et donne sa réponse à mon interlocuteur.
—Rends-toi à Paris, la rue des lices, au dix-huit, et délivre mon message.
Paris ? A plus de cent kilomètres de là ?
— Pourquoi moi ?
— Parce que c’est toi.
La voix s’efface. Sans tonalité, sans au revoir.
L’instant d’après, un sms de provenance inconnue. Je ne l’ouvre pas. Il provient d’ailleurs, de ce lieu sans nom que les religieux nomment les Limbes, l’Enfer, le Styx… En me remémorant ses  mots, des cours de catéchisme remontent dans ma mémoire et une idée germe dans mon esprit. L’Eglise.
Je quitte ma position assise et me précipite vers le bâtiment religieux de mon village. L’église chez moi est toujours occupée par une messe un temps de ménage, une répétition pour un mariage, ou simplement ouverte aux pieux en quête de rédemption. On croit beaucoup par chez moi. Je ne crois pas mais je connais les histoires et je les respecte.

J’entre dans le bâtiment et mes semelles claquent sur les dalles. Un homme de foi me regarde marcher à lui.
— Mon père, je cherche de l’aide.
— Cherche-tu le pardon ?
— Non, de l’aide. Un démon m’a parlé.
Un démon et non le Diable. Car Satan ou Lucifer représentent tellement plus, effrayent tellement plus…
— Les démons parlent souvent aux mortels. Ne cède pas à ses attentes.
— Ce n’est pas mon intention puisque je viens vous voir ! Comment puis-je me protéger de lui ?
— En priant, mon enfant. En te confessant si tu le souhaite.
Je m’impatiente.
— Je n’ai pas péché ! crié-je. Et à quoi sert de prier si un démon me parle et non notre Dieu ?
L’homme soupire.
— Notre Seigneur répond à nos appels par d’autres moyens que la parole ou l’apparition. Mon enfant, si tu souhaites de recueillir et chasser les mauvaises pensées qui t’éprouvent, pars en pèlerinage. Convaincs tes parents et partez vers Rocamadour. En trois jours de marche vous y serez et tes démons ne te tourmenteront pas tant dans la vieille cité chrétienne.
Rocamadour ! J’habite juste à côté et en un coup de volant je pourrai y être ! Je tourne les talons sans remercier celui qui, à mon sens, ne m’a été d’aucune aide. Un diacre devrait être capable de voir le trouble dans l’esprit de ses moutons, discerner l’âme du Diable dans son église.
Je remonte chez moi, récupère mes clés et démarre ma voiture.

Ma détermination me surprend. Ma certitude de trouver là-bas un véritable homme de foi m’inquiète, mais je la suis.
Ma radio s’allume seule et se connecte pas Bluetooth à mon téléphone. Presque prévisible. J’y entends… Je l’entends.
— Un démon ?
Il se moque, je le ressens bien.
— Il ne m’aurait pas prise au sérieux.
— Tu découvriras que les croyants ne le sont pas tous. Que tu es sur cette terre la seule à réellement croire puisque tu as vu.
J’accélère comme si je pouvais semer cette voix. En une poignée de minutes je suis aux portes de la ville. Il me reste à monter d’interminables escaliers raides, traverser le chemin de croix et accéder à la chapelle.
Je me gare à cheval sur deux places dont une handicapée. Ça m’est égal. Quelque part dans ma malédiction, je suis privilégiée et aucun droit ne saurait m’être refusé. Mes parents paieront l’amende.

Je monte dans la ville et mes jambes crient grâce quand, enfin, j’arrive devant la chapelle. Une messe y est en cours et le gardien me refuse l’entrée « pour ne pas déranger les prieurs ».
— Je dois entrer et voir le prêtre !
— Attends la fin de la cérémonie. L’évêque s’est déplacé aujourd’hui et personne ne doit faire irruption en court de route.
Je fulmine. C’est grotesque !
Je rage mais je n’entre pas, car le gardien est plus grand et plus large que moi et que, sans être un poids plume, je ne vaux rien en bagarre.
Je vais m’asseoir sur un banc. Mon téléphone sonne.
— Tu n’as même pas essayé de le pousser un peu, fait la voix une fois le boitier contre mon oreille.
Le Diable est-il un voyou, un enfant sarcastique ?
— Tu n’essayes même pas de m’empêcher d’y aller ? rétorqué-je.
Un rire monstrueux me répond et me glace jusqu’à la colonne vertébrale. En abaissant mon écran, j’y jette un œil.

Un sms attend toujours d’être ouvert.



« Modifié: 11 Août 2015 à 20:35:56 par Luptinote »
Maître, dois-je marcher vers la lumière ?

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Re : Le messager
« Réponse #7 le: 12 Août 2015 à 20:01:08 »
Okey en avant !

Déjà, la grosse révélation :

Citer
Merci d'être passée ! Et je suis contente de t'avoir intriguée avec cette ébauche, en espérant te surprendre ou t’hypnotiser, qui sait, par la suite 8)

Bien que ce message laisse planer une certaine ambiguïté, je suis un extasy, et non pas une  :mafio:
Par contre je ne demande qu'à être hypnotisé !

Hem, à part ça :

Citer
Mon corps réagis seul
réagit

Citer
— Je n’ai jamais tort.
Mais boîtier s'était fissuré sur le parquet ! Après je me suis dit que comme il s'agit du Diable, il peut très bien faire parler un appareil endommagé, mais je voulais être sûr que tu l'avais prévu et que ce n'était pas une faute ^^

Citer
Alors la voix qui aurait dû être cantonnée à l’intérieur de l’appareil résonna dans mon crâne.
Ok, oublie ma précédente remarque  :mrgreen:

Citer
Je ramasse cet objet abîmé et l’empoche précipitamment.
Simple avis perso, j'aurais dit "l'objet", le truc démonstratif ça me semble un peu surfait

Citer
Je quitte ma chambre et traverse la maison. Je me chausse.
Je me chausse m'a l'air pas à sa place, encore une fois

Citer
Un champ de vigne pousse là et entre ses rangs, je m’assois.
assieds ?

Citer
Aucune larme ne couvre ma joue, mais un sanglot s’échappe et donne sa réponse à mon interlocuteur.
Bon allez, comme tu l'as sans doute remarqué je titille un peu parce qu'il n'y a pas vraiment de fautes dans le texte, mais "Aucune larme ne couvre ma joue" me parait bizarre dans le sens où le contraire semble suggérer : "s'il y avait une larme, alors elle aurait pu couvrir ma joue. " Alors que c'est pas possible avec un unique larme (en tout cas humaine) ^^

Citer
L’instant d’après, un sms de provenance inconnue. Je ne l’ouvre pas. Il provient d’ailleurs, de ce lieu sans nom que les religieux nomment les Limbes, l’Enfer, le Styx…
Là perso ce passage me dérange un peu. Parler aussi crûment d'Enfer, de Limbes, je sais pas ça m'a un peu cassé la lecture, parce que c'est dit trop directement. C'est perso bien sûr, mais c'est balancé avec, euh, trop de certitude si tu veux, et au lieu d'accentuer mon malaise il le baisse d'un cran.

Citer
En me remémorant ses  mots,
Les mots que lui a dits le Diable ? Sinon si tu parles des Limbes, Enfer et Styx, c'est "ces" ^^

Citer
On croit beaucoup par chez moi. Je ne crois pas mais je connais les histoires et je les respecte.
Je suis sûr que tu peux faire mieux et éviter cette vilaine répétition du du verbe croire !

Citer
— Cherche-tu le pardon ?
Cherches

Citer
Mon enfant, si tu souhaites de recueillir et chasser les mauvaises pensées qui t’éprouvent
te recueillir ?

Citer
Ma radio s’allume seule et se connecte pas Bluetooth à mon téléphone. Presque prévisible. J’y entends… Je l’entends.
— Un démon ?
Haha j'aime bien ce passage qui m'a fait marrer. Il semble dé-démoniser le démon, genre en montrant qu'il est capable de se moquer à la manière d'un homme. Mais je ne sais pas si c'était l'effet que tu recherchais. C'était simplement pour souligner, mais je pense que tu devrais garder cette réplique, dans tous les cas.

Citer
tu es sur cette terre la seule à réellement croire puisque tu as vu.
Intéressant ce passage. J'arrive pas à mettre les mots dessus, mais ça semble avoir une large portée.

Citer
personne ne doit faire irruption en court de route.
en cours de route ?

Citer
Je rage mais je n’entre pas, car le gardien est plus grand et plus large que moi et que, sans être un poids plume, je ne vaux rien en bagarre.
Perso, je me serais passé de l'explication  ^^

Citer
Mon téléphone sonne.
— Tu n’as même pas essayé de le pousser un peu, fait la voix une fois le boitier contre mon oreille.
Le Diable est-il un voyou, un enfant sarcastique ?
Ok ! Encore une fois oublie ma précédente remarque  :mrgreen:!

Citer
Un sms attend toujours d’être ouvert.
Super sens du suspens !

Hop, terminé !
Alors comme pour le précédent post, l'écriture est vraiment très agréable, est c'est fou ce que ça peut changer la donne. Toujours pas sûr d'où ça va me mener bien sûr, parce qu'on ne sait pas encore vraiment ce que cela implique pour le narrateur d'être tourmentée par le diable, mais l'histoire se lit vraiment d'elle même, et il y a ce très joli sens du suspens qui me donne envie d'en savoir plus.
Puis il y a ce côté voyou, taquin du Diable. Je sais pas à quel point tu fais ça consciemment, mais ça m'intéresse. 'Fin si ça promet rien de ce côté, c'est pas grave non plus, hein  :noange:
Allez, vivement la partie 3 ! Surprends-nous, hypnotise-nous !
« Modifié: 12 Août 2015 à 20:04:37 par extasy »

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Re : Le messager
« Réponse #8 le: 13 Août 2015 à 21:18:13 »
Quelques remarques d'ordre général :
Déjà, dans le côté enfer personnel on reste servi, on sait que le Diable prend des gants pour l'instant, mais on sent bien qu'il pourrait faire mieux. C'est plutôt bien rendu.
On évite la question du message, disons que pour l'instant, on se demande ce qu'il peut contenir, ce qu'il y a à l'adresse où l'héroïne doit se rendre, et bien sûr le contenu du message.

En revanche, j'ai eu pas mal de décrochage dans ce second texte. A plusieurs moments, j'ai été un peu éjecté du récit parce que je butais sur un mot ou une tournure. Ce qui est un peu dommage.
Ensuite, j'ai un peu de mal avec les déplacements du personnage principal. Il faudrait peut être parfois détailler ou simplement résumer avec précision sa destination, et éventuellement le temps qu'il passe à se déplacer.
Enfin, et c'est un peu ça qui est dommage, c'est que le rapport à la religion chrétienne souffre d'un certain manque de réalisme. Je sais bien que c'est un récit fantastique, mais du coup, la sauce ne prend pas. Le diacre (ils sont assez rares) semble un peu traditionaliste (ok, pourquoi pas?), mais il ne parle pas comme un homme d'Église. De même, le gardien de la chapelle ne devrait pas être là : Que l'on vire quelqu'un qui dérange une cérémonie religieuse, ça peut arriver, mais qu'on ait un videur à l'entrée, c'est très sympa et marrant, mais ça décrédibilise un peu le reste. Dommage.

A présent des éléments plus précis dans le texte :
Citer
[...] une voix d’un autre temps s’échappe du haut-parleur :
Là, j'ai un petit souci d'incompréhension ... la voix d'un autre temps m'évoque un petit vieux au téléphone et du coup j'imagine le Diable qui parle avec une voix à la François Mauriac.
Une voix sans âge, une voix venue du fond des âges n'est pas forcément plus plaisant (et ça a un côté assez usé). Est-ce que tu aurais un exemple de la voix en question ?

Déjà histoire de titiller extasy, assois ou assied, les deux conjugaisons sont acceptées. Ça dépend du reste de la phrase, des fois l'un ou l'autre semble plus joli, plus approprié. (J'assois mon pouvoir et je m'assied sur le trône ;), pendant que tu t'assois sur tes indemnités,  par exemple)

Citer
[...] sursautant si fort que le boitier électronique s’échappe de mes mains et se fissure sur le parquet.
Boîtier avec un accent circonflexe me semble-t-il.
Là j'ai compris, mais ça m'a un peu éjecté du texte à la lecture. Fissurer me semblait plus adapté à une partie de bâtiment ou un relief. J'aurais plutôt utilisé se fendre ou se fendiller pour un téléphone. C'est juste une suggestion hein ? Fissurer assure sa fonction quand même.

Citer
— La plupart des gens deviennent fous en me voyant. Le contrôle de tes instincts est impressionnant !
On peut déduire ce fait de la suite mais du coup, on se pose la question quand même : Qui parle ? Il suffirait de rajouter une incise toute bête. «, reprit-il,» par exemple.

Citer
Je le porte à mon oreille.
Le «quelqu'un» dont tu parles juste avant ?

Citer
En me remémorant ses  mots, des cours de catéchisme remontent dans ma mémoire et une idée germe dans mon esprit. L’Eglise.
Remontent m'a un peu fait ralentir. On comprend bien, mais remonte fait plus « jai pris l'ascenseur » que « j'ai rejailli alors que j'étais enfoui ».
De plus, la structure gagnerait peut-être en fluidité en articulant de façon plus proche les différentes parties de la phrase. Quelque chose comme :
«Me remémorant ses mot, mes cours de catéchisme me reviennent en mémoire et font germer une idée dans mon esprit : L'église ! »
ou pour un effet de mémoire plus doux :
«Me remémorant ses mot, mes cours de catéchisme me revenant en mémoire font germer dans mon esprit une idée, l'église. »
Enfin, mes souvenirs de catéchisme à moi me font dire que l'Église c'est l'institution religieuse, et l'église, c'est le bâtiment.:mrgreen :

Citer
Je quitte ma position assise et me précipite vers le bâtiment religieux de mon village
Un mauvais esprits te dirait que ça peut être aussi une mosquée, une synagogue, un calvaire, une usine de religieuses surgelées … ou pas en fait. La tournure bâtiment religieux ne sonne pas forcément très joli à mon goût c'est surtout ça.
Si c'est un choix par défaut, je te propose : Maison de Dieu, sanctuaire, lieu saint … ou en trahissant un peu le sens : chez le prêtre, à la sacristie.


Citer
L’église chez moi est toujours occupée par une messe un temps de ménage, une répétition pour un mariage, ou simplement ouverte aux pieux en quête de rédemption. On croit beaucoup par chez moi.
Ajoute une virgule avant « un temps de ménage », j'ai cru qu'on célébrait la messe pendant qu'on faisait la poussière des vitraux !
Les pieux, c'est peu usité, on dit plutôt « les gens pieux », « les croyant », « les ouailles ».
Citer
Je ne crois pas mais je connais les histoires et je les respecte.
Du coup pour ne pas répéter croire, il faudrait peut être dire quelque chose comme « Je n'ai pas la foi mais [...] ».
Pour le respect en revanche, « les histoires » écrit comme ça, c'est dit sans grand respect en fin de compte. Peut-être partir sur un truc du genre : « je connais les convictions de {mes voisins} et je les respecte ».

Citer
Un homme de foi me regarde marcher à lui.
Tu peux y aller carrément et dire « le diacre », vu qu'il s'agit d'un diacre plus loin. Attention, les diacres ne peuvent pas encore donner les sacrements de la confession.

Citer
Les démons parlent souvent aux mortels. Ne cède pas à ses attentes.
A leurs attentes ? A l'ère du portable, ce serait bizarre de voir un prêtre dire ça. J'aurais plus attendu quelque chose comme « Les démons parlent souvent aux Hommes, à toi de ne pas céder aux attentes de celui-ci ». Le souci est que du coup il faut déduire que les attentes se réfèrent aux démons et pas aux mortels. Ce qui nous oblige à une petite cabriole : « Les Hommes entendent souvent la voix des démons, à toi de ne pas céder aux attentes de celui-ci.» Tu peux aussi remplacer attentes par tentation, mais ça a un côté un peu cliché.

Citer
— Je n’ai pas péché ! crié-je. Et à quoi sert de prier si un démon me parle et non notre Dieu ?
« Je n'ai pas de péché à confesser » plutôt. Ou alors c'est un pieux mensonge.
L'héroïne parle de « notre Dieu » alors qu'elle confessait plus tôt ne pas être croyante ?

Citer
— Notre Seigneur répond à nos appels par d’autres moyens que la parole ou l’apparition.
« Nos prières » plutôt que nos appels de la part d'un prêtre. Et les apparitions. L'apparition c'est plutôt la créature qui est apparue, ça sent le bûcher je trouve.

Citer
Un diacre devrait être capable de voir le trouble dans l’esprit de ses moutons
Ses brebis peut être ?ses ouailles serait mieux quand même. Mais bon, là en fin de compte, il semblerait qu'il s'agisse plus d'un prêtre que d'un diacre en fin de compte.

Citer
Ma radio s’allume seule et se connecte pas Bluetooth à mon téléphone.
Petite faute de frappe je crois.

Citer
traverser le chemin de croix
C'est métaphorique ? A quoi est-ce que ça fait référence dans un édifice religieux ? Le seul truc auquel je vois une référence, c'est la série de 12 tableaux qui figurent parfois le chemin de croix du Christ dans une église.

Citer
dont une handicapée
Ce n'est pas la place qui est handicapée !

Citer
le gardien me refuse l’entrée « pour ne pas déranger les prieurs ».
Il n'y a pas de gardien aux églises, sauf cas exceptionnel où les gens seraient en danger. En cas de messe, l'église est en général ouverte à tous.

Citer
L’évêque s’est déplacé aujourd’hui et personne ne doit faire irruption en court de route.
Là je n'ai pas compris si ça faisait référence à la route de l’évêque, et le rapport avec le fait que l'héroïne veuille voir un prêtre. C'est la même personne ce prêtre et l'évèque ? Ou bien l'évèque assiste-t-il à la cérémonie ?

Voilà, en espérant t'avoir un peu aidé, notamment en ce qui concerne les interactions avec l'Église.

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Re : Le messager
« Réponse #9 le: 14 Août 2015 à 20:41:30 »
Chère extasy,

bel enchaînement de remarques et contre-remarques, c'est un genre de commentaire que j'aime et pratique.

les fautes sont éliminées et la plupart des remarques acceptées et le texte modifié en conséquence.

Citer
Citer
Citer
    tu es sur cette terre la seule à réellement croire puisque tu as vu.
Intéressant ce passage. J'arrive pas à mettre les mots dessus, mais ça semble avoir une large portée.

Héhé, je pense qu'il y a du vrai dedans, on peut croire, mais il y a mélange de croire et de savoir dans la religion. Quand on sait, on ne doute plus (parce qu'on a vu par exemple) et on croit en étant sûr.
Je ne sais pas trop ce que je voulais alors exprimer, mais quelque chose d'assez juste, d'assez vrai. Parce que c'est agréable à écrire et parce que ça donne une consistance à mon diable (mon mien !)

merci pour tes remarques éclairées ! Et à une prochaine  :mrgreen:

Ah oui, et je suis à fond d'accord avec Olaf, assoir ça se conjugue de deux manière!  :-¬?

Sir Olaf


Citer
Déjà, dans le côté enfer personnel on reste servi, on sait que le Diable prend des gants pour l'instant, mais on sent bien qu'il pourrait faire mieux. C'est plutôt bien rendu.
Pas facile je trouve de manier une entité toute puissante (ou presque) et un personnage landa. Le fossé est tellement grand !
Et du coup ton commentaire me rassure un peu quant à l'effet rendu.


Citer
On évite la question du message, disons que pour l'instant, on se demande ce qu'il peut contenir, ce qu'il y a à l'adresse où l'héroïne doit se rendre, et bien sûr le contenu du message.
C'est aussi le but, la phrase finale pour remonter le suspens du texte et hop ! Magique  :mrgreen:



Pour les déplacements du perso, je trouvais ça tellement inintéressant... Mais si ça manque je ferai la correction alors.




Citer
Le diacre (ils sont assez rares)
Mon grand papa est diacre  :mrgreen:
Et pour le rapport général à l’Église, je pense qu'une messe importante peut être limitée en nombre de personnes surtout dans un lieu très touristique donc je ne me suis pas gênée pour extrapoler ça. Ça t'as déranger à très haut point ?
Et pour la manière dont parle le diacre, j'en sais trop rien, je suis un peu sur es planches là, c'est mon cerveau, partie clichés religieux, qui a parlé pour moi !
Un exemple de la manière dont tu vois les religieux parler stp ?  :noange:


Pour la voix d'un autre temps tu me poses une colle. Une voix déchue ? Noire/sombre ? Oua lors partir sur son timbre, grave, vibrante ou autre...
Je sais pas, j'aimais bien ma tournure, je vais creuser ça (sans garantir la modification !)

Citer
Enfin, mes souvenirs de catéchisme à moi me font dire que l'Église c'est l'institution religieuse, et l'église, c'est le bâtiment.:mrgreen :
Tu prépares tes comentaires sur world ? Tu as oublié de retirer l'espace avant les deux-points du bonhomme vert ? :mrgreen: mouhahaha !

Pour ta reformulation de a phrase sur l'église, j'ai fait un mixe tout simplement.

Les "histoires" religieuses sont pour moi les récits de la bible ! Erreur de compréhension, je vais changer ça illico presto !

Citer
C'est métaphorique ? A quoi est-ce que ça fait référence dans un édifice religieux ? Le seul truc auquel je vois une référence, c'est la série de 12 tableaux qui figurent parfois le chemin de croix du Christ dans une église.
A Rocamadour il y a réellement un chemin de croix, en pente assez raide,
qui mène à la chapelle du haut de la vieille ville (culturée hein ?  :mrgreen:)

Et dans toutes tes remarques, les fautes sont corrigées, les formulations retravaillées et je poste ça dés que j'ai fait une relecture à tête posée.
Merci !



Merci à vous deux pour vos commentaires, et à une prochaine !
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Re : Le messager
« Réponse #10 le: 17 Août 2015 à 21:34:31 »
Troisième et avant dernière partie.


L’attente a duré pour finalement se terminer. J’entre dans l’église quand une foule dense en sort. Je joue des coudes, poussée par une énergie emplie de colère et d’impatience.
Une trentaine de personne sont attroupées autour de l’évêque, réclamant une bénédiction, un sacrement, qu’en sais-je.
Je me dirige vers le prêtre qui se tient en retrait.
— Monsieur, je cherche de l’aide.
— Cherches-tu le pardon ?
— Non, de l’aide. Un démon m’a parlé.
Il me dévisage.
— Ca n’a rien de drôle, jeune fille.
— Je suis bien d’accord !
J’ai dû crier, car un concert de « chut » feutrés répond à mon injective. Je fusille du regard ces gens insipides, ces gens stupides cherchant l’amour d’un dieu absent.
— Pouvez-vous protéger quelqu’un comme moi des démons ou non ?
Le prêtre me jauge, me juge. Puis sa sentence tombe :
— Comporte-toi comme une enfant bien élevée, sois sage et obéissante, et respecte ce lieu sans dire de sottises. Tes démons disparaîtront d’eux-mêmes.
Il me tourne le dos, et plus il s’éloigne plus ma colère augmente, se muant en haine contre le monde religieux qui ne croit pas à l’irréel mais  supplie le divin de les rendre heureux.
Je n’arrive pas à extérioriser ce que je ressens alors. Je suis comme bloquée dans mes pensées, comme mise en pause.
Je me laisse tomber sur un banc, et je pleure à chaude larmes.
J’ai toujours été sage.
Obéissante.
Respectueuse.
Je ne dis pas de sottises et mes parents m’ont bien élevée. J’ai des valeurs, j’aime et je comprends, j’ai travaillé à l’école.
Un démon. Un Diable me parle tout bas et me terrifie.

J’ignore bien combien de temps je reste là.

Une voix au timbre doux me sort de ma torpeur, terriblement bienveillante.
— Qu’est-ce qui te rends si triste, jeune fille ?
L’évêque. L’église est déserte et lui est venu me parler. Je ne sais pas si le prêtre lui a raconté quoi que ce soit, mais il n’est plus dans les parages.
— je cherche de l’aide car un démon m’a parlé.
Ma voix est ridicule, noyée par les sanglots et essoufflée.
— Je le devine.
Alors je pleure encore plus, prise au dépourvu. Il me croit ?
Il attend et lorsque je me calme enfin, il me sourit.
— Veux-tu que je tente de l’éloigner ?
Je hoche la tête. Oui, je le veux. Oui, s’il y a une chance de me sortir de ce cauchemar, je la veux ! je la saisis !
Il pose sa main sur mon front et marmonne des paroles que je devine tirées d’un évangile.
J’écoute, je suis concentrée. Chaque parcelle de mon âme est portée vers cet homme qui me sauvera. Je l’aime pour cela.
Entièrement remise à lui, un espoir grandissant m’envahit.
Plus de peur.
Plus de colère.
Plus cette voix atroce.
Plus jamais.

Alors tout se passe très rapidement.
Mon téléphone vibre une fois, et mue par un réflexe bien mal acquis malgré moi, je décroche et le monte à mon oreille.
— Dis au revoir, gronde un son.
Car ce n’est plus une voix mais un bruit vivant. Et mon corps se fige, anéanti d’effroi.
L’évêque recule précipitamment et sa paume posée contre moi s’enflamme. Le corps humain prend feu, ignorant qu’il est fait d’eau principalement.
Il  court et plonge sa main dans l’eau bénite.
Il blasphème et me parle.
Moi j’ai mal, brûlée également au plus profond de mon âme. Je le vois à nouveau.

Le Mal se tient devant moi, et je regrette tout.
Je regrette d’avoir cherché à lui nuire.
Je regrette d’avoir pensé avoir une chance d’y parvenir.
Je regrette de ne pas lui avoir obéi.
Je regrette d’être née.
Je fais vœux d’obéir, sans parler ni écrire, mais tout mon être jure et promet à en perdre la raison.
Ses armes sont la peur et la douleur. Sa tentation c’est ma colère, forte et sans limites.
Son existence sera ma foi.
Alors il sourit, et rit.

Je sors de l’église en courant. Je dévale le chemin de croix vers le parking, je monte dans ma voiture et démarre à toute berzingue.
Mon moteur crie grâce, et je n’en ai cure.
« Obéis moi pour vivre, et tente de m’échapper, encore et encore, ne cesse jamais de me craindre et ne m’accepte pas, cas je ne serai pas ton dieux mais le mal, à tout jamais. »
Je roule vers le nord et je tombe en panne d’essence. Abandonnant mon véhicule, je lève le pouce et un conducteur attendri par ma mine visiblement défaite me propose de faire un bout de trajet avec lui.
Ai-je vraiment l’air d’une victime vu de l’extérieur ?
Car en moi tout bouillonne, tout est neuf.
Tout appartient à un autre qui veut me pousser en avant et me tester.
Un autre qui me malmène et me garde vivante et saine d’esprit.
Je crois.
— Alors, où est-ce que je te dépose ?
J’ai choisi d’obéir.
Et à la première occasion je me libérerai de ses entraves immatérielles.
— Je monte jusqu’à Paris.
« Modifié: 18 Août 2015 à 10:31:39 par Luptinote »
Maître, dois-je marcher vers la lumière ?

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Re : Le messager
« Réponse #11 le: 18 Août 2015 à 00:21:28 »
J'aime beaucoup ! Ah la la, c'est chouette ! Pas d'incohérences choquantes pour moi, ni de passages à revoir. Je trouve ça bien écrit, prenant, intelligent. J'ai hâte de lire la suite ! Merci Luptinote.

Juste un truc : le pouce, pas le pousse.  ;)
Avec le temps... Avec le temps, va, tout s'en va, On oublie le visage et l'on oublie la voix, Le cœur, quand ça bat plus, c'est pas la peine d'aller Chercher plus loin, faut laisser faire et c'est très bien, Avec le temps...
Léo...

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Re : Le messager
« Réponse #12 le: 18 Août 2015 à 10:31:16 »
Hum ! c'est modifié  :mrgreen:

Merci !
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Re : Le messager
« Réponse #13 le: 18 Août 2015 à 19:33:12 »
Re !

Citer
Le corps humain prend feu, ignorant qu’il est fait d’eau principalement.
qu'il est principalement fait d'eau ?

Citer
Ai-je vraiment l’air d’une victime vu de l’extérieur ?
vue ?

Ok, courte troisième partie, et du coup pas grand chose à dire  ;)

J'attends de voir le dénouement. Que va-t-il se passer, à Paris ?
Ne nous fais pas trop attendre !

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Re : Le messager
« Réponse #14 le: 01 Septembre 2015 à 19:04:02 »
Partie 4 et Fin


« Obéis moi pour vivre, et tente de m’échapper, encore et encore, ne cesse jamais de me craindre et ne m’accepte pas, cas je ne serai pas ton dieux mais le mal, à tout jamais. »
Le conducteur, fort sympathique au demeurant, me dépose à quelques kilomètres de la rue des lices. Je ne veux pas qu’il m’y dépose directement. Je veux avoir le choix de marcher jusque là-bas, de faire demi-tour, d’hésiter longuement, de prendre un verre au café de Flore…
Je salue mon chauffeur de la main, sans un sourire puisque mon visage refuse de se dérider.
Un jour je méditerai sur ce qui m’arrive aujourd’hui, un jour j’essaierai de me rendre compte de l’horreur ou de la folie dans laquelle je suis plongée toute entière, où je suffoque et étouffe lentement.
C’est très simple en vérité. Je suis dans un tunnel et pour décrire avec facilité, les murs, le sol, chaque paroi et même l’air brûle comme les flammes de l’enfer.
Et devant moi, il y a du blanc. Une sortie qui me mène vers un lieu inconnu. Ce n’est pas un lieu pourtant, mais une suite dans la vie qui est désormais la mienne. De l’inconnu, du mieux, ou du pire. Et pour le meilleur ou pour le pire je m’y dirige. Reculer m’est interdit, il n’y a plus de chemin.
Stagner ?
Non.
Je marche dans ces rues belles et pleines de gens qui ne voient pas le feu qui me consume. Je marche terrifiée d’un pas affirmé.
Et mon téléphone sonne. Je décroche et écoute.
Et la voix de l’autre côté est familière, douce.
— Ma chérie, où es-tu ? Pourquoi n’as-tu prévenu personne que tu sortais ? Ton père est fou de colère, quand rentres-tu ? Tu vas bien ?
Je titube soudain. Je cherche un mur de ma main valide, un support stable. J’y prends appuis pour ne pas tomber tant mes jambes, soudain, s’affaiblissent.
— Maman…
— Tu vas bien ? Ta voix est étrange.
— Maman, je ne sais pas si je peux rentrer à la maison.
A l’autre bout du fil, j’entends une exclamation étouffée.
— Tu peux rentrer ! Reviens vite, ma chérie. Qu’est-ce que tu racontes ?
Je m’en rends compte chaque minute un peu plus. Ne pas reculer. Plus jamais.
— Non. Désolée. Peut-être mais je ne suis pas sûre. Tu sauras très vite.
Je ne raccroche pas mais défait le téléphone de mon oreille. Lentement, je me laisse glisser le long du mur. Et je ne pleure pas. Je suis vide, anéantie.
Par curiosité, j’écoute à nouveau ce qui se dit chez moi.
Et non content d’entendre le son, je vois les images. Il me les montre.
Ma mère est assise dans le canapé et pleure, désespérée. Mon père parcourt à grands pas les couloirs en criant que je regretterais d’être partie au moment où je rentrerais. Il me passera un savon. Je serai consignée à vie dans ma chambre.
Puis la vision s’efface lentement et je me retrouve à Paris, contre un mur inconnu à penser sans but.
— Es-tu le mal incarné ?
Je pose cette question à voix haute et un passant se retourne sur moi. Il hésite à me parler, puis finalement m’ignore. Une anonyme en détresse c’est effrayant. On ne sait pas sur quoi on va tomber alors on tourne les talons.
Et moi, personne ne me répond. Je sais que la réponse est évidente mai j’aurais aimé qu’il l’assume. Que celui qui règne sur les limbes me conforte dans cette idée, que le porteur de lumière noire me rende à jamais insensible à la douleur des autres. Le premier pas, selon moi, pour ne plus souffrir moi-même.
Je veux être intouchable pour vivre ainsi. Je veux qu’on me rende à ma vie.
« Rends-toi à Paris, la rue des lices, au dix-huit, et délivre mon message. »
Allons.
Je me lève et marche.

Je veux être intouchable.

La rue des lices est horriblement banale, et le dix-huit est un immeuble. Sur le panneau des résidents, aucun nom ne me souffle de sonner. Personne en lien avec un diable joueur.
Et alors que j’hésite, quelqu’un sort de l’immeuble. Dans le passage de la porte ouverte, je me glisse.
Je suis dans la place.
L’escalier monte et, étage par étage, porte par porte, je cherche un indice. Mon souffle est court. L’escalier est raide. Je cherche des yeux le nombre d’étage, et alors que mon regard se tourne vers le haut, je vois un homme penché par-dessus la rambarde, et qui me regarde.
Et je sens.
Sens que lui est ici pour attendre quelqu’un. Il espère qu’il arrive bientôt. Et moi qui cherche à entrer en contact avec un homme…
Je continue de monter pour le rejoindre.
Je serre dans mon poing mon téléphone et le message maudit.
Qu’est-ce qui m’attend là-haut ? Une fin ? Un commencement ? Un recommencement ?

Très vite je sus face à cet homme. Il est vêtu d’un jean brut et d’une chemise noire. Un homme d’une trentaine d’années et d’une banalité affligeante. J’ouvre la bouche pour qu’en sorte une phrase hésitante et inutile, mais il me détourne la tête à cet instant.
— Bonjour, fis-je néanmoins, étonnée.
Il hésite, me répond.
— Bonjour.
Puis plus rien. J’attends qu’il me parle mais il fixe le bas des escaliers avec application.
— J’ai un message à délivrer dans cet immeuble, insisté-je.
— Il n’est pas pour moi, je n’attends pas de message.
— Vraiment ?
Et dans ma tête soudain une vois terrible tonne :
— Tu t’en fiches de celui-là. Monte encore.
Et ma propre vois s’exclame, alors que l’homme s’apprête à me répondre :
— Je m’en fiche de toi ! Je monte !
Et à grands pas, je reprends mon ascension. Au bout de quelques mètres, l’homme s’écrie :
— Nathalie !
Au rez-de-chaussée, une femme brune lui répond, les rient tous les deux, ils sont heureux de se revoir.
Et moi je monte encore. Je les laisse jouer à être amoureux en bas. Moi je dois prouver que je suis capable de trouver un appartement seule. Que je ne suis pas une assistée à qui il faut donner des conseils à chaque étape d’un parcours.
Je monte encore une volée de marches.
Je veux être forte et intouchable.
Que jamais plus il ne s’adresse à moi de cette manière, dans ma tête.

La porte est semblable aux autres. Seule la sonnette porte un signe noir, une petite étoile aux multiples branches. C’est discret.
Et ça me saute aux yeux, ça agresse mes sens, ça me hurle que cette porte est la bonne.
Je sonne.

Un homme m’ouvre. Jeune, habillé jogging.
— J’ai un message.
— De la part de ?
Je tourne les yeux vers le symbole de la sonnette et il suit mon regard.
Alors il s’écarte et me laisse entrer.
Je suis dans un appartement de bon goût, et un bar coloré s’ouvre sur le salon accueillant.
— Tu bois quelque chose ?
— Une limonade.
Je réponds par réflexe et caresse du regard la pièce lumineuse. Lui pendant ce temps ouvre son frigo et me sort une bouteille neuve de limonade. D’autres boissons de tous genres s’entassent là, sucrée, alcoolisée, plates ou à bulles… Un homme habitué à recevoir visiblement.
Mon verre rempli, et lui devant une canette de bière, nous parlons. Il me demande d’où je viens, mon âge, mais devant mon absence de réponse il aborde des sujets plus faciles, moins personnels.
Le temps de finir ma boisson – dont il me resserre généreusement – nous attaquons la politique et notre dégoût pour nos dirigeants.
Comme c’est facile de parler ce que l’on déteste.

Il s’excuse à mon égard et compose un numéro sur son téléphone. Il ne s’éloigne pas pour parler discrètement avec son interlocuteur. Toute la conversation m’est dévoilée.
— J’ai une invitée, tu crois pouvoir passer à la maison bientôt ?
C’est moi l’invitée !
— Ce soir ? Parfait. Oui on peut se déplacer. On arrive.
Il me fait signe de me lever, attrape des clés et une veste et quitte l’appartement, moi sur les talons. Mon cœur qui s’était calmé, rassuré par l’ambiance calme et la boisson sucrée, repart de plus belle et une sueur froide recouvre mon dos.
Cet homme agit naturellement. Il descend les marches quatre à quatre comme s’il se rendait à un rendez-vous galant et s’inquiétait de son retard. Et comble de l’ironie, il prend le temps de s’adresser à moi pour s’excuser :
— On se retrouve chez moi souvent, mais les autres sont déjà ensemble alors on ne va pas les faire se déplacer.
Dehors, nous montons dans sa voiture garée à quelques pas de la porte.
En conduisant, il adopte un air soucieux, sérieux. Il me jette un coup d’œil soudain scrutateur.
— Tu as été initiée ?
Sur mon visage doit se lire l’ignorance puisqu’il regarde à nouveau la route comme si je lui avais répondu.
Le trajet passe vite. Nous nous arrêtons devant une maison privée, belle possession immobilière. Nous entrons sans frapper et l’homme m’entraîne vers une pièce vide, assez sombre. Pas de meubles ici, juste des sièges sans fioriture. Et des personnes y sont assises, qui les jambes croisées, qui confortablement adossé. Ils ont l’air décontracté lorsque mon guide entre dans la pièce, mais lorsqu’ils me voient, tous se redressent et se tiennent droits, attentifs.
— C’est elle ? fait l’un d’entre eux, que je ne discerne pas.
Et l’absence de réponse est un consentement.
— Et bien, avance donc.
Alors je m’avance.
Je m’avance assez pour les voir. Des hommes, simples, beaux ou laids.
Je peux sentir leurs regards, ils sont doux et impatients, veulent contenir ce que je suis et comprendre ma présence là. Tous me regardent, sans exception.
— Tu as un message à nous délivrer ?
Mon téléphone dans la main, je parcours mes messages. L’un d’eux n’est pas ouvert.
Alors je l’ouvre.
Sans le lire encore, j’avale ma salive et les regarde encore. Ils me regardent. Ils sont là pour moi.
Mot pour mot, je lis le message qui scintille à l’écran. Il est bien court, d’une simplicité déconcertante, mais d’une puissance redoutable.
Ce message marque mon futur, et je sais que je serai enchaînée à jamais.
— Je suis son messager.
Enchaînée.
Je suis à lui.
Son messager.
Et je lève à nouveau les yeux, et les regards qui se posent sur mon être, mon âme, mon corps, sont forts et lubriques, purs parfois, désireux d’en savoir plus.
Je suis sienne donc toute puissante.
Je suis celle qui a vu le Mal et peut le décrire.
Je suis choisie par celui qui est le tout, la force pure et la beauté laide, l’invitation à voler les mille cieux que j’aperçois en lui.
Je suis celle qui, frappée de mutisme, lui a fait gage d’une obéissance aveugle.
Je suis.
Tous me regardent comme une noire divinité, je suis adulée et respectée, sainte parmi les déchus.
Je me sens chez moi.


Et bien voilà, je me serais assez amusée à l'écrire ce petit texte !
Merci de votre passage sur ce fil !
Maître, dois-je marcher vers la lumière ?

Je suis l'esprit qui toujours nie, et c'est avec justice, car rien n’existe en ce monde qui ne mérite d'être détruit.
MephistoPheles

j'ai perdu le Jeu !

 


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