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Le Monde de L'Écriture » Coin écriture » Textes courts (Modérateur: Claudius) » Antimorphée [Contenu Explicite]

Auteur Sujet: Antimorphée [Contenu Explicite]  (Lu 1325 fois)

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  • Tabellion
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Antimorphée [Contenu Explicite]
« le: 08 Août 2015 à 13:36:37 »
La fin du monde, enfin, quel soulagement ! Le réveil a été dur, après avoir été assommé par un son si lourd, que j’ai cru en mourir. Mes yeux s’ouvrent délicatement devant un ciel magnifique, qui s’embrase et se gangrène. Des nuages de flammes le couvrent, zébrés par d’épais éclairs. Je sue, à tel point que quelques gouttes atteignent mes yeux et me brûlent, mais je m’essuie et porte mes yeux exaltés vers le haut à nouveau. Derrière les remous du feu, des aurores se distinguent alors que le ciel est sombre, le soleil est couché à cette heure et je suis éclairé par l’enfer.
J’inspire délicatement, une odeur de jasmin et de thym me réconforte encore plus, bien qu’il n’y ait aucune fleur autour. Le sol est plat, sans intérêt pour mes yeux ; un gris monotone qui s’étend à l’horizon, tapissé de poussières de fer qui miroitent parfois, au rouge incandescent qui les surplombe.
La chaleur domine, et m’a dès lors dilapidé d’une fine couche de ma peau. Je marche en peignant, des petites gouaches de sang sur le sol, que mes pieds laissent généreusement. Je marcherais devant, à gauche ou à droite, ça serait la même chose ; j’avance d’un vide vers un autre. Sans me lasser, je continue mon art, j’allonge ma peinture à mesure que je fatigue. Grâce à moi le sol se réjouit de couleur, de multiples rouges mais aussi de quelques jaunes.
Les flammes s’apaisent, laissent les aurores s’exprimer, celles-ci sont d’autant plus belles, elles dansent en vagues magentas sans s’écraser sur nul rivage. Je suis ébahie, presque joyeux, si ce n’est que je me sens seul ; oublié par cette apocalypse, ou est donc mon jugement ? Où sont donc les autres, qui souffriraient avec moi ? Fort heureusement, les aurores sont là pour me bercer, le jasmin et le thym, cette poussière métallique, sur laquelle je considère dormir ; elle a bien l’air d’avoir besoin de moi ; en râpant ma peau, elle semble vouloir mon sang.
Une brise, la première à ne pas être infernale, viens soigner mon corps de ses peines si bonnement prodigués par la géhenne. Fatigué, je pense à m’allonger, peut-être même dormir, mais j’ignore quelle posture adopter ; j’ignore aussi combien d’heures sont passés, alors que le soleil ne semble vouloir se lever. Bien qu’il fasse sombre, les lumières alternantes des aurores éclairent ma peau, qui semble avoir retrouvé ce qu’elle avait perdu il y a de cela une durée, échappant à ma cognition.
Tel des tambours sonnant au loin, s’approchant graduellement, je sens en moi une peur naître, gagner de force, raisonnant sur les parois de mon crâne. Elle s’écoule sur moi, visqueuse, elle adhère à mon corps nu, pénètre par mes narines et inonde mes poumons. Je ne peux plus respirer cette douce senteur de jasmin ni celle du thym, étouffé sous cette peur, elle m’étrangle, je là combats ; mais le mieux que je puisse faire est d’immiscer quelques doigts entre ses mains et mon cou. Je me soulage quelque peu, mais je ne vis maintenant qu’en luttant. Un sourire arbore mon visage aliéné, quand je me rends compte d’une chose, ceci est la fin du monde ! Comment pourrais-je mourir ? Je ne lutte alors plus, je laisse l’émotion incontrôlable sur la selle noire de mon âme, elle ne fait à la fin qu’en chuter avilie, ridicule.
De temps à autres, quelques flammes hésitent à embellir le ciel, commencent à poindre puis s’évadent, comme si ce monde était devenu trop horrible, même pour elle. Ce monde, j’en ai déjà tout vu et je m’ennuie ; c’est alors qu’un toucher humain me bouscule fortement, et mes réflexes surpris, n’ont eu de temps pour répondre. Je me retrouve par terre, le sang s’échappant de moi, le traître ! Par toute la surface que j’offre, sans le vouloir, au sol. Après un temps de profonde déception, je me relève, me retourne mais ne vois personne. Aucune curiosité ne me poussera à d’autres questions, ça finir bien par s’éclairer.
Je ne marche plus depuis maintenant un certain temps, je me demande, d’ailleurs, si le temps existe toujours ! Et cette lutte contre ma peur m’a enlevé mon sommeil, ma dernière pièce d’humanité. Car la souffrance n’est pour moi à présent, qu’ennui et solitude, hormis cela, je ne sens plus rien, mais j’observe des tortures naturelles ; un corps mutilé puis régénéré. Nul faim ni soif, ça n’a aucun sens mais c’est ce que je vis, depuis un réveil dont la distance m’est inconnu.
Je décide, pour parer à la folie, d’écrire ou de dessiner par terre. J’en prends une poignée dans ma main, là laisse couler, elle afflue vers son lit, en emportant quelques étincelles de ma chair. A genou, sur un tapis d’un rouge qui noircit en s’éloignant de moi, j’écris quelques poèmes que j’avais appris avant. L’ennui s'accroît quand même, il se transforme en colère, en révolte devant cette injustice ; je ne saisis point ce que tout cela veut dire. J’hésite un instant, puis crie vers les cieux : « pourquoi ? » aucun son ne sort. Je frappe de mes mains mais aucun son, j’agite mes bras violemment, mais ne sens aucun vent ; l’air s’en est allé de moi.
Je m’effondre dans un fou rire, long et sans bruit. Si profond, qu’il m’était proche du sommeil, dans ce sens où il a altéré mon état de conscience. En me réveillant, j’abandonne, me jette sur le dos et ferme les yeux, je peux encore voir des aurores sans las, mais dont je me suis ennuyé. Un noir parfait, comble chaque recoin sans objet. Allongé, les grains de fer m’engouffrent amoureusement, alors qu’une fine pellicule, tiède de sang m’enveloppe ; ce fut mon premier confort, un cocon se créer autour de moi, mais pour quelle transformation ? J’ai sommeil, enfin ! Ça me remplis de joie, mais ceci m’enthousiasme, alors je perds un peu de sommeil, puis le retrouve, et ainsi de suite comme une pendule ; je titube jusqu’à me désanimer dans une douce somnolence.
Je dors sans songes, ça me repose pourtant. Et quand rasséréné, j’ouvre les yeux ; un rouge si dense, sombre aux coins de ma vision et clair, tellement clair au centre, avec de fines fibres de lumières qui dansent au loin, captive mes sens. Je suis immergé dans mon sang, j’ai dû dormir des siècles pour saigner ce lac, cette mer ? Serait-ce même un océan ? L’idée m’égaie alors que je nage vers le haut, aucune bulle n’échappe mes narines, ni ma bouche, je ne respire même pas ; suis-je un dieu ? Avant que je perce la surface tendu de mon œuvre, pour quelques fractions de secondes, le fluide se courbe suivant ma tête, se déchire tel un caramel pour à la fin permettre ma tête hors de lui. Je peux voir, c’est un lac, je suis un peu déçu. Mais aux rivages, ce qui me trouble, c’est cette incomptable nombre d’hommes aux visages terrifiés ; qui parfois se penchent pour boire, boire mon sang. Certains m’ont remarqué, ils me regardent avec leurs yeux que je n’arrive pas à distinguer du reste de leurs visages, tant ils sont sombres.
Ex nihilo, une voix familière traverse l’atmosphère pesante de ce chaos, comme une main elle me porte violemment. Je ne comprends pas ! Tout semble feindre ! Remplacé par une image, du noir et un bruit rouge. Je là reconnais cette vision, c’est là l’intérieur de mes paupières, j’ai les yeux fermé, pourquoi dois-je autant lutter pour les ouvrir ? La voix revient, avec un ton interrogatif cette fois. Je m’entends gémir, parler tout bas, alors que je veux hurler ! Retenir cette voix, qui me donne tant de joie.
Mes paupières se relèvent, je tremble extatique. Une femme est là, à mon chevet et semble m’aimer. Au fur des sensations qui refluent vers moi, mes mémoires aussi reviennent ; moi aussi je l’aime ! La voix retentit à nouveau, c’est la sienne : « trois mois, tu nous as quitté ! Trois mois dans ce coma et te voilà de nouveau chérie, tu m’es revenu « je veux répondre mais je ne peux qu’émettre des sons primitifs. Je souris alors et elle réplique aussitôt par le plus beau des sourires. Cette douceur me choque, après ce que j’ai vécu, apparemment dans  l’onirisme d’un comateux.
Ma vision est flou, sa beauté coupe la brume et je ne vois que son visage ; je n’entends que sa voix, qui ne cesse de me questionner, de s’exclamer en larmoyant. Un homme en blanc rentre, discute avec ma sauveuse un moment, alors que je remarque à côté de moi du jasmin et du thym qu’elle avait surement apporté. Ils quittent tous deux la pièce, après qu’elle m’ait lancé un dernier regard, en pressant sa main sur sa bouche. Bien qu’éreinté, j’ai peur de me rendormir.
L’homme en blanc revient, vérifie certains écrans puis, en s’adressant à moi, par un nom que je n’entends pas bien, il me dit de me reposer. Son teint vivant ; ses cheveux grisonnants négligemment lavés, qui dépassent un peu sur ses oreilles ; cette tâche de café sur sa blouse, qu’il n’a pas remarqué, me prouvent que le monde est toujours. Ces signes d’une vie complexe m’excitent, je veux vivre ! Mais avant, le docteur l’a dit : « il faut dormir ».

Hors ligne Mésange

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Re : Antimorphée [Contenu Explicite]
« Réponse #1 le: 08 Août 2015 à 14:45:05 »

 Lecture très intéressante, on plonge dans un univers très étrange, glauque, torturé, mais d'une manière, coloré dans son obscurité. La fin est inattendue, et étonnement douce.


 Par contre, il y a beaucoup de fautes d'orthographe et d'accord...  :/ Également quelques mots sont, je trouve, utilisés bizarrement, comme "dilapidé" et "durée".
 
 Ces petit détails mis à part, tu écris très bien, ton style est très élégant, riche et raffiné. Ce récit est hors du commun, unique, vraiment original et très imaginatif! Chapeau bas!  :)
La connerie humaine n'a d'égal que le manque de neurones des principaux concernés.

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  • Tabellion
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Re : Antimorphée [Contenu Explicite]
« Réponse #2 le: 08 Août 2015 à 16:35:58 »
Merci à toi Mésange :) c'est vrai que j'ai du travail à faire en matière d'orthographe, mais l'usage un peu bizarre des mots est intentionnel, parfois je prends quelques libertés littéraires.

Hors ligne extasy

  • Palimpseste Astral
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Re : Antimorphée [Contenu Explicite]
« Réponse #3 le: 08 Août 2015 à 20:58:45 »
Ok, c'est parti  ;)

Citer
Je suis ébahie, presque joyeux, si ce n’est que je me sens seul
ébahi

Citer
oublié par cette apocalypse, ou est donc mon jugement ?
Au début je me suis dit : "où", mais après je me suis dit que tu pensais à : "ou est-ce donc (là) mon jugement ?"

Citer
Une brise, la première à ne pas être infernale, viens soigner mon corps de ses peines si bonnement prodigués par la géhenne.
vient ; prodiguées

Citer
j’ignore aussi combien d’heures sont passés
passées

Citer
étouffé sous cette peur, elle m’étrangle, je là combats ;
la

Citer
De temps à autres, quelques flammes hésitent à embellir le ciel, commencent à poindre puis s’évadent, comme si ce monde était devenu trop horrible, même pour elle.
elles

Citer
Nul faim ni soif, ça n’a aucun sens mais c’est ce que je vis, depuis un réveil dont la distance m’est inconnu.
Nulle ? Nulles ? inconnue

Citer
J’en prends une poignée dans ma main, là laisse couler,
la

Citer
A genou, sur un tapis d’un rouge qui noircit en s’éloignant de moi,
genoux ?

Citer
ce fut mon premier confort, un cocon se créer autour de moi, mais pour quelle transformation ?
Je suis pas sûr que l'infinitif fonctionne

Citer
Ça me remplis de joie, mais ceci m’enthousiasme, alors je perds un peu de sommeil, puis le retrouve, et ainsi de suite comme une pendule ;
remplit

Citer
aucune bulle n’échappe mes narines, ni ma bouche, je ne respire même pas
n'échappe à mes narines ? ne s'échappe de mes narines ?

Citer
Avant que je perce la surface tendu de mon œuvre, pour quelques fractions de secondes, le fluide se courbe suivant ma tête, se déchire tel un caramel pour à la fin permettre ma tête hors de lui.
tendue ; je saisis pas comment une tête peut être permise  :D

Citer
Je là reconnais cette vision,
la

Citer
j’ai les yeux fermé, pourquoi dois-je autant lutter pour les ouvrir ?
fermés

Citer
trois mois, tu nous as quitté !
quittés ? (en gros quand je mets le point d'interrogation c'est que j'ai pas envie de me casser le cul à écrire "je suis pas sûr"  :mrgreen:)

Citer
Trois mois dans ce coma et te voilà de nouveau chérie,
chéri

Citer
« trois mois, tu nous as quitté ! Trois mois dans ce coma et te voilà de nouveau chérie, tu m’es revenu « je veux répondre mais je ne peux qu’émettre des sons primitifs.
Bug avec les guillemets

Citer
Ma vision est flou, sa beauté coupe la brume et je ne vois que son visage ;
floue

Citer
alors que je remarque à côté de moi du jasmin et du thym qu’elle avait surement apporté.
apportés ?

Citer
cette tâche de café sur sa blouse, qu’il n’a pas remarqué,
tache ? remarquée ?


Hop terminé !

Ok, bon c'est toujours bien hein, avec une fin intéressante, puis l'explication pour le jasmin et le thym qui reviennent trois fois si je me rappelle bien dans le texte, et tout et tout : bref j'aime ! T'as un pouvoir d'évocation que je t'envie sincèrement.
Mais (je suis sûr qu'à la façon dont j'ai tourné ma réponse, tu auras deviné qu'il y avait un mais  ;)) cette fois-ci, personnellement, je trouve que tu t'étales trop en longueur. Bon, c'est pas forcément mauvais, c'est même un truc de ouf comment t'arrives à en dire autant ; sauf qu'en t'étalant, tu perds par moments en fluidité et la lecture devient laborieuse. Faut donc affiner la technique encore plus que ça, si tu as l'intention de continuer sur cette lancée.
Sinon, pour changer, moi je te recommanderais d'écrire un texte avec plus d'action, des dialogues, des rebondissements, bref une intrigue et non plus la simple description d'un seul événement qui s'étale sur une certaine durée comme tu le fais présentement. Juste pour voir, je pense que ça serait un bon exercice pour toi d'essayer d'écrire une histoire où il y aurait alternance entre passages poétiques et inspirés et scènes plus ordinaire. Après tout, même Camus n'était pas tout le temps aussi intense dans ses textes (fin je n'ai lu que l'Etranger et la Peste hein  ^^).

A + !

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Re : Antimorphée [Contenu Explicite]
« Réponse #4 le: 08 Août 2015 à 22:21:54 »
C'est toujours aussi surprenant quand je vois la plupart de mes fautes d'orthographes, ça me surprends comment j'ai pu passer devant sans les voir ;D je vais de suite corriger.

Bien sur que je veux continuer! En fait dernièrement je pensais à introduire plus de dialogue, aussi multiplier les personnages et du coup leurs vues sur la scène. J'ai rien écrit de nouveau aujourd'hui après 5 nouvelles en 6 jours, je n'ai simplement pas de nouvelles idées qui valent le coup, mais ça viendra bientôt. C'est vrai que ça serait intéressant de diluer les descriptions et les quelques poésies par des pauses plus ordinaires comme tu dis, on verra ce que ça donne :) 

Au plaisir

Hors ligne extasy

  • Palimpseste Astral
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Re : Antimorphée [Contenu Explicite]
« Réponse #5 le: 08 Août 2015 à 22:27:16 »
5 nouvelles en 6 jours c'est vrai dis-donc ! Bravo pour l'énergie, j'aimerais bien pouvoir en faire autant  ><
Prends ton temps, et balance un truc nouveau quand tu te sens prêt.
A + !

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  • Tabellion
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Re : Antimorphée [Contenu Explicite]
« Réponse #6 le: 08 Août 2015 à 23:00:37 »
Je m'étais mis en tête d'en faire un recueil d'ici un mois environ qui avoisinerait une centaine de page, une sorte d'entrainement intensif :mrgreen:

 


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