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Le Monde de L'Écriture » Coin écriture » Textes courts (Modérateur: Claudius) » L'impossible se repaît de rêves égarés

Auteur Sujet: L'impossible se repaît de rêves égarés  (Lu 2024 fois)

World End Girlfriend

  • Invité
L'impossible se repaît de rêves égarés
« le: 22 Juin 2015 à 16:20:25 »
Bonne lecture  ;)






Quand il commence à faire beau sur Paris, les gens tristes rentrent chez eux la nuit. Pendant ce temps,  la bonne humeur s'agglutine en bord de Seine.
C'est important ça, de s'agglutiner. Parce que les amis, ils ont le pouvoir de souffler sur le coeur pour le tiédir. Qu'il fasse chaud ou froid, ils seront toujours là avec leurs bonnes bouilles et ces blagues pas drôles qui font pourtant sourire. Car les amis, c'est con mais aussi bon, surtout quand à l'intérieur, ben ça ne va plus trop.
Puis l'alcool coule lave la fatigue et ça fait comme une éruption de joie. De petites flammèches dans les âmes qui font briller la Seine, comme des poissons feu d'artifice imitant les étoiles. Les étoiles, il n'y en a plus trop dans ciel, mais je crois qu'elles voulaient juste se rapprocher des hommes, car j'en croise parfois dans leurs yeux, même que ça pétille picote mollement qu'on dirait un volcan ivre.
Moi, je n'ai pas beaucoup d'amis, enfin, pas du genre à traîner la nuit en bord de Seine. N'empêche que j'ai drôlement envie d'y aller, puis c'est triste de rester coincé entre quatre murs. Oui, sauf que je n'ai pas beaucoup d'amis, alors... saperlipopette ! ce n'est pas interdit de sortir seul tout de même !
Puis je ne le suis pas réellement, j'ai deux univers entre les mains. Dostoïevski dans l'une, dans un gros livre tout costaud comme un rustre russe. Et le mien dans l'autre, dans un vieux carnet raturé.
Alors j'arrive discrètement en bord de Seine, en me tapant la discute avec le vent pour pas faire l'asocial, puis je me pose dans un coin.
Là, je suis heureux.
Comme l'impression d'être en tête à tête avec la nuit.
La nuit, c'est une brune mystérieuse, avec une longue robe rouge, des lèvres encore plus rouges, et du vernis à ongles tout aussi rouge. Sa voix, c'est entre le murmure et le soupir, sombre et délicieuse. J'aime penser que l'air frais qui s'enroule autour de moi, c'est son haleine qui tente de me charmer pour que je reste éveillé à ses côtés. Je veux dire, imaginons que ce soit une chanteuse dans un bar miteux, la nuit n'aura pour auditeurs que des ivrognes et des types pas nets. C'est bien connu, les gens honnêtes dorment le soir. Sauf que ce n'est pas juste pour elle, car pendant ce temps-là elle se meurt toute seule, sans personne pour lui dire à quel point sa voix cassée de chagrin est quand même touchante, ou lui sécher le mascara qui lui coule des yeux parce qu'elle a trop pleuré de ne pas se faire applaudir à la fin.
Ben moi je dis non ! Je vais lui écrire un poème à la nuit, et ce sera tellement beau que tous les feux de Paris deviendront rouges, et le monde entier s'arrêtera pour l'écouter, l'admirer !
Puis même si elle paraît froide de premier abord, voici un secret : faut pas avoir honte de frissonner avec elle. Vous pourrez faire l'enfant à brailler dans les rues vides, les gens croiront juste que vous êtes soûl. Oui, elle est intime la nuit, elle est joueuse, elle ne fait pas de chichi, pas comme la blonde.
Alors je m'adosse sur un banc, avec le monde qui roucoule à mes oreilles, la Seine qui se dandine dans son lit douillet. Et des petits pieds qui passent à mes côtés.
Au printemps, y'a pas que les fleurs qui bourgeonnent, y'a aussi les petits pieds des demoiselles. Au début, ils sont tout pâlichons, tout impressionnés, même que les orteils s'étirent en vaguelettes, comme des ailes de colombes fraîchement libérées. Vu que je suis trop timide, je n'ai pas l'habitude de regarder les jolies filles dans les yeux, ni la poitrine, ni les hanches. Les pieds par contre ça rassure de suite, on se sent entre gens raisonnables, bien ancrés sur terre. Alors, quand j'aurai une dame à moi que j'aime et qui m'aime, je n'oublierai pas de faire des gili gili avec nos orteils. Car ils ont beau parler leur propre langage, parfois le dos arrive à capter des bouts de chuchotement. Du coup ça fait des décharges électriques qui font brrr, mais le brrr de plaisir, comme de se mettre sous la couette en hiver.
Soudain, quelqu'un s'arrête près de moi et s'exclame :
- Oh, un poète !
Je sursaute me pétrifie pendant qu'elle s'assoie et jette un coup d'oeil à mon carnet.
- Je comprends rien à ton écriture, t'arrives à te relire ?
Cette phrase, elle sort de la bouche de tous ceux qu'ont eu l'immense (et rare !) honneur de voir mes ébauches. Aucune exception, vraiment aucune. Mais bon, faut dire que j'ai le poignet joueur et que je suis un autodidacte du stylo. Oui Môssieur, parfaitement, j'ai appris à écrire tout seul !
Après, je dois avouer que je le fais un peu exprès, d'avoir une écriture qu'est déchiffrable que par moi, jugez plutôt :
- La nuit... c'est quoi le mot d'après ?
Oui, voilà, voilà pourquoi ! On se connaît depuis deux secondes et elle se met déjà à lire mon poème, et la pudeur de l'artiste, hein ? Non mais je vous jure, et toi ça te plairait que je m'incruste pendant que tu te déshabilles, dis ?
Bien sûr, tout ça c'est Monsieur Timide qui se la joue vierge effarouchée. Monsieur Garçon lui est plutôt content qu'une jolie fille l'ait appelé poète, puis juste qu'elle l'ait remarqué au fait, même si elle semble fichtrement ivre. Du coup, la combinaison des deux, garçon timide, ben elle ne sait plus trop comment agir. Ça tremblote, ça balbutie, ça fixe les orteils de la fille qu'ont l'air trop fatigués pour discuter. Puis avant qu'il ait pu articuler un mot elle se relève.
- En tout cas c'est cool ce que tu fais !
Et dépose un bisou sur ma joue. Pas le genre passionné qu'on dirait du feu, ni le cordial qu'on donne aux cousines même si au fond on est excité. Non, celui-là était juste tristounet de froideur. Alors je me dis que ses lèvres sont peut-être fatiguées, ou que c'est ma joue qu'a plus trop l'habitude. Ce serait fâcheux quand même, si c'est la joue.
Elle part, j'ose enfin la mater l'espace d'une seconde, bien vite. Une blonde aux cheveux très courts, un peu garçonne. Une blonde au beau milieu de la nuit, comme un éclair.
Le vent souffle fort et trifouille mes pores jusqu'à me grignoter les os. Plus une morsure jalouse qu'une caresse implorante, alors je rentre m'abriter chez moi. Je dis chez moi, mais je vois ça plus comme quatre murs me protégeant du froid qu'autre chose. Ma vraie maison est à des milliers de kilomètres d'ici, puis à quelques années dans le passé aussi. Quand l'espace-temps annihile ainsi tout espoir de retrouver Le moment, y'a pas moyen de combattre. Ce serait comme poser ma maigre poire face à Mayweather, nul doute qu'il me violerait avec le petit doigt. Ben là c'est pareil, du coup je me rabats sur les souvenirs, vu que j'ai bonne mémoire sensitive. Y paraît que c'est parfait pour les poètes, ça les remet dans les mêmes dispositions qu'avant, comme s'ils revivaient la scène mais sans le son ni l'image juste le coeur qui fait doki doki et l'âme qui frémit. Pourtant j'écris pas une ligne, je repense qu'à la blonde . Enfin, je veux y repenser mais je n'ose pas trop, car dans mon jardin intérieur les fleurs ont un regard inquisiteur.
Je n'arrive pas à dormir. Je choppe Dosto pour veiller avec lui mais il m'ennuie lui aussi. C'est vraiment toucher le fond, qu'un type aussi passionné ne puisse plus me faire vibrer. Une âme qui meurt ça doit ressembler à cela. Dehors c'est pareil, le calme plat, pas un souffle. Il nous faudrait un défibrillateur à tous les deux où l'on ne tiendra pas la nuit avant de s'évanouir complètement, mais ça sera peut-être mieux ainsi...
J'allume la radio, TSF jazz tiens. Une femme-nuit chante, je crois qu'elle fait le deuil d'un amour impossible. Ça me parle, je la comprends si bien que j'ai peur qu'elle ait pioché ses paroles dans mes pensées. On est pote avec l'impossible, on se connaît bien, il s'invite à chaque fois que je me cuisine de bons rêves, ceux qui sentent l'amour et la gloire, le petit fantasme enfantin. Il débarque et vide le plateau, du coup je ne rêve plus de rien maintenant. J'ai même peur de dormir, de voir à quel point mon inconscient est affamé, qu'il vomit tout ce qu'il ingurgite car il a peur de grossir, esprit anorexique boulimique consommateur excessif et sans plaisir, suicidaire qui crie les lèvres suturées.
Écrire, il me faut écrire maintenant. Je tricote mes prochaines lamentations et pour une fois c'est pas trop moche, sauf que l'encre sanglotte dans le papier qui veut pas l'embrasser. J'ai menti tout à l'heure, j'ai pas le poignet fuyeur et je fais pas exprès, c'est l'encre elle-même qui rend mon écriture illisible. Je crois qu'elle est dégoûtée de mes pensées, alors le papier n'est plus trop chaud pour l'accepter. Je la rassure en lui disant que les joues de Monsieur papier n'ont juste plus l'habitude, mais l'encre refuse de me croire. Et elle a raison, ouais. Cette fois, je pensais enfin tenir quelque chose de bien, mais c'est encore pire.
J'arrive plus à me relire. Le poème est perdu. Quelle importance vu qu'il était mauvais ? Et moi aussi, perdu, quelle importance ?
Je croise un fantôme dans le miroir, il s'arrache ses longues mèches noires jusqu'à s'ouvrir le cuir chevelu en deux, du sang lui coule sur le front.
Dehors, la blonde se réveille lentement, déploie sa lumière sur la ville.
Sauf qu'elle n'est pas ivre celle-là, me chuchotent l'impossible et mes fleurs voyeuses, elle n'a pas d'orteils à frotter aux tiens.
Le soleil réchauffe les hommes honnêtes avec leurs dents blanches au sourire éclatant, les fripouilles s'endorment comme des vampires ayant bien vidé la nuit de sa robe écarlate. Moi, je reste en position foetale dans un coin de ce faux chez moi. Yeux écarquillés sur le vide, me rongeant les ongles de peur.
À force de contempler le vide, peut-être que je disparaîtrai enfin.
Enfin.

« Modifié: 22 Juin 2015 à 19:05:10 par World End Girlfriend »

Hors ligne Oussri

  • Aède
  • Messages: 208
Re : L'impossible se repaît de rêves égarés
« Réponse #1 le: 22 Juin 2015 à 18:46:27 »
Salut WEG !

Citer
Les étoiles, il n'y en a plus trop dans ciel, mais je crois qu'ils voulaient juste se rapprocher des hommes,
Ils ? J'ai compris que c'étaient les étoiles, donc elles mais sinon...

Citer
en me tapant la discute avec le vent pour pas faire l'asocial
Je cite juste parce que j'adore.

Citer
- Je comprends rien à ton écriture, t'arrive à te relire ?
T'arrives

Citer
Du coup, la combinaison des deux, garçon timide, ben elle ne sait plus trop comment agir.
J'ai du mal à comprendre cette phrase. Elle, c'est la combinaison ?

Citer
que c'est ma joue qu'à plus trop l'habitude.
Qu'a

Lecture très agréable. Rien à redire là-dessus. Je me suis laissée emmener en balade. J'aime beaucoup les images que tu offres. Bon, la fin, je suis pas sûre d'avoir tout saisi. Mais le texte, dans sa globalité, est intéressant et vraiment joli. J'irai peut-être faire un tour pour discuter avec le vent et applaudir la nuit.

Au plaisir !
"Chat du Cheshire, quand je recommence à t'oublier, c'est toujours le souvenir de ton sourire qui disparaît en dernier." Gage

MillaNox

  • Invité
Re : L'impossible se repaît de rêves égarés
« Réponse #2 le: 22 Juin 2015 à 22:15:25 »
Salut !

au fil de la lecture....
Citer
Puis l'alcool coule lave la fatigue et ça fait comme une éruption de joie.
virgule après coule

Citer
Les étoiles, il n'y en a plus trop dans ciel, mais je crois qu'elles voulaient juste se rapprocher des hommes, car j'en croise parfois dans leurs yeux, même que ça pétille picote mollement qu'on dirait un volcan ivre.
dans le ciel
oui donc l'absence de virgule était volontaire juste avant, puisque tu le refais avec pétille picote. je trouve que ça ne va pas aussi bien avec le ton du texte que dans snow in summer. je verrais plus un "et" en rab entre les mot pour montrer une sorte d'enchainement rythmique accéléré, ou une virgule, ou un tiret pour faire une sirte d'agglomérat des deux verbes ?
et aussi une virgule entre mollement et qu'on

Citer
Moi, je n'ai pas beaucoup d'amis, enfin, pas du genre à traîner la nuit en bord de Seine. N'empêche que j'ai drôlement envie d'y aller, puis c'est triste de rester coincé entre quatre murs. Oui, sauf que je n'ai pas beaucoup d'amis, alors... saperlipopette ! ce n'est pas interdit de sortir seul tout de même !
Puis je ne le suis pas réellement, j'ai deux univers entre les mains. Dostoïevski dans l'une, dans un gros livre tout costaud comme un rustre russe. Et le mien dans l'autre, dans un vieux carnet raturé.
Alors j'arrive discrètement en bord de Seine, en me tapant la discute avec le vent pour pas faire l'asocial, puis je me pose dans un coin.
Là, je suis heureux.
Comme l'impression d'être en tête à tête avec la nuit.
:coeur: je trouve que c'est super fort émotionnellement. y a un truc qui touche extrêmement juste et fort. un mélange de joie et de tristesse qui tord et qui libère à la fois.  :mafio:

Citer
Les pieds par contre ça rassure de suite, on se sent entre gens raisonnables, bien ancrés sur terre.
^^
j'ai pas relevé tout ce qui précède, depuis à peu près le début du texte, mais je crois que je n'ai jamais lu un texte de toi aussi sensible. Je sais pas si ça va tenir jusqu'à la fin, mais là je suis bluffée, y a une force émotionnelle incroyable, ça donne une impression vraiment très intime avec le perso toutefois avec une ouverture au lecteur, on est dedans, tout est limpide, c'est vraiment très beau à vivre  :coeur:

Citer
Alors, quand j'aurai une dame à moi que j'aime et qui m'aime, je n'oublierai pas de faire des gili gili avec nos orteils.
que j'aimerai et qui m'aimera
guili-guili (même si on a déjà senti ce côté"naïf", là c'est peut-être un chouia trop ? "d'emmêler nos orteils" ou même utiliser le terme "chatouiller" me paraitrait plus sympa)

Citer
Alors je me dis que ses lèvres sont peut-être fatiguées, ou que c'est ma joue qu'à plus trop l'habitude.
qu'a

Citer
Elle part, j'ose enfin la mater l'espace d'une seconde, bien vite.
je vois bien que c'est monsieur garçon qui parle, mais c'est pas dans le ton ce "mater" si ? déshabiller du regard ?

Citer
Pourtant j'écris pas une ligne, je repense qu'à la blonde .
espace en trop après blonde

Citer
Il nous faudrait un défibrillateur à tous les deux où l'on ne tiendra pas la nuit avant de s'évanouir complètement, comme si l'on a jamais existé, mais ça sera peut-être mieux ainsi...
comme si l'on avait

tout lu.
Wow. j'ai déjà dit un peu au fil du texte. Tu nous livre complètement la sensibilité et les émotions de ton perso, le point de vue interne est extrêmement bien mené. Il est terrible son mal être...  :(
C'est un mélange assez fou, de très beau et de quelque chose qui brasse les entrailles.

merci pour ce texte.

Milla

World End Girlfriend

  • Invité
Re : L'impossible se repaît de rêves égarés
« Réponse #3 le: 23 Juin 2015 à 19:55:35 »
Merci à vous deux ! (les spameuses attitrées de ma boite mp  :mrgreen: )
Oussri si t'as pas tout saisi de la fin c'est loupé de mon côté, comme a dit Milla c'est le basculement de très beau au dérangeant qui donne sa véritable force au texte.

Hors ligne Oussri

  • Aède
  • Messages: 208
Re : L'impossible se repaît de rêves égarés
« Réponse #4 le: 23 Juin 2015 à 20:37:36 »
Citer
(les spameuses attitrées de ma boite mp  :mrgreen: )
Je vois pas de quoi tu parles... :-¬?

Citer
Oussri si t'as pas tout saisi de la fin c'est loupé de mon côté, comme a dit Milla c'est le basculement de très beau au dérangeant qui donne sa véritable force au texte.
Je tiens à te rassurer, j'ai bien remarqué l'évolution (faut pas abuser non plus hein !). Le fait est que ça m'a touchée, mais je sais pas pourquoi. C'est peut-être moi qui suis complètement neuneu pour le coup. J'ai surtout trouvé le basculement brutal. La fin est totalement opposée au début du texte. Je crois que je comprends les émotions du perso mais pas comment il évolue dans le récit (bon, même pour moi, c'est pas clair, si tu piges rien à ce que je raconte, c'est normal :huhu:). Breeef. Attends d'autres avis, j'ai le cerveau qui tourne au ralenti en ce moment :mrgreen:
"Chat du Cheshire, quand je recommence à t'oublier, c'est toujours le souvenir de ton sourire qui disparaît en dernier." Gage

Yawnek

  • Invité
Re : L'impossible se repaît de rêves égarés
« Réponse #5 le: 01 Juillet 2015 à 02:53:31 »
Ah ouais comme même, c'est hyper bien écrit, on dirait que rien n'a été laissé au hasard. Etant un gros débutant, je ne peux  rester    que stupéfait devant ça ...

World End Girlfriend

  • Invité
Re : L'impossible se repaît de rêves égarés
« Réponse #6 le: 01 Juillet 2015 à 15:52:21 »
Ben euh... merci ?
C'est bizarre que tu me dise ça car c'est bien un des textes que j'ai laissé aussi bruts que possible sans toucher à grand chose, mais hey, ça ne rends ton commentaire que plus cool, je suppose  :P

Hors ligne extasy

  • Palimpseste Astral
  • Messages: 3 099
Re : L'impossible se repaît de rêves égarés
« Réponse #7 le: 01 Juillet 2015 à 18:22:31 »
"Du coup, la combinaison des deux, garçon timide, ben elle ne sait plus trop comment agir."
Non c'est Monsieur Garçon et Monsieur Timide qui donnent Garçon Timide :mrgreen: bien trouvé quand même.

"Le soleil réchauffe les hommes honnêtes avec leurs dents blanches au sourire éclatant, les fripouilles s'endorment comme des vampires ayant bien vidé la nuit de sa robe écarlate. Moi, je reste en position fœtale dans un coin de ce faux chez moi."
C'est perso ma partie préférée. J'aime beaucoup cette fin.

En gros j'ai à peu près kiffé tout le texte. Ca change un peu de ce que j'ai déjà lu de toi, mais ça reste très bien quand même.

Bye !


milena-owein

  • Invité
Re : L'impossible se repaît de rêves égarés
« Réponse #8 le: 06 Juillet 2015 à 12:21:32 »
Salut,
Alors, heu, j'ai pas trop acroché, ça veux rien dire hein! je dis pas que j'ai pas aimé mais ça ne m'a pas vraiment touché ^^
Je pense que c'est en parti à cause du début trop naïf et positiviste à mon gout (on dirais une série de dicton sur l'amitié, peut-être à cause des jeux d'assonnance?). Je vois bien ce que tu as voulu faire: une progression vers le mal être. Tu part d'un passage qui donne le sourir pour entrainé le lecteur à sourir à un récit qui devien de plus en plus dérangeant jusqu'à bousculer son regard sur le texte. Du coup le début s'inscrit bien dans cette démarche (y comprit l'aspect stéréotypé) et je ne vois pas comment le modifier (peut-être en lui donnant une apparence un peu moins stérotypé?).
Le style que tu as chercher à créer (très littéraire et très oralisé en même temps) rend très bien les émotions de ton personnage (même si je trouve que ce style est moins efficace dans le début, on le discerne vraiment à partir du moment où ton perso s'instale dans le parc). Tu as lu Kafka sur le rivage? C'est un auteur japonnais qui a un style assez similaire au tien je crois. Si tu veux creusé dans cette direction ça pourrais être une bonne lecture, ou alors Voyage au bout de la nuit, de Céline (dans le genre littéraire mais oralisé c'est pas mal).
Sinon j'ai trouvé ton texte intéressant. C'est bien écrit et très musicale, on sent qu'il est maitrisé (tu veux faire passer quelque chose et tu réfléchit au moyen de le faire passer) mais si tu l'as peu modifier je pense que tu y gagnerais à en faire un V2 où tu réfléchirais aux effets que tu veux mettre en avant.
Voila, bonne continuation ^^
Je pense continuer à lire d'autres de tes textes pour me faire une meilleur idée de ton style et peut-être que mes prochains commentaires pourrons être plus précis.

World End Girlfriend

  • Invité
Re : L'impossible se repaît de rêves égarés
« Réponse #9 le: 06 Juillet 2015 à 14:14:26 »
A vrai dire je me doutai bien que ce genre de textes ne te toucherai pas, mais je suis quand même content que t'ai apprécié la musicalité.
Je vais voir pour le début, je suis du même avis.
Merci d'être passé  ;)

Hors ligne ernya

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Re : L'impossible se repaît de rêves égarés
« Réponse #10 le: 06 Juillet 2015 à 14:42:00 »
Citer
De petites flammèches dans les âmes qui font briller la Seine, comme des poissons feu d'artifice imitant les étoiles.
j'aime pô le mot âme, je le trouve trop grandiloquent pour ce dont t'es en train de parler

Citer
Les étoiles, il n'y en a plus trop dans ciel, mais je crois qu'elles voulaient juste se rapprocher des hommes, car j'en croise parfois dans leurs yeux, même que ça pétille picote mollement qu'on dirait un volcan ivre.
j'arrive pas à comprendre ton image de volcan ivre.
Peut-être aussi que tu veux en faire trop pour une même phrase, tu passes des étoiles/yeux au volcan ivre...

Citer
Moi, je n'ai pas beaucoup d'amis, enfin, pas du genre à traîner la nuit en bord de Seine. N'empêche que j'ai drôlement envie d'y aller, puis c'est triste de rester coincé entre quatre murs. Oui, sauf que je n'ai pas beaucoup d'amis, alors... saperlipopette ! ce n'est pas interdit de sortir seul tout de même !
j'ai un peu de mal avec ce passage, j'ai du mal à le raccrocher au reste, en fait. Genre le "saperlipopette", je comprends pas bien ce qu'il fiche là. Le narrateur est bourré ?

Citer
La nuit, c'est une brune mystérieuse, avec une longue robe rouge, des lèvres encore plus rouges, et du vernis à ongles tout aussi rouge. Sa voix, c'est entre le murmure et le soupir, sombre et délicieuse. J'aime penser que l'air frais qui s'enroule autour de moi, c'est son haleine qui tente de me charmer pour que je reste éveillé à ses côtés. Je veux dire, imaginons que ce soit une chanteuse dans un bar miteux, la nuit n'aura pour auditeurs que des ivrognes et des types pas nets. C'est bien connu, les gens honnêtes dorment le soir. Sauf que ce n'est pas juste pour elle, car pendant ce temps-là elle se meurt toute seule, sans personne pour lui dire à quel point sa voix cassée de chagrin est quand même touchante, ou lui sécher le mascara qui lui coule des yeux parce qu'elle a trop pleuré de ne pas se faire applaudir à la fin.
j'aime bien ce paragraphe, il m'a fait penser à l'AT du Mammouth 2

Citer
Ben moi je dis non ! Je vais lui écrire un poème à la nuit, et ce sera tellement beau que tous les feux de Paris deviendront rouges, et le monde entier s'arrêtera pour l'écouter, l'admirer !
même malaise que tout à l'heure, j'ai du mal avec le changement de ton

Je suis mitigée. Il y a des passages que j'aime bien, j'aime pas mal les allégories de la nuit et du jour. Par contre, je ne suis pas convaincue par les changements de tons au fil du texte. J'ai pas vraiment compris si c'était pour montrer que le mec est bourré/en transe ou autres, à la lecture, ça m'a vraiment gênée parce que j'ai trouvé les passages relevés moins bien écrits. Le registre oral te sied moins dans ce texte, je trouve. Si tu veux garder l'ambivalence des tons, peut-être que tu peux jouer davantage sur l'effet de rupture, pour qu'on la sente plus voulue que maladroite.
Bref, un peu comme milena, je pense que ce texte mériterait une V2 qui mettrait plus et mieux en valeur tes choix.  ^^
"Je crois qu'il est de mon devoir de laisser les gens en meilleur état que je ne les ai trouvés"
Kennit, Les Aventuriers de la Mer, Robin Hobb.

World End Girlfriend

  • Invité
Re : L'impossible se repaît de rêves égarés
« Réponse #11 le: 06 Juillet 2015 à 19:44:53 »
Ernya est passée chez moi  :aah: FUYEZZZ !

Bon, déjà, je ne vais pas modifier ce texte, car d'abord il est parfait et puis t'as tort et j'ai raison (alors je fais bien le troll ?  :mrgreen: )
Plus sérieusement, un volcan ivre c'est comme du Perrier, sauf que les bulles c'est des étoiles (oui, c'est sérieux  >< )
Je suis d'accord pour le saperlipopette, mais si ça peut te rassurer je n'ai pas besoin d'être ivre pour écrire ce genre de conneries (auto-clash, check)
Le second changement de ton par contre je l'aime bien, c'est une sorte de finale à l'intention de la nuit, avant de passer aux petits pieds (ça sonne bizarre dis comme ça  ::) )
Il semble y avoir un malentendu car j'ai rien voulu "montrer" et je n'ai pas choisi grand chose, c'est un peu de l'écriture automatique je veux dire, le fait que ça ait viré au glauque n'était pas prévu, c'est juste venu comme ça, donc je veux bien croire que c'est maladroit (et c'est pour ça que le "wah c'est maîtrisé" me laisse dubitatif), mais je le reprendrai un de ces jours c'est sûr.
Merci !  :D

 


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