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Le Monde de L'Écriture » Coin écriture » Textes courts (Modérateur: Claudius) » Monsieur Petit (version 2)

Auteur Sujet: Monsieur Petit (version 2)  (Lu 2396 fois)

Hors ligne Anashka

  • Plumelette
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Monsieur Petit (version 2)
« le: 20 Juin 2015 à 16:31:43 »
Ce texte est le premier que je publie ici. C'est une réécriture d'un texte rédigé en atelier. En l'état, il n'a pas eu d'autres lecteurs que Maman (qui nécessairement à aimer le fruit de son propre fruit). A titre perso, c'est la première fois que je suis un peu contente de ma plume (moins lyrique et pathos que ce que j'ai fait jusqu'à présent). Mais, bien entendu, tout retour sera le bienvenu, je ne vise qu'à m'améliorer. Je sais que mon orthographe est encore mauvais, ne me lapidez pas tout de suite, je continuerai les relectures pour le confort visuel. Merci d'avoir pris le temps de la lecture. :)

EDIT : Premières corrections : passage au présent, reprises de quelques phrases :) 




Monsieur Petit


Avant d’ouvrir les draps, Monsieur Petit  jette un dernier coup d’œil sur sa chambre. Tout était en place. Il y a bien trois radios-réveil : un sur la table de chevet, un sur la commode à côté de la fenêtre – ce qui obligera Monsieur Petit à se lever pour l’éteindre- et le troisième est caché sous le lit, à la hauteur de son oreiller. Pour être certain ne pas perdre de temps, Monsieur Petit a soigneusement plié son costume sur une chaise placée à hauteur du lit. Dans sa petite kitchenette, il a installé son bol pour le café, une cuillère et une boite de céréales allégées ; il faut dire que la bedaine de Monsieur Petit s’alourdissait à mesure que la quarantaine approchait. Tout est prêt pour arriver à l’heure à son entretien d’embauche. Non pas que ce travail l’exalte particulièrement -  il a même une certaine répugnance à s’imaginer sur cette entrée d’autoroute à jouer les agents de péage  - mais il en a besoin. Son chômage touche à sa fin et il commence à accumuler de sérieuses dettes. Il est essentiel, pour sa survie financière, qu’il arrive à l’heure à cet entretien.  Mais ce qui est essentiel, n’est pas nécessairement réalisable. Il y a des hommes qui naissent avec une malédiction qu’ils traînent toute leur vie, pour Monsieur Petit c’était son incapacité à arriver à l’heure. Oui, Monsieur Petit souffrait de retard chronique.

Dès sa naissance, son destin fut scellé. Non seulement il déclara son envie de voir le monde à dix mois de grossesse, mais il fallut près de cinquante-six heures pour qu’il voulût bien sortir du ventre de sa mère agonisante. Le gynécologue fut si surpris de découvrir pareil cas d’école qu’il appela tous les internes à venir contempler la tant attendue sortie du retardataire. Ce ne fut qu’après le dernier soupir de sa mère, que Monsieur Petit vit le jour, sous les applaudissements fiévreux des internes. Son père, effaré par le talent involontairement meurtrier du nourrisson, refusa de le reconnaître. L’enfant fut envoyé à la DASS, où il arriva deux ans plus tard ; une erreur administrative avait entraîné la perte de son dossier. Ce qui se passa pendant les deux premières années de la vie de Monsieur Petit, personne ne le sut. Toujours est-il qu’on le retrouva, gambadant sur ses petites jambes dans la maison d’un vieux grabataire qui se pensait le descendant direct de Lancelot du Lac.  Avec le temps et malgré les soins de l’équipe médico-psychologique de l’établissement dans lequel Monsieur Petit était hébergé, sa tare s’aggrava. Quand bien même il passait la récréation devant la porte de la classe afin d’être certain de ne pas louper la sonnette, il était toujours le dernier en cours. Forcément sa scolarité en prit un coup, il redoubla plusieurs fois pour finir dans un CAP quelconque qu’il n’eut pas pour faute d’absence à l’examen, la ligne de métro s’étant ce-jour là totalement bloquée à cause d’un Teckel suicidaire au moment même où il entrait dans la rame. Côté amitié,  Monsieur Petit, n’eut pas beaucoup plus de chance. Ayant toujours un temps de retard sur les tendances, les technologies et même les sujets de conversation, il devint le bouc émissaire favori du foyer dans lequel il priait désespérément pour que les filles, au moins, s’intéressent à lui malgré sa puberté tardive.  Il devint un homme, un jour, au hasard d’une première cuite qu’il eut seul et qui le conduisit entre les cuisses maigrelettes d’une dame de Pigalle. Et, pour la première et unique fois de sa vie, il fut précoce. Cet événement finit de désespérer complètement Monsieur Petit. Il ne savait pas pourquoi, mais la vie lui en voulait. Les années passèrent, il perdit plus de boulot qu’il n’en gagna. Il vécut quelques amitiés érotiques épisodiques qui le ruinèrent. Il réussit, tout de même, à voler au temps quelques petites victoires et avec l’âge, il se consola avec l’idée qu’il était un battant et que quoi qu’il puisse voir dans la vie il continuerait à tout mettre en place pour enfin arriver à l’heure.

Mais Monsieur Petit ne se leurrait pas, il savait qu’il ne se réveillerait pas à l’heure le lendemain matin. Même si les réveils-matins se décidaient enfin à sonner le bon jour, il se renverserait assurément son café sur les genoux ce qui le forcerait à devoir se changer. Forcément, la braguette de deux de ses pantalons lâcherait et, n’en n’ayant pas d’autre, il passerait beaucoup trop de temps à les réparer. Il louperait son bus. Il y aurait nécessairement une bagarre au couteau dans celui qu’il pourrait enfin prendre, pourquoi pas un mort, comme ça avait été le cas lors de son dernier entretien. La police devrait intervenir. Quand il pourrait enfin quitter le bus, il se ferait sans aucun doute braquer  par une sexagénaire véreuse, il devrait alors appeler pour la dix-huitième fois sa banque afin d’annuler sa carte bancaire. Toutes les lignes seraient occupées. Et comme la grêle tomberait, bien que ce soit rare au mois de juillet, il devrait s’abriter dans un café qui organiserait évidemment la réunion annuelle des anciens élèves homosexuels de la Sorbonne.  Il devrait  se débarrasser de prétendants malvenus  et, comme Monsieur Petit est un homme poli, il n’oserait pas opposer de refus brutaux aux verres aimablement proposés. Et, ça continuerait ainsi jusqu’au lendemain matin, quand les trois réveils se mettraient enfin à sonner. Tout ça, Monsieur Petit le savais. Quand la vie avait une dent contre nous, on ne peut pas en sortir vainqueur. Mais Monsieur Petit refusait de se mettre à genoux, il ne voulait pas offrir de victoire trop facile. Alors, encore une fois, il allait tenter sa chance pour être à l’heure quelque part.

Allongé dans son lit, Monsieur Petit boit la camomille qu’il s’est préparé,  ouvrit les draps de son lit, s’allongeât à l’intérieur, éteint sa petite lampe de chevet et s’endormit aussitôt, prêt à mener une nouvelle bataille.

Le lendemain, à sa grande surprise, le premier réveil sonne. Les yeux boursouflés, il l’éteint, lui et les autres. Sans encombre il se lève du lit et sans encombre il enfile ses vêtements et pantoufles. Ça lui fait quelque chose à Monsieur Petit, ce n’est pas tous les jours qu’il arrivait à ce stade de la journée sans qu’une catastrophe ne se fut produit. Il se rend prudemment dans sa cuisine. Rien n’a pris feu, où il n’y a pas eu de cambriolage, où aucun SDF n'a décidé de mourir dans son jardin et personne ne vient le prendre en otage comme cela avait été le cas l’année dernière quelques heures avant un rendez galant trouvé sur le web, journée noire ayant provoqué l’achat d’un petit revolver que Monsieur Petit planquait négligemment dans sa table de chevet. Non, rien ne se produit en cette matinée. Tout va pour le mieux.     

Monsieur Petit prépare son café sans s’ébouillanter et le boit sans se brûler. Ce qui commence sérieusement à l’inquiéter. Une journée qui commence si bien ne pressent rien de bon. Très lentement, il se dirige vers son velux et, très lentement,  il le relève. Rien. Pas de grêle, pas de neige, pas de dépôt incongru de briques devant la porte, pas même un animal agonisant. Rien qu’un joli soleil. Monsieur Petit panique. Il se dirige en tremblant vers la télévision, pour savoir s’il n’y a pas eu d’épidémies mondiales ou d’attentats ou que sais-je. Non, rien. Et, à sa surprise la plus totale, il s’est  même réveillé le bon jour ! C’en est trop pour Monsieur Petit, il se sent maintenant vraiment mal. Quelque chose d’affreux doit l’attendre dehors. Oui, quelque chose d’affreux va se produire. Quelque chose de si affreux que la vie a décidé d’épargner sa matinée. Un pressentiment terrible envahit Monsieur Petit, il comprend : c’était aujourd’hui le jour de sa mort. Si la vie l’épargnait ce n’est que pour mieux le tuer. Elle s’est lassée de leurs petits jeux de hasard, maintenant elle va l’éliminer tout à fait.

Malgré le choc de la découverte, Monsieur Petit ne se laisse pas berner aussi facilement. Il ne s’est jamais mis à genoux et maintenant, la vie croit qu’elle peut se débarrasser de lui si facilement ? Qu’il ne voit rien ? L’idée le rend fou, il commence à marmonner « Elle ne m’aura pas comme ça. Non, elle ne m’aura pas comme ça ! » en faisant les cent pas dans son minuscule appartement. D’un coup, une idée brillante de perversité le traverse : il sait ce qui lui reste à faire. Il se dirige droit dans sa chambre, ouvre sa table de chevet, sort son revolver, le regarde une seconde en tremblant un peu et puis il se dit :  « Elle ne m’aura pas. Cette fois, c’est moi qui aurais le dernier mot ! ». Il pose le revolver sur sa tempe et tire.

Monsieur Petit meurt au moment exact où la balle traverse son crâne, ni avant, ni après. Oui, pour la première fois de sa vie Monsieur Petit est pile à l’heure.
« Modifié: 25 Juin 2015 à 15:04:00 par Anashka »

Hors ligne EthanB

  • Tabellion
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Re : Monsieur Petit
« Réponse #1 le: 20 Juin 2015 à 19:01:37 »
Bravo, j'ai pas décroché du début à la fin ! C'est bien écrit et c'est agréable à lire  ^^

Par contre au dernier paragraphe ont vois carrément venir la chute. Mais la phrase de fin relève le niveau de celle-ci.

Et puis peu importe si la chute n'est pas des plus surprenante : l'histoire en elle même est truffé de réflexions universelle qui peuvent faire mouche et ramener le lecteur à sa propre personne (et ce fut mon cas, bien plus profondément que tu peux le penser !). De plus certains passages sont drolatique (j'entend par cet ajout de -ique le fait que je souris sans toutefois m'esclaffer en face de ton récit).

Par contre, même si je peut comprendre l'idée qu'il se tue lui même en suivant sont instinct qui lui prédit de toute façon une mort certaine. Je me dis, que, quand même il aurait pût essayer de voir si la journée aller tout simplement se déroulé sans encombre ! Mais dans ce cas la, pas d'histoire, pas vrai ?

Il y a aucun passage choquant mais deux maladresse à mes yeux (même si c'est trèèèès léger et relatif) :

-Quand tu raconte ce qui est capable de lui gâcher une journée, tu parle d'une bagarre, voir d'un suicide, d'un vol et d'une pluie de glaçon puis...de s'abriter dans un bar lors d'une soirée gay friendly. Ça fait un peu tache sur le coup, comme-ci c'était aussi grave qu'un mec qui se suicide en passant sous le bus.

-Puis le fait de s'être fait voler, ou de se faire prendre en otage ou...qu'un SDF viennent mourir chez lui : Un peu comme un chien vient mourir dans un endroit familier. J'ai eût l'impression que le SDF est dépeint comme un animal, une bête malade avant d'être un homme avec sa dignité et sont intelligence.
« Modifié: 20 Juin 2015 à 19:03:29 par EthanB »

Hors ligne Anashka

  • Plumelette
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Re : Monsieur Petit
« Réponse #2 le: 20 Juin 2015 à 19:27:48 »
Tu penses qu'en allongeant la journée, en faisant monter la parano et la folie et les tentatives de raisonnement du bonhomme, même si la chute est prévisible, ça passerait mieux ? (Hypothétiquement, je ne suis pas certaine d'avoir pour le moment le souffle de passer les trois pages word).

Bien vu pour la réunion gayfriendly, dans ma tête c'était l'échelle de mesure de Monsieur petit, comme pour le SDF. Donc, soit je change la tournure pour faire comprendre que ça vient de Monsieur petit, soit j'élimine simplement... J'ai bon ?

Hors ligne EthanB

  • Tabellion
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Re : Re : Monsieur Petit
« Réponse #3 le: 20 Juin 2015 à 19:45:24 »
Tu penses qu'en allongeant la journée, en faisant monter la parano et la folie et les tentatives de raisonnement du bonhomme, même si la chute est prévisible, ça passerait mieux ? (Hypothétiquement, je ne suis pas certaine d'avoir pour le moment le souffle de passer les trois pages word).

Bien vu pour la réunion gayfriendly, dans ma tête c'était l'échelle de mesure de Monsieur petit, comme pour le SDF. Donc, soit je change la tournure pour faire comprendre que ça vient de Monsieur petit, soit j'élimine simplement... J'ai bon ?

Olala, c'est juste des remarques hein ! Tu ne dois pas changer tout ton texte en fonction de ce que chacun en pense, prend tes propres décisions ! Ne laisse pas les autres influencer ton récit, qui est déjà bon en l'état.

Je pense pas que tu es à éliminer ses deux "maladresses" (à mes yeux, probablement pas à ceux des autres) qui peuvent être mal perçu mais que tu peux aisément justifier par un "vous avez mal interprété"  :mrgreen: et ça peut être le cas, puisqu'il y a des tas d'interprétations possible. Et je pense pas que tu es écrit ça en mal, loin de la.

C'est vrai que la période panique est courte et qu'il lui en faut peu pour se tirer une balle à se pauvre Monsieur Petit. Toutefois je ne suis pas sur que l'allongé soit gage d'amélioration pour le récit. Puisque tout d'abord le texte se doit d'être cours dans cette section. Et en plus, parce que si ont devine la chute, faire mousser celle-ci ne la rend que plus irritante.

J'ai l'impression que tu ne vois que les remarques négative, détend toi, c'est un très bon début, j'ai apprécier ton texte au final  ;)

En ligne Rémi

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Re : Monsieur Petit
« Réponse #4 le: 20 Juin 2015 à 19:47:18 »
Salut Anashka,
Sympa ce premier texte. Je croyais que la chute serait qu'il est effectivement embauché comme agent de péage d'autoroute...
Bref, je ne l'ai pas vue venir, mais d'un autre côté elle m'a un peu déçue cette chute. Sur la forme elle pourrait arriver de façon plus sèche, sur le fond, elle ne fait pas vraiment "briller" le texte.

Concernant l'ortographe, tu n'as pas trop de problème, par contre, niveau conjugaison...

C'est parti pour le détail :

Citer
Dans sa petite kitchenette, il avait installé son bol pour le café, une cuillère et une boite de céréales allégées, il faut dire que la bedaine de Monsieur Petit s’alourdissait à mesure que la quarantaine approchait.
Je mettrais un point après "allégées"

Citer
les agents de péages
péage au singulier, non ?

Citer
Il était essentiel, pour sa survie financière, qu’il arriva
arrivât  (subj imp)
(il est essentiel qu'il fasse => là tu vois le subj ; si tu passes au passé, subj imp)

Citer
l y a des hommes qui naissent ainsi, avec une malédiction qu’ils trainent toutes leurs vies,
toute leur vie (ils ont chacun une vie)

Citer
mais il fallut près de 56 heures pour qu’il voulut bien
voulût (idem, subj imp) (et mieux vaut écrire cinquante six)

Citer
contempler la tant attendu sortie du retardataire.
attendue

Citer
soupir de sa mère, que Monsieur  Petit vit le jour,
deux espaces entre Monsieur et Petit

Citer
L’enfant fut envoyé à la DASS, dans laquelle il arriva deux ans plus tard ;
arriver dans la DASS, bof

Citer
Toujours est-il qu’on le retrouvât,
là c'est pas du subj imp (tjrs est-il qu'on le sait   - et pas sache)

Citer
Forcément sa scolarité en pris un coup,
prit

Citer
moment même ou il entrait dans la rame.


Citer
n’eut pas beaucoup plus de chances.
pourquoi au pluriel ?

Citer
il devint le bouc émissaire favori du foyer dans lequel il priait désespérément pour que les filles, au moins, s’intéressa à lui malgré sa puberté tardive.
s'intéressent

Citer
qu’il eut seul et qui le conduit
conduisit

Citer
Cet évènement fini de désespérer
finit

Citer
Les années passèrent, il perdu plus
perdit

Citer
Il réussit, tout de même, à voler aux temps
au (?)

Citer
Mais Monsieur Petit ne se leurrait pas, il savait qu’il ne se réveillera pas à l’heure le lendemain matin. Même si les réveils-matins se décidaient enfin à sonner le bon jour, il se renversera
réveillerait / renverserait et idem pour tout le paragraphe

Citer
Il bu la camomille légère qu’il s’était préparé
but / préparée

Citer
s’allongeât à l’intérieur, éteint sa petite lampe de chevet
allongea / éteignit

Bon, je dois filer, je te laisse tenter de revoir la conjugaison de la fin du texte, si tu veux une correction je repasse un de ces jours.

En tout cas, c'est un chouette texte. Ça manque un peu de polyphonie* mais pas de légèreté (sauf la fin), tu pourrais peut-être tenter une fin plus "absurde". Peut-être qu'écrit au présent ce serait plus vivant et moins raconté, je sais pas...

A+
Rémi

* blague kundérienne...


Edit : moi ça m'a fait rire de le voir se faire accoster... par contre, effectivment le SDF passe moins bien.
« Modifié: 20 Juin 2015 à 19:49:02 par RémiDeLille »
Le paysage de mes jours semble se composer, comme les régions de montagne, de matériaux divers entassés pêle-mêle. J'y rencontre ma nature, déjà composite, formée en parties égales d'instinct et de culture. Çà et là, affleurent les granits de l'inévitable ; partout les éboulements du hasard. M.Your.

Hors ligne Anashka

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Re : Monsieur Petit
« Réponse #5 le: 21 Juin 2015 à 11:30:23 »
@EthanB : Non, je ne vois pas que les défauts  :D Je suis même toujours plutôt contente de ce texte, j'ai dépassé un truc avec. Vu que c'est le seul que j'ai posté, ça ne ne se voit pas, mais il est pour moi gage de progression. D'habitude, je m'embarque facilement dans le pathos-lyrique et le rendu est "lourd". Là, je touche à autre chose. Bref, dans mon ordre de grandeur, il rentre dans le top 5 des trucs que j'ai écris et que j'aime bien.  :)

Après, il est vrai que j'ai envie d'avancer et qu'effectivement les deux points de fond que tu soulève me turlupine.
1. Pour la soirée "gay friendly"
Citer
Et comme la grêle tomberait, bien que ce soit rare au mois de juillet, il devrait s’abriter dans un café qui organiserait évidemment la réunion annuelle des anciens élèves homosexuels de la Sorbonne.  Il devrait alors,  se débarrasser de prétendants malvenus  et, comme Monsieur Petit est un homme poli, il n’oserait pas opposer de refus brutaux aux verres aimablement proposés.

Est-ce que ce petit mot "alors" suffit à faire comprendre que ce qui emmerde Monsieur Petit, c'est de ne pouvoir s'échapper de cette fête (où, en plus, il n'a aucune chance de croiser la femme de sa vie, étant banalement hétéro) ?

2. Pour le SDF, après une nuit de sommeil, je suis mitigée. A titre perso, bien entendu que le manque de domicile ne joue pas sur la dignité humaine d'un homme. Mais, le narrateur de ce texte n'est pas "moi", si je devais me le figurer, ce ne serait pas même une femme. La moyenne des gens, à mon sens, n'aime pas beaucoup les SDF, ils ne voient pas de grandes différences entre un "animal agonisant" et la représentation qu'ils ont d'un sans domicile "qui pue la pisse et le mauvais vin". Combien en héberge chez eux l'hivers pour respecter, justement, leur dignité ? Mon narrateur est "moyen", il voit aussi ce "SDF" comme un parfait inconnu qui ressemble à tous les SDF (anonymisé par cet acronyme justement), et qui vient crever chez Monsieur Petit comme s'il n'avait rien de mieux à faire. Branlette de cerveau ?

Merci de ton retour, qui m'aide à préciser mon idée/envie


@RemiDeLille :

1. J'ai repris le paragraphe au conditionnel (c'est ça?), mais pourquoi ça me fait mal aux yeux ? (Mon niveau de conjugaison est très bas, et malgré l'aide une recherche "besherelle internet", je ne comprend pas le/les temps que je dois utiliser pour ce passage.)
2. Je note l'idée de passer au présent les passages qui se passent au présent. Je vois ça dans les jours qui viennent (je veux me faire une lecture haute-voix, présent avant de reprendre ma conjugaison, si ça marche mieux)
3. Qu'est-ce que tu entends par "chute plus brutale" ? Ce texte vient du narem de départ ("imposé") "Comme Mr Petit était toujours en retard, il se fit sauter la cervelle". Donc, le fond, je n'y touche pas. En revanche, je vois bien que c'est un peu "rapide" ou "capillotracté", sous cette forme.

Merci pour ton temps et ton aide précieuse.


Bref, reste la chute, on va voir si la Muse de la cohérence vient toucher mon âme d'ici les jours qui viennent. :)

Hors ligne Dewen

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Re : Monsieur Petit
« Réponse #6 le: 21 Juin 2015 à 11:49:41 »
Salut !
Voilà une étrange histoire de laquelle je n'ai pas décroché. Après, si je veux chercher la petite bête, je te dirais qu'un mec aussi malchanceux n'existe pas. Mais c'est si bien écrit qu'au final je m'en fiche un peu. J'ai beaucoup aimé tout le paragraphe sur ce qui pourrait arriver, avec le mort dans le bus, etc. J'ai souri, la chute m'a surprise mais en même temps il fallait s'y attendre avec cette paranoïa...
Bref, bravo :) !


"Ce que j’aime par-dessus tout en Gwendalavir, outre la salade de champignons, c’est l’inutilité du mot impossible."
Merwyn Ril'Avalon
(La quête d'Ewilan, Tome 2 : Les frontières de glace de Pierre Bottero)

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Hors ligne Calegal

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Re : Monsieur Petit
« Réponse #7 le: 21 Juin 2015 à 19:14:29 »
Salut Anashka et bienvenue sur le forum  :P

Citer
Je sais que mon orthographe est encore mauvais, ne me lapidez pas tout de suite
T'inquiètes pas ici on fait pas ça, ou je serais déjà mort depuis longtemps  :D

Remarques au fil de ma lecture :

Citer
Avant d’ouvrir les draps du lit
Citer
un sur la commode en face du lit
Citer
était caché sous le lit
Citer
chaise placée à hauteur du lit
Un peu trop de "lit" dans ce premier paragraphe  :)

Citer
il commençait à accumuler des dettes sérieuses
J''aurais plus dit "de sérieuses dettes", ce serait plus joli.

J'aime beaucoup, ton style est très agréable à lire. Contrairement à Ethan je n'ai pas du tout vu venir la chute, j'aurais pensé qu'il allait juste se recoucher et laisser passer la  journée.
C'est très original comme idée, bravo  _/-o_

A+ et au plaisir de lire d'autre de tes écrits  :D
"Le livre n'appartient plus à celui qui l'a écrit, mais à ceux qui le lisent." Modiano
"L'abus des livres tue la science. Croyant savoir ce qu'on a lu, on se croit dispensé de l'apprendre. Trop de lecture ne sert qu'à faire des présomptueux ignorants." J.J Rousseau

En ligne Rémi

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Re : Monsieur Petit
« Réponse #8 le: 21 Juin 2015 à 20:03:09 »
Salut Anashka,

La suite :
Citer
Tout ça, Monsieur Petit le savais. Quand la vie avait une dent contre nous, on ne peut pas en sortir vainqueur.
le savait
et pb de concordance dans la phrase qui suit. (je mettrais tout au présent)

Citer
Il bu la camomille légère qu’il s’était préparé, ouvrit les draps de son lit, s’allongeât à l’intérieur,
but
allongea

Citer
il l’entendit et pu l’éteindre,
put

Citer
il enfila ses vêtements et pantoufle.
il est unijambiste ?
je mettrais vêtements et pantoufles ou les deux articles mais un seul sur les deux c'est bizarre

Citer
sans qu’une catastrophe ne se fut produit.
produite

Citer
où aucun SDF avait décidé
n'avait (comme le légume  :mrgreen:)

Citer
Monsieur Petit prépara son café sans s’ébouillanter et le bu sans se brûler.
but

Citer
Quelque chose d’affreux devait l’attendre dehors. Oui, quelque chose d’affreux allait se produire. Quelque chose de si affreux que la vie
qualque chose d'affreux x3, ça passe, ça accentue, tu fais comme tu le sens

Citer
en faisant les cent pas
cents

Citer
’est moi qui aurais le dernier mot ! ».
aurai (futur)

Bon, la chute est vraiment pas mal.

Citer
Monsieur Petit mourut.  Il mourut au moment exact où a balle traversa son crâne, ni avant, ni après. Oui, pour la première fois de sa vie Monsieur Petit était pile à l’heure.
j'enlèverais le "Monsieur Petit mourut", ça aurait plus d'impact.
=> Monsieur Petit mourut au moment exact...

Chouette texte donc.
L'histoire est racontée d'un point de vue un peu trop externe je trouve, mais c'est vraiment sympa néanmoins.

A+
Rémi
Le paysage de mes jours semble se composer, comme les régions de montagne, de matériaux divers entassés pêle-mêle. J'y rencontre ma nature, déjà composite, formée en parties égales d'instinct et de culture. Çà et là, affleurent les granits de l'inévitable ; partout les éboulements du hasard. M.Your.

Hors ligne Anashka

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Re : Monsieur Petit
« Réponse #9 le: 25 Juin 2015 à 15:03:11 »
J'ai tenté une deuxième version, mais je n'en suis pas contente.
- la chute me semble encore trop rapide, il manque une ou des étapes...?
- je ne suis pas sûre d'avoir donnée la bonne voix à Monsieur Petit...?
- peut-être que sa voix devrait apparaître avant...?
- le "drolatique" disparaît encore...?
En fait, j'ai du mal à relier mon texte et ma chute.

Par contre :
- la montée de l'angoisse de Monsieur Petit me semble plus réaliste...?
- on rencontre mieux le personnage...?
- et je commence à approcher la logique du geste..?

Si vous avez des retours, commentaires, conseils pour commencer à y voir quelque chose dans une version 3, dites moi.  :)

EDIT : merci pour les précédents retours. :)
Merci !  :-[



MONSIEUR PETIT

Avant d’ouvrir les draps, Monsieur Petit  jette un dernier coup d’œil sur sa chambre. Il y a bien trois radios-réveil : un sur la table de chevet, un sur la commode à côté de la fenêtre – ce qui obligera Monsieur Petit à se lever pour l’éteindre- et le troisième est caché sous le lit, à la hauteur de son oreiller. Pour être certain ne pas perdre de temps, Monsieur Petit a soigneusement plié son costume sur une chaise placée à hauteur du lit. Dans sa petite kitchenette, il a installé son bol pour le café, une cuillère et une boite de céréales allégées ; il faut dire que la bedaine de Monsieur Petit s’alourdie à mesure que la quarantaine approche. Tout est prêt pour arriver à l’heure à son entretien d’embauche. Non pas que ce travail l’exalte particulièrement -  il a même une certaine répugnance à s’imaginer sur cette entrée d’autoroute à jouer les agents de péage  - mais il en a besoin. Son chômage touche à sa fin et il commence à accumuler de sérieuses dettes. Il est essentiel, pour sa survie financière, qu’il arrive à l’heure à cet entretien.  Mais ce qui est essentiel, n’est pas nécessairement réalisable. Il y a des hommes qui naissent avec une malédiction qu’ils traînent toute leur vie, pour Monsieur Petit c’était son incapacité à arriver à l’heure. Oui, Monsieur Petit souffrait de retard chronique.

Dès sa naissance, son destin fut scellé. Non seulement il déclara son envie de voir le monde à dix mois de grossesse, mais il fallut près de cinquante-six heures pour qu’il voulût bien sortir du ventre de sa mère agonisante. Le gynécologue fut si surpris de découvrir pareil cas d’école qu’il appela tous les internes à venir contempler la tant attendue sortie du retardataire. Ce ne fut qu’après le dernier soupir de sa mère, que Monsieur Petit vit le jour, sous les applaudissements fiévreux des internes. Son père, effaré par le talent involontairement meurtrier du nourrisson, refusa de le reconnaître. L’enfant fut envoyé à la DASS, où il arriva deux ans plus tard ; une erreur administrative avait entraîné la perte de son dossier. Ce qui se passa pendant les deux premières années de la vie de Monsieur Petit, personne ne le sut. Toujours est-il qu’on le retrouva, gambadant sur ses petites jambes dans la maison d’un vieux grabataire qui se pensait le descendant direct de Lancelot du Lac.  Avec le temps et malgré les soins de l’équipe médico-psychologique de l’établissement dans lequel Monsieur Petit était hébergé, sa tare s’aggrava. Quand bien même il passait la récréation devant la porte de la classe afin d’être certain de ne pas louper la sonnette, il était toujours le dernier en cours. Forcément sa scolarité en prit un coup, il redoubla plusieurs fois pour finir dans un CAP quelconque qu’il n’eut pas pour faute d’absence à l’examen, la ligne de métro s’étant ce-jour là totalement bloquée à cause d’un Teckel suicidaire au moment même où il entrait dans la rame. Côté amitié,  Monsieur Petit, n’eut pas beaucoup plus de chance. Ayant toujours un temps de retard sur les tendances, les technologies et même les sujets de conversation, il devint le bouc émissaire favori du foyer dans lequel il priait désespérément pour que les filles, au moins, s’intéressent à lui malgré sa puberté tardive.  Il devint un homme, un jour, au hasard d’une première cuite qu’il eut seul et qui le conduisit entre les cuisses maigrelettes d’une dame de Pigalle. Et, pour la première et unique fois de sa vie, il fut précoce. Cet événement finit de désespérer complètement Monsieur Petit. Il ne savait pas pourquoi, mais la vie lui en voulait. Les années passèrent, il perdit plus de boulot qu’il n’en gagna. Il vécut quelques amitiés érotiques épisodiques qui le ruinèrent. Il réussit, tout de même, à voler au temps quelques petites victoires et avec l’âge, il se consola avec l’idée qu’il était un battant et que quoi qu’il puisse voir dans la vie il continuerait à tout mettre en oeuvre pour enfin arriver à l’heure.

Mais Monsieur Petit ne se leurrait pas, il savait qu’il ne se réveillerait pas à l’heure le lendemain matin. Même si les réveils-matins se décidaient enfin à sonner le bon jour, il se renverserait assurément son café sur les genoux ce qui le forcerait à devoir se changer. Forcément, la braguette de deux de ses pantalons lâcherait et, n’en n’ayant pas d’autre, il passerait beaucoup trop de temps à les réparer. Il louperait son bus. Il y aurait nécessairement une bagarre au couteau dans celui qu’il pourrait enfin prendre, pourquoi pas un mort, comme ça avait été le cas lors de son dernier entretien. La police devrait intervenir. Quand il pourrait enfin quitter le bus, il se ferait sans aucun doute braquer  par une sexagénaire véreuse, il devra alors appeler pour la dix-huitième fois sa banque afin d’annuler sa carte bancaire. Toutes les lignes seraient occupées. Et comme la grêle tomberait, bien que ce soit rare au mois de juillet, il devrait s’abriter dans un café qui organiserait évidemment la réunion annuelle des anciens élèves homosexuels de la Sorbonne.  Il devrait alors se débarrasser de prétendants malvenus  et, comme Monsieur Petit est un homme poli, il n’oserait pas opposer de refus brutaux aux verres proposés. Et, ça continuerait ainsi jusqu’au lendemain matin, quand les trois réveils se mettraient enfin à sonner. Tout ça, Monsieur Petit le savait. Quand la vie a une dent contre vous, vous ne pouvez pas sortir vainqueur. Mais Monsieur Petit refuse de se mettre à genoux, il ne veut pas offrir de victoire trop facile. Alors, encore une fois, il va tenter sa chance pour être à l’heure quelque part.

Le lendemain, à sa grande surprise, le premier réveil sonne. Les yeux boursouflés, Monsieur Petit l’éteint. Il s’étire brièvement avant de se lever pour arrêter les autres. Monsieur Petit ne se prend pas les pieds dans le tapis. Et sans déchirer de vêtement, il s’habille. Ça le rend nerveux, Monsieur Petit. Ce n’est pas tous les jours qu’il arrive à ce stade de la matinée sans qu’une catastrophe ne se produise. Il se demande ce que la journée lui réserve pour qu’elle commence si bien.

C’est avec prudence qu’il se rend dans sa cuisine faiblement éclairée par la lumière qui filtre du velux. Un grand calme y règne. Rien n’a pris feu.  Il n’y a pas eu de cambriolage. Personne ne vient le prendre en otage comme cela avait été le cas l’année dernière quelques heures avant un rendez galant trouvé sur le web, journée noire ayant provoqué l’achat d’un petit revolver que Monsieur Petit planque négligemment dans sa table de chevet. Non, la cuisine est exactement comme il l’a laissé la veille. La dernière fois qu’il avait eu une matinée aussi douce, il avait finit défiguré, défoncé à ce qu’il pensait être du LSD, dans une cellule de garde à vue où un malade criait qu’il était Jésus et que la fin du monde était proche, ce dont Monsieur Petit ne doutait pas. Quelque chose de terrible doit l’attendre aujourd’hui encore, quelque chose de pire que Jésus qui lui vomit dessus. Mais quoi ? Qu’est-ce qui peut être pire que tout ce que j’ai déjà vu ? Que me veut-elle aujourd’hui ? Et si elle s’était lassée de moi ? Et si elle en avait marre de nos petits jeux de hasards ? Et si elle avait trouvé quelqu’un d’autre? Ne sois pas stupide, la vie ne te laissera jamais tranquille.

En allumant sa bouilloire, il se surprend à espérer qu’elle prenne feu. Mais, l’eau boue sans incident. Il tremble en la versant sur son café soluble et pourtant aucune goutte brulante ne lui saute au visage. Ce n’est pas normal, ce n’est pas normal. L’ordre des choses est bousculé.  Il va se passer un truc, ça va être affreux, immonde. Négligeant ses céréales, il entre-ouvre fébrilement son velux, pour voir si le monde ne s’est pas écroulé. Rien. Pas de grêle, pas de neige, pas de dépôt incongru de briques devant la porte, pas même un animal agonisant. Rien qu’un joli soleil. La rue semble même plus silencieuse qu’à l’accoutumée, aucune voiture, pas de passants. Pas même l’égosillement criards des mésanges. Monsieur Petit se frotte les yeux.  Ça ne sent pas bon, tout ça. Oula, non, ça ne sent pas bon du tout. Elle veut ma peau, je crois qu’elle veut ma peau. Des gouttes de sueur perlent sur le front de Monsieur petit, quand, d’un geste raide, il se saisit de la télécommande et allume son vieux poste de télévision. Comme toujours, le poste grésille quelques secondes – une éternité -  avant que l’image apparaisse. Le souffle court, le cerveau bouillant, Monsieur Petit zappe de chaine en chaine, jusqu’à tomber sur BFM TV. Dans le monde, rien d’anormal : quelques attentats palestiniens, un enfant disparu, un politique accusé de fraude fiscale et la crise qui s’enlise. Rien, il ne se passe rien. Ça veut dire quoi ? Hein, salope, tu vas me faire quel coup aujourd’hui ? Un météorite ? C’est ça, tu vas me faire tomber un météorite sur la gueule ? Une bande de loubard va venir me planter. Non… Non, ce serait trop facile. Après, tout ce que tu m’as fait, tu ne me laisseras pas une belle mort. Tu vas me piétiner, encore une fois tu vas piétiner ma dignité. Monsieur Petit est fou. Il envoie valser son bol et ses céréales d’un grand geste. Il hurle et tape du poing sur les portes. Il va même jusqu’à donner un furieux coup de pied à sa télévision qui se fracasse au sol. Garce !  Tu ne m’auras pas. Je te le dis, tu ne m’auras pas. Je ne suis pas si con. Pour qui tu me prends ? Hein,  pour qui tu me prends ?

D’un coup, il s’arrête. Puis, un sourire se dessine sur son visage. Sourire qui se transforme en grand éclat de rire, gras, heureux. Cette fois, je serais à l’heure, ma grande. Il se dirige dans sa chambre, ouvre sa table de chevet, sort son revolver, le regarde une seconde en tremblant un peu, puis il le pose contre sa tempe et tire. Monsieur Petit meurt au moment exact où la balle traverse son crâne, ni avant, ni après.
« Modifié: 25 Juin 2015 à 17:33:36 par Anashka »

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Re : Monsieur Petit (version 2)
« Réponse #10 le: 27 Juin 2015 à 12:11:20 »
Salut Anashka,

Le détail :

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la bedaine de Monsieur Petit s’alourdie
s'alourdit !

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Son chômage touche à sa fin
ce sont ses droits aux indemnités qui touchent à leur fin

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il y a des hommes qui naissent avec une malédiction qu’ils traînent toute leur vie, pour Monsieur Petit c’était son incapacité à arriver à l’heure.
en fait ensuite, on voit qu'il subit une malédiction plus vaste...

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pour finir dans un CAP
1/ c'est pas sympa pour les titulaires d'un CAP
2/ le CAP est un diplome, on ne peut finir dedans

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Mais Monsieur Petit ne se leurrait pas, il savait qu’il ne se réveillerait pas à l’heure le lendemain matin.
là tu es restée au passé sur ce passage

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par une sexagénaire véreuse, il devra alors appeler
devrait
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Personne ne vient le prendre en otage comme cela avait été le cas l’année dernière quelques heures avant un rendez galant trouvé sur le web, journée noire ayant provoqué l’achat d’un petit revolver que Monsieur Petit planque négligemment dans sa table de chevet.
Là je pense que deux phrase ça serait mieux, le "ayant" est bof.
Par ailleurs, l'événement de l'achat du flingue passe un peu vite, pas très clair (on sent que t'as besoin d'intégrer cet élément, ça fait un peu "rajouté").

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Non, la cuisine est exactement comme il l’a laissé la veille.
laissée

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il avait finit défiguré,
fini

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Mais, l’eau boue sans incident.
bout

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Monsieur Petit zappe de chaine en chaine, jusqu’à tomber sur BFM TV.
j'aurais mis "une chaîne d'information", ce serait plus intemporel et moins "concret", plus généraliste
(ou "les informations", tu as déjà deux fois le mot chaîne)

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Rien, il ne se passe rien. Ça veut dire quoi ? Hein, salope, tu vas me faire quel coup aujourd’hui ? Un météorite ? C’est ça, tu vas me faire tomber un météorite sur la gueule ? Une bande de loubard va venir me planter. Non… Non, ce serait trop facile. Après, tout ce que tu m’as fait, tu ne me laisseras pas une belle mort. Tu vas me piétiner, encore une fois tu vas piétiner ma dignité. Monsieur Petit est fou. Il envoie valser son bol et ses céréales d’un grand geste. Il hurle et tape du poing sur les portes.
le changement de langage et les gestes sont suffisants, pas besoin de "Monsieur Petit est fou" je pense

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Il va même jusqu’à donner un furieux coup de pied à sa télévision qui se fracasse au sol.
ce passage ne devrait pas être en italique

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Il se dirige dans sa chambre, ouvre sa table de chevet, sort son revolver, le regarde une seconde en tremblant un peu, puis il le pose contre sa tempe et tire.
Je trouve ça encore trop lent, pas assez "cinglé" :
se dirige
le regarde une seconde en tremblant un peu
puis
Ces éléments ralentissent l'action.
Fait le courir comme un malade, s'emparer du flingue et se faire sauter le caisson en mode furieux, ça sera mieux je pense.

Citer
Monsieur Petit meurt au moment exact où la balle traverse son crâne, ni avant, ni après.
exactement au moment où il a choisi de...
ce qui compte, c'est qu'il réussisse à être ponctuel

Plus globalement :
C'est un chouette texte ! Le passage au présent le rend plus dynamique et plus immersif.
Reste un problème de mélange de malédiction entre "être en retard" et "subir toutes les catastrophes du monde". Tu as supprimé la première réflexion de suicide (métro) ce qui rend la chute plus brutale, c'est cool. Pas mal aussi la montée de la fureur et de la folie.


1/ la chute me semble encore trop rapide, il manque une ou des étapes...?
2/ je ne suis pas sûre d'avoir donnée la bonne voix à Monsieur Petit...?
3/ peut-être que sa voix devrait apparaître avant...?
4/ le "drolatique" disparaît encore...?
En fait, j'ai du mal à relier mon texte et ma chute.

Par contre :
5/ la montée de l'angoisse de Monsieur Petit me semble plus réaliste...?
6/ on rencontre mieux le personnage...?
7/ et je commence à approcher la logique du geste..?

1 : oui la chute est un peu rapide, tu pourrais encore faire monter la pression et allonger le moment où il pète un câble (par exemple, il pourrait faire des expériences de la vie quotidienne qui ne foirent pas et en devenir malade). 
2+3 : oui, si Mr Petit donnait à entendre sa voix de façon normale et posée dans le début, cela ferait contraste avec la fin. (Après, faut pas réécrire Shining non plus !!!)
4 : Le texte est super drôle je trouve, ça c'est réussi (la sexuagénaire ! sa naissance ! la précocité sexuelle etc. Tout ça marche super bien. Juste la mort de sa mère qui n'est pas top, pourquoi les deux parents ne l'abandonnent-ils pas tout simplement ?)
5/ Oui, c'est plus riche, tu peux encore étoffer un poil donc, si t'as de bonnes idées
6/ Oui, le perso est bien palpable et si tu ne fais pas un texte plus long ça va comme ça
7/La logique du geste ?  :o  Tu veux parler de son geste final ? ça peut encore être mieux amené comme dit ci-dessus mais si tu parles d'autre chose, je capte pas.

Voili voilou, beau petit texte donc, tu peux le retoucher ou essayer sur cette même base d'en faire un texte plus long qui serait sympa aussi.

Au plaisir,
Rémi
Le paysage de mes jours semble se composer, comme les régions de montagne, de matériaux divers entassés pêle-mêle. J'y rencontre ma nature, déjà composite, formée en parties égales d'instinct et de culture. Çà et là, affleurent les granits de l'inévitable ; partout les éboulements du hasard. M.Your.

 


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