Salut !
Voici le texte que j'avais envoyé pour le BT

Amusant, tout le monde attribuait ce texte à Rain

Je ne sais pas trop d'où m'est venue l'idée

Le texte est peut-être un peu cliché mais l'important c'est que je me suis amusée en écrivant ce texte

Bonne lecture

!
Il était une fois un loup. Il vivait seul, loin des grandes meutes, tout d'abord rejeté par les siens puis, s'étant fait à la solitude, préférant la compagnie du silence de la nuit. Il avait un doux pelage bleu et des yeux de saphir. Grand, fin, rapide, il aimait chasser seul. Le loup se nommait Syllan.
Syllan aimait la Lune. Chaque soir, lorsque la chasse commençait, il la saluait puis partait, accompagné par cette Dame. Il connaissait tout d'elle. Elle était comme une mère pour lui. Elle le nourrissait et il l'aimait en retour.
Un jour qu'il chassait, à la poursuite d'un élan, près d'un lac, il vit une inhabituelle forme blanche. Elle allait tout faire rater ! Il reconnut la silhouette d'une louve. Ses yeux bleus étaient magnifiques. Elle s'approcha doucement de l'élan, dans un plus grand silence et, d'un coup de dent, l'égorgea.
Syllan bondit de sa cachette.
« Eh ! Cet élan est à moi !
- Non. C'est moi qui l'ai tué. Donc il m'appartient, répondit la louve.
- S'il te plaît, ça fait trois jours que je le traque ! J'étais sur le point de le tuer !
- J'accepte de partager si tu m'offres ton nom. »Syllan, étonné, répondit tout de même, la faim au ventre :
« Je me nomme Syllan. Et toi, qui es-tu ? Pourquoi me demander mon nom ?
- Car je n'en ai point. Et j'aimerais en avoir un.
- Comment ça ? demanda le jeune loup, soudain intéressé.
- Je ne sais pas. On ne m'en a jamais donné. Je vis seule depuis toujours et je n'ai jamais pensé à avoir un nom. Jamais pensé à en trouver. Et voilà que je te vois, j'ai l'impression que nous sommes pareils, différents des autres.
- Je peux t'aider à trouver un nom !
- Pourquoi pas… »C'est à ce moment qu'un Homme arriva. Il avait de longs cheveux et une barbe. Il était – d'après ce que Syllan savait des Hommes – richement vêtu. Une épée pendait à son côté. Son Cheval portait une arbalète et des flèches.
« Cours ! dit la louve. »Syllan ne réfléchit pas. Il se mit à courir. L'Homme les avait vus. Il sortit l'arbalète de la selle de son Cheval. Pauvre animal. La Louve et Syllan ne firent qu'un. Ils filèrent à-travers les bois, à la recherche d'un endroit où fuir. Ils savaient tous deux les armes des Hommes mortelles.
L'issue de la poursuite semblait inévitable désormais. Les deux loups couraient, couraient, volaient à-travers les bois. Mais le Cheval était plus rapide. Il gagnait du terrain. Malgré tout, les deux ombres de la nuit continuaient à courir. Ils avaient l'avantage de la surprise. Leurs poursuivants ne savaient où ils allaient.
Le jour vint. Ils crurent leur calvaire achevé. Ce n'en était que le début. En effet, quelques heures après le lever du jour, de nouveaux Hommes arrivèrent, appelés en renfort par le riche Humain. Ils n'aimaient pas les Loups. Ils les traquaient. Les haïssaient depuis toujours.
Alors les deux Loups continuèrent à courir, plus vite que jamais, plus vite que le vent. Toujours plus loin. Sans doute au-delà des terres des Hommes. Mais ceux-là ne cessaient de les poursuivre. Soudain, ils arrivèrent en haut d'un ravin. La Nuit était là, la Lune n'était pas avec eux ce soir-là. Seules les Étoiles venaient éclairer faiblement le ciel.
Syllan recula. Il avait peur de tomber. Peur des Hommes. Peur de cette chose qu'ils appelaient mort. Et puis… Tant pis. S'il devait mourir, il le ferait. Pour la Louve. Parce qu'elle devait vivre. Peu à peu, les jours et les nuits passés ensemble avaient renforcé leurs liens. Syllan éprouvait une chose qu'il ne connaissait auparavant pas.
L'affection. L'Amour. L'attachement. Il était prêt à mourir pour la femelle. Aussi, lorsque les Hommes débarquèrent, sur leurs Chevaux, face à eux, il se mit à grogner en montrant ses dents. La Louve était derrière.
« Va t'en ! lui dit-il.
- Non. Je reste avec toi. Même si je dois… »Elle s'arrêta. Un Homme lui avait fiché dans le poitrail une flèche. Immense. Les Hommes s'en allèrent avec leurs sourires de sadiques. Leurs dents blanches. Syllan les aurait bien poursuivis. Mais à quoi bon ? Qu'était-il face à eux ? À leurs armes ? Rien du tout. Il s'approcha de la Louve.
« Reste avec moi, grogna-t-il.
- Non, c'est trop tard, répondit la Louve. »Du sang s'écoulait comme une rivière de sa poitrine. La
Vie la quittait. Pourquoi ? Pourquoi avait-il fallu qu'ils se connaissent ? Le Monde était-il si cruel ? Pourquoi ?
« Je vais mourir, dit simplement la Louve.
- J'aurais voulu que tout cela n'arrive pas.
- Mais c'est arrivé.
- Tu sais, quand on s'est connus, au début, on… »Elle poussa un cri d'agonie.
« On voulait me trouver un prénom, poursuivit-elle.
- Mais…
- Tu as trouvé un prénom ? »Le monde était absurde. Elle mourait et lui, impuissant, lui offrait un prénom.
« Il y en a bien un, mais ce n'est pas le moment de…
- Je veux mourir en ayant un prénom… S'il te plaît… Je veux m'en aller en étant quelqu'un.
- Je… Je veux t'appeler comme mon premier amour. Il me semble que c'est ainsi qu'on l'appelle.
- Tu m'as dit que tu n'avais jamais connu de gens qui t'apprécient.
- Oui, mais c'est un amour différent. Elle a presque toujours été là pour moi. Je veux t'appeler Lune.
- Lune ? C'est un beau nom…
- Regarde les étoiles, elles brillent.
- C'est si beau… »Lune regarda affectueusement Syllan. Il lui rendit son regard. Elle était reconnaissante. Il avait fait ce que personne n'avait fait auparavant. Il l'avait aimée et non rejetée. Il lui avait donné un nom. Un nom magnifique. Et il l'avait aimée.
« Syllan ?
- Oui ?
- Je m'en vais. Je rejoindrai les étoiles.
- Non, reste avec moi ! »Lune poussa un dernier soupir. La Vie la quitta. Syllan poussa un hurlement de détresse. De rage. De tristesse. Lune était partie. À jamais.
Ainsi se termine l'histoire du loup Syllan, le loup bleu de nuit qui aimait la Lune. On raconte qu'encore aujourd'hui, il hurle sa détresse et son amour dans les champs et les bois. Et l'on raconte que par moments, une autre plainte se joint à la sienne et que leurs voix ne font qu'une, que le fantôme de Lune accompagne l'esprit de Syllan et qu'ensemble, rien ne leur est impossible.
J'espère que la lecture vous a plu

! Je m'en vais de ce pas relire vos textes
