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Le Monde de L'Écriture » Coin écriture » Textes courts (Modérateur: Claudius) » Maison hantée 2.0 [contenu explicit]

Auteur Sujet: Maison hantée 2.0 [contenu explicit]  (Lu 1453 fois)

Hors ligne Michel K

  • Tabellion
  • Messages: 36
Maison hantée 2.0 [contenu explicit]
« le: 01 Juin 2015 à 20:44:13 »
NB : Le texte peut vous paraître long au premier abord, alors on va faire un deal, lisez le début, et, si vous n'accrochez pas dites moi pour quelle(s) raison(s) et je vous laisserais sortir de ce post ;)
Bonne lecture

"Avertissement au lecteur: le texte qui suit porte la mention “contenu explicite” car certaine partie de ses écrits sont de nature à choquer la sensibilité des plus jeunes."
 
         Clément émergeait paisiblement de son sommeil, emmitouflé dans sa couverture chauffante. Au plafond de sa chambre plongée dans l’obscurité étaient projetés de grands caractères lumineux d’un bleu azur. En ouvrant les yeux il lut : 9H45 lundi 30/05/2019 17°ciel dégagé. Il paniqua à l'idée d'avoir près de deux heures de retard pour son travail, il se redressa alors d’un bond. L’incompréhension le taraudait, il régla son gréviste de réveil la veille avant le début de sa soirée entre amis, et pourtant… Il remit la question à plus tard l'urgence était ailleurs, tâtonnant à l'aveugle sa table de chevet où Il empoigna son portable alors chargé par le meuble doté d'un système à induction intégré.


   Le somnolant sélectionna à travers ses paupières mi-clauses sur l’écran l’application « commandes de ma maison domotique» pour entrebâiller les volets à distance. Cette application relayait sa volonté au boîtier « domotix », le centre nerveux de la maison dite intelligente, lui même transmettait à son tour les ordres aux objets interconnectés qu'ils exécutent sans broncher. Cette nouveauté High-tech, symbolisait pour Clément le modernisme et de bien être, l'emplissait de fierté et il fut parvenu à susciter, après maintes fanfaronnades, toutes les convoitises de son voisinage. Clément eut fait installer le boîtier « domotix » un an auparavant, depuis, la liste pléthorique de tous les objets interconnectés, ne cessait de s'allonger, tout s'y raccordait : du chauffage central au grille pain.


   Voila seulement les volets restaient figés. Le plafonnier ne s’illumina point, Clément alla l'actionner à l'ancienne, cependant les interrupteurs muraux n'engendrèrent pour seul résultat qu'un flot de grossièretés et de jurons visant l’inefficience de la technologie qui lui eut coûtée des années d’économies. Il se résigna à s'habiller à la seule lueur du téléphone portable. Frissonnant, il se hâta d'enfiler les vêtements. « Je ne comprends plus rien, se dit-il, même le mode manuel est inactif. Je vais m'en occuper ce soir, comme si je n'avais rien de mieux à faire en rentrant du travail. Allez un café vite fait pour ne pas que la journée soit un fiasco total, deux minutes de retard n'y changeront plus rien. » Les portes vitrées coulissantes de sa chambre, à l’instar de toutes les portes à l’intérieur de la maison, s’écartèrent automatiquement de son chemin, alertées de sa présence par des capteurs de mouvements. Ces portes, en verre parfaitement translucide, donnaient l'illusion d'une maison plus grande et épargnèrent néanmoins les autres pièces du bruit, surtout celui de Martin, son fils de neuf ans quand il s'exerçait à la flûte pour l'école. 


   Il descendit au rez de chaussée avec son portable en guise de torche. A la cuisine, sans dédaigner un seul regard à l’amoncellement de vaisselle dans l’évier de la veille, il constata d'emblée que la cafetière, d’ordinaire synchronisée sur le réveil n’avait rien à lui offrir ce matin. La pression sur le bouton « marche/arrêt » n’y changea rien. Il serra la machine à café dans les mains, pesta, la secoua, la leva pour la fracasser contre le mur mais il se ressaisit quand il se remémora son prix exorbitant. Un clignotement à sa gauche attira son attention et le fit lâcher la cafetière. La paroi latérale du frigo supportait un petit écran rétro-éclairé. Sur celui-ci figurait une liste d'aliments à acheter générée automatiquement par le réfrigérateur. Un seul des éléments clignota : 1 boîte de mort aux rats. Ébahi par la présence de poison sur la liste des ingrédients pour la cuisine, Clément recula comme pour s’adosser à quelque chose mais il se cogna d'un geste trop vif contre le coin du plan de travail. Au second regard l’inscription s’était effacée, ou bien elle n’eut jamais existé.


   Dubitatif et fâché de n’avoir eu sa dose de café il s’apprêta à quitter la maison. Clément se hâta de ressortir de la cuisine et se cogna la tête contre la porte invisible barricadant l'issue. Le cartilage du nez craqua, une sensation chaude s’en écoula aussitôt jusqu’aux lèvres. Une douleur vive et poignante comme l'acide s'empara du milieu du visage. Clément y porta ses mains et la douleur s’amplifia et les retira encore plus prestement, et resta immobile, mais non sans injurier la porte jusqu'à ce que la douleur s'amenuisa jusqu’à un seuil supportable. Un goût ferreux se diffusa dans sa bouche. Il s’essuya le sang avec le premier chiffon qui lui passa sous la main, combla les narines avec deux boulettes de mouchoir pour arrêter l'écoulement rouge. Il coulissa manuellement la porte rebelle qui resta mystérieusement insensible à sa présence et rejoignit la porte d’entrée, décrocha le blazer du porte manteau et l'enfila, chaussa une paire de chaussures en cuir noir puis il cala le pouce sur le capteur d’empreintes pour actionner le déverrouillage de la porte d'entrée quand une voix atone retentit : « accès non autorisé ».
   « Comment ça, accès refusé ? Je suis chez moi, tu m’appartiens je suis ton propriétaire, ton maître, ton dieux tu me dois l'obéissance satanée porte. » Il s’excita sur la poignée, davantage pour se défouler les nerfs que pour réellement ouvrir cette porte blindée. Sa rage aboutissait en un coup de pied dans le battant, il se sentait stupide mais qu'importe.


   Un bourdonnement à peine perceptible naquit à l'autre extrémité du couloir. Leur intensité gagna rapidement en force. Dès que Clément décela dans la pénombre la diode rouge et la bleu une frayeur l'envahit, il serra instinctivement ses poings devenus moites. Le système de défense autonome de la maison avait enclenché les deux robots de défense : le drone « RAGI » dont l'acronyme signifiait robot aéromobile à gaz incapacitant et le drone T comme Taser doté d'un armement non létal projetant deux aiguillons électrifiés chacun relié au lanceur par un fil métallique où passait le courant.


   Le premier, propulsé par ses quatre petites hélices multidirectionnelles fendit l’air droit comme le trait tiré d’une arbalète. Le second drone au corps fuselé soutenu par deux larges hélices virevolta dans les airs et pointait en permanence ses deux dards vers sa cible. Clément ramassa en toute hâte des chaussures, il se focalisa sur la petite diode qui se rapprocha précipitamment. Il ne disposerait que d'une, ou de deux tentatives dans la meilleure hypothèse. Le premier jet percuta une étagère fixée au mur faisant vaciller les quelques bibelots dessus. RAGI stabilisa son vol afin de projeter le gaz irritant. Seulement la botte d'une femme le devança et démembra le drone qui se fracassa au sol.


   La diode rouge s’était dangereusement approchée, d’ici peu elle serait à portée de tir. Pour avoir bien étudié la notice de ces drones dont il vouait un engouement certain, il sut d'avance que le drone planterait ses aiguillons dans le torse. Cette règle imposée lors de sa conception par mesure de sécurité ne pouvait être dérogée. Fort de cette connaissance, Clément se para promptement du paillasson et le brandit comme un bouclier qui absorba les deux projectiles et le lâcha aussitôt. Il décrocha à contre cœur le drone des airs d’un coup de parapluie dans une des hélices. Privé d'une des deux hélices vitales il s'échoua impuissant à terre. Le vainqueur de ce combat inégal ramassa prestement les deux drones afin de les enfermer dans le dressing pour palier à un éventuel redécollage. Il dut admettre que sa maison le séquestrait, et qu'il ne pouvait s’en sortir seul et voulut appeler des secours. Seulement le téléphone s'obstina à rester en mode avion, aucun appel ni message ne pouvait être émis ni reçu. Voila pourquoi aucun appel du chef ne lui parvenait. En dépit de tous ses efforts le mode avion ne se laissait pas retirer. Impossible même de joindre sa femme Angélique, partie accompagner leur fils et sa classe en sortie scolaire dans un paradis vert durant plusieurs jours.


   Désespéré, sa seule envie fut de s’affaler au sol, et d’attendre que sa femme rentre demain soir, car le frigo garni le lui permettrait. Mais Clément n'avais pas un tempérament à se laisser vaincre, dix ans auparavant il vint à bout de l'Everest, ce ne serait pas une maison qui aura raison de lui, un espoir impromptu le revigora. Il se convainquit qu’il aurait plus de succès avec les volets du salon et s’y achemina, enveloppé dans une noirceur opaque tranchée par la lumière du portable. Le design et l'architecture du salon se calquaient sur les tendances nouvellement en vogue, aucune forme angulaire ne subsistait. La pièce à la forme ovoïde dissimulait toutes les jonctions entre plafond, murs et sol en les arrondissant de sorte qu'il fut difficile de désigner l'endroit précis où se terminait le mur et commençait le plafond. Les nombreuses portes fenêtres voûtées offraient une large vue sur son jardin et le bois adjacent. Le mobilier ne fit exception, chaises rondes, table ovale, et divers meubles aux angles adoucis arboraient des couleurs pastelles allant des tons bleus au vert en passant par des nuances de rouge. Clément estimait que ce choix conférait une ambiance à la fois pétillante et suave  au salon. Au point d’ouvrir la porte fenêtre il entendit l’imprimante se mettre à pied d’œuvre. Une feuille sortit, noircie de part et d’autre d’une interminable série de « crève ». Clément la lut et la froissa immédiatement en boule.


   L'incapacité à comprendre les motifs ni à déceler l'identité de l'instigateur exacerbait Clément. Était-ce un voisin jaloux avec un talent insoupçonné pour le piratage informatique ? Un hacker sadique ? La mafia du web cherchant une rançon contre la délivrance ? Ne pouvant résoudre cette équation, il la zappa. « Seraphine, dit-il d’une voix claire, appelle la police et ouvre les volets. » Son regard soutenu et plein d’espoir fixait le cactus artificiel. Celui-ci, moucheté de trous sur ses côtés tels des lucarnes, cachaient des micros et d'ordinaire il pouvait répondre aux sollicitations orales afin de composer plus aisément le numéro d’un amis et servir de téléphone, ou alors exposer la météo des jours prochains ou bien faire office de mémo vocal, notamment rappeler la date de son mariage avec Angélique la veille ou le jour venu, mais uniquement lorsque Clément fut seul dans la maison, petit secret qu'il s'était gardé de divulguer à sa femme.


   Ses injonctions demeurèrent sans effet, Il s’attaqua donc au volet électrique, une fois les doigts bien calés dans un interstice il déploya toutes ses forces pour le soulever. Le volet s’apparenta à l'épreuve de l’excalibur : la force brute ne parvint pas à le hisser. Le téméraire sentit sa colonne vertébrale se compresser, vit la futilité de son acte puis arrêta son effort. Sa maison High-tech, aux volets anti-effraction, se mua en prison. Toute tentative d’évasion lui était interdite. Il se sentit comme un rat dans une cage. Il fit volte-face, et regarda droit vers la caméra installée dans un coin du plafond. « Que veux-tu bâtard ? » hurla-t-il, défiant celui qui l'épiais à travers les nombreuses caméras de surveillance installées dans toutes les pièces. Le mur, ou plutôt le téléviseur géant intégré au mur en face du canapé s’illumina. La lueur blanche trop vive pour sa rétine habituée à l'obscurité l'obligea à plisser les yeux. Sur le fond blanc apparut une petite inscription, trop petite pour être lue de l’emplacement actuel de Clément.


   Il se rapprocha, un mètre le séparait du téléviseur, quand un zombi au visage esquinté et putride surgit devant lui et lui sauta dessus tout en poussant un cri effroyable. Clément fit un geste à reculons à mi-chemin entre un bond et pas mal assuré ce qui lui valut une chute arrière. Il s’encastra dans la table basse en verre se  brisant sous son poids. Comprimés entre le sol et l'accidenté, les bris de verre s'incrustèrent aisément dans la chaire mole. Des braises incandescentes déversées sur son dos n'auraient produit un autre effet. Il hurla comme jamais auparavant, des larmes coulèrent. Le cœur, encore emballé par la peur, percutait sa poitrine depuis l'intérieur, peu s'en fallait pour qu'il se rompit. Clément pris conscience qu'il échappa de justesse à la crise cardiaque. Cependant la résolution d'un problème de cœur ne figurait pas ses priorités ; des éclats de verre le transperçaient, molestaient ses muscles à vif, mais il ne put se relever, le moindre mouvement fit s'enfoncer plus fermement les éclats tranchants et ravivait les flammes dans son dos. Il ne put néanmoins pas rester indéfiniment allongé sur le tapis de verre. Ainsi il se redressa, d’un mouvement lent à la manière d'un caméléon, grimaçant comme jamais, soufflant fort comme pour évacuer la douleur, le dos virait progressivement au rouge écarlate.


   À peine sur pied, la chaîne HI-FI se mit à diffuser brusquement de la musique, le volume poussé à son extrême. Les hauts parleurs grésillaient car sollicités à outrance, crachant du death-metal abominable. Clément se boucha les oreilles, la musique n'en fût pas moins atroce. Ses mains rivées aux oreilles, il fracassa du pied sa chaîne HI-FI car le temps de trouver la prise et de la débrancher il serait sourd. La musique se coupa enfin, Clément abaissa les bras. Tout d'abord l'envie d'extraire les bris de verre de son corps l'envahit, mais  l'impossibilité technique et matérielle d'agir dans son dos et de se soigner l'en dissuada. Il devrait s'en accommoder jusqu'à ce qu'une aide extérieure n'arriverait. Le téléviseur, de connivence avec les cadres numériques aux murs, diffusait des photos de porcs en putréfaction et d'autres photos macabres. Clément ne détourna pas le regard, la douleur dans le dos ne laissa aucune place dans son esprit pour le moindre dégoût ou autre ressentiment similaire. Tout ce qu’il souhaitait se résumait en un mot : liberté.


   Si les issues n’en étaient plus, peut être parviendrait-il à rétablir la situation en redémarrant le boîtier Domotix. Frissonnant, les bras croisés pour se réchauffer, il remonta aussi vite que lui permettaient son corps meurtri les marches de l’escalier et se dirigea vers la chambre d’amis au fond du couloir, l'esprit obnubilé par ce boîtier que seul pouvait troubler la fourmilière lancinant son dos. En pénétrant la pièce la clarté l’éblouissait et lui piquait les yeux.
- « Enfin ! Vous dédaignez de passer me voir. »
   Il lui fallut un court instant avant que ses yeux ne s’accoutumèrent à leur nouvel environnement il vit une vieille dame au visage marqué par l’âge et la fatigue assise dans un fauteuil.
   - « Oh ! Bonjour belle-maman, vous m’êtes complètement sorti de la tête depuis ce matin. »
   - « Pour vous le matin commence la veille au soir apparemment. »
   - « Je vous prie de bien vouloir m’excuser, voyez vous depuis ce matin tout l’électronique de cette maison est possédé. »
   - « Mais que vous est-il arrivé ? Votre visage est blême vous êtes couvert de sang. »
   - « C'est ce dont je vous parlais, la maison est incontrôlable, c'est elle qui m'a mis dans cet état. La moindre issue est clôturée, aucun échappatoire n'est permis. »
   

   Tout en discutant distraitement, il redémarra le boîtier. Attendit un instant que l’initialisation aboutisse puis vérifia dans sa chambre si les volets ou l’éclairage réagissaient à nouveau. Ils étaient aussi réactifs qu’un séquoia centenaire. Il regagna la chambre de la vielle dame, non pas attiré par la compagnie plutôt désagréable de sa belle-mère, mais plutôt par la lumière réconfortante. Il sépara les deux battants de la fenêtre et fit face au soleil pour la première fois de sa folle matinée. Les yeux fermés, il lézardait, la chaleur atténuait ses frissons. Ce qu’il vit quand il rouvrit les yeux le désespéra un peu plus et accrut son sentiment de solitude. Le gazon impeccable et les haies parfaitement géométriques avoisinaient la lisière de la forêt. Il ne pouvait héler aucun passant et lui demander de l’aide. En contrebas s’étalait une terrasse contrastant avec le jardin. Une tempête eut frappé la terrasse : une chaise renversée, des cadavres de bouteilles de bières disséminés aux quatre coins, sachets de chips et assiettes plastiques emportées par le vent, glacière renversée désormais vide… Les restes de sa soirée, pensa t-il. Il se pencha en avant, évalua la hauteur. Trois voire quatre mètres.
   - « Voulez vous sauter par la fenêtre ? » Entendit-il venir dans son dos.
   - « C’est trop haut, je vais me tuer. »
   - « Mon défunt mari a fait bien pire chez les commandos parachutistes, et il l'a bien vécu. »
   - « Je ne peux pas, vraiment. »
   - « Des hommes de cette trempe on n'en fait plus de nos jours, quel dommage. »
   Au mieux il se briserait les jambes, incapable d’aller chercher de l’aide. Au pire…Il préférait ne pas y penser.
   « - Clément, voulez vous bien me chercher un verre d’eau, je n’ai eu à boire depuis hier soir. »
   - « Tout de suite Olivia. »
   

   Clément grommelait au fond de lui et râlait contre la vieille femme : « pratiquement incapable de bouger sans assistance, mais pleine de vigueur pour donner des ordres. Oh oui ! Ça elle en est toujours capable cette vieille peau complètement refaite : rétine synthétique, hanche métallique, cœur artificiel, constamment surveillée par des les capteurs intégrés dans ses vêtement intelligents et j’en passe.... Si les auteurs de science fiction d’antan voyaient les cyborgs d’aujourd’hui ils se reconvertiraient d'office. Clément chercha le verre d’eau, plus pour s’éloigner de sa belle mère que pour la contenter. Le portable éclairait une fois de plus le couloir sombre, à force de déambuler dans le noir le portable serait bientôt à court d'énergie.


   Une petite sphère bleu aux spirales vertes s’activa au milieu du désordre naturel d’une chambre d'enfant, elle poussa d’instinct les figurines de chevaliers de l’espace obstruant le passage, slalomait maladroitement entre les vaisseaux spatiaux le surpassant de plusieurs centimètres en hauteur puis parcourut aveuglément les grands espaces mais guidé par une détermination insufflée. La boule s’approcha aussi silencieusement qu’une souris de cet homme qui s’apprêtait à descendre les escaliers et se jeta sous son pied. La collision fut violente, projetée dans le vide elle entraîna dans sa chute sa cible. Clément bascula en avant en tournant sur lui-même. L’épaule droite suivie du dos déjà meurtri encaissèrent le rebord pointu des marches. Un bras ballant se raccrocha à l’un des barreaux de la rampe et l’empêcha ainsi de dévaler l’escalier entier d’un trait. Son dos le fit souffrir comme s'il fut passé entre une enclume et le marteau. Il se releva péniblement, tâtonna pour trouver son portable entre temps éteint. Il reconnu au pied de l’escalier globulus, le jouet téléguidé de son fils. Pour se prémunir d'une nouvelle attaque sournoise il le ramassa et le rangea dans sa poche du blazer.


   Il rejoignit la cuisine en s’assurant que la porte fut ouverte. Remplit un verre d’eau et rebroussa chemin. Un bruit lourd et métallique provint du salon. Le bruit régulier se rapprocha du couloir. Avant que Clément, dans tous ses états puisse identifier la provenance, la lumière éclatante du plafonnier jaillit. Ses yeux si bien accommodés à l’obscurité en souffrirent. La lumière criarde disparut aussi promptement qu’elle apparut puis revint. Toutes les lumières aux alentours agissaient follement à la manière d’un stroboscope. Ses yeux furent tour à tour éblouis et aveuglés, manquant de temps pour s’adapter tant à la clarté tant à l’obscurité. Il se forçait à garder les yeux légèrement ouverts, plissés au maximum pour limiter l'éblouissement. Une prémonition l’incita à la prudence, à raison. Lors des flashs incessants il reconnut la forme humanoïde se dressant devant lui. Il préféra garder une distance entre lui et son robot.


   Benjamin était un robot domestique serviable aidant aux tâches ménagères telles que mettre la table, aider à découper les légumes et les viandes. Sa dernière mise à jour lui attribuait la capacité de confectionner des plats rustiques. Son fils avait insisté pour choisir l'apparence du robot. Ainsi Clément fit face à un mignon Mickey robotisé au poing mécanique refermé sur un couteau tranchant s'avançant inexorablement vers sa future victime. Il recula mais il se prit les pieds dans le robot aspirateur, absent un instant auparavant, lui aussi animé par un esprit maléfique. Une fois de plus Clément se retrouva les quatre fers en l’air sur son dos sertis de verre. À nouveau un torrent de feu se déversa sur son dos, sa combativité et sa volonté reléguèrent la douleur au second plan devant l'ennemi plus dangereux. La lumière saccadait les mouvements déjà peu naturels et grossier du robot au couteau. Clément, en appui sur ses coudes pour épargner le dos autant qu'il le put, lui assénait des coups de talon pour le maintenir à distance, la lumière parcellaire causa quelques coups mal ajustés ou dans le néant. Le robot resta stoïque devant la myriade de coups de pied. Clément rampait, ou plutôt crapahutait allongé sur le dos, en distribuant des coups sans effet. Il ramassa le robot aspirateur puis le projeta par dépit contre son agresseur pour ne lui décrocher qu'une oreille.


   Le Mickey-robot-tueur avança sans vaciller, il  surplombait Clément de ses 1,50 m, tel une mangouste devant un serpent, prêt à frapper. Le jouet globulus rangé dans la poche avant du manteau demeuré ouvert, coincé entre le sol et Clément, buttait contre sa hanche et la meurtrissait. Incapable de s'en défaire, Clément maudissait ce jouet l'agressant pour la seconde fois, et qui l'handicapait trop efficacement dans ses gestes après l'avoir déstabilisé en haut des escaliers. Déstabiliser, voila la solution pensa t-il. Clément observa le pas cadencé du robot, au moment où celui ci leva la jambe Clément s'écartait de l'axe du robot et frappa de toutes ses forces en haut de ce que l'on pourrait appeler la cuisse. Le robot vacilla un peu mais resta fermement planté sur son appui unique. Il enchaîna d'un puissant coup avec ses deux jambes synchronisées, Benjamin pencha lentement sur le coté comme emporté par le vent, un dernier coup le fit basculer et s'affaissa sur son flanc droit. Le robot, couché sur le coté, parvint à se mettre à plat ventre, et entamait sa manœuvre pour se remettre d'aplomb. Clément vit son intention, s'empara à son tour du couteau abandonné, et se jeta sur le dos de Mickey-androïde.


   Les coups de couteaux pleuvèrent sur le boîtier de commande refermé par un petit couvercle métallique maintenu d'une simple visse. Sans parvenir à le briser, il pu néanmoins déformer le couvercle, pas encore suffisamment afin d'accéder au bouton de désactivation, même du bout de sa lame. Le robot était à quatre pattes métalliques, dans quelques secondes il se redresserait et tout serait à recommencer. Clément vit entre deux flash les roses reposer sur la commode à trois pas de lui. Il s'y précipita, à cause de la lumière clignotante il calcula mal la distance et heurta le meuble et faillit renverser le vase, qu'il saisit puis le déversa sans tarder dans le dos du robot au niveau du boîtier de commande. Un grésillement accueillit l'eau. Le Mickey-tueur se figea pour l'éternité.


    Les jambes trop flasques pour le supporter davantage, Clément se laissa tomber au sol et s'adossa un peu trop brutalement contre le mur, il le regretta quand sa blessure se raviva. Les ampoules cessèrent de clignoter, d'ailleurs elle n'émettaient plus. Il laissa alors ses pensées divaguer, trop harassé pour bouger. Tout ce qu'il souhaitait c'était de quitter cette maison maudite afin de retrouver sa femme et son fils, pour revoir ne serait ce qu'un instant le soleil. S'il pouvait être en haut, dans la chambre et voir le ciel bleu, cela le réconforterait un brin. Pourquoi était-ce la seule pièce de la maison à ne pas être plongée dans l'obscurité ? Il se leva, presque aussi lentement que le robot, maintenant court-circuité, et s'avança d'un pas lent, non pas dû à la prudence mais à sa fatigue, gravit les escaliers, traversa le couloir péniblement. Arrivé dans la chambre il fixa du regard de sa belle-mère. Elle soutint de même son regard. Imperturbable, placide, sans la moindre inquiétude vis à vis du délabrement de son gendre.


   « Le volet laissé ouvert, ce n'était pas pour la clarté, n'est-ce pas ? Vous rêviez de me voir me défenestrer, vous vouliez être aux premières loges pour entendre mes os se fracasser et m'entendre geindre jusqu'à mon dernier souffle, hein ? »
   Olivia, ne dit rien, ses sourcils froncés trahissaient sa pensée intérieure.
   « Comment une momie comme toi, incapable de bouger ses membres sans l'aide de moteurs de ta chaise roulante et d'un implant cérébral pour les mouvoir, as-tu pu manipuler toute la maison ? » Aussitôt les paroles libérées, les rouages de toute cette machinerie paraissaient limpide comme de l'eau de roche dans son esprit.
   « Les ondes d'émission de ton implant cérébral auraient-elles les mêmes longueurs d'ondes que celles produites et émises par le boîtier domotix ? Ce qui expliquerait que tous les objets connectés ont pu être dirigés à distance par wi-fi, avec les caméras de surveillance en guise d'yeux pour tout coordonner. »
   « Tu en as mis du temps à comprendre, espèce de bon à rien. Je n'ai jamais pu comprendre comment ma fille a pu aimer un abruti comme toi. Surtout au point de pouvoir oublier une vieille femme handicapée contrainte de rester assise sur un fauteuil toute la nuit dans une chambre pendant que toi tu te soûles avec tes copains ivrognes. »
   « Je t'ai toujours supportée malgré moi, et j'ai bien compris que c'était réciproque. Mais aujourd'hui j'ai découvert qu'il n'y avait non seulement au fond de ton cœur de l'amertume, mais également un venin délétère envers moi, et je ne peux vivre avec et l'ignorer. Clément repris après une courte pause : et maintenant ? Que fait-on, hein ? Olivia ne dit mot. Tu sais, tu me forces la main. » disant cela il saisit un oreiller du lit. « Je dirai à ta fille que tu n'as pas soufferte, que tu t'es éteinte d'une crise d'angoisse en entendant ma détresse venir de l'étage inférieur. » Clément appliqua le coussin contre le visage de la vieille dame. Les bras dont leur vigueur d'antan l'avait déserté n'opposèrent aucune réelle résistance. Comme des spectateurs impuissants exprimant leur indignation, les lumières vacillèrent, tous les téléphones de la maison sonnèrent simultanément, du bruit venant en contrebas résonna dans le couloir. Le fauteuil roulant motorisé fonça dans une ultime tentative dans les jambes de Clément sans pour autant le renverser. En déstabilisant le bourreau il procurait seulement une bouffée d'air pour sa belle mère étira ainsi ses souffrances. Au terme des deux minutes les plus pénibles de sa vie, Clément vit les appareils électriques et les bras maigres qui cessèrent de s'agiter. Enfin libéré pensa t-il.
« Modifié: 01 Juin 2015 à 22:02:56 par Michel Kliff »

Hors ligne Oussri

  • Aède
  • Messages: 208
Re : Maison hantée 2.0 [contenu explicit]
« Réponse #1 le: 03 Juin 2015 à 14:41:09 »
Salut Kliff !

Au fil de la lecture :
Citer
il régla son gréviste de réveil la veille avant le début de sa soirée entre amis
Rien compris...

Citer
où Il empoigna son portable
il*

Citer
ses paupières mi-clauses
closes*

Citer
qu'ils exécutent sans broncher
exécutaient*. Ton texte est au passé, tu ne peux pas repasser au présent en plein milieu d'une phrase.

Citer
Cette nouveauté High-tech, symbolisait pour Clément le modernisme et de bien être, l'emplissait de fierté et il fut parvenu à susciter
Soit : symbolisant*
Soit : Cette nouveauté High-tech symbolisait pour Clément le modernisme et le bien être et l'emplissait de fierté

Citer
Clément eut fait installer le boîtier « domotix » un an auparavant, depuis, la liste pléthorique de tous les objets interconnectés, ne cessait de s'allonger, tout s'y raccordait : du chauffage central au grille pain.
Clément avait fait installer le boîtier « domotix » un an auparavant. Depuis, la liste pléthorique de tous les objets interconnectés ne cessait de s'allonger et tout s'y raccordait, du chauffage central au grille pain.*

Citer
Voila seulement les volets restaient figés
Voilà* et il manque les virgules.

Il y beaucoup de fautes, j'avoue ne pas avoir le courage d'en relever davantage (ça me gâche la lecture) mais j'en ai vues énormément... Il faudrait que tu te relises, il y a des soucis d'orthographe, de conjugaison, d'accord et de syntaxe. C'est vraiment à revoir sur la forme.

L'histoire n'est pas mal mais le récit est assez laborieux. C'est dommage, il y a de vraies bonnes idées. Tu peux faire beaucoup mieux, j'en suis persuadée. C'est à retravailler.

"Chat du Cheshire, quand je recommence à t'oublier, c'est toujours le souvenir de ton sourire qui disparaît en dernier." Gage

Hors ligne Michel K

  • Tabellion
  • Messages: 36
Re : Maison hantée 2.0 [contenu explicit]
« Réponse #2 le: 06 Juin 2015 à 23:49:37 »
Bonsoir Oussri,

mea culpa pour les fautes d'orthographe, j'ai toujours un mal de chien à voir mes fautes, je ne pensais pas qu'il y en avait autant, sinon je ne l'aurais pas posté en l'état.

Je vais revoir ma copie ;)

Au plaisir de te lire

Hors ligne extasy

  • Palimpseste Astral
  • Messages: 3 096
Re : Maison hantée 2.0 [contenu explicit]
« Réponse #3 le: 06 Juin 2015 à 23:58:08 »
Salut !
Je suis d'accord avec Oussri : il y a des idées intéressantes, et ça pourrait vraiment donner une super histoire ; mais il y a également trop de fautes et de maladresses. Ces derniers temps je suis le MDE exclusivement sur téléphone, donc je ne peux pas les relever, désolé !
A plus :)

Hors ligne mythiris

  • Calligraphe
  • Messages: 137
Re : Maison hantée 2.0 [contenu explicit]
« Réponse #4 le: 07 Juin 2015 à 00:32:08 »
NB : Le texte peut vous paraître long au premier abord, alors on va faire un deal, lisez le début, et, si vous n'accrochez pas dites moi pour quelle(s) raison(s) et je vous laisserais sortir de ce post ;)
Bonne lecture

"Avertissement au lecteur: le texte qui suit porte la mention “contenu explicite” car certaine partie de ses écrits sont de nature à choquer la sensibilité des plus jeunes."
Un deal est un deal.
Je m'interdis depuis des décennies de regarder ce qui est déconseillé aux moins de 10 ans,  mais la menace de nous retenir au post, j'adore  :D
« Modifié: 07 Juin 2015 à 01:02:05 par mythiris »

 


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