Ça faisait trois mois que je pionçais dans le kiosque à outils, sur la plus haute planche de l’étagère. Je causais plus qu’à l’araignée qu’avait tissé sa toile dans mon bedon. Je commençais à me rouiller.
Mais le weekend dernier, le patron a rappliqué devant mon zinc. Il marchait de traviole. Il s’était encore bien arrosé le tuyau.
« Salut mon pote âgé ! » qu’il m’a dit ce con.
Il se marrait : il croyait être drôle en me sortant ce calembour vaseux...
Il tenait dans la pogne un autre moi-même. Ça m’a fait un choc.
Surtout que c’était un modèle en plastique, bas de gamme. J’imagine que le patron est de plus en plus constipé du morlingue.
Enfin, comme je disais, même si je m’y attendais, ça m’a fait un choc. C’est vrai, je suis plus très frais, j’ai plus de fuites qu’un ministère... Bref le gâtisme, même si j’ai toujours marché qu’à la flotte, m’est tombé sur la pomme. Mais je pensais qu’il allait me colmater pour la énième fois, qu’il tenait encore à moi vu que je bossais dans la famille depuis des lustres.
Moralité je vais me retrouver sur un tréteau dans un vide-greniers, à côté du vieux poste de TSF et du casque de poilu jusqu’à ce qu’un badaud se décide et m’emporte. Je sens que je vais finir cache-pot sous véranda ou un truc dans le genre. Moi qui n’aimais que le grand air et l’activité. Je vais regretter ma copine brouette qu’arrêtait pourtant pas de me charrier.
C’est la fin des haricots pour bibi.