Le Monde de L'Écriture – Forum d'entraide littéraire

22 Avril 2026 à 10:07:30
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Le Monde de L'Écriture » Coin écriture » Textes courts (Modérateur: Claudius) » - Say -

Auteur Sujet: - Say -  (Lu 3336 fois)

Hors ligne Say

  • Aède
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- Say -
« le: 08 Mai 2015 à 21:16:45 »
  Je pense qu'il est temps de faire entrer un peu mon grand projet sur le Monde de l'écriture :P ! Pour la petite histoire et pour aller très vite, c'est à l'idée de ce projet que j'ai repris l'écriture en 2009 et que je m'y suis mis sérieusement (hmm...)  jusqu'à aujourd'hui. Ca fait donc presque six ans que j'ai eu cette idée, six ans que je construit tranquillement cette histoire et cet univers.
  En théorie, je commence à avoir vraiment pas mal de matière, en pratique beaucoup moins. J'ai assez peu de texte et tout est réellement a retravailler (en six ans, on change, et je n'écrit plus vraiment pareil qu'en 2009 !)

  J'ai eu l'idée, pour faire entrer le projet sur le MdE, d'écrire une petite nouvelle pour chacun des protagonistes principaux de l'histoire, afin de les présenter un peu. Cela me permet de me balader un peu dans l'univers que j'ai crée sans utiliser impérativement l'ordre chronologique. A prévoir donc, 9 ou 10 nouvelles pour introduire tout ce petit monde. Puis, par la suite, peut être une place du côté des textes longs. Nous verrons...
  Ce premier texte est un peu particulier, car il s'agit tout simplement de la première chose que j'ai écrite lorsque j'ai eu la première étincelle d'idée, à l'origine du projet. J'ai pensé que c'était la meilleure manière de l'introduire. C'est bien entendu pas mal remasterisé (mais pas trop, volontairement). Voici donc la présentation du personnage de Say (qui, il est important de le préciser, n'est pas moi, même si on partage un pseudonyme : p)

Chapitre 1
Chapitre 2 / Partie 1
Chapitre 2 /Partie 2

_____________________________________________________

Cette histoire commence par un homme allongé sur une barque, flottant sur un liquide rougeâtre indéterminé. Depuis longtemps , très longtemps.

  En guise de compagnie, il ne pouvait compter que sur un puzzle représentant une demi douzaine de dalmatiens jouant à la belote. L’idée de l’ouvrir et d’en assembler quelques pièces afin de rompre le terrifiant petit ennui lui avait souvent traversé l’esprit. Mais il se disait : « J’ai le temps ». Et à juste titre. Les méridiens semblaient défiler sous la coque de l’embarcation depuis quelques années, sans esquisser le moindre signe de fatigue.
  D’après les maigres repères qu’il avait réussi à établir, cela faisait maintenant trois jours qu'il était allongé sur le vieux bois. Le petit réveil de l’habitude résonna à l’intérieur d’un de ses cortex cérébraux. Il était temps de se lever. Cette petite routine trihebdomadaire d’alternance positionnelle était le seul moyen qu’il ait trouvé en ces temps difficiles afin de se sentir un minimum vivant. En effet, et c’était indéniable, depuis que le poulpe ne venait plus, il se sentait dépérir, sur son petit canot.
  Car à une époque il s’était senti plutôt bien, sur son embarcation. Mieux, en tout cas. Ce poulpe sortait alors régulièrement des eaux mystérieuses, pour lui apporter de la nourriture. Il bondissait hors du liquide, faisait quelques pirouettes célestes, puis s’arrêtait, flottant dans les airs, à quelques décimètres du l’individu esseulé.
  Ils avaient parlé à de nombreuses reprises. La plupart du temps, de questions métaphysiquement inutiles, telles que la raison rapprochant la banane du boomerang, la forme de l’atome ou même, à de rares occasions, du sens de la vie. C'était sympa.

  Mais le poulpe avait pris la sale manie de ne plus venir, depuis maintenant de nombreuses années. Résultat : l’hominidé n’avait pas touché une miette de nourriture depuis…probablement une éternité. Très globalement, ce genre de situation pose problème, car il est reconnu dans les mœurs qu’une absence de nourriture prolongée entraîne presque impérativement le décès. Ici, ça importait peu. Il n’avait pas faim. Ni soif. Pas plus qu’il n’était fatigué. Tous ses besoins avaient disparus dans les plis de sa solitude.

  Poussant sur les extrémités de ses doigts, qui blanchirent de plaisir d’être enfin remis au travail, l'homme se releva avec énergie. Trop d’énergie. Ce corps trop longtemps mis en veille peinait à redémarrer, et, les yeux tous en couleurs fluorescentes, il dut se résigner à s’effondrer le plus dignement qu’il le pouvait sur la petite bordure de bois. L’embarcation tangua violemment, sortant l'eau rougie de sa langueur vespérale, griffonnant deux ou trois vaguelettes qui disparurent aussitôt.
  Ce violent mouvement de l’embarcation fit aussi choir le puzzle avec fracas, qui, boudant, se mit à présenter l’arrière de sa pochette, nous dévoilant sa propagande commerciale affirmant que ses mille pièces nous amuseraient des heures durant.
  Et s’il était vrai que découvrir pièce par pièce une image révélée sur la pochette - et qui plus est aussi intéressante que la vision de six dalmatiens jouant aux cartes - aurait rendu fou d’impatience n’importe quel être humain normal, notre garçon n’en avait plus rien à faire. La déprime qu’il avait longtemps attendue avait été précédée par la lassitude. Il ne voulait plus rien. Il n’ouvrirait jamais ce truc. Ainsi, le pauvre puzzle était condamné à rester là, et l’homme las.
 
  Finalement, affalé sur le bord de l’embarcation, il n’était pas si mal. Il avait rarement exploité cette position. Il tourna la tête vers le ciel. Cette embarcation avançait elle vraiment ? Ni voiles, ni mat. Pas un souffle de vent. Le soleil était rouge. Comme toujours ici. Il n’y avait pas de jour ni de nuit. Regarder le ciel donnait constamment l’impression d’être dimanche soir, à l’heure où l’apéro commence à se faire attendre. Période de la journée plutôt sympathique. Ce ciel rougeoyant, en harmonie avec cette mer de rubis, il fallait reconnaître que c’était plutôt délicat pour les yeux. Mais tout finit par être lassant, au bout du compte.

  Cette journée commencerait et finirait comme les autres. D’une manière tout ce qu’il y a de plus rébarbative. Au bout d’un moment, on finissait par oublier qu’il existait un mode de vie plus excitant. D’ailleurs, on finissait tout bonnement par tout oublier. On allait même jusqu’à oublier qu’il avait existé autre chose avant « la barque ». A son bord, l’homme ferma les yeux et prit une grande inspiration. 
  Une voix se fit entendre. Une voix fluette mais rude. Une voix de femme. Une voix de robot. Il n’y prêta pas attention : à rester trop longtemps seul, ce genre de choses finissait indubitablement par arriver. Mais soudain, la vérité lui éclata en plein visage, le terrorisant brutalement. Cette voix ne venait pas de son esprit. Il rouvrit les yeux.

« Veuillez décliner votre identité »

  La voix venait du bateau. D’où, impossible de le savoir, mais c’étaient bien des entrailles du navire que jaillissait cette bile robotique. L’homme réfléchit. Cela faisait si longtemps qu’il n’avait ne serait ce qu’ouvert la bouche.

« Nous vous en prions pour la /seconde/  fois : Veuillez décliner votre identité. Et ce dans les délais les plus brefs.. »

  Il fallait qu’il réponde. Le questionnement qui lui traversa aussitôt l’esprit fût de savoir si il était encore capable de parler. Du moins assez pour répondre à cette question.

« Si vous vous trouvez dans l’incapacité de comprendre notre requête, veuillez déclarer : Je me trouve dans l’incapacité de comprendre votre requête. »

  Il se décida à tenter de faire passer quelques mots, en clandestins. Il ouvrit la bouche, et poussa. D’après ses souvenirs, il fallait pousser. Ou quelque chose comme ça, en tout cas. Il n’émit qu’un triste gargouillis, qui contribua tout de même à humecter le pont du navire, qui ne l’avait été depuis quelques années et en avait bien besoin.

« Si vous êtes physiquement incapable de répondre à notre requête, veuillez déclarer : Je suis physiquement incapable de répondre à votre requête. »

  Accumulant les tentatives infructueuses, l’homme désespérait. Il commençait à se sentir mal.

« Si vous n’êtes pas humain, et que par conséquent, vous ne nous comprenez pas, veuillez décliner votre nom, prénom, race, et lieu de naissance : vous êtes actuellement victime d’une erreur, et serez  renvoyé chez vous dès que possible. »

Il finit par comprendre : si il avait tant de mal à articuler une réponse, c’est tout bonnement car il n’était pas en possession de cette réponse. Non. Il ne savait pas qui il était. Il ne le savait plus. Il ne pourrait pas répondre. Mais ne pas avoir de réponse étant toujours mieux que de ne rien avoir à dire, l’homme put enfin balbutier quelque chose qui, retourné dans plusieurs sens et posé à l’envers pourrait donner quelque chose comme : « Je ne sais pas ».

Le mécanisme du bateau sembla se mettre en marche, accompagné d’une fanfare de petits cliquetis, qui se termina, comme pour clore la marche, par un petit son de cloche, qui aurait probablement été, si ce type de dispositif avait été mis en place, accompagné d’une lumière verte.

« Réponse acceptée. Bienvenue. Nous vous prions désormais de vous asseoir  bien au centre de l’embarcation, et de ne pas dépasser les lignes blanches au sol. Pour votre sécurité, car soyez en sur, c’est notre bien le plus précieux, quelques recommandations sont de mises… »

  L’ordinateur de bord ne put terminer sa phrase, car reçut ce qui pouvait s’apparenter à un demi litre d’eau rouge soulevée violemment par un poulpe aérien prenant son envol. Ses dernières paroles furent donc un petit grésillement. Le poulpe, lui, traça une jolie arabesque dans le ciel, avant de finir sa course face au batelier, comme il avait jadis eu l’habitude de le faire, en des temps plus reculés.

  Il sortit d’entre deux tentacules un instrument étrange, sorte d’hybride entre la théorbe et le cor anglais, et se mit à en jouer sérieusement, ses petites joues de poulpe virant crescendo au rouge, au fur et à mesure de l’avancée de son morceau. Morceau surprenant sur bien des points, d’ailleurs. Si l’on pouvait s’attendre à une sorte d’air épique, clamant, presque royal, il n’en était rien. Ce petit aria était en effet plus proche de ces petites mélodies rapidement énervantes qui vous restent en tête des jours durant, comme une lent poison…
  Il ne fallut pas attendre plus de quelques mesures pour que d’autres poulpes ne jaillissent à leur tour du liquide, chacun y allant de son nouvel instrument insolite. Ils finirent par constituer un véritable orchestre, la mélodie devenant rapidement très complexe. Sur sa barque, notre homme ne put s’empêcher de penser : « Bon  Dieu, ça valait le coup d’attendre toutes ces années » devant cette troupe de musiciens extraordinaires. Il en retint notamment un, jouant d’un curieux instrument situé entre le luth et le marimba, interprétant des solos frisant la perfection.
  Et c’est ainsi qu’un homme, perdu en pleine mer inconnue, sans but, sans vie, sans raison d’être, eu la chance assister au plus grand concert qui n’ai jamais été donné, toutes dimensions confondues.  Les octopus dansaient au fil du rythme de leur musique, et finirent par se mettre à tourner en une exquise farandole, leurs couleurs variées formant un camaïeu des plus délectables. Au bord de l’extase, le cœur de notre marin se remit à battre, et dans sa tête, certains bourgeons de pensées se laissèrent apercevoir. Les poulpes continuèrent à tourner, de plus en plus vite, la ronde suivant ce rythme toujours plus rapide. Si rapide que bientôt, seule étaient discernables des formes floues, au dessus de l’eau.

Et alors, au centre de ce cercle unique en son genre, de ce halo marin, les eaux s’ouvrirent. Littéralement.

__________________________________

(La suite est postée plus bas !)
« Modifié: 13 Juin 2015 à 18:04:50 par Say »

Hors ligne rato64

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Re : - Say -
« Réponse #1 le: 09 Mai 2015 à 10:32:41 »
je trouve ton texte vraiment pas mal, en tout cas très original! J'aime bien comment tu as retranscrit la folie qui s'empare de lui. Mais parfois, on est un peu perdu, la voix de robot existe vraiment? c'est quoi cette mer rouge?

Hors ligne Calegal

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Re : - Say -
« Réponse #2 le: 09 Mai 2015 à 14:53:57 »
Salut Say  :D J'ai bien aimé ton texte qui est très original. On sent l'univers qu'il y a derrière et ça me donne vraiment envie de lire la suite. J'ai n'ai pas remarqué grand chose à changer:

Citer
flottant dans les airs, à quelques décimètres du l’individu esseulé
de

Citer
petits cliquetis, qui se termina, comme pour clore la marche, par un petit son de cloche
petit x2

C'est tout  ;) A très bientôt j’espère 
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Re : - Say -
« Réponse #3 le: 12 Mai 2015 à 22:34:41 »
Salut Say,

Citer
Il bondissait hors du liquide, faisait quelques pirouettes célestes
C'est peut être que moi, mais j'ai tiqué un peu sur cette phrase, dur de se figurer une pirouette céleste (et en même temps j'avoue que la formule à du charme), peut être qu'il manque un petit quelque chose entre ces deux propositions, qui décrive un peu plus en détails (je sais pas, des éclaboussures, ou un facon d'aller d'un coté ou de l'autre dans ses pirouettes, enfin je pinaille tu l'a compris)

Citer
les yeux tous en couleurs
tout?

Citer
Ce violent mouvement de l’embarcation fit aussi choir le puzzle avec fracas, qui, boudant, se mit à présenter l’arrière de sa pochette, nous dévoilant sa propagande commerciale affirmant que ses mille pièces nous amuseraient des heures durant.
Je mettrai plutôt "Le violent", vu ce qui suit
Et je trouve la phrase un peu longue, un point ferai pas de mal, sans enlever au sens "avec fracas. Celui-ci, boudant, se mit..."


Citer
Le mécanisme du bateau sembla se mettre en marche, accompagné d’une fanfare de petits cliquetis, qui se termina, comme pour clore la marche, par un petit son de cloche, qui aurait probablement été, si ce type de dispositif avait été mis en place, accompagné d’une lumière verte.
J'ai envie de dire les mécanismes  :-\  s'acheva plutôt que se termina, plus bow (s'achevant j'aurai mis même, mais pas sûr pour le coup)
La virgule entre été et si je vois pas l'utilité, ca hache la phrase plus qu'autre chose. Je la trouve assez lourde cette phrase en fait, dans la même phrase situation + c'est fini + y'aurai pu avoir, enfin tu peux faire passer l'idée plus simplement à mon avis (le ding micro et lumière qui dit c'est pret en quelque sorte ahah)


Bon c'est que des petites propositions, on voit que c'est travaillé! (Si j'avais relevé tout ce qui m'a plu le msg serait beaucoup plus long ahah)
Je suis très très fan de ce genre de texte, et je peux dire que le tien est efficace sur moi, j'attendrai la suite  ;D


A plus dans l'bus  8)
Le style c'est comme le dribble. Quand je regarde Léo Messi, j'apprends à écrire.
- Alain Damasio

Hors ligne Say

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Re : - Say -
« Réponse #4 le: 19 Mai 2015 à 14:34:44 »
Merci à tous pour votre lecture et vos commentaires  :D ! Maintenant il est temps de répondre !

@rato64

Citer
J'aime bien comment tu as retranscrit la folie qui s'empare de lui. Mais parfois, on est un peu perdu, la voix de robot existe vraiment? c'est quoi cette mer rouge?

En fait il n'est pas vraiment fou ! Enfin disons qu'il n'a pas de visions quoi, sa perception des choses en encore bien valide. Mentalement il est intact (quoi que bien fatigué, il a oublié beaucoup de choses et tout), c'est physiquement qu'il est déréglé. Il a pas parlé depuis trèèèès longtemps, ni vraiment beaucoup réfléchi ou bougé. Mais tout ce qui se passe ici n'est pas le fruit de sa folie. (Est ce un spoil ? je ne pense pas : p)
Donc oui, la voix de robot existe vraiment. Et la mer rouge fait parti des quelques mystères, avec les poulpes qui volent, les instruments zarbis, les monsieurs qui passent des milliers  d'années sans manger et les barques à reconnaissance vocale.

@Calegal

Merci pour les corrections, m'sieur :D !

Citer
On sent l'univers qu'il y a derrière et ça me donne vraiment envie de lire la suite.

Ca fait plaisir ça, c'est ce qui peut arriver de mieux héhé !

@Ben.G

Citer
dur de se figurer une pirouette céleste

Il faut s'imaginer des saltos, des figures acrobatiques, mais sans aucune pression de retomber sur le sol ou dans l'eau après ! Enfin, je comprends ce que tu veux dire, ce passage manque de détails et n'est pas assez visuel. Je vais essayer de voir si je peux modifier ça !

Citer
Je mettrai plutôt "Le violent", vu ce qui suit
Et je trouve la phrase un peu longue, un point ferai pas de mal, sans enlever au sens "avec fracas. Celui-ci, boudant, se mit..."

C'est vrai que la phrase est uuuuultra longue haha ! D'ailleurs, c'est principalement ça que j'ai remarqué (et corrigé) en ressortant ce vieux texte. Des phrase méga longues et des formulations alambiquées ! J'avoue que je n'ai pas modifié celle la et elle le mériterait bien ! Et "le violent" marche vraiment mieux, je suis tout à fait d'accord !

Citer
J'ai envie de dire les mécanismes  :-\  s'acheva plutôt que se termina, plus bow (s'achevant j'aurai mis même, mais pas sûr pour le coup)
La virgule entre été et si je vois pas l'utilité, ca hache la phrase plus qu'autre chose. Je la trouve assez lourde cette phrase en fait, dans la même phrase situation + c'est fini + y'aurai pu avoir, enfin tu peux faire passer l'idée plus simplement à mon avis (le ding micro et lumière qui dit c'est pret en quelque sorte ahah)

Je vais revoir cette phrase aussi, qui croule littéralement sous les virgules. Voir comment je peux faire passer l'idée différemment. Comme je l'ai dit, je veux laisser à ce texte une certaine authenticité, ne pas cacher que je l'ai écrit il y a bien longtemps, mais ces quelques changements sont assez légers et vraiment un plus pour le confort de lecture.

Citer
Bon c'est que des petites propositions, on voit que c'est travaillé! (Si j'avais relevé tout ce qui m'a plu le msg serait beaucoup plus long ahah)
Je suis très très fan de ce genre de texte, et je peux dire que le tien est efficace sur moi, j'attendrai la suite  ;D

Ca fait trop plaisir :D ! J'en viens presque à me demander si ça vaut pas le coup de poster la suite de ce texte (qui marque le début du projet) que j'avais écrit à l'époque (en retravaillant légèrement les trucs qui me sautent aux yeux, de la même manière). Ce sera drôle d'avoir des avis maintenant, des années plus tard !

En tout cas merci à tous pour vos corrections judicieuses et vos avis qui font plaisir :D !

Hors ligne Aléa

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Re : - Say -
« Réponse #5 le: 19 Mai 2015 à 22:59:43 »
Citer
J'en viens presque à me demander si ça vaut pas le coup de poster la suite de ce texte (qui marque le début du projet) que j'avais écrit à l'époque (en retravaillant légèrement les trucs qui me sautent aux yeux, de la même manière). Ce sera drôle d'avoir des avis maintenant, des années plus tard !

Bah ouaip carrément que ca vaut le coup! Tu nous as vendu ca comme un grand projet, on a trouvé un texte très agréable, on veut la suite forcément!!!!  :P

Citer
Comme je l'ai dit, je veux laisser à ce texte une certaine authenticité, ne pas cacher que je l'ai écrit il y a bien longtemps, mais ces quelques changements sont assez légers et vraiment un plus pour le confort de lecture.

Hm, je comprends ce que tu veux dire par garder l'authenticité de l'époque où tu l'as écrit, mais je pense qu'y revenir même longtemps après peut apporter que du plus, le lisser avant ton oeil actuel c'est que du plus, je sais pas si les textes sont comme le bon vin quoi  :D

Enfin comme tu le sens!
Et de rien  :D

A plus!
Le style c'est comme le dribble. Quand je regarde Léo Messi, j'apprends à écrire.
- Alain Damasio

Hors ligne Say

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Re : - Say -
« Réponse #6 le: 21 Mai 2015 à 23:40:16 »
@BenG

Citer
Bah ouaip carrément que ca vaut le coup! Tu nous as vendu ca comme un grand projet, on a trouvé un texte très agréable, on veut la suite forcément!!!!

Héhé oui, mais le but, c'était de distiller des tous petits morceaux éparses, et pas un texte "long". Mais tu m'as convaincu, en plus ça sera très intéressant d'avoir des retours sur la suite !

Citer
Hm, je comprends ce que tu veux dire par garder l'authenticité de l'époque où tu l'as écrit, mais je pense qu'y revenir même longtemps après peut apporter que du plus, le lisser avant ton oeil actuel c'est que du plus, je sais pas si les textes sont comme le bon vin quoi  :D

Tout à fait d'accord ! C'est d'ailleurs pour ça que je revois assez largement les textes "d'époque" que je poste. En fait, quand je parle d'authenticité, c'est surtout au niveau du fond. Certains détails scénaristiques, certains personnages me plaisent moins aujourd'hui, mais je ne m'autorise pas à les changer. Du moins pas encore.
Par contre au niveau du style, je me permet bien entendu un certain lissage. Sinon je ne pourrais même pas assumer de les poster héhé !
La suite arrive donc incessamment sous peu !

Hors ligne Say

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Re : - Say -
« Réponse #7 le: 22 Mai 2015 à 00:00:18 »
Et voici donc le début du chapitre 2 de ce récit d'époque, légèrement remanié par mes soins ! La suite du chapitre arrivera très bientôt, mais je préfère poster des morceaux assez courts.

   De ce cercle de vide aqueux jaillit un étrange véhicule aérien…on aurait pu parler de vaisseau, si l’engin n’avait pas été si visqueux  , et étrangement inconsistant. Il s’éleva majestueusement, accompagné au son du délectable hymne tentaculaire. Sur son navire, l’homme ne s’étonnait toujours pas, il regardait, simplement. De l’engin gluant saillit une longue main tout aussi gluante, qui vint s’agripper au bras droit -a moins que ce ne soit le gauche - de notre héros. Le bras humide tira sèchement, et l'emporta dans le vaisseau. Il ne passa pas par la porte (il n’y en avait pas) mais traversa la paroi dans un bruit peu ragoûtant.
    L’intérieur du vaisseau était beaucoup plus grand que l’extérieur ne le laissait paraître, beaucoup plus propre aussi. Un être humanoïde, sûrement humain en fait, était assis négligemment sur le tapis le plus propre que Lom* n’ai jamais vu. L’inconnu se pencha sur ce dernier d’un air moqueur-fatigué :
  - Salut cowboy !
Lom n’avait pas eu contact avec un être humain depuis…bougrement longtemps. Aussi sa réponse mit un peu de temps à arriver :
  - Sa…lu…
Il se demanda si sa réponse n’était pas trop familière. Ou trop polie. Comme beaucoup de choses, il ne savait plus.
  - Tu te demandes sans doute qui je suis et ce que tu fais la, nan ? Plein de trucs comme ça ?
  - Un…peu…
  Le mystérieux individu se leva, sa belle combinaison de latex bien trop petite poussa un petit chouinement. L’autochtone se mit dos à Lom, les mains croisées derrière les reins. Il s’éclaircit la gorge, cracha dans un mouchoir, le jeta dans le ventilateur, et prit sa plus belle voix :
  - Je vais t’éclaircir sur la vérité. Enfin, ce qu’en j’en sais personnellement. A vrai dire, depuis quelques temps déjà, notre monde est en déclin. La source d’énergie se trouvant au centre d’Andromed, notre capitale, est drainée sans que nous ne sachions pourquoi. Nous avons retrouvé les traces d’une étrange force, mais nous ne parvenons pas à l’identifier. La seule solution pour nous était de trouver un terrien avec une force spirituelle suffisante pour percevoir ces énergies, et de les détruire. Même si ce ne sont que des bribes d’explications, tu commences sans doute à comprendre quel est ton rôle ici.
  Au fond du cervelet embrumé de Lom, une minuscule chose remua, comme un grain de sable sur une plage, qui en entraînerait une quinzaine d’autres. Toute sa jeunesse, il avait lu des histoires, il en était sur, des récits initiatiques vers des buts, où des personnes normales, comme lui, devenaient des héros après avoir été choisi pour sauver des « mondes en déclin », comme celui ci. Peut être allait il à son tour devenir un héros.
  -  C’est…vrai ?
  -  On ne peut plus vrai. Mais ce ne sera pas sans danger. Pour ça, tu devras récolter les trois …Orf, et puis à quoi bon. Même ça, ça ne m’amuse plus. T’es mort,  c’est pour ça que t’es la. Au moins, je vais avoir droit au spectacle de ta face décomposée par la surprise. Enfin, nan, pas par la surprise. Plutôt par une sorte de tristesse, de douleur, un truc de ce genre là, j’imagine.
  Le type sourit tristement. Lom était sûr d’avoir totalement compris ce que ça voulait dire cette fois. Etrangement, la surprise ne répondait toujours pas à l’appel.
  -  Je…suis…mort.
  -  Et comment !
Il partit cette fois d’un violent éclat de rire suivi d’une quinte de toux.
  -  Bon, tu me gaves, à parler comme un ralenti ! Suis moi…et ne te perds pas surtout ! Je suppose que tu ne veux pas savoir ce qui pourrait t’arriver si jamais tu te perdais dans le vaisseau…
  L’inconnu partit. Lom le suivi dans un dédale de couloirs blancs à n’en plus finir. Ils se ressemblaient tous, et Lom jugea absolument impossible de s’y retrouver ultérieurement. Au bout d’un certain temps, il entrèrent dans une petite salle sombre uniquement munie d’un écran blanc. L’étrange individu sortit alors une vieille cassette :
  - Bon, l’intégralité de ta vie est contenue sur cette VHS. La regarder te redonnera quelques notions intellectuelles, ça m’évitera d’avoir à voyager avec un demeuré. Ca peut te paraître très long, mais ne t’inquiètes pas : ici, le temps n’existe pas, tu vieilliras pas, en gros t’es pas pressé.
  Sur ce, le noir complet se fit dans la salle, l’inconnu quitta les lieux, et Lom contempla sa vie, et sur écran plat, s’il vous plait.

  Il vous est sûrement arrivé au cours de votre vie de tomber sur ces ennemis de jeu vidéo, ces ennemis que l’on détruit en masse sans aucune pensée compatissante. Ces ennemis qui arrivent par paquets que l’on descend un à un presque naturellement. Il y en a tant, se ressemblant tous, que l’on aurait jamais le temps de se demander si chacun à une famille l’attendant au coin du feu, les enfants demandant quand est-ce qu’il arrive Papa à leur mère qui, les yeux embués, leur répond lentement que bientôt. Ces personnes, qu’elles aient le passé le plus tragique ou la vie la plus dure de la galaxie, sont vouées à mourir dans la masse, sans que l’on s’en demande rien.
  Ce type de personnes peut aussi être présent dans le cinéma, ou en littérature. Par exemple, dans la phrase : « Pierre-Henri, de son nom de code, se tapi dans l’ombre et descendit d’un habile mouvement de poignet le garde de la porte. Il fit de même avec celui au bout du couloir, ainsi qu’avec les trois suivants. ». Dans la phrase précédente, on n’a absolument rien à faire du second garde faisant parti des « trois suivants » en question. Autre exemple : « Le pauvre Jean-Denis était cerné par une douzaine de militaires. Par chance, son acolyte Billy débarqua par la grille d’aération et les abattit tous d’une verte rafale de sa mitraillette à…disons plasma. ». La encore, la vie des militaires n’a aucune importance pour le lecteur et ces pauvres hommes sont considérés comme une chair à alimenter un récit d’action.
  Lom avait été ce genre de personne. Il fut l’ennemi dont tout le monde se ficherait une fois mort. Au moment de sa mort, il gardait la porte de l’ascenseur d’un building à l’étage de la Pantoufle Ecarlate et devait s’assurer que personne n’entrait à cet étage. Ainsi, sa mort n’eut que peu d’intérêt, un peu à l’image de sa vie en l’occurrence. Et ce qu’il regarda pendant plusieurs décennies ne valait probablement même pas la moitié d’un des films du Seigneur des Anneaux. Mais il ne lâcha pas l'écran des yeux une seconde.

*Oui, en fait, j’ai décidé d’appeler le héros Lom provisoirement. Parce que renouveler les substantifs à chaque phrase, je trouve ça lourd. Et je vais rapidement en venir à bout. Pour ceux qui s’indigneraient, sachez que je ne m’excuse pas de la gêne occasionnée.

_________________________________________

Pour les curieux, la version certifiée d'époque (la comparaison peut être intéressante). Il est potentiellement possible de la préférer, car elle sans doute plus assumée et pousse plus loin certains délires. Mais enfin, aujourd'hui, j'ai quand même du mal avec certains trucs. Certains trucs notamment qui gênent pas mal le confort de lecture, même c'est justement ce qui me faisait marrer à l'époque ! (d'autant qu'avec la gestion des notes de bas de pages impossible, ça va être un trampoline de lire ce texte sur le forum :P !)

Désolé, vous n'êtes pas autorisé à afficher le contenu du spoiler.
« Modifié: 25 Mai 2015 à 21:26:37 par Say »

cessdu

  • Invité
Re : - Say -
« Réponse #8 le: 25 Mai 2015 à 13:04:28 »
au fil du 1er texte pour commencer :

Citer
Cette histoire commence par
perso je n'aime pas ce genre d'intro, ça m'empêche de rentrer dans le texte.
une phrase averbale produirait un effet beaucoup plus marquant :
"Un homme allongé sur une barque, flottant sur un liquide rougeâtre indéterminé. Depuis longtemps , très longtemps."

Citer
à quelques décimètres du l’individu esseulé
de

Citer
depuis…probablement
il faut un espace après les 3 petits points

Citer
les yeux tous en couleurs fluorescentes
tout (c'est un adverbe invariable ici)

Citer
ni mat
mât

Citer
A son bord,
accent sur la majuscule !

Citer
ne serait ce

ne serait-ce
mais je crois qu'avant ce genre d'expression il faut un complément, genre : rien fait, rien bougé

Citer
Et ce dans les délais les plus brefs.. »
un point de trop

Citer
si il était
s'il

Citer
« Si vous êtes physiquement incapable de répondre à notre requête, veuillez déclarer : Je suis physiquement incapable de répondre à votre requête. »
:???:

Citer
« Si vous n’êtes pas humain, et que par conséquent, vous ne nous comprenez pas, veuillez décliner votre nom, prénom, race, et lieu de naissance
;D

Citer
si il avait tant de mal
s'il avait

Citer
c’est tout bonnement
c'était

Citer
comme une lent poison…
un

Citer
seule étaient discernables
seules

perso je n'ai pas trop accroché pendant toute la première partie du texte... même si le robot m'a bien fait rire ! en fait c'est quand les poulpes commencent à jouer de la musique que là j'ai trouvé ça bien original...
au début j'ai trouvé ça accrocheur cette idée que ça fait des années qu'il navigue... mais ensuite j'ai trouvé ça un peu long. bien sûr ce n'est qu'un avis perso !

Hors ligne Say

  • Aède
  • Messages: 158
Re : - Say -
« Réponse #9 le: 25 Mai 2015 à 21:49:05 »
Salut Cessdu ! :D

Merci pour ton passage et ton relevé de fautes ! Faut vraiment que je corrige tout ça au plus vite  >< !
Par rapport au reste de ton commentaire :

Citer
perso je n'aime pas ce genre d'intro, ça m'empêche de rentrer dans le texte.
une phrase averbale produirait un effet beaucoup plus marquant :
"Un homme allongé sur une barque, flottant sur un liquide rougeâtre indéterminé. Depuis longtemps , très longtemps."

C'était comme ça que l'histoire commençait de base je crois ! Mais par la suite, j'ai trouvé que vu que l'entité du narrateur était assez présente par la suite, c'était pas mal de l'introduire dès la première phrase, afin que dès le début le lecteur ait bien en tête que quelqu'un raconte cette histoire, et qu'il sera relativement présent ! C'est vrai que j'ai souvent eu des commentaires sur le côté un peu maladroit et désagréable des renvois au narrateur.

Mais je pense pour plusieurs raisons (notamment pour la suite du texte, pour son fond comme pour sa forme) que cette présence narrative est importante et impossible à supprimer. Mais savoir la doser et la placer quand il faut (pour que ça ne desserve pas le texte) n'est pas évident ! C'est un peu le challenge : P !

Citer
perso je n'ai pas trop accroché pendant toute la première partie du texte... même si le robot m'a bien fait rire ! en fait c'est quand les poulpes commencent à jouer de la musique que là j'ai trouvé ça bien original...
au début j'ai trouvé ça accrocheur cette idée que ça fait des années qu'il navigue... mais ensuite j'ai trouvé ça un peu long. bien sûr ce n'est qu'un avis perso !

Pas de souci, avis très intéressant pour moi d'ailleurs, vu que c'est du robot que je doutais le plus ! (c'est la seule chose qui ai vraiment changé depuis la version originale). Je prends note du côté lent jusqu'au concert des poulpes, mais en même temps, c'est un peu le calme avant la tempête :P !

Merci d'être passée, Cessdu !

Hors ligne Writer77

  • Troubadour
  • Messages: 325
Re : - Say -
« Réponse #10 le: 11 Juin 2015 à 22:41:58 »
Hello Say!!

Happy gibet!!  :banane: :mrgreen:

Alors j'ai lu la première partie

Citer
a quelques décimètres du l'individu esseulé

de

Citer
car il est reconnu dans les mœurs qu’une absence de nourriture prolongée entraîne presque impérativement le décès

En effet  :D

Cette première partie met vraiment l'eau a la bouche. Le texte est fluide et bien écrit.

Je repasserai plus tard pour la suite!  ;)
Il n'y a qu'une seule règle : ne jamais abandonner

Hors ligne Say

  • Aède
  • Messages: 158
Re : - Say -
« Réponse #11 le: 13 Juin 2015 à 18:03:24 »
Et voila la deuxième partie du chapitre 2 ! J'ai peur que bientôt le texte devienne trop long pour la section "textes courts"...(vu qu'à l'époque, j'était allé jusqu'au chapitre 8 ). Mais le faire passer en textes longs alors que cette version de l'histoire n'aura jamais de suite et sera probablement remplacé me parait bizarre...Je vais y réfléchir...


  Lorsque Lom sortit de la salle vidéo, de nombreuses années après y être entré, l’homme qui l’avait recueilli était toujours sur le pas de la porte :
- Alors je suis mort, c’est ça ?
- Content que tu te sois fait à cette idée la, parce que t’en as pour un bout de temps.
- Vous m’avez attendu dans cette pièce tout ce temps ?
- Oh, en fait j’ai pas vraiment le choix, c’est la seule pièce du vaisseau.
- …
- Qu’est ce qui se passe ? T’as une endive dans la gorge ?
- Je me souvenais qu’on ait parcouru pas mal de couloirs avant d’arriver ici.
- Les souvenirs, tu sais, c’est pas si génial que ça.
- …
- Okay, il y a un seul couloir dans le vaisseau. Il mène à rien, et il est rempli de portes qui occupent une fonction à peu près similaire. Il m’a suffit de le parcourir dans tous les sens pendant un moment, puis de revenir au point de départ. Mon seul boulot, tu vois, c’est de conduire les nouveaux à la salle vidéo, le vaisseau fait tout le reste tout seul. Quitte à faire mon boulot, autant que ça ait l’air un peu compliqué…un peu grand aussi.
- C’est ça, alors.
- Ouais ouais ouais.
- Et sinon...par rapport au temps que j’ai passé sur la petite embarcation là...est ce qu’il y a une raison particulière ?
- Hahaha yes. Ca c’est pour te blaser. En fait, c’est biologique, au bout d’un moment, sur ta barque, tu finis par être tellement blasé que tes glandes d’étonnement se désactivent. Et ça, c’est pas rétabli par la vidéo. Grosso modo, t’es plus étonné de rien. Exemple, c’est fini pour toi les phrases du genre  « Qu’est ce que…qu’est ce que c’est que ça ? C’est impossible ! ». Maintenant tu pourras plutôt dire des trucs du genre « Cool, un grille pain qui sert de tremplin à un animal mi-éléphant mi-murène ». Enfin c’est un exemple au pif. L’idée c’est que dans le coin c’est plutôt nécessaire. Avec ce qui peut t’arriver, tes glandes d’étonnements pourraient exploser si elles n’étaient pas désactivées.
- Il se passerait quoi si elles explosaient ?
- Des choses très graves, l’artiste, très trèèès graves.
- Hm. Il y a quoi de pire que d’être mort ?
- Rester un légume pour l’éternité, c’est carrément pire.

  Un silence remua. Lom eut alors le temps d’examiner un peu le vaisseau. Les parois avaient une drôle de façon de bouger, comme si elles inspiraient et expiraient. C’était assez étrange. Le reste était moins remarquable. La plupart des accessoires étaient blancs purs, et l’engin était peu meublé, si ce n’est un tapis et une dizaine de portes ne menant à rien. Quand à son occupant, difficile de garder en tête une image cohérente de lui, tant le contraste était fort entre ses vêtements et son visage : il était habillé d’un unique vêtements de ce qui était sûrement du latex blanc strié de quelques lignes noires (la tenue du bon futuriste, quoi) mais se conduisait de manière franchement désinvolte. Sa barbe mal entretenue et ses cheveux ébouriffés lui donnaient cet air d’un type qui n’a pas trop réussi sa vie, mais qui, résigné, cache sa crise de la quarantaine sous des airs un peu blagueurs.
  Mettant fin à ce paragraphe contemplatif, le tapis s’illumina d’un noir étrangement blanc, et émit une série de bips.
- Ca, c'est du langage organique, dit l’hôte.
- Wow. Ca raconte quoi ?
Cette question était une barrière au stratagème du pseudo-homme du futur.
- Bon, c’est plutôt une sorte de sonnerie de téléphone. Mais pas n'importe lequel. Un téléphone avec visualisateur hd² et un son de qualité supérieure. Il y a un haut parleur sur chaque porte. Le rendu est malade.
- D’accord. Et comment on décroche ça ?
- Il faut prononcer ce truc conceptuel : Haaallooooo.
  L'écran noir se changea en l’image d’une magnifique jeune fille souriante. En fait, Lom n’avait jamais vu de beauté si incroyablement parfaite de sa vie. Le désir qu’il éprouva soudain pour la jeune femme dépassa tout ce qu’il avait connu de son vivant. Ce n’était pas vraiment de l’amour, ni vraiment du désir sexuel, c’était comme si on avait pris ces deux choses la et qu’on les avait multiplié au carré cinq fois de suite. Il ne prononça pas un mot.
- Halo, c’est moi. C’était juste pour vous dire que le rapport secondaire est arrivé. Je vous le transmets.
  L’image fut directement remplacé par une feuille, remplie d’écritures en tout genre, que l’hôte saisit en passant sa main à l’intérieur de l’écran. Une fois la feuille attrapée, l’image disparut et fut remplacée par le tapis qu’elle était à l’origine.
  Lom se demanda si il avait à nouveau perdu ses capacités cérébrales. Peut-être allait-il devoir revoir toute sa vie pour les retrouver. Au fond, ce n’était pas vraiment grave, il aimait vraiment le passage avec la pharmacienne. Pour l’instant, une seule question trônait dans sa tête. Il essaya de la poser aussi horizontalement qu’il le put :
- C’
é
t
a
i
t

q
u
i
?
-Ah, ça ? Personne, c’était juste la représentation physique de l’unité centrale du vaisseau. Vu qu’a priori, je vais vivre avec pour toujours, autant que je la choisisse agréable à l'œil, hein ?
Cette réponse fit à Lom l’effet d’un glacier liquide qu'on lui balancerait en plein visage. Il reprit ses esprits.
- Cette fille vient d’une banque de données de personnages disponibles ?
- Non, les personnages à défaut sont vraiment nazes, et souvent énervant. Pour en avoir un un peu sympa, il faut le customiser soi-même. Moi j’était naze, mes personnages étaient tous pires les uns que les autres. Mais un jour, j’ai sélectionné « Paramètres aléatoires », pour rigoler, et je m’attendais à une horreur, un truc saugrenu, et je vois apparaître cette beauté. Chance, non ?
- Sacrée chance ouais. Et -
- Mais cessons de parler de ça. Il y a plus important, j’ai reçu ton rapport. C’était quoi ton nom, de ton vivant, au fait ?
- Je m’appelais...
- Et bien sache que désormais, tu peux oublier ce nom ! Ici, tu seras désigné par une série de trois lettres. Les tiennes sont S, A, Y.
- Pourquoi ? Je préférerais utiliser mon vrai prénom.
- Estime toi heureux, les tiennes sont prononçables. On peut toujours t’appeler Say. Mes trois lettres sont W.M.X., tu vois ce que je veux dire ?
- A peu près, oui. Quoi qu’on puisse dire ça WeuMeuX, répondit Say avec difficulté, mais compassion.
- Oui bref, on ne va pas tarder à arriver : souvent, quand je reçois le rapport, c’est que l’arrivée approche.
- L’arrivée ou ?
- A « l’île de la poule d’eau », répondit WeuMeuXeu.
- Heu…
- On peut aussi appeler ça « L’épreuve finale». Le « Jugement dernier » si tu préfères.
- C’est pas forcément parlant non plus.

Le chapitre devait se terminer comme ça, mais j’ai pas envie. J’ai envie de le terminer sur une note : do.                                         

cessdu

  • Invité
Re : - Say -
« Réponse #12 le: 19 Juin 2015 à 12:15:20 »
chapitre 2 1e partie me voilà !

Citer
visqueux  ,
espace de trop

Citer
accompagné au son du délectable hymne tentaculaire
ce "au son" est trop lourd. à virer selon moi

Citer
-a moins que ce ne soit le gauche -
– à moins que ce ne soit le gauche
je ne vois pas trop l'intérêt de cette précision. quand j'écris j'ai tendance à le faire moi aussi, mais pour un lecteur on se dit "je m'en fous" et ça casse la lecture...

Citer
Lom* n’ai jamais vu
Lom* aie jamais vu

Citer
depuis…bougrement
depuis… bougrement

Citer
Sa…lu…
Sa…lut…

Citer
tu fais la
tu fais là

Citer
A vrai dire
accent majuscule

Citer
terrien
Terrien

Citer
il en était sur
il en était sûr

Citer
des personnes normales, comme lui, devenaient des héros après avoir été choisi
je ne sais pas si ça s'accorde avec personnes ou héros mais en tout cas faut un pluriel : choisies ou choisis (choisies je crois)

Citer
celui ci
celui-ci

Citer
Peut être
Peut-être

j'ai pas tout rlevé les erreurs d'espace : pas d'espace avant virgule ou point, espace après

Citer
t’es la
t’es là

Citer
Etrangement
accent

Citer
Suis moi
Suis-moi

Citer
suivi
suivit

Citer
Ca
cédille

Citer
ne t’inquiètes pas
ne t’inquiète pas

Citer
si chacun à une famille
si chacun a une famille

Citer
se tapi
se tapit

Citer
La encore
Là encore

impressions générales :
étrange étrange...
j'ai lu avec plaisir, intriguée, mais il y a un étrange mélange de récit et de recul par rapport au récit... du coup j'étais un peu perdue, je saisis pas trop où va ton texte... l'originalité peut avoir du bon, mais il faut pas trop dérouter le lecteur non plus... à voir donc les autres commentaires
enfin les références culturelles m'ont quand parues trop décalées...
alors que mon intérêt venait juste de s'éveiller avec l'apparition d'une intrigue !

je lirai la suite plus tard ;)

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Re : - Say -
« Réponse #13 le: 30 Juin 2015 à 16:45:44 »
'Lu Say, j'avais dis que je lirai la suite (et pas quand), me voici  :huhu:


Citer
De l’engin gluant saillit une longue main tout aussi gluante
Jaillir plutôt, saillir c'est qui dépasse en quelque sorte, j'ai du mal à voir ce terme en action soudaine

Citer
Le mystérieux individu se leva, sa belle combinaison de latex bien trop petite poussa un petit chouinement.
:D

Citer
- Je vais t’éclaircir sur la vérité. Enfin, ce qu’en j’en sais personnellement. A vrai dire, depuis quelques temps déjà, notre monde est en déclin. La source d’énergie se trouvant au centre d’Andromed, notre capitale, est drainée sans que nous ne sachions pourquoi. Nous avons retrouvé les traces d’une étrange force, mais nous ne parvenons pas à l’identifier. La seule solution pour nous était de trouver un terrien avec une force spirituelle suffisante pour percevoir ces énergies, et de les détruire. Même si ce ne sont que des bribes d’explications, tu commences sans doute à comprendre quel est ton rôle ici.
  Au fond du cervelet embrumé de Lom, une minuscule chose remua, comme un grain de sable sur une plage, qui en entraînerait une quinzaine d’autres. Toute sa jeunesse, il avait lu des histoires, il en était sur, des récits initiatiques vers des buts, où des personnes normales, comme lui, devenaient des héros après avoir été choisi pour sauver des « mondes en déclin », comme celui ci. Peut être allait il à son tour devenir un héros.
WOYE WOYE, bon je vais attendre la suite quand même, mais woyeeee c'est beaucoup trop d'un coup pour mon cerveau. Il se souvient plus si salut c'est poli et familier, et en une tirade bourrée de mots qu'il ne doit même plus comprendre, il se souvient de ses lecture de jeunesse, et est destiné à être un héros??? bon bon j'attends la suite..
(bon ca reprends la tournure normale de ton récit donc ca va)

Citer
à parler comme un ralenti !
au ralenti? comme un ralenti je vois pas...

Citer
  - Bon, l’intégralité de ta vie est contenue sur cette VHS.
Ahahaha


Citer
les enfants demandant quand est-ce qu’il arrive Papa à leur mère qui, les yeux embués, leur répond lentement que bientôt.
pas besoin de majuscule à papa, très jolie phrase sinon!!


Donc j'aime bien, à part cette tirade prophétique que je trouve un peu cliché et sorti de nulle part, par rapport au reste. Je veux dire si c'est vraiment ca le but, pas de soucis hein, c'est juste que tu pourrai garder le truc un peu sous le coude, ou, si tu veux garder cet effet, garder sensiblement la même, mais faire arreter le perso en voyant les yeux complètement abrutis de Lom qui pige rien, la même en gros en enlevant en plus le truc sur les livres et héros
Et la fin, deux exemples complets pour dire la même chose, jeux vidéos et film, c'pas dérangeant hein, juste que dans l'un tu prends le lecteur à parti en tant qu'acteur (le joueur) puis passif (spectateur) pour la même idée, donc je me prends surement beaucoup trop la tête, mais du coup en venir au fait que Lom était ce genre de perso m'a moins amusé, parce qu'on avait déjà vu la chose sous 2 angles différents (mais je repète peut etre que je me prends la tête pour rien  :huhu:)


Suite!

Citer
Lorsque Lom sortit de la salle vidéo, de nombreuses années après y être entré
Mais est-ce que le temps à vraiment une importance dans ce lieu? Tu peux dire l'âge du perso ou tu gardes ca au mystère? Parce que sinon dire qu'il est sorti après avoir regardé les 45 années de sa vie en intégralité, c'est cool et puis on sent pas l'attente non plus, d'autant que l'autre l'attends toujours tranquillou

Citer
Maintenant tu pourras plutôt dire des trucs du genre « Cool, un grille pain qui sert de tremplin à un animal mi-éléphant mi-murène ».
Ahaha je kiff! Et l'etonnement qui disparait avec la mort c'est juste parfait  ;)

Citer
  Un silence remua.
gné?

Citer
(la tenue du bon futuriste, quoi)
tu peux enlever cette remarque je pense  :D Je vois pas spécialement une tenue futuriste avec ces coloris, et pis je me faisais un peu plus à l'idée qu'on était dans un genre d'enfer donc le truc futuriste ca coule pas de source (perso je vois un genre de combi salopette en latex style cuir moustache slash catch  :D )

Citer
Mettant fin à ce paragraphe contemplatif, le tapis s’illumina d’un noir étrangement blanc, et émit une série de bips.
ah du coup je cible mieux le problème de la parenthèse au dessus, en fait tu brises trop souvent le 3èm mur en t'adressant au lecteur. Je sais que certains detestent ca, moi ca me dérange pas quand c'est bien fait (et il me semble que tu l'as déjà fait) mais là pour le coup je trouve pas ca justifé. Enfin pas la peine de parler de paragraphe quoi, on sait qu'on lit un texte pas besoin de le rappeler :p

Citer
Moi j’était naze
-s

Citer
- Sacrée chance ouais. Et -
... plutôt que -

Citer
- A peu près, oui. Quoi qu’on puisse dire ça WeuMeuX
le dire comme ca: ...WeuMeuX (j'ai cru qu'il ne faisait que l'approuver sans ponctuation au début ^^)

Bon oui il se finit de façon un peu abrupte ton chapitre  :D Je pense que j'ai dis l'essentiel, j'aime toujours l'univers étrange et décalé (et j'espère que ca continue dans cette veine héhé, sur ce point tu m'as totalement eu), mais y'a quelques trucs qui m'ont dérangés quand même, je trouve ce deuxième chapitre un peu plus brouillon (plus de choses dérangeantes à corriger quoi)
Et puis pour l'histoire du héros là, pas de suite, c'était quoi alors, un délire et dans ce cas j'ai pas compris ou c'est vrai? parce qu'il a l'air d'avoir l'habitude quand même.
Et ahaha Say, l'origine de ton pseudo?  :) (du coup ouaip je vois le problème avec Lom, hmmm quelle solution.. ca va être chiant de pas le nommer en effet. Tu pourrai toujours l'appeler Lom, et puis avec la révélation de son nom de l'enfer, prendre les même lettres dans le désordre (comme par hasard tsais) mais MOL, ca fait quand même vachement moins classe que SAY  :mrgreen: )
Mais tu gères bien ton rythme je trouve en tout cas, toujours envie de savoir la suite!!


Au plaisir de te lire!
Le style c'est comme le dribble. Quand je regarde Léo Messi, j'apprends à écrire.
- Alain Damasio

 


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