Une vie à dire au revoir, une vie à se faire du mal et à sentir des fragments de soi se briser sans jamais vraiment se recoller. S'éloigner pour mieux se déchirer. On choisit la passion de l'aventure et on finit par y gagner la froideur d'une route monotone, d'où l'on ne peut rêver qu'à la chaleur d'un ami qu'on a laissé derrière nous. On part à la conquête des merveilles et le temps transforme les plus beaux trésors en souvenirs amers.
Malgré tout on aime et on espère, où que l'on soit. Car on finit par le retrouver, l'objet du manque, même si on craint à chaque fois que ce soit la dernière fois. Une vie de tourments pour d'éphémères moments de bonheur. Mais dans la balance ces instants d'amour pèsent tellement lourds qu'il ne me reste pas de regrets.
J'y ai perdu ma boussole il est vrai, mais ainsi je peux laisser mon cœur me guider. Il y a longtemps que j'ai cessé de me laisser vivre, pourtant je n'ai pas fini de poursuivre des chimères. Encore, j'espère.
Alors peu importent les soirs où s'immisce en moi le mal des jours passés, car moi j'attends la lumière. Elle est là quelque part, je le sais, au détour d'une petite rue ou d'un arbre majestueux, qu'elle m'intercepte le temps d'un soupir ou qu'elle m'accompagne pendant un bout de chemin, je la retrouve toujours. Ou peut-être est-ce-t-elle qui vient à ma rencontre. Peut-être que la lueur du bonheur décide parfois de s'éteindre, pour que je ne me lasse jamais de sa présence.
Elle reviendra. Pour qu'à nouveau on se rencontre et s'étreigne jusqu'à ne faire plus qu'un. J'embrasserai le bonheur car je sais qu'il est précieux, j'en oublierai de compter les jours, jusqu'à ce que la vie nous sépare à nouveau, à regret et pourtant sûrement à raison.