Je poste ici et c'est ma toute première fois. Ce texte est un extrait d'un chapitre, que j'écris actuellement pour un livre de fantasy. Avant de poursuivre mon travail, j'aimerai avoir quelques retours. Je m'en remets à vous.

Peu importe
Peu importe où il pose son regard, il n’y a rien d’autre que des murs sombres et des barreaux autour de lui. Depuis combien de temps est-il dans cette foutue prison : des jours, des années, des mois, des semaines ? Il ne sait plus vraiment, voilà bien trop longtemps que toute notion du temps lui échappe. À quoi bon savoir quand on ne peut rien faire d’autre qu’attendre ? Qu’en ferait-il, ce pauvre prisonnier, des heures, des minutes et des secondes qui passent ? Rien. Voilà pourquoi personne ne l’entretient de ces choses là.
Il n’y a rien pour s’occuper, ici. Juste des murs barbouillés de graffitis et d’obscénités sur des Livia, Kiara, Orsinia, Elena et plein d’autres filles encore. Il les connaissait toutes par cœur, et malgré ses innombrables lectures, elles parvenaient encore à le faire rires aux éclats ; il n’avait jamais été très difficile à faire rire, un rien l’amusait depuis qu’il était haut comme trois pommes.
Son ancien compagnon de cellule était un gars très marrant : il le faisait toujours se plier en deux lorsqu’il lui racontait des histoires sur sa vie d’avant la cabane. C’était un sacré type, qui en moins de vingt ans avait déjà vécu plus d’aventures que, lui, le baroudeur de quarante-trois ans. Un type qui racontait des histoires de dingue, tantôt comiques, tantôt tragiques, qui le distrayait et égayait ses longues journées en taule. Le tonnelier l’avait bien fait marrer, mais, un jour, le bourreau était venu s’occuper de lui : pendaison pour meurtre. Dommage, il l’aimait bien, ce petit gars. Grâce à lui, il s’était amélioré en bathléen : son vocabulaire était bien plus dense, son panel d’expressions bien plus étoffé avec pas mal d'expressions marrantes, quoiqu’un tantinet vulgaires, et son accent s’était fait un peu plus discret.
Notre prisonnier n’est pas du coin : il n’est qu’un étranger parmi tant d’autres, un vagabond toujours sur les routes, un homme au regard rivé sur l’horizon. Lorsqu’il vint et franchit les portes de La Rive, beaucoup dirent de lui, qu’il n’était qu'un énième aventurier assoiffé de richesses, de sensations fortes et de gloire. Beaucoup pensèrent qu’il ne resterait pas longtemps, qu’il ne faisait que passer. Ils s’étaient trompés. Notre homme est un libre penseur : il aime lui-même se définir comme un philanthrope ; pour son combat, sa volonté profonde, il est venu dans cette ville de débauches, casser les codes, faire bouger les lignes, redéfinir la pensée et la vision des habitants. Un mot, un credo, un combat : l'anti-esclavagiste, c'est son dada.
Pendant trois jours, il défraya l’opinion publique bathléenne en saccageant les étals des marchands d’esclaves, en alpaguant n’importe quel passant qui avait le malheur de croiser sa route, en insultant et en violentant les acheteurs, en beuglant sur la place publique des discours - indécents d’après les élites - sur la liberté de l'Hommes. Il fit pas mal de grabuge et fut finalement saisi par la garde, qui le jugea et le condamna pour trouble à l’ordre public, incitation à la révolte, dégradations de biens publics, coups et blessures, injures et refus d’obtempérer. Avec tous ces chefs d’accusations, le voilà condamné à la prison à perpétuité. Personne n’a encore pensé à l’en informer, alors il attend et s’ennuie depuis - ne faisons pas perdurer ce mystère plus longtemps - quatre-vingt-onze jours.
Qu’est-ce qu’il s’ennuyait ! Que son attente était pénible ! Devoir s’en remettre au bon vouloir de ces arriérés pour retrouver sa liberté était plus qu’insupportable. Il avait besoin d’air frais, de lumière, de couleurs, de rires, d’épices. Sa captivité n’avait que trop duré. Il fallait qu’il s’entretienne avec un gardien pour savoir combien de temps il lui restait à tirer, ici, dans la crasse, la puanteur, le gris sombre, le silence, à respirer l’air nauséabond et renfermé. Il fallait que ses chaînes tombent et que sa cellule s’ouvre.
Y a-t-il comme beaucoup le prétendent, un dieu, qui écoute les désirs des mortels et les exaucent tel un bon génie ? Il va finir par y croire, car à peine a-t-il pensé à tout ceci, que la porte de la prison s’ouvre. L’espace d’un instant, la lumière naturelle revient vers lui et inonde les lieux. Qu'elle est belle ! Rien à voir avec la pâle et maigrichonne lueur de la bougie qui éclaire vaguement sa cellule.
V’là trois gardiens qui s’amènent - il n’en demandait pas tant - dont Hakon, le sous-chef de la prison. «Tais-toi ! Je n’ai pas le temps pour tes bêtises, cinglé !» Ça a le mérite d’être clair. Il se tait. Il vient de la remarquer. Fermement maintenue par deux gardiens, elle se débat comme une bête enragée ; un démon semble posséder son corps : celui du désespoir. Elle se sait condamnée, sa peur transparaît dans ses yeux, alors elle résiste : il ne faut surtout pas que cette bande de dégénérés arrive à la mettre derrière les barreaux. Il l’admire. Elle a du cran, elle ne se résigne pas. Ce n’est pas suffisant : elle est jetée dans sa cellule et rouée de coups. Quelle bande de monstres !
«Bon, qu’est-ce que tu voulais au juste ? lui demanda Hakon en le toisant.
- Je voulais savoir combien de temps il me reste à tirer ici.
- Pas longtemps. Pas longtemps. Les choses ont changées. Un nouvel homme est arrivé de la Capitale. Un gros bonnet, très gros. Tu vois le genre ?
- Je visualise le personnage.
- Il te plairait, il est comme toi : très moderne, très hors système. Tu vois le style ?
- Vraiment ?
- Il a toute la confiance du Conseil de la ville. On l’appelle le Réformateur. Il a plein d’idées sur la justice, les prisonniers, la réinsertion sociale. Enfin, tout ces trucs là, quoi.
- C’est très surprenant.
- Il s’est penché sur ton cas. Tu l’inspires. Tu es sa muse.
- Je suis sensé le prendre comment ? Ironie ? Sarcasme ? Je commence à te connaitre Hakon et je n’aime pas trop ce que tu me racontes là.
- Tu es malin, très malin et perspicace par dessus le marché. Le Réformateur n’est pas un tendre. La réinsertion sociale ? Il s’en tape. Il va tous vous conduire à la potence. Les prisonniers ? Il va les limiter. Vous allez tous très vite passer entre les mains de notre cher bourreau. La justice ? Elle sera expéditive. Je l’aime déjà ce type !
- Et moi dans tout ça ?
- Toi ? Toi, t’es mal ! Tu devais passer ta vie entre nos murs et y crever. Maintenant, tu as gagné un allé simple pour la potence. Dans deux jours, tu seras pendu sur la place publique de notre douce ville, devant les hautes autorités religieuses et les représentants de cette profession que tu méprises tant.
- C’est impossible… c’est une blague ?!
- Je suis très sérieux. Tu vas bientôt mourir, Akim. Ce n’est que justice ! Vous autres, étrangers, vous menacez la paix de nôtre pays ! Toi, qui viens et sèmes le désordre sur la place publique, ne t’étonnes pas de subir notre courroux. Elle aussi, maudit démon, qui vient égorger nos enfants et nos femmes, qu’elle ne s’étonne pas de nôtre courroux. Subissez ! Soumettez-vous à nos lois et à notre justice !
- Une sorcière ?
- Cette femme est une sorcière, de la pire espèce, qui est venue causer notre ruine. Heureusement, un équipage de braves marins l’a capturée et nous l’a livrée. Nous les avons bien payés.»
C’est sur ces mots, que Hakon et ses deux gardiens, le laissèrent dans un état proche du désespoir. Son esprit est embrumé, il a l’impression d'être lacéré de la tête aux pieds par mille poignards. Bon, il exagère un peu, c'est dans sa nature, mais il est vraiment au plus mal. Sa vie va se finir dans ce trou. Qu’a-t-il accomplit ? Rien. Qu’a-t-il fait pour mériter ça ? Rien. Pourquoi, le sort s’acharne sur lui ? Aucune idée. Peut-être est-ce cette chose ridicule ; celle que n'importe quel ancien de n'importe quel patelin invoque en tremblant, lorsque l'injustice frappe son petit monde : la fatalité. Non. C'est trop simple, trop facile et Akim ne cède jamais à la facilité. Il n'y a jamais cru, même lorsqu'il vivait les pires tourments, alors ce n'est pas maintenant que cette stupide superstition va commencer. Depuis son premier souffle, il sait que ce monde est injuste et pourri jusqu'à l'os. Alors, il va se battre pour rester en vie comme il l'a toujours fait. Il a besoin d'évacuer sa rage, sa frustration et sa colère grandissante ; il se lève et frappe les murs de sa cellule en hurlant des insanités. Ce petit manège lui fait du bien. Enfant, il passait son temps à cogner les murs pour évacuer son stress et sa mauvaise humeur.
Akim se laisse tomber au sol, essoufflé et endolori, il ne peut que contempler ses poings en sang et les tâches qu'il a laissées sur les murs. La situation est toujours la même, mais, maintenant que son calme est revenu, il va chercher une solution pour rester en vie. Soudainement, il se souvient qu'il n'est pas seul ici. Discrètement, il jète un coup d'oeil dans la cellule voisine.
Sa silhouette est difficilement visible dans la pénombre qui l'entoure. Pourtant elle est bien là, recroquevillée dans un coin sombre, à se morfondre. Il peut à peine distinguer son dos et cela le chagrine car il désir s'entretenir avec elle. Juste échanger quelques mots avec elle, un peu de chaleur humaine et de réconfort avant de trépasser. Akim en a vraiment besoin, ne serait-ce que, pour savoir si elle peut l'aider dans son projet d'évasion, car oui, maintenant, la graine de l'évasion a germé dans son esprit. Il siffle pour obtenir son attention. Elle sursaute, se relève, mais ne se montre pas. Ses traits restent un mystère pour le prisonnier. Elle ne se montrera pas, car cet homme lui fait un peur. Son attitude est plus que compréhensible : Akim lui est apparu, en ces quelques heures de cohabitation, comme une bête enragée. Laissons lui le temps de se forger une autre opinion du personnage.
Il prend place, s'assoit en tailleur et s'adosse contre les barreaux communs aux deux geôles, murmure quelques vagues excuses pour justifier son comportement, lui raconte un peu sa vie en prison et lui parle de ses projets de fuites. Elle ne lui répond pas. Pire : elle l'ignore.
Qu’elle aille se faire voir celle-là ! Il ne mérite pas tant de mépris et encore moins de la part de cette inconnue. Que cette stupide sorcière croupisse dans son coin ! Akim s’emporte un peu vite contre elle, persuadé qu’elle fait preuve de snobisme à son égard, car il est tout sauf présentable notre prisonnier après cette longue captivité. Son visage et ses cheveux doivent être maculés de crasse, ne parlons même pas de son corps, qui doit être dans un état encore plus piteux, et sa vilaine barbe noire, hirsute et broussailleuse qui recouvre sa mâchoire et dissimule presque entièrement sa bouche ; au vue de la nourriture qu’on lui a servi tous les jours, une infâme bouillasse dont même un chien ne voudrait, son haleine doit sacrément ressembler à celle d’un poney et, grâce aux soins dentaires irréprochables dont il a pu bénéficier, ses dents doivent être jaunes. On peut tout aussi bien résumer la situation en un mot : pouilleux. Voilà, Akim l’hérétique ressemble à un mendiant selon les critères de cette brave dame. Tel est le raisonnement qui lui a permis d’expliquer l’odieux comportement de sa voisine. Vous remarquerez ô combien son esprit est fertile, vif et paranoïaque pour ce genre de bêtises, mais vous apprendrez aussi qu’il est à mille lieux de la vérité. L’a-t-elle sciemment ignoré ? Non. Il est temps de rétablir la vérité à son sujet.
Elle non plus n’est pas d’ici et son entrée fut encore plus fracassante que celle d’Akim dans la cité. Les habitants de la Rive apprirent très vite son existence, grâce à ses hurlements, qui coupèrent la sieste des notables et ponctuèrent son trajet du port à la prison ; la première image qu’ils eurent d’elle fut celle d’un démon, d’une bête enragée, enchaînée et fermement encadrée par un groupe de marins patibulaires. Têtes basses et mâchoires serrées, ils restaient concentrés sur leur mission. Leur progression était chaotique dans les rues sinueuses, où les badauds s’étaient pressés en masse pour apercevoir l’auteur de ce tapage. La foule compacte les freinait et, pour ne rien arranger, leur prisonnière ne se laissait pas du tout faire : ulcérée, elle leur lançait de furieux coups de pieds, qui bien souvent finissaient soit dans leurs estomacs, soit dans leurs jambes. Ses cris de rage étaient incompréhensibles pour les locaux, mais les marins comprenaient parfaitement ses menaces. «Vous me le paierez, chiens !» scandait-elle en boucle. Ils en étaient conscients : si jamais elle s’en sortait, leurs têtes valseraient en une fraction de secondes. Ils pouvaient la croire sur parole. Ils savaient l’étendu du pouvoir de leur capitaine.
Son procès fut une farce comme la Rive les aime tant. Après les témoignages vaseux de son équipage de vendus, on lui posa des questions qu’elle ne pouvait pas comprendre et auxquelles elle ne pouvait pas répondre, car elle ne parlait pas un mot de bathléen.
Qu’est-ce qu’elle fiche ici ? Qu’est-ce qui lui arrive ? Aucune idée. Le flou. Le flou total, depuis son débarquement forcé dans cette ville ennemie. Des évènements étranges avaient précédé son emprisonnement : la brusque disparition d’une vingtaine de marins, en pleine nuit, la peur des hommes restant, qui se permettaient de chuchoter sur son passage alors qu’ils n’étaient que des esclaves, puis leur mutinerie, qui l’avait conduit à être enchaînée au fond de la cale. Autant de bizarrerie d’un coup, ça la turlupine un peu quand même, mais elle n’a pas le temps pour y réfléchir. Et puis, il y a cet homme étrange dans la cellule d’à côté, qui a l’air dangereux, voir même instable mentalement ; il lui parle en boucle visiblement - et encore elle n’en est pas très sûre - depuis longtemps. C’est gênant, très gênant comme situation. Est-ce qu’il va se taire un jour, ce type ? Comme par enchantement, le voilà qui ferme enfin sa bouche, laissant place au bruit réconfortant du silence. Enfin un peu de calme !
D’un coup sec, une clé tourne dans la serrure et la porte s’ouvre dans un grondement sinistre. Le calme n’aura pas duré très longtemps. Akim se redresse pour voir encore une fois - sans doute la dernière - la lumière. Jusqu’au bout l’univers a décidé de le faire chier : point de soleils - ce n’est pourtant pas faute d’en avoir deux - mais la lune. À la place de la chaude et douce lueur solaire, il n’y a que la lueur sinistre glaciale de la lune. Il ne l’aime pas beaucoup celle-là. Trop de mauvais souvenirs remontent quand il l’entraperçoit. Là d’où il vient, on lui voue un culte à cette saloperie. Elle est tellement insignifiante, méprisable, face aux deux astres solaires. Heureusement ses apparitions sont courtes. Il peut parfois s’écouler des jours, avant qu’elle ne reviennent pointer le bout de son museau dans le ciel. Quitte à vénérer quelque chose, autant s’intéresser aux soleils. Ici, les habitants les célèbrent. Ils prétendent que ce sont les formes de deux frères, au sommet d’un impressionnant panthéon de divinités plus sanglantes les unes que les autres, qui gouvernent le monde. Akim n’aime pas ce pays, mais il faut bien avouer que leur culte regorge de festivités gargantuesque, plutôt plaisantes à célébrer.
La porte se referme aussi brusquement qu’elle s’est ouverte. Bjarni, l’un des gardes de la prison, vient servir la soupe. Parlons-en de cette tambouille ! Si compacte qu’on jurerait manger de la bouillie. Et l’odeur ? Détestable. Ça sent le chenil. Et le goût ? Infect. L’assiette n’est pas trop chaude ? Aussi froide que l’hiver. C’est une prison, pas dans une auberge. On ne va pas donner de plats chauds aux prisonniers ni même une couverture pour dormir. On a un budget serré !
«C’est l’heure de la soupe !
- On l’a bien senti, crois moi sur parole.
Bjarni se marre et lui tend une écuelle remplie à ras bord.
- Merci, quand même.
- Je suis désolé de te servir ce truc infâme. T’es un type étrange, Akim, mais je t’aime bien quand même. Ce machin, j’ai honte de te le servir, j’en donnerai même pas à mes gosses.
- Laisses tomber.
- C’est ton dernier soir ici.
- Ouais. Mon dernier repas sera cette merde immonde.
- Désolé.
- C’est pas ta faute.
- On a vraiment un cuistot pourri. Si ça peut te remonter le moral, nos repas sont tout aussi mauvais.
- Tu crois que je pourrais voir le soleil demain matin…je veux dire…avant…
- Pas possible, mon gars. Bien avant, tu seras…enfin…tu vois…couic… fit-il en mimant le geste. Pas de chance, hein.
- Non, comme tu dis.
- Écoute, j’ai un compromis : je laisse la porte un peu ouverte pour que tu puisses voir la lune.
- Non. Je ne veux pas la voir.
- T’as tords. Elle est pleine ce soir.
- Ça m’intéresse pas.
- Et l’autre ? Elle veut voir la lune ?
- Laisses tomber. Elle refuse de parler. On est pas assez bien pour elle.
- Tu crois ? Bah ! J’ouvre.
- Non !
- Cinq minutes.»
Bjarni est têtu ; c’est là son moindre défaut. Il ouvre la porte en grand, laissant passer un peu d’air frais, la lune est là, bien visible et pleine. Akim doit bien en convenir : sa surface dégage un je-ne-sais-quoi, une beauté un peu cabossée avec ses crevasses grises. Ce soir, la lune mérite son indulgence : c’est la dernière fois qu’ils se voient. Ce soir, il a la vague impression de dire adieu à un vieil ami. Ce qui est complètement stupide !
Brusquement, il se sent mal. Une étrange impression se fait sentir, ses poils se hérissent d’un coup, son corps est recouvert par la chair de poule, il tremble. Pourtant, il ne fait pas froid, il fait même plutôt chaud cet soir. Une mauvais pressentiment. Il se sent en danger de mort, là, comme ça, sans raisons, d’un coup. Est-ce son esprit qui lui joue des tours ? Du coin de l’œil, il a vu passer, furtivement, quelque chose. Un truc imposant, un truc pas net.