Il faudrait se détendre donc... Attendre patiemment que les nausées cessent et laissent place à mes mots. J'écoute la musique berçante, j'espère qu'elle me libérera. Noyé dans ma honte de ne pas parvenir à calquer mes ressentis sur du papier, je songe ; perdu face à ma feuille, le regard vide d'idée, le crayon plein d'encre. Il faut intéresser le lecteur, mais à quinze ans peut-on vraiment captiver un inconnu sans parler des traditionnelles angoisses adolescentes ? Suis-je ou serai-je un jour en capacité d'écrire mon œuvre, celle qui se construit intérieurement depuis que je suis né ? Est-ce de la prétention condamnable que de croire qu'écrire est ce que je fais de mieux, ou est-ce une image réductrice de ma vie ? Et mes doigts qui tremblent à l'idée d'être lu. Je crée mille histoires en une journée, sans qu'aucune n'ait assez mon estime pour être écrite. Seraient-elles mes brouillons ? Je me calme quelque peu, mon souffle devient régulier, mon cœur s'apaise. Est-ce déjà la fin de la transe ?
Sonadoré