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Le Monde de L'Écriture » Salon littéraire » Salle de lecture » Théâtre et poésie » [Poésie] À la lumière d'hiver (Philippe Jaccottet)

Auteur Sujet: [Poésie] À la lumière d'hiver (Philippe Jaccottet)  (Lu 2461 fois)

En ligne anlor

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[Poésie] À la lumière d'hiver (Philippe Jaccottet)
« le: 28 mars 2015 à 15:55:06 »
En prépa j'avais un copain fan de Jaccottet qui m'avait fait lire quelques trucs, ça fait à peu près 5 ans que j'avais envie de m'y plonger, et je suis contente d'avoir attendu.

À la lumière d'hiver, de Philippe Jaccottet



Pour la courte mise en situation : Jaccottet est un poète/écrivain/critique suisse né en 1925. Il a notamment reçu le prix Goncourt de la poésie en 2003. Son recueil, À la lumière d'hiver, a été publié en 1977 chez Gallimard.

Autant le dire tout de suite, je ne surement pas la bonne personne pour parler de poésie, puisque j'en lis peu et que j'ai une connaissance vraiment limitée de ce qui s'est écrit/s'écrit encore. Du coup, je vais le faire au ressenti, si y a des gens plus calés, n'hésitez pas.
Bref, la poésie de Jaccottet me touche, beaucoup. Dans ce recueil, il parle énormément du rapport à la mort, au temps qui file, à l'écriture, mais d'une façon assez fine, toujours liée à des images provenant de la nature (les arbres, le vent, les nuages). C'est une poésie que je trouve particulièrement musicale, au niveau du rythme surtout, on se laisse facilement emporter, et c'est chouette.

Puisque je ne suis vraiment pas douée pour causer poésie, je vais vous mettre quelques passages de mon ensemble de poèmes préféré "Parler" :

Parler est facile, et tracer des mots sur la page,
en règle générale, est risquer peu de chose :
un ouvrage de dentellière, calfeutré,
paisible (on a pu même demander
à la bougie une clarté plus douce, plus trompeuse),
tous les mots sont écrits de la même encre,
"fleur" et "peur" par exemple sont presque pareils,
et j'aurai beau répéter "sang" de haut en bas
de la page, elle n'en sera pas tachée,
ni moi blessé.

[...]

Parler pourtant est autre chose, quelquefois,
que se couvrir d'un bouclier d'air ou de paille...
Quelquefois c'est comme en avril, aux première tiédeurs,
quand chaque arbre se change en source, quand la nuit
semble ruisseler de voix comme une grotte
(à croire qu'il y a mieux à faire dans l'obscurité
des frais feuillages que dormir),
cela monte de vous comme une sorte de bonheur,
comme s'il le fallait, qu'il fallût dépenser
un excès de vigueur, et rendre largement à l'air
l'ivresse d'avoir bu au verre fragile de l'aube.

Parler ainsi, ce qui eut nom chanter jadis
et que l'on ose à peine maintenant,
est-ce mensonge, illusion ? Pourtant, c'est par les yeux ouverts
que se nourrit cette parole, comme l'arbre
par ses feuilles.
                                 Tout ce qu'on voit,
tout ce qu'on aura vu depuis l'enfance,
précipité au fond de nous, brassé, peut-être déformé
ou bientôt oublié - le convoi du petit garçon
de l'école au cimetière, sous la pluie ;
une très vieille dame en noir, assise
à la haute fenêtre d'où elle surveille
l'échoppe du sellier ; un chien jaune appelé Pyrame
dans le jardin où un mur d'espaliers
répercute l'écho d'une fête de fusils :
fragments, débris d'années
-

tout cela qui remonte en paroles, tellement
allégé, affiné qu'on imagine
à sa suite guéer même la mort...
« Modifié: 07 septembre 2015 à 23:56:42 par Rain »
« Ni vous ni moi ne valons d'être pris si à cœur, ni tellement à la lettre. »
Le bavard, Louis-René des Forêts

Hors ligne Nûmensuad

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Re : À la lumière d'hiver (Philippe Jaccottet)
« Réponse #1 le: 04 avril 2015 à 13:31:46 »
Jaccottet reprend beaucoup de lieux communs de la poésie, et reste souvent dans des grandes thématiques parfaitement attendues en poésie (mort, deuil ; langage, poésie ; nature (eau, neige, croissance des plantes, fruits), lumière ; temps ...). Il se les approprie et les exprime dans leur dimension universelle - universalité d'autant plus renforcée qu'il s'agit de lieux communs et d'images clairement identifiables, et mis en avant comme tels : Jaccottet étant un critique, il a une haute conscience de ce qui a pu se faire avant lui, et (d'après moi du moins) il ne prétend donc pas tant à l'originalité qu'à proposer des fruits, sources et brises choisis parmi une harmonieuse et profuse jungle poétique. C'est pour moi une forme d'honnêteté lyrique agréable, qui aide à se mêler à l'ambiance poétique que la lecture instaure.
D'après mon expérience, c'est ce que font beaucoup de poètes (''amateurs'' comme professionnels) aujourd'hui.
Chez lui, l'image (la mise en relation de différents sens et ''réalités'') est montrée comme image :
Citer
J’aurais voulu parler sans images, simplement / pousser la porte…
sa façon de dire "attention à la porte si vous passez le seuil" (désolé c'est pas très bien formulé) peut être pesante, mais je l'avais ressentie comme une affirmation de la nature métaphorique de l'écriture, de la lecture, de l'imagination ; affirmation qui ne remet pas en cause leur puissance, mais la primauté qu'on peut parfois trouver aux images (plus belles, plus vraies, plus marquantes que le reste ...). Là aussi, il me semble que c'est un trait commun à beaucoup de poètes contemporains (je n'ai pas la prétention de dire pour autant si ça s'applique à une majorité, une minorité, un groupuscule de poètes : je sais seulement que je l'ai déjà vu et le voit ailleurs que chez Jaccottet).

En Terminale, j'avais étudié Jaccottet, mais il ne me reste évidemment que des bribes de tout ce que l'on a pu dire. Je me replongerai peut-être un peu là-dedans un jour, pour l'heure je n'en ai pas le temps (mais voir ce sujet m'a donné l'envie d'en parler, tout de même  ::)).
Merci de ton partage !  :mrgreen:
« Modifié: 04 avril 2015 à 13:35:19 par Nûmensuad »

Hors ligne pehache

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Re : [Poésie] À la lumière d'hiver (Philippe Jaccottet)
« Réponse #2 le: 31 mars 2017 à 21:54:02 »
LE grand monument vivant de la poésie française.
Il faut tout lire.
Quelle délicatesse, quelle humaine fragilité réceptive au monde.
Une œuvre indispensable et une belle âme, aussi.

Hors ligne Ben.G

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Re : [Poésie] À la lumière d'hiver (Philippe Jaccottet)
« Réponse #3 le: 07 avril 2017 à 19:18:12 »
Ouaip' j'ai bien aimé. Il n'écrit pas contre l'obscurité mais pour la lumière, un franc parlé humble sur le rapport à l'impossible à dire, aussi, ça fait grand bien. Je regrette quand même une utilisation des métaphores souvent bien pudique...
Beau boulot les modow ! Ca mérite une pause café, même si : les vilains mots ne font jamais de pause café.
- Kaeloo


Hors ligne pehache

  • Grand Encrier Cosmique
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Re : [Poésie] À la lumière d'hiver (Philippe Jaccottet)
« Réponse #4 le: 07 avril 2017 à 21:27:35 »
Tu peux développer ?
(Tu fais référence à ce qu'il dit de la métaphore ? des ses dangers ou dérives ?)


Sans rapport:



Brunel, cinq recueils, p69 : « L’œuvre de J oscille entre un « on voit » et un « on juge » »…
Brunel : « La poésie de J pourrait alors être qualifiée, certes pas d’infernale, mais d’inférique. Ce néologisme auquel j’ai recours signifie qu’elle tend vers des Inferi. »p115
132 « Rien ne semble mieux qualifier la poésie de J que cette expression « l’inexprimable rien » empruntée à un poème d’Ungaretti – que J traduisit.


Maulpoix : « une langue de verre » « dont la principale vertu est de laisser passer la lumière. »





Miettes

« Il n’y a pas de lieu où chercher l’esprit :
il est comme les traces de pas des oiseaux dans le ciel »
citation « zen » in Semaison, p53


Il y a dans la poésie, pas nécessairement chez les grands poètes, pourvu que le ton soit juste, des moments qui sont comme le bruit du torrent ou le rire d'Aglaé, des ouvertures ou des entrebâillements sur un espace autre, qui ne serait pas un autre monde, mais notre monde compris autrement. Ce qui rejoint la méditation de Musil sur ce qu'il appelle l'autre état, " der andere Zustand ", qu'il rapproche plutôt de l'état mystique, mais qui est aussi un état poétique : un état dans lequel notre perception du monde est modifiée. Modifiée, naturellement, dans un sens qui le rend plus habitable. C'est aussi ce que Rilke appelle " l'Ouvert ", où les poètes, les anges, les bêtes aussi à leur manière, circulent sans difficulté parce qu'il n'y a plus d'obstacle, que la respiration est possible. Et je crois que toutes les oeuvres poétiques véritables, et plus nettement encore les oeuvres musicales, nous conduisent plus ou moins près de ce seuil.

Extrait d'un entretien de Philippe Jaccottet avec Monique Pétillon, paru dans le Monde des Livres, le 15 juillet 1994.




(La seconde Semaison, p198) : « Poursuivant ma lecture de Ronsard sonnet après sonnet : quelle différence avec l’anthologie de Blyth (…) où chaque haïku, ou peu s’en faut, jour après jour, me rendait vie ; parce qu’il me rendait le monde, et presque le souffle. Ici, malgré les beautés éparses en tel ou tel poème, je dois me forcer à poursuivre. Le poète du haïku était d’abord un sage ou un fou ; Ronsard est d’abord un artiste »(…)

L’émerveillement est la chance de ce qu’il appelle « l’épanouissement de la parole », cet épanouissement, il le nomme « accueillance » « En moi, s’ouvrir et s’extérioriser se contredisent » : s’ouvrir c’est se préparer à accueillir !

La poésie est donc ce chant que l'on ne saisit pas, cet espace où l'on ne peut demeurer, cette clef qu'il faut toujours reperdre. Cessant d'être insaisissable (...), elle n'est plus .

« Qu’est-ce qu’un lieu ? une sorte de centre mis en rapport avec un ensemble » (Semaison, p102 ; cf. Eliade)

Toute l'activité poétique se voue à concilier, ou du moins à rapprocher, la limite et l'illimité, le clair et l'obscur, le souffle et la forme. C'est pourquoi le poème nous ramène à notre centre, à notre souci central, à une question métaphysique. (...) Il se peut que la beauté naisse quand la limite et l'illimité deviennent visibles en même temps, c'est-à-dire quand on voit des formes tout en devinant qu'elles ne disent pas tout, qu'elles ne sont pas réduites à elles-mêmes, qu'elles laissent à l'insaisissable sa part  .

La parole poétique ne peut être pour le poète, au mieux, qu'“une voix presque mienne”, selon un vers du premier poème que Rilke a écrit en français .

C'est le Tout-autre que l'on cherche à saisir. Comment expliquer qu'on le cherche et ne le trouve pas, mais qu'on le cherche encore ? L'illimité est le souffle qui nous anime (...). La poésie est la parole que ce souffle alimente et porte, d'où son pouvoir sur nous .
Le vent est tombé, c'est de nouveau l'un de ces matins parmi les plus purs, juste avant le lever du soleil, qui est tardif et, me semble-t-il, fortement déplacé vers le sud à cette saison. Comment traduire alors le bleu des montagnes sous le ciel argenté, sans un nuage, dans ce monde immobile, tel qu'on l'aperçoit au bout d'une rue, au-dessus des toits ? 

Dans le quatrain des Pensées sous les nuages qui fait suite au "mot joie", le poète se définit lui-même ainsi :

Je suis comme quelqu'un qui creuse dans la brume
à la recherche de ce qui échappe à la brume
pour avoir entendu un peu plus loin des pas
et des paroles entre des passants échangées...


(...) il me sembla que l'essentiel de la poésie, ce qu'elle avait de plus intérieur, devait  circuler dans le poème à travers des mots et des tournures plus proches du langage quotidien, non pas refuser l'ornement mais en éviter l'abus, abandonner tout vêtement royal ou sacerdotal pour une vêture de tous les jours ; enfin, plutôt que de prétendre à créer de la lumière –laquelle risquait alors de n'être plus que clinquant et faux éclat–, ménager à celle-ci un passage dans les mots (...).
(...) cette volonté d'effacement qui commençait alors à guider mon travail, cette crainte d'attirer l'attention du lecteur par des trouvailles ingénieuses, des ruptures de ton non nécessaires, tout abus d'ornementation, pouvaient parfaitement ne produire que grisaille, fadeur et platitude ;
La poésie, c'est pour moi d'abord et presque toujours une voix et un ton. Quand je traduis, j'ai l'illusion que j'entends la voix de l'écrivain, et j'essaie, très intuitivement, de l'épouser de mon mieux. De copier, de calquer .

« Nous habitons encore un autre monde
Peut-être l’intervalle »

« Les mots devraient-ils donc faire sentir
ce qu’ils n’atteignent pas, qui leur échappe,
dont ils ne sont pas maîtres, leur envers ? 



« Que reste-t-il ? Sinon cette façon de poser la question qui se nomme la poésie et qui est vraisemblablement la possibilité de tirer de la limite même un chant, de prendre en quelque sorte appui sur l’abîme pour se maintenir au-dessus… »



Sur Hölderlin
Ce qui nous touche tant chez lui (...), c'est cette manière de toujours chercher (...) les traces de ce qu'il appelle le Sacré, et que nous pourrions aussi bien nommer la lumière .


La lumière du monde n'est pas moins pure qu'au temps des Grecs ; mais moins proche, et nos paroles moins limpides .


Le chemin de Jaccottet va vers une plus grande simplicité, vers un dépouillement qui vise, comme l'écrit Jean Starobinski , à augmenter les chances de la transparence


Jaccottet se justifie de certains reproches qu’on lui a adressés, notamment le fait de ne s’intéresser qu’aux paysages, alors qu’il y a de la misère dans le monde :
Il me semble toutefois qu’à bien lire ces textes, on y trouverait cette objection presque toute réfutée (...) . Peut-être n’est-ce pas moins utile à celui-ci (l’homme) (en mettant les choses au pis) que de lui montrer sa misère ; et sans doute cela vaut-il mieux que de le persuader que sa misère est sans issue (...)

« Méfie-toi des images. Méfie-toi des fleurs. Légères comme les paroles. Peut-on jamais savoir si elles mentent, égarent, ou si elles guident ? » ATV, p17


elle me semble toucher à une sorte de mystère, d'indicible qui lui donne son rayonnement, il n'est pas nécessaire, dans des circonstances de guerre, qu'elle parle de ces circonstances pour être entendue. La poésie parle toujours en faveur de la vie. On raconte que Mandelstam, dans le camp où il a passé ses dernières années, aurait récité des poèmes de Pétrarque aux autres prisonniers. Dieu sait qu'il n'y a rien de plus éloigné que Pétrarque d'un camp de prisonniers russes. Mais la poésie dans ce cas, c'était un peu comme la goutte d'eau pour un homme qui marche dans le désert, quelque chose qui tout à coup prend un poids infini et vous aide à traverser le pire.

Il est clair que mes livres côtoient la philosophie. Je m'en défends parfois, mais c'est peut-être à tort. Je ne l'ai pas explorée, parce que je n'en avais pas les moyens, que ce n'était pas mon rôle et qu'il m'a semblé que la poésie apportait quelque chose de plus satisfaisant, de plus nourrissant, de plus substantiel que toute formule à laquelle une philosophie pourrait aboutir ou apparemment se réduire. Il y a presque tout dans la poésie: la réflexion, la sensation, la sensibilité, notre rapport à la nature, notre rapport aux autres. C'est un tissu extrêmement vivant, très éloigné de la littérature et plus satisfaisant que tel ou tel système philosophique.
Mes poèmes sont toujours nés un peu tout seuls comme la chaleur dans une casserole d'eau produit des bulles. Presque paresseusement. Quand on écrit de cette manière, on ne sait pas du tout quelle est la part d'intelligence ou d'instinct, on se dit simplement après coup que tout cela doit fonctionner ensemble, et comme on n'est pas né de la dernière pluie ou du dernier poème, qu'on a la tête pleine de textes anciens, cette mémoire vous guide et vous nourrit dans votre travail, sans que vous en soyez toujours conscient.
La nature est au centre de votre œuvre. Peut-on imaginer une poésie où la nature serait absente?
Je crois que c'est l'une des forces de la poésie, et en fin de compte l'un de ses bienfaits. Parce que la poésie, d'une façon ou d'une autre, nous rattache toujours à ce qu'on appelait autrefois le cosmos, un mot très riche, qui veut dire à la fois beauté, ornement, équilibre, profondeur...
Dans ces proses, à partir d’une rencontre que je pourrais dire généralement “illuminante”, j’ai essayé de cerner avec les mots ces moments vécus comme de petites épiphanies, souvent très modestes, mais qui m’ont paru receler une sorte de parole tout à fait essentielle
Il me paraît essentiel de faire rayonner ce qui vous a été donné, pour des raisons profondément et essentiellement humaines, notamment pour contrer le nihilisme
On peut davantage parler de travail pour les proses que pour les poèmes, dans la mesure où ces derniers sont donnés généralement d’un seul élan, en chants très brefs ou plus longs et plus embarrassés, mais qui se déroulent d’un bout à l’autre, avec une continuité portée par l’émotion.
J’aime employer la métaphore de la bougie : si on est un soleil, notre rayonnement s’impose, mais si on a l’impression de répandre uniquement la lumière d’une bougie, il vaut mieux se protéger un peu, au risque que le moindre souffle nous éteigne. [Ponge soleil contre J. bougie]
l'art : «cette imminence d'une révélation, qui ne se produit pas».


(Le travail du poète)
L'ouvrage d'un regard d'heure en heure affaibli
n'est pas plus de rêver que de former des pleurs,
mais de veiller comme un berger et d'appeler
tout ce qui risque de se perdre s'il s'endort.

Jaccottet.




« Modifié: 07 avril 2017 à 21:31:37 par pehache »

 


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