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Le Monde de L'Écriture » Coin écriture » Textes courts (Modérateur: Claudius) » Le prix de la bonté.

Auteur Sujet: Le prix de la bonté.  (Lu 1752 fois)

Hors ligne EmelyneMCS

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  • Tant qu'il y a de la vie, il y a de l'espoir.
Le prix de la bonté.
« le: 16 Janvier 2015 à 22:39:46 »
Nicolas, seize ans, avait une petite sœur. Son nom était Mélina, elle avait huit ans, de courts cheveux blonds et de grands yeux bleus pétants. Sa vitalité et sa joie de vivre faisaient l’unanimité auprès de tous ses proches. Les adjectifs la décrivant qui revenaient le plus souvent étaient joyeuse, drôle, gentille et souriante. C’était un petit ange.

En se promenant dans la véranda, Nicolas pouvait encore la voir rire aux éclats en se balançant très haut sur la balançoire du jardin. Il la voyait aussi sur son lit en train de dévorer une pile de livres, dans le soleil qui étincelait haut dans le ciel et par la fenêtre de la cuisine, en train de sautiller sur place tôt le matin dans une épaisse couche de neige.

Tous les jours, elle revenait de l’école à pieds jusqu’à la grande maison familiale. L’école n’était qu’à cent-cinquante mètres à peine, et Nicolas l’attendait à chaque fois. La première chose qu’elle faisait en rentrant était d’ouvrir un livre. Elle tournait les pages pendant des heures, sentait leur odeur, s’exclamait à certains passages et s’interrogeait sur les mots compliqués qu’elle ne comprenait pas. Ensuite, elle rejoignait sa mère à la cuisine et faisait ses devoirs.

Mélina ne réclamait jamais de cadeaux à son anniversaire ou à Noël et donnait les sous que la petite souris avait glissé sous son oreiller aux sans domiciles. Un jour, alors que la petite fille avait donné absolument tout ce qu’elle avait (y compris son livre fétiche), sa mère la prit à part et lui demanda pourquoi elle avait donné son livre préféré à un enfant dans la rue. C’est avec un naturel invraisemblable que la jeune blondinette avait répondu :

-   C’est justement parce que j’aime bien ce livre que je lui ai donné.
-   Mais ma chérie, avait tenté sa mère. Si tu aimais ce livre, pourquoi t’en es-tu séparée ?
-   Pour que le garçon l’aime à son tour et se sente bien comme je me suis bien sentie quand je l’ai lu.


Nicolas ne comprenait pas toujours sa petite sœur. A huit ans, elle pensait déjà aux plus démunis avant de penser à elle. Son comportement et sa façon d’être étaient tellement exemplaires qu’elle paraissait sortir d’un conte pour enfants.
Un jour, alors que Mélina rentrait chez elle, une petite voiture rouge s’arrêta à sa hauteur. Une femme, aux premiers abords très aimable, lui demanda où se trouvait la rue de l’Eglise.

-   C’est la rue juste à gauche, là-bas.
-   C’est fort aimable de ta part.

Un large sourire étira les lèvres de Mélina.

-   Tu vas quelque part ? répliqua la femme.
-   Oui, chez moi.
-   Tu veux peut-être que je te raccompagne ?

La gorge de l’enfant se serra et ses yeux s’écarquillèrent. Un signal d’alerte s’était déclenché dans sa tête. Malgré tout, elle eut le courage de glisser sa petite main dans la poche de son manteau et la ressortit à peine cinq secondes après.

-   J’ai à peine cent mètres à faire, je peux me débrouiller toute seule.
-   Tu en es sûre ? insista la femme en ouvrant sa portière et en sortant un pieds du véhicule.

Mélina avait tout compris. Elle était très intelligente, peut-être même plus que cette femme.

-   J’en suis sûre.
-   Je m’appelle Meredith Dubois, ta maman me connaît. J’habite deux rues plus haut, au numéro quinze !
-   Peut-être que ma mère vous connaît, mais moi je ne vous connaîs pas. Ma maison est juste là, je n’ai pas grand chemin à faire.

La petite fille tourna les talons et se dirigea vers sa maison d’un pas pressé. Elle entendit le moteur de la voiture ronronner derrière elle, ce qui la fit accélérer le pas.

-   Si vous me lâchez pas la police va tout entendre !

Mais Meredith lui attrapa le bras.




Les heures défilaient. Nicolas était debout dans le couloir en train d’attendre sa petite sœur avec beaucoup de nervosité. Elle tenait tellement à son indépendance qu’elle en était à un point de vouloir retourner chez elle à pieds et toute seule. Si jamais elle voyait Nicolas venir la chercher, elle ne serait probablement pas très contente.
« Elle discute avec des copines », pensa Nicolas.
Il regardait pas la fenêtre, tendait le coup pour pouvoir voir l’école mais il n’apercevait rien du tout. Aucune trace de Mélina.
Un quart d’heure plus tard, il s’est rendu à l’école. Un professeur s’y trouvait encore.
Quand Nicolas lui demanda s’il savait où était sa petite sœur, l’homme lui répondit :

-   Sa maman a appelé pour dire qu’elle l’avait bien récupérée.
-   Quoi ? Comment ça ? s’inquiéta Nicolas.
-   Oui, vous savez, comme Mélina aime rentrer seule chez elle, nous voulons toujours une confirmation pour savoir si l’enfant est bien retourné à domicile.
-   Mais elle n’est pas à la maison ! s’emporta Nicolas. Et ma mère n’aurait jamais appelé, c’est toujours moi qui appelle !
-   Ah, mais oui ! se souvint soudainement l’homme avec un grand sourire béat aux lèvres. Vous êtes le grand frère, Nicolas !

La suite alla très vite. Nicolas avait appelé la police, les recherches s’étaient lancées dans toute la ville et des dizaines d’affiches faites à l’improviste tapissaient les rues. Les parents de Nicolas et Mélina avaient quitté en urgence leur travail et s’étaient rendus à la maison, tous les deux en larmes.
Nicolas pleurait, lui aussi. Mais surtout, le sentiment qui l’occupait le plus était la culpabilité.
Les heures passèrent, les coups de téléphones des proches défilaient et les appels à témoins à la télévision passaient en boucle. Le visage d’ange de l’enfant était affiché partout.




A cinq heures du matin, la sonnerie de téléphone réveilla en sursaut les trois membres de la famille couchés au salon. La mère de Nicolas tremblait de peur et son père tentait de la calmer, alors c’est Nicolas qui décrocha. Il regardait sa mère, pleurant à chaudes larmes. Il savait qu’elle avait compris.

-   Allô ?
-   Agent Millis à l’appareil. Puis-je parler aux parents de Mélina Finch ?
-   Je vous écoute, continua Nicolas en baissant les yeux.

L’agent Millis déglutit puis prit la parole.
Nicolas n’écouta que la moitié de ce qu’il disait. Il tentait de contenir ses larmes, sa tristesse et sa colère, alors que sa mère était complètement dépitée.
Quand il raccrocha, ce fut son père qui lui demanda si la police avait des nouvelles.
Nicolas serra ses lèvres, cacha ses yeux et se mit à sangloter bruyamment. Tout s’écroula, et, soudainement, la vie n’avait plus aucun sens. Mélina avait été retrouvée sans vie.



Il était le seul à avoir eu le courage de prendre la parole aux funérailles de l’enfant. Il resta calme tout le long de son discours, essayant de faire preuve de tout le courage qui lui restait.

-   Le soleil a cessé de briller. Les journées sont longues, noires et n’ont plus aucun sens. Plus rien n’a de sens. Je ne comprends pas…

Il se mordit la lèvre pour calmer ses sanglots.

-   Tu n’as jamais fait de mal à personne. En huit ans de vie, tu as fait bien plus de bonnes choses que nous tous ici réunis. Je suis désolé…

Ses sanglots couvrirent sa voix pendant plusieurs secondes.

-   Je suis désolé…, souffla-t-il.

Plusieurs personnes se mirent à pleurer, le visage déformé par la tristesse.

-   On va tous suivre ton exemple, comme tu le voulais. Et de là-haut, j’espère que tu nous verras. J’espère que les anges t’ont bien accueillie et qu’ils s’occupent bien de toi. J’espère que tu trouveras tout le bonheur que tu as donné ici.

Nicolas essuya les larmes qui dévalaient ses joues et regarda le cercueil devant lui.

-   Je t’aime.

Puis son chagrin prit le dessus et l’empêcha d’en dire plus. Il regagna sa place, serra sa mère dans ses bras et se laissa aller dans les bras de son père.

L’église était pleine à craquer. Dehors, il y avait également une foule de monde. La plupart étaient des inconnus de la famille, sauf de Mélina. Il y avait Jean, un sans domicile auquel Mélina avait donné quarante-huit euros et sa peluche préférée ; il y avait Maxime, un jeune garçon pauvre qui avait hérité de son livre préféré ; Martine, une jeune maman veuve vivant d’allocations à qui Mélina avait donné sa gourmette en or ; Christine et Pierre, un couple de personnes âgées qui avaient reçu de Mélina de la bonne humeur et un poème ; Lola et Billy, deux orphelins avec qui elle avait passé plus de cinq heures à rire ; Colette, une jeune femme exclue de la société à cause de son manque d’argent qui avait obtenu de Mélina la poupée qu’elle avait depuis ses quatre ans, ses économies et son soutien ; et tous les autres, qui avaient tous un lien puissant avec la petite fille. Il y avait au moins deux-cents personnes en dehors de l’église, chacune aidée par Mélina d’une manière ou d’une autre.

Le soir même, chacune de ces personnes avaient allumé une bougie devant leur porte, ce qui éclairait en tout treize rues de la ville et un immeuble de dix-neuf étages. Le monde venait de perdre un ange.
Un étoile de plus brillait dans le ciel.
 


En retrouvant la fillette, les policiers ont découvert un petit magnétophone dans la poche du manteau de l’enfant. Il enregistrait depuis des heures. Ils ont écouté l’enregistrement et avaient réalisé qu’avant de mourir, la petite fille avait fait preuve d’un énorme courage.

-   C’était comme si elle avait senti que Meredith Dubois allait l’enlever et qu’elle a appuyé sur le bouton du magnéto pour qu’on puisse l’identifier, murmura un policier.
-   Quel courage, commenta une policière en baissant tristement les yeux.
-   Son frère m’a dit qu’elle se baladait tout le temps avec ce magnétophone depuis des semaines.

Meredith Dubois fut envoyée en prison pour enlèvement, séquestration, harcèlement moral, violence physique et meurtre de Mélina.
Sur la grande place de la ville, une fontaine représentant une pile de livre avait été bâtie en hommage à Mélina. Tout en dessous, à même le sol, était gravée une petite phrase : « Tout le monde a le droit de vivre heureux. »



Pour Béa, même si ce qui paraît totalement faux reste bien réel..

« Modifié: 18 Janvier 2015 à 21:23:11 par EmelyneMCS »
Happiness can be found even in the darkest of times if one only remembers to turn on the light. -Albus Dumbledore.

Hors ligne koutoumi

  • Calliopéen
  • Messages: 439
Re : Le prix de la bonté.
« Réponse #1 le: 16 Janvier 2015 à 23:47:21 »
Très belle histoire, je ne sais pas si elle est vrai ou pas mais en tout cas elle est touchante.
Quelques fautes de syntaxe mais l'ensemble est bien écrit et plutôt agréable à lire.

Au plaisirs !

Choking On The Truth

Hors ligne Trigger

  • Tabellion
  • Messages: 23
    • Lucie Sheff
Re : Le prix de la bonté.
« Réponse #2 le: 17 Janvier 2015 à 00:44:40 »
Salut!

Pareil, j'ai relevé quelques petites fautes d'inattention comme :

Citer
Les adjectifs la dérivant qui revenaient
décrivant

Citer
En huit en de vie
huit ans

Citer
dans la poche du manteau l’enfant
de l'enfant

Citer
qu’elle paraissait sortir d’un comte pour enfants
conte pour enfants

Sinon globalement j'ai aimé ton texte, c'est simple et fluide et ton histoire est belle.
"L'ordre ne peut être que dans les mots où je parle du désordre" (Henri Thomas)

Hors ligne EmelyneMCS

  • Calligraphe
  • Messages: 123
  • Tant qu'il y a de la vie, il y a de l'espoir.
Re : Le prix de la bonté.
« Réponse #3 le: 17 Janvier 2015 à 08:23:44 »
Effectivement j'ai fait de grosses fautes, je vais corriger ça tout de suite! Merci Trigger  ;)
Happiness can be found even in the darkest of times if one only remembers to turn on the light. -Albus Dumbledore.

Abbigails

  • Invité
Re : Le prix de la bonté.
« Réponse #4 le: 18 Janvier 2015 à 14:08:23 »
Très belle histoire. J'aime beaucoup. Ton écriture est fluide en plus. Bravo.
Il a tout de même un mot qui m'a gênée :
Citer
des dizaines d'affiches [...] arpentaient les rues
le mot "arpenter" ne correspond pas. Il évoque un mouvement. J'aurais dis quelque chose comme "tapissaient". ;)

Dieg

  • Invité
Re : Le prix de la bonté.
« Réponse #5 le: 18 Janvier 2015 à 14:21:24 »
Tout comme les autres je trouve ton histoire belle et ton écriture est fluide tout en restant simple (dans le bon sens du terme : sans fioritures inutiles)

Etant arrivé après les corrections (en n'ayant pas trop le temps de faire une lecture détaillée pour relever les fautes) je ne vois pas de grosses erreurs ;)

Bravo
« Modifié: 18 Janvier 2015 à 15:11:47 par Dieg »

Hors ligne EmelyneMCS

  • Calligraphe
  • Messages: 123
  • Tant qu'il y a de la vie, il y a de l'espoir.
Re : Le prix de la bonté.
« Réponse #6 le: 18 Janvier 2015 à 14:49:39 »
Merci pour la remarque Abbigails, j'en prends note!

Et merci Dieg pour ton commentaire  ^^
Happiness can be found even in the darkest of times if one only remembers to turn on the light. -Albus Dumbledore.

Hors ligne Georges Cloné

  • Calliopéen
  • Messages: 468
Re : Le prix de la bonté.
« Réponse #7 le: 18 Janvier 2015 à 18:47:00 »
Bravo !

"Il y avait au moins deux-cents personnes en dehors de l’église, chacun aidé"  j'aurais mis chacune aidée (les personnes).

Autrement, c'est superbe ; perso je n'aurais pas mis une fin "morale" avec le magnéto et la capture de la ravisseuse. Mais là c'est ton texte et ton choix.
Blue Mountain, Moka Sidamo, Maragogype...

What else ?

Hors ligne EmelyneMCS

  • Calligraphe
  • Messages: 123
  • Tant qu'il y a de la vie, il y a de l'espoir.
Re : Le prix de la bonté.
« Réponse #8 le: 18 Janvier 2015 à 19:40:13 »
Merci Georges! J'ai hésité à mettre cette fin. Je me suis dit que ce serait quand même bien de la mettre, ne serait-ce que pour expliquer comme elle a été capturée. En tout cas, moi, je devais le savoir  ^^
Happiness can be found even in the darkest of times if one only remembers to turn on the light. -Albus Dumbledore.

Hors ligne Encronaute

  • Plumelette
  • Messages: 10
  • L'imagination, ce n'est pas le mensonge !
Re : Le prix de la bonté.
« Réponse #9 le: 18 Janvier 2015 à 20:12:17 »
Texte très émouvant ! Félicitations  ;)

Au plaisir  :)
L'imagination n'est pas le mensonge !

Hors ligne EmelyneMCS

  • Calligraphe
  • Messages: 123
  • Tant qu'il y a de la vie, il y a de l'espoir.
Re : Le prix de la bonté.
« Réponse #10 le: 18 Janvier 2015 à 20:19:37 »
Merci de ton message, c'est gentil.  ^^
Happiness can be found even in the darkest of times if one only remembers to turn on the light. -Albus Dumbledore.

Hors ligne Edma

  • Aède
  • Messages: 207
Re : Le prix de la bonté.
« Réponse #11 le: 18 Janvier 2015 à 20:42:56 »
Ton histoire est juste...magnifique.
J'ai même pas les mots. J'hallucine. Je me suis tout de suite attachée à la petite Mélina. J'ai vraiment adoré.
Après, je pense que depuis le début je m'attendais à ce qu'on l'enlève, c'était évident. Mais à part cela, je suis fan ! Absolument fan !

Hors ligne EmelyneMCS

  • Calligraphe
  • Messages: 123
  • Tant qu'il y a de la vie, il y a de l'espoir.
Re : Le prix de la bonté.
« Réponse #12 le: 18 Janvier 2015 à 20:50:45 »
Merci beaucoup Edma tu ne peux imaginer à quel point ton commentaire me fait plaisir!!  ^^
Happiness can be found even in the darkest of times if one only remembers to turn on the light. -Albus Dumbledore.

 


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