La nuit
J'aime la nuit
Elle m'attire et déchire mon sommeil
J'aime sa monochromie
Son silence sépulcral
En elle tout se confond, rêves et vies, certitudes doutes et angoisses, désirs et frustrations, identité et fantasmes.
Je m'y sens ubiquique et intemporel
J'aime y perdre mon âme dans des songes mi éveillés aussi fous qu'un coup de lune.
Voyages immobiles et improbables.
C'est là que j'écris en première intention.
Dans ma tête, avec application.
Les mots jaillissent du creuset en ébullition où l'imagination est libérée.
Je suis Balzac, Homère, Eugène Sue, Barjavel, Robert Merle, Stevenson, Jack London, Rowling....
Les muses sont fécondes.
Au petit matin je redoute l'aurore.
Les ténèbres se dissolvent en mièvres bandes rosées et pourpres.
Il faut tout rassembler, essayer de capturer des bribes de cette nuit pour noircir la feuille immaculée.
Hélas tout n'est pas tangible et palpable. Les mots ont pour une grande part fui la lumière blafarde du jour.
Plus tard lorsque le soleil est à son zénith je mesure ce qui est resté au poids de l'encre sur mes feuillets. Une infime partie des richesses nocturnes, certes....
Il faudra m'en contenter.