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Le Monde de L'Écriture » Coin écriture » Textes courts (Modérateur: Claudius) » Le monstre d'eau

Auteur Sujet: Le monstre d'eau  (Lu 1199 fois)

Hors ligne nevizhed

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Le monstre d'eau
« le: 05 Novembre 2014 à 21:09:46 »
(Salut les gens, nouveau texte pas super long, j'espère qu'il vous plaira ! :))



Le monstre d'eau




Je me réveillai doucement, comme sorti d'un rêve. J'étais exténué, mon corps exhalait une odeur de terre mouillée. Ma vision était trouble ; tout était si flou. Je me tenais assis, baigné dans l'incompréhension. Je fermais les yeux, je voulais comprendre ce qu'il s'était passé. Pourquoi avais-je cette impression de désolation ? Des pensées, des scénarios se bousculaient dans ma tête, tentant en vain de recomposer quelques bribes de mon passé.
Le ciel était gris, il pleurait et grondait. Je rouvris mes yeux, les formes devenaient de plus en plus distinctes ; un nouveau monde s'offrait à moi. Un monde auquel je ne voulais pas croire. Des bâtiments effondrés, des vies dérobées, une terre ravagée. Sans m'en rendre compte, une larme tomba ainsi que mon corps. Les cheveux encrassés, je regardais le ciel et fermais mes paupières, la pluie les caressait comme de la poudre. La fatigue devenait de plus en plus lourde. Je m'endormis.

Je me trouvais en ville. Sous leur parapluie, les gens se pressaient. Puis j'entendis des cris, et d'autres qui leurs firent échos. Je voulais agir, je souhaitais voir ce que les autres contemplaient avec épouvante, or, pour mon plus grand malheur, je ne pouvais pas bouger, comme si mon propre corps était une prison.
Quelque chose s'approchait : la terre tremblait et les civils hurlaient. Au loin, j'entendais des bruits assourdissants ; tout s'effondrait. Quelle était donc cette chose qui inspirait la terreur à la population. Je haletais, j'avais peur. Alors Je tentais de me débattre avec le seul moyen qui me restait, la force de l'esprit, inévitablement, cela n'eut aucun effet. Mon seul pouvoir était d'attendre ce monstre qui se présenterait dans moins de dix secondes.
J'attendais, impatient, en revanche, je me sentais curieusement à l'abri dans mon emprisonnement. J'avais raison.
Je fus effaré en observant l'énorme vague détruire tout sur son passage, balayer les défunts piétons et comme je l'avais prédit, les débris des bâtiments rebondirent sur mon corps et l'eau était immatérielle à mon contact, je ne sentais rien, je n'étouffais pas. Étrangement, j'étais à l'abri dans ma bulle, protégé de la colère de la nature.
Je fermais les yeux, mon souffle se fit de plus en plus lent ; j'étais dans le ventre de ma mère, au neuvième mois, prêt à sortir et à découvrir ce nouveau monde en lui adressant mon premier cri.

Mais je découvris autre chose, un autre monde, le même que j'avais vaguement aperçu avant de m'assoupir. Cette fois-ci, c'était clair. Des volutes s'élevaient, se confondant avec le gris du ciel.
Je me levai avec difficulté. Une douleur que je n'avais pas soupçonnée, auparavant, fit soudainement surface dans ma jambe droite. Je pouvais à peine la bouger, alors je m'appuyais seulement sur l'autre.
C'est à ce moment-là que je me dis que je n'aurais pas dû me lever. L'horizon me paraissait loin, trop loin et la désolation, infinie.
Cet horizon, ce monde, cette vie étaient miens.
Pris d'animosité, je me levai, marchai, puis courrai malgré la douleur. Je tentais de montrer à la vie qu'elle ne me faisait pas peur. Elle m'avait tout dérobé, néanmoins je voulais lui montrer que j'existais, que je me battrais, qu'elle ne me triompherait pas. Je hurlais à m'en déchirer les cordes vocales. Ma jambe me faisait mal, je ne pouvais plus tenir debout. Mais je restais dans la même position, les jambes flageolantes, les joues rouges de colère.
Ce fut à ce moment-là que je vis cette petite fille, cette étoile qui éblouissait les ténèbres. Elle portait une robe à fleurs, noircie par les décombres. Elle avait des yeux bleus, des cheveux blonds et des paumettes rouges. Elle souriait. Je l'ai regardée, abasourdi.
- Pourquoi tu es là ? M'interrogea-t-elle.
J'écarquillai les yeux, consterné par son interrogation. Sa voix était aiguë, concordant parfaitement avec son âge de petite fille, mais elle semblait lointaine comme si elle me parlait dans ma tête. Je repris :
- C'est plutôt à moi de te dire ça ! Qu'est-ce qu'une petite fille fait là ?
- Je ne sais pas, je ne m'en souviens pas. Mais toi, tu dois bien le savoir, alors dis-moi.
- Je me trouve dans la même situation que toi, je ne m'en souviens pas. Lui dis-je, honteux de ne pas pouvoir répondre.
- Ce n'est pas grave, je vais demander à quelqu'un d'autre, au revoir, monsieur.
- Tu ne trouveras personne.
- Pourquoi ça? Me questionna-t-elle avec un soupçon d'ignorance.
- Regarde autour de toi et tu sauras.
Elle regarda aux alentours, elle ne paraissait pas choquée. Elle en conclut :
- Et ?
Cette gamine devait avoir de sérieux problèmes de vue, me dis-je. Ça lui était égal de voir ce paysage funeste. Elle me regardait droit dans les yeux.
- Toi, tu vois quoi ? Reprit-elle, l'air enjoué.
- Qu'est-ce que je vois ? Je vois des maisons effondrées, des vies détruites, des cadavres...
- Ah bon ? Me coupa-t-elle dans mon élan colérique. Ce que tu vois, ça s'appelle le passé, désormais on est dans le présent. -- C'est fini tout ça. Les sauveteurs arriveront bientôt, ils t'aideront, ne t'en fais pas. Ensuite, la population s'occupera de la reconstruction de la ville. Pense au présent et au futur, mais évite le passé, il te ramène toujours à des pensées douloureuses et il te rappelle aussi ta médiocrité, cependant il te fait apprendre des choses, il te montre tes erreurs sans compter qu'il te conseille implicitement de les éviter.

Elle finit son discours par un sourire. Je la contemplais, elle, ainsi que sa sagesse. J'avais beau être en colère, je ne voulais pas admettre qu'une fillette me fasse la morale, mais il fallait avouer qu'elle avait raison. J'étais dans l'incapacité de répondre.
Elle regarda au loin et esquissa un sourire.
- Ils sont arrivés, au revoir. Dit-elle en montrant du doigt quelque chose que je ne voyais pas.
Je regardai l'endroit qu'elle pointait, je ne voyais rien. Je retournais la tête vers elle. Elle n'était plus là.
À l'endroit où elle s'était volatilisée, au sol, une rose aux pétales rouges était apparue. La fleur de la sagesse...

- Les gars, venez, j'ai trouvé un survivant ! Hurla une voix qui, elle, était bien réelle.
Un homme vêtu d'habits fluorescents appelaient ses collègues de l'endroit pointé par la fille. Puis trois autres hommes apparurent derrière la colline de pierres.
Deux d'entre eux m'aidèrent pour marcher. Une dernière fois, mon regard oscilla vers l'arrière, dans le ciel, je vis un faisceau de lumière transpercer les nuages et venir illuminer la rose. Ses pétales ressemblaient à des flammèches, sa tige dansait avec le vent.
Elle était le signe annonçant un nouveau futur, et désormais il fallait que je regarde devant moi.

« Modifié: 20 Novembre 2014 à 18:17:11 par nevizhed »
Au bout de ce tunnel noir,
Une lueur illusoire.
C'est peut-être ça ? l'espoir.
Mon espoir.

Hors ligne Rémi

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Re : Le monstre d'eau
« Réponse #1 le: 05 Novembre 2014 à 22:17:48 »
Salut Neviz'

C'est parti :

Citer
Je me réveillais doucement, ma vision était trouble.
J'aurais mis "réveiller" au passé simple

Citer
J'attendais, avec pour ami, ce sentiment d'incompréhension.
? que veux-tu dire ?
Citer
Pourquoi j'étais là, assis, mon corps tout trempé.
"le" corps tout trempé

Citer
Après quelque temps, ma vue se faisait de plus en plus précise,
Passé simple, non ?

Citer
En outre, dans ma tête résonnaient des cris déchirants, suppliant qu'on les aide.
Le "en outre" me sort un peu de la tension ambiante
Et tu veux aider les cris ?

Citer
Le ciel était gris, l'horizon, lui, un champs de bataille, un endroit peut-être victime de la folie des Hommes.
champ
de la folie de l'Homme / ou  / de la folie des hommes   (sinon, t'as plusieurs humanités...)

Citer
Il y avait des bruits de charpentes qui craquent, de pierres qui tombent lourdement ainsi que de murs qui s'effritent.
trois fois "qui" ?

Citer
La colère de la nature aurait-elle décidé de se venger
la colère se venge ?
Citer
de la cruauté de l'Homme, or elle m'avait laissé seul.
c'est la colère qui l'a laissé seul tel que c'est formulé...
Citer
Mes réminiscences devaient bien se divertir en me voyant chercher vainement quelques éléments de mon passé.
Des réminiscences qui se divertissent ?

Citer
Je m'allongeais alors sur le sol boueux,
Passé simple serait mieux

Citer
Je me sentais sale, sur mon corps, sang et crasse se mélangeaient.
le perso est une fille ? (sale en plus)

Citer
J'avais froid, je mis mes mains dans mes poches pour tenter de me réchauffer et par hasard je découvris avec surprise un petit papier plié en deux. Je l'examinais, il était mouillé, quelque chose y était marquée or le texte était devenu illisible.
Je discernais quelques lettres, malheureusement futiles pour comprendre le sens de l'écrit. Mais les formes et le style des lettres ne m'étaient pas inconnus.
Ce paragraphe là est mieux. Le "futile" fait bizarre quand-même.

Citer
Je me rappelais vaguement de quelque chose, d'un sentiment. C'était comme si l'air avait été à la fois étouffant et écœurant. Je ressentais une perte. Toutes mes émotions se bousculaient. J'avais l'impression d'être enterré vivant, d'appeler à l'aide en vain et de ne pas pouvoir libérer mes émotions. C'était pareille à une cage.
pareille au féminin, pourquoi ?
 
Citer
Je m'en souvins alors. À ce moment-là, javais été avec ma sœur.
manque l'apostrophe
Citer
La nature ne nous avait pas laissé le temps. Ç'avait dû être vers quinze heures, nous nous étions rendus à l'entreprise de notre mère, quand soudain, des gens affolés sortirent de toutes parts.
étaient sortis
Citer
et détruisait la ville en laissant dans son sillon : bribes d'humanité et restes de civilisation.
effet de style très marqué ces deux points ; je sais pas si c'est correct, j'en doute

Citer
Nous suivîmes la foule qui, au final, nous amena dans un endroit souterrain, que l'on disait protecteur.
le "au final" au niveau tension dramatique, ça le fait pas trop...

Citer
Par la suite, l'endroit fut détruit, j'avais échappé à la violence du choc. Lorsque je vis toute cette eau me lover,
me lover ???
Citer
je n'aurais su dire si ce spectacle avait été magnifique ou terrifiant.
euh ? sa soeur emportée, magnifique ?

Citer
C'était comme si la nature avait repris ses droits, comme si elle n'avait pu se faire respecter autrement que par la violence.
Puis je m'étais réveillé là, exténué.

Je regardais encore cet horizon qui n'était que désolation. Par quel miracle avais-je donc survécu ? La vie me destinait-elle un autre sort ? Je ne sais pas.
Je n'avais pas la force de pleurer la mort de ma chère sœur ainsi que, probablement, celle de ma mère. En revanche, quelque chose en moi brûlait encore. Quelque chose que la vit m'avait offerte suite à cet accident. Une flammèche  ou un brasier ? À la fois petit et intense. Je ne saurais décrire cette impression qui me donnait l'impression d'être au-dessus de tout, je ne trouvais pas le mot jusqu'à que j'entende cette voix dans le lointain.
que la vie (et pas vit !)
Citer
« Les gars, j'ai trouvé un survivant ! »

Oui, c'était ça, j'avais survécu.

Bon, tu as un peu galéré avec les temps mais t'as fini par trouver le passé simple  ;). La fin du texte me semble mieux que le début. Sur la forme, j'ai encore relevé quelques trucs mais y'a pas de drame et quasi pas de fautes ormis les temps. Je vais pas te dire "tu progresses" à chaque fois, mais si tu relis tes premiers textes de juin, il y a infiniment moins de fautes.
J'ai relevé quelques choix de mots qui me semblent un peu hasardeux, qui m'ont fait genre  :???:  voire   :o  !
Quelques constructions de phrases bancales aussi. Dans les deux cas, je pense que tu n'as pas assez laissé décanter... je veux dire relire à froid (le lendemain ou même plus tard encore). Après, c'est bien de chercher ton style.

Sur le fond, l'idée est intéressante, c'est une bonne base de travail le gars qui se réveille dans le gaz et qui délire avant de se réveiller et d'avoir une réaction quasi mystique. Mais je pense que son incohérence, sa folie devrait être plus compréhensible : quand je suis arrivé à la fin, je me suis dit qu'il fallait vraiment avoir péter un fusible pour réagir comme lui (il perd sa soeur et sa mère et il parle d'un "accident" et il a l'air content d'avoir cette révélation de la nature toute puissante). Or dans les paragraphes qui précèdent il n'a pas l'air cinglé.

Bon voilà mon avis cher ami,
A+
Rémi
Le paysage de mes jours semble se composer, comme les régions de montagne, de matériaux divers entassés pêle-mêle. J'y rencontre ma nature, déjà composite, formée en parties égales d'instinct et de culture. Çà et là, affleurent les granits de l'inévitable ; partout les éboulements du hasard. M.Your.

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Re : Le monstre d'eau
« Réponse #2 le: 08 Novembre 2014 à 09:24:56 »
Salut Rémi.

Ouah merci pour ton commentaire !!! (J'ai honte du contenu des miens :/)

Au final, j'ai tout recommencé. Il y'avait trop de problèmes de conjugaison. Mais je pense que j'ai pas mal de problèmes avec les temps du passé. Je suis allé voir sur internet mais bon ça m'aide mais si tu as un genre de mémo-technique ça me serait utile. :)

J'ai changé quelques éléments du contexte, je trouve mon texte plus propre comme ça et je l'ai laissé "décanter" :)

Merci infiniment pour ton commentaire Rémi !
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Re : Le monstre d'eau
« Réponse #3 le: 13 Novembre 2014 à 22:02:35 »
Salut Neviz',
mes com's, et désolé, j'ai pas de super conseils pour la conjugaison (perso quand je doute je prends un verbe d'un autre groupe ou je change une première personne par une troisième quand j'ai un doute sur les ai/ais par exemple) :

Citer
Je me réveillai doucement, comme sortis d'un rêve.
sorti (c'est un passé simple, remplace par un verbe du 3ème groupe : vendre, venir... et tu verras ta faute)

Citer
Pourquoi avais-je cette impression de désolation ? Des pensées, des scénarios se bousculaient dans ma tête, tentant en vain de recomposer quelques bribes de mon passé.
regarde à quoi renvoie "tentant", tu verras qu'il y a un bug

Citer
Le sommeil devenait de plus en plus lourd. Je m'endormis.
si le sommeil est lourd, il dors déjà et ne peut s'endormir !

Citer
Sous leur parapluie, les gens se pressaient pour éviter la pluie.
pas nécessaire et ça fait répétition

Citer
qu'elle ne me triompherait pas.
on triomphe de... on ne peut triompher qqn

Citer
Je hurlais à m'en déchirer les cordes.
vocales (là l'ellipse est un peu bizarre)

Citer
Pense au présent et au futur, mais évite le passé, il te ramène toujours à des pensées douloureuses et il te rappelle aussi ta médiocrité, cependant il te fait apprendre des choses, il te montre tes erreurs sans compter qu'il te conseille implicitement de les éviter.
d'éviter
mais sinon c'est chouette ce passage

Citer
- Ils sont arrivés, au revoir. Dit-elle en montrant du doigt quelque chose que je ne voyais pas.
Je regardai l'endroit qu'elle pointait, je ne voyais rien. Je retournais la tête vers elle. Elle n'était plus là.
À l'endroit où elle s'était volatilisée, au sol, une rose aux pétales rouges était apparue. La fleur de la sagesse...
c'est bien aussi ça

Citer
Elle était le signe annonçant un nouveau futur, et désormais il fallait que je regarde devant moi.
belle phrase de fin

Bon, ben c'est chouette, t'as bien rebossé le truc. T'as changé pas mal de trucs mais encore une fois... ça progresse !

A+
Rémi
Le paysage de mes jours semble se composer, comme les régions de montagne, de matériaux divers entassés pêle-mêle. J'y rencontre ma nature, déjà composite, formée en parties égales d'instinct et de culture. Çà et là, affleurent les granits de l'inévitable ; partout les éboulements du hasard. M.Your.

 


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