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Le Monde de L'Écriture » Coin écriture » Textes courts (Modérateur: Claudius) » Chroniques d'un cancrelat

Auteur Sujet: Chroniques d'un cancrelat  (Lu 1378 fois)

Hors ligne Brodsky

  • Calligraphe
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  • Salut !
Chroniques d'un cancrelat
« le: 17 Octobre 2014 à 11:47:38 »
Y a plus d'histoires...

Elles ont toutes été racontés, les histoires. On a tout dit déjà... Y a plus que le temps qui passe, le soleil qui chauffe trop fort, la pluie qui tombe après, les nuages, et puis la vie qui s'enfuie de nous, un peu plus à chaque seconde, qui va on sait pas où, même que ça nous effraie alors, on essaie de pas y penser, on essaie de se raconter des histoires. Demain je vais... Tout à l'heure, j'irai... On se projette dans le futur, tellement on crève de trouille que la mort nous emporte sous prétexte qu'on attend plus rien de la vie, qu'elle nous surprenne comme le petit chef qui chope un mec qui glande devant sa fraiseuse ou devant la machine à café. Tu fous plus rien, t'es viré... T'es mort... Ça revient au même qu'on se dit...

Y a plus d' histoires, je suis lucide, je le sais... Mais je veux pas caner non plus, même si ça fait longtemps que j'ai décidé d'être inutile. Je consomme pas, je regarde pas la télé, j'écoute pas la radio, je parle pas à mes voisins, je vote pas, j'ai pas d'avis sur les sujets qui passionnent les gens... Tout ça, ça sert à rien. Mais j'ai pas envie de disparaître... Je suis comme un ténia à l'intérieur d'un ventre, un morpion accroché à son poil de cul, un cafard planqué sous un évier... Je sers à rien, je suis moche, je pue, je fais chier tout le monde, MAIS J'AI LE DROIT DE VIVRE, alors allez vous faire foutre, je partirai pas.

Je vais écrire. Je vais pas raconter des histoires, non... Je vais écrire le temps qui passe, le monde vu de ma fenêtre, c'est à dire ma rue. Le gros connard qui stationne sur le passage clouté (dont on a retiré les clous pour les remplacer par des bandes blanches) pour discutailler sans descendre de sa voiture avec un autre abruti accoudé à sa portière. Cette rue débile qui devient deux fois par semaine la rue du marché dans laquelle des tas de gens qui n'ont plus d'argent viennent acheter des trucs qui ne leurs servent à rien et de la viande pas meilleure mais plus cher qu'au supermarché d'à côté. Une rue qui s'anime dès huit heure du matin, pleine de bagnoles, de camion, de bus VEOLIA, avec des chauffeurs à deux neurones trois quart qui se prennent pour les rois du monde, et devient déserte à partir de vingt et une heure, parce que nos villes sont comme nos vies, consacrées au travail et à la consommation et qu'en dehors de ça, c'est le vide, le rien, le progrès comme ils disent ceux qui savent...

Moi, cette rue, je l'ai connu avant... Avant les énarques, la crise économiques, les ordinateurs et les trous du cul des journaux télévisés. Elle était vivante, sans les voitures. L'après midi, elle devenait terrain de foot, et les soirs d'été, on traçait des courts de tennis à la craie. A ma place actuelle, devant la fenêtre, il y avait mon oncle et ma tante qui regardaient nos matchs. Et quand la nuit était tombée et qu'on voyait plus les balles, tout le monde descendait, et on buvait le coup tous ensemble. Dès fois, même, quelqu'un sortait une guitare, ou un violon... Alors on regardait les filles ou la mère des copains, et on s'endormait plein de rêves et de désirs.

C'était avant... Avant les rencontres sur internet, les 151 chaînes du câble qui enchaînent les gens devant leur postes pour leur faire ingurgiter des conneries, avant qu'on se mette à parler à des japonais devant un ordinateur et qu'on oublie son voisin de palier.

Faut s'adapter, qu'ils disent... Alors je m'adapte. Le môme, le cancre qui faisait les 400 coups dans la rue est fatigué. Je suis devenu un cancre las, un cancrelat. Et je vais continuer d'écrire des chroniques comme celle-là, pour respirer, pour continuer à vivre, pour pas crever... Bordel !

Hors ligne Moyen Moyen

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Re : Chroniques d'un cancrelat
« Réponse #1 le: 17 Octobre 2014 à 13:55:07 »
Mais si qu'il y en a des histoires, bien sûr, plein, tout plein encore!
Et en v'là une bien belle que tu nous racontes là, celle du gars derrière sa fenêtre.
Encore un misanthrope tiens ce narrateur, avec Vinks j'en vois partout ces temps-ci.
Pour moi c'est quand même un peu des martiens je sens qu'on aurait du mal à se comprendre, que j'aurais du mal à communiquer avec eux.
Naturellement je serai enclin à leurs faire des signes, ou alors à leur causer comme à des martiens, en p'tit neg'

Et puis c'est nostalgique avec ça le narrateur bougon, ça va de paire chez le galopin désenchanté.
C'est des rêveurs quand même, ils font des coquilles ces gars-là:

Citer
la crise économiques

Citer
trois quart

Citer
leur postes

Mais c'est bien agréable à lire, ça arrache des sourires, merci, j'ai envie de t'en demander plus:
"Toi prends stylo, toi ouvre cahier, toi applique encre là. Cancre las. Cancrelat."
« Modifié: 17 Octobre 2014 à 13:56:50 par Moyen Moyen »
Si tu veux tout savoir, moi aussi.
Jette-lui la pierre dans le doute.
Les grandes choses sont celles qui ne s'achètent pas.

Mamzelle_Sarah

  • Invité
Re : Chroniques d'un cancrelat
« Réponse #2 le: 17 Octobre 2014 à 14:12:28 »
Il est bien sympa ce cancre las ! Et au fond, on le sait bien qu'il a raison...
J'aime ce ton, un brin nostalgique, ce "c'était mieux avant" désabusé.

Pour chipoter, le bordel final, je n'aime pas trop. Les petites fautes ont déjà été relevées alors pas de redite pour moi !

Hors ligne Cauzart

  • Troubadour
  • Messages: 284
    • Julien Usseglio - Poèmes, nouvelles et théâtre
Re : Chroniques d'un cancrelat
« Réponse #3 le: 17 Octobre 2014 à 15:19:38 »
Y a plus d'histoires... (oui, pourquoi pas, peut-être les ... pas forcément nécessaire)

Elles ont toutes été racontés, les histoires. (mouais) On a tout dit déjà... Y a plus que le temps qui passe, le soleil qui chauffe trop fort, la pluie qui tombe après, les nuages, (ici, virgule en trop) et puis la vie qui s'enfuie de nous, un peu plus à chaque seconde, qui va on sait pas où, même que ça nous effraie alors, (ici aussi) on essaie de pas y penser, on essaie de se raconter des histoires. (pas si bien dit, la répétition est un peu facile) Demain je vais... Tout à l'heure, j'irai... On se projette dans le futur, tellement on crève de trouille que la mort nous emporte sous prétexte qu'on attend plus rien de la vie, qu'elle nous surprenne comme le petit chef qui chope un mec qui glande devant sa fraiseuse (j'aime bien ça) ou devant la machine à café. Tu fous plus rien, t'es viré... T'es mort... Ça revient au même qu'on se dit...

Y a plus d' histoires, je suis lucide, je le sais... (vantard) Mais je veux pas caner (j'aime bien ce mot) non plus, même si ça fait longtemps que j'ai décidé d'être inutile. Je consomme pas, je regarde pas la télé, j'écoute pas la radio, je parle pas à mes voisins, je vote pas, j'ai pas d'avis sur les sujets qui passionnent les gens... (c'est bien ça, moi je suis pareil) Tout ça, ça sert à rien. Mais j'ai pas envie de disparaître... Je suis comme un ténia à l'intérieur d'un ventre, un morpion accroché à son poil de cul, un cafard planqué sous un évier... Je sers à rien, je suis moche, je pue, je fais chier tout le monde, MAIS J'AI LE DROIT DE VIVRE, alors allez vous faire foutre, je partirai pas. (c'est cool ça)

Je vais écrire. Je vais pas raconter des histoires, non... Je vais écrire le temps qui passe, le monde vu de ma fenêtre, c'est à dire ma rue. (tout le monde fait ça) Le gros connard qui stationne sur le passage clouté (dont on a retiré les clous pour les remplacer par des bandes blanches) pour discutailler sans descendre de sa voiture avec un autre abruti accoudé à sa portière. Cette rue débile qui devient deux fois par semaine la rue du marché dans laquelle des tas de gens qui n'ont plus d'argent viennent acheter des trucs qui ne leurs servent à rien et de la viande pas meilleure mais plus cher qu'au supermarché d'à côté. Une rue qui s'anime dès huit heure du matin, pleine de bagnoles, de camion, de bus VEOLIA, avec des chauffeurs à deux neurones trois quart qui se prennent pour les rois du monde, et devient déserte à partir de vingt et une heure, parce que nos villes sont comme nos vies, consacrées au travail et à la consommation et qu'en dehors de ça, c'est le vide, le rien, le progrès comme ils disent ceux qui savent...

Moi, cette rue, je l'ai connu avant... Avant les énarques, la crise économiques, les ordinateurs et les trous du cul des journaux télévisés. Elle était vivante, sans les voitures. L'après midi, elle devenait terrain de foot, et les soirs d'été, on traçait des courts de tennis à la craie. A ma place actuelle, devant la fenêtre, il y avait mon oncle et ma tante qui regardaient nos matchs. Et quand la nuit était tombée et qu'on voyait plus les balles, tout le monde descendait, et on buvait le coup tous ensemble. Dès fois, même, quelqu'un sortait une guitare, ou un violon... Alors on regardait les filles ou la mère des copains, et on s'endormait plein de rêves et de désirs.

(ah, quelle époque ! Non mais vraiment, ça fait plaisir d'entendre ça)

C'était avant... Avant les rencontres sur internet, les 151 chaînes du câble qui enchaînent les gens devant leur postes pour leur faire ingurgiter des conneries, avant qu'on se mette à parler à des japonais devant un ordinateur et qu'on oublie son voisin de palier.

Faut s'adapter, qu'ils disent... Alors je m'adapte. Le môme, le cancre qui faisait les 400 coups dans la rue est fatigué. Je suis devenu un cancre las, un cancrelat. Et je vais continuer d'écrire des chroniques comme celle-là, pour respirer, pour continuer à vivre, pour pas crever... Bordel !

Ah ah ! Pas mal du tout !
Je partage ton avis et je te serre la pince et si tu veux bien même je t'embrasse sur les deux joues. Va, t'en fais pas, on s'en sortira. On ira faire le tour du monde et on emmerdera tous ces cons là dehors qui comprennent pas. Ils valent rien ceux-là, faut les ignorer, il faut qu'ils nous empêchent d'être heureux sinon ça va dire qu'ils ont gagné.

Bon, je veux rien dire de plus, sinon que plus le texte avance plus il m'a accroché. Le début moins, un peu basique, un peu bateau. On a l'impression tout de même d'avoir déjà entendu ça quelque part, et plus d'une fois, mais ça fait toujours du bien de se le dire, de se le lire, avec chacun ses mots.

Bonne suite à toi, camarade
« Modifié: 17 Octobre 2014 à 15:22:09 par Cauzart »
http://julienusseglio.eklablog.com/
Textes et poèmes à découvrir !

Hors ligne Jack Lemisanthrope

  • Tabellion
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Re : Chroniques d'un cancrelat
« Réponse #4 le: 17 Octobre 2014 à 16:00:00 »
Salut.

Alors ce qui ne vas pas : Il y a des fautes
                                            Il y a des repetitions
                                            Quelques lourdeurs
C'était avant... Avant les rencontres sur internet, les 151 chaînes du câble qui enchaînent les gens devant leur postes pour leur faire ingurgiter des conneries, avant qu'on se mette à parler à des japonais devant un ordinateur et qu'on oublie son voisin de palier.
Pas très original ce passage, ces critiques de la société on entends sa partout

Sinon dans l'ensemble j'ai trouvé ça plutot sympa: le point de vue, la façon de raconter...
Je pense qu'un peu retravaillé ça peut etre bien. :)
À plus.

 


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