Et c'est parti pour la deuxième finale du tournoi 2014 du MdE ! Vous connaissez les règles, vous connaissez l'enjeu, à vous de jouer !
Gaspard Oeuvre : Hit machine à laver , Anlor
Description : Gaspard (qui aurait pu s’appeler Charles) attend. Toute la journée. Dans une laverie. Son quotidien c'est l'odeur de la lessive, le roulement des tambours, et des gens qui s’inquiètent pour lui. Mais Gaspard s'en fout, il attend. Et ça lui laisse du temps pour penser.
Extrait :« Vous travaillez ici ? »
Non, pas encore. On attend et on en profite pour rendre service. Oui, c’est vrai, tant qu’on est là, autant être utile. Mais de rien, on vous en prie. Bonne journée. Toutes les machines tournent à présent et les trois chaises sont occupées. Deux personnes ont rejoint Gaspard sur la table et il y a un homme qui fume dehors. On est presque sûr de les avoir tous déjà vu au moins une fois. C’est amusant comme les visages deviennent familiers.
« Oh, bonjour, vous êtes encore là ? »
Oui, on est encore là, on est toujours là.
« Mais, vous n’avez pas bougé depuis la semaine dernière ? »
Si, on a été obligé, mardi, la laverie était fermée. Non, on ne s’ennuie pas, il y a du monde, on fait la conversation.
« Franchement, je sais pas comment vous faites, moi je supporte déjà pas de rester plus de deux heures chez moi quand j’ai rien à faire, alors passer mes journées ici… »
On n’a pas rien à faire, on attend, c’est pour ça qu’on ne s’ennuie pas.
« Vous êtes sacrément patient, dis donc. »
Ça voulait dire vous êtes sacrément crétin mais on n’a pas relevé. Alors, oui, on dit qu’on est patient, que c’est une de nos qualités de toujours, qu’il faut bien ça sinon on ne tient pas, il faut savoir attendre pour survivre. Oui, survivre carrément, on n’a pas peur des mots. Pendant l’après-midi, Gaspard a vu passer la silhouette blanche au moins deux fois dehors. Une fois sur le trottoir d’en face, et une autre fois juste devant la porte. Il a serré très fort le petit papier dans sa poche avant de courir à la porte. Ça a surpris les clients, ils avaient l’habitude de le voir si passif sur sa table. Gaspard est sorti brusquement les deux fois, mais une fois de l’autre côté de la vitre, il n’y avait plus personne. Il a hurlé Bérénice, Bérénice.
(fiche de Baptiste)
Sacha
Texte :
Traces dans la neige, Vera
Description : Sacha est le troisième coin du triangle, avec Charli et Jeanne. C'est celui qui, depuis tout petit, a l'air différent, celui qui ne comprend pas tout, qui rit trop, trop souvent et pour rien. C'est lui qui doit être le plus fragile, puisqu'il pleure le plus souvent, mais le reste du temps, c'est peut-être le seul à être heureux. D'ailleurs, il n'a jamais réussi à résoudre une équation, mais c'est une véritable tête de mule.
Extrait :
J'ouvre le battant et mon imbécile de chat se précipite dans le blizzard. J'essaie de le retenir, le rate, Sacha rigole. Ses cheveux noirs sont constellés d'énormes flocons, ses épaules aussi. Il est tout heureux. « Ça tombe que depuis deux heures et on voit même plus l'herbe ! » Il me fait la bise en serrant fort mon épaule de sa main libre, je m'écarte pour qu'il puisse entrer. C'est amusant comme ses traits ont à peine changé, il a encore l'air d'un petit garçon, avec ses cheveux ébouriffés, sauf qu'il a abandonné les lunettes rouges. Il n'a toujours pas de barbe ; je me serais moquée de lui si j'avais pu parler. Il rentre comme chez lui et je vois qu'il porte un gros panier en osier recouvert d'un chiffon. Je le suis au salon ; il s'installe sur le canapé et pose le panier sur la table basse.
« Ça m'embête pas si tu parles pas, hein. » (fiche par Verasoie)
Et n'hésitez pas à aller lire les textes si ce n'est pas encore fait !