Bonjour !
Comme tu es aussi nouvelle que moi, je vais commencer par te commenter toi...
Je suis un peu perturbée par le passage du passé simple au présent dans une même phrase. Surtout avec le "s'aggrandit" qui porte à... confusion.
La rose est née. A-t-elle grandi ou est-elle en train de le faire ? Je me tâte. Toujours est-il que j'aurais trouvé un point bienvenu pour séparer les deux temps.
Ensuite, je dubitative sur les rimes des vers 2 et 3, parce que toutes les autres rimes sont riches, et que celles-là s'illustrent donc dans une triple pauvreté : lexicale (le même mot), poétique (un seul phonème), accentuelle ("et" n'est pas un mot accentué). "Pauvreté" n'est pas nécessairement négatif, surtout pas pour la question de l'accent : placer une conjonction en rime, c'est "osé" et j''apprécie les effets d'enjambements et de rejets. Ça donne un rythme de lecture de la première strophe très intéressant, plus proche de la prose, mais toujours haché grâce à la ponctuation : une belle impression de confusion, donc. Je trouve un peu dommage que cela soit abandonné dans les strophes suivantes.
Pour le rythme tout court, j'ai quelques réserves. L’alexandrin étant un rythme complexe, il mérite des souffles, au moins une césure. Et là… elle est floue, voire inexistante, mais pas toujours. C’est encore plus déstabilisant : un coup on peut lire ça de manière « classique », juste après plus du tout, sans réussir à savoir où pauser sa voix. Le vers 2 surtout : « Affable, jeune, puis elle s’agrandit et ». On ne peut pas souffler à la rime, le rejet l’interdit. Mais où dans le vers ? La logique voudrait que ce soit sur « puis », mais ça coupe complétement le sens. Sur « jeune », sur un « e » ? J’ai personnellement beaucoup de mal avec ça.
Je pense qu’on gagne toujours à se lire à voix haute.
Sinon, sur le fond, le motif de la rose est assez classique, et à vrai dire, je n’ai pas grand-chose à dire dessus. Il y a beaucoup d’éléments qui arrivent mais ne sont pas développés (certes, il n’y a que peu de place dans un tel format) comme l’averse et la brume qui, du coup, prennent des airs de lieux communs. Après, lexicalement, le poème se tient, et tous les éléments de la rose sont mis à contribution, dans un ordre un peu chaotique, ce que je considère, étant donné le titre, comme un atout (les bourgeons viennent après la fleur, mais avant les graines par exemple, comme si tous les stades de la vie étaient mélangés et réunis par la fin).