La foule est en délire, de beaux jeunes hommes fort musclés tiennent des pancartes affichant le nom des participant·e·s alors qu'ils entrent en scène et se placent dans chacun des huit côtés de la scène. Une explosion retentit, les hauts-parleurs crachent de la musique, puis les présentations commencent :
Oscar
Texte : Morsure, Littlecosmos
Description :Lucas est un adolescent de dix-sept ans qui va tout perdre en l’espace d’un été.
Il vient d’avoir son bac et a une petite amie, Océane, dont il est fou amoureux, des projets plein la tête et l’envie de partir loin de chez lui. Son père est violent, et il est temps que leurs chemins se séparent.
Une nuit qu’il en vient à s’expliquer physiquement avec son bourreau, il s’enfuit de chez lui et va retrouver Océane. Elle sort avec lui pour une balade nocturne afin de l’apaiser.
Un individu les guette pourtant… Bientôt c’est l’attaque, la perte de connaissance, le retour à la réalité, loin de la ville, dans des locaux un peu spéciaux.
Oscar est le maitre des lieux, le grand chef, le gardien, c’est lui qui dirige l’organisation qui a récupéré les deux jeunes adolescents agressés dans le parc. Océane ne s’en est pas sortie, mais Lucas, lui, est bien vivant, curieusement bien vivant d’ailleurs. Mais sa vie a basculé, revenir chez lui semble impossible, aussi Oscar propose de le prendre avec lui.
Voudra-t-il devenir chasseur ?
Extrait : En face de lui un homme d'une cinquantaine d'année était assis à son bureau, les mains jointes posées sur celui-ci. Ses cheveux étaient grisonnants et des rides marquaient son visage ici et là. Sur son nez était posée une paire de lunettes.
- Je suppose que tu es Lucas.
Lucas acquiesça, surveillant attentivement le vieillard, la main toujours agrippée fermement à la poignée de la porte.
- Et je peux vous demander qui vous êtes ?
- Tu peux, répondit-il calmement. Je m'appelle Oscar.
- Qu'est-ce que vous comptez faire ?
- Absolument rien. Et toi qu'est-ce que tu vas faire ?
- Je vais partir d'ici, répondit Lucas.
- Et ni moi, ni personne ici ne vas t'en empêcher. Mais je serais à ta place, j'attendrais demain matin, histoire d'avoir mangé quelque chose et de m'être habillé plus chaudement avant de partir.
- Vous n'êtes pas moi, répondit-il froidement.
- En effet, je ne suis pas toi, répondit Oscar en baissant les yeux sur le gros livre posé devant lui. Il semblait désormais s'être totalement désintéressé de lui.
(fiche de Tomoyo)
Sacha
Texte :
Traces dans la neige, Vera
Description : Sacha est le troisième coin du triangle, avec Charli et Jeanne. C'est celui qui, depuis tout petit, a l'air différent, celui qui ne comprend pas tout, qui rit trop, trop souvent et pour rien. C'est lui qui doit être le plus fragile, puisqu'il pleure le plus souvent, mais le reste du temps, c'est peut-être le seul à être heureux. D'ailleurs, il n'a jamais réussi à résoudre une équation, mais c'est une véritable tête de mule.
Extrait :
J'ouvre le battant et mon imbécile de chat se précipite dans le blizzard. J'essaie de le retenir, le rate, Sacha rigole. Ses cheveux noirs sont constellés d'énormes flocons, ses épaules aussi. Il est tout heureux. « Ça tombe que depuis deux heures et on voit même plus l'herbe ! » Il me fait la bise en serrant fort mon épaule de sa main libre, je m'écarte pour qu'il puisse entrer. C'est amusant comme ses traits ont à peine changé, il a encore l'air d'un petit garçon, avec ses cheveux ébouriffés, sauf qu'il a abandonné les lunettes rouges. Il n'a toujours pas de barbe ; je me serais moquée de lui si j'avais pu parler. Il rentre comme chez lui et je vois qu'il porte un gros panier en osier recouvert d'un chiffon. Je le suis au salon ; il s'installe sur le canapé et pose le panier sur la table basse.
« Ça m'embête pas si tu parles pas, hein. » (fiche par Verasoie)
Alaë
Texte : Ekin, Ambriel
Description : Alaë est un chat des vents. Il vit dans les plaines et se nourrit de vent et de rires. Il est très sensible aux émotions, il est capable de les sentir de vraiment très loin.
Il s'appelait Avel autrefois, et vivait avec une famille d'humain. Mais la maison a brûlé et presque tout le monde est mort. Il ne restait plus qu'Ekin, un jeune garçon qui est parti en direction de la ville. Avel, lui, est parti avant. Il ne supportait plus toutes les souffrances qui régnaient à la maison brûlée. Alors qu'il errait dans les plaines, il a rencontré une jeune fille à l'idée de sourire. Il l'a aussitôt adoptée pour l'emmener jusqu'à Ekin, pour qu'ils fassent plein de sourires ensemble. C'est à ce moment-là que les humains ont décidé de changer de nom – et de rebaptiser Avel Alaë, afin de laisser les cendres derrière eux et de repartir sur une nouvelle vie.
Alaë prend bien soin de ses humains, et les guide jusqu'à la ville, cette grosse boule d'émotions intrigante et pareille à rien de ce qu'il ait déjà vu. Il a hâte de voir toutes ces nouvelles émotions, même s'il est tout de même un peu inquiet...
Extrait :Avel avait retrouvé Ekin. Il lui avait amené la fille, la fille à l'idée de sourire. Celle-Qui-Rêve-De-Joie. Il espérait qu'ils feraient beaucoup de petits rires ensemble. Avel les observa. La fille devait avoir environ l'âge du garçon. Elle était maigre et sale, comme lui. Elle était vêtue de haillons, comme lui. Elle avait une masse de cheveux hirsutes, comme lui. Elle avait un regard méfiant, comme lui. Elle avait au fond d'elle un rire perdu, comme lui. Ni l'un ni l'autre ne l'avait encore retrouvé.
(fiche de Rain)
Le juge
Texte : Dégoûtés de goûter, Aquarelle.
Description : Juge ne manquant pas d'appétit, le Juge est d'un naturel plutôt indolent ou du moins calme, et tente malgré sa lassitude de remplir son office avec efficacité, même au moment de la digestion. Il écoute les témoins, se renseigne, prend des dépositions... Mais attention. Un conseil. Ne critiquez jamais le clafoutis aux cornichons et au cervelas en sa présence.
Extrait : La chaleur de ce début d’après-midi était redoutable. Le Juge avait ôté sa perruque et somnolait dans son fauteuil capitonné de velours écarlate. Il avait renoncé à lutter contre la force irrésistible qui lui fermait les paupières et s’abandonnait à des pensées merveilleusement absurdes. Des réminiscences de son enfance se mêlaient aux souvenirs tout frais de son déjeuner ; le visage rond et doux de sa nourrice tournoyait au milieu d’un océan de rôti de dinde aux pruneaux, de tarte aux fraises et de petits fours. Hélas, cet état de torpeur bienheureuse fut vite interrompu par une clameur de mauvais augure. Allons bon ! Ce ne pouvait être qu’une réclamation. Et, à en juger par le brouhaha, c’en était une belle. Les gens ne pouvaient-ils donc vivre en paix ? Fallait-il toujours qu’ils s’agitent ? Qu’est-ce que c’était, cette fois ? Il tendit l’oreille. Les voix furieuses et menaçantes étaient toujours les mêmes. Qu’est-ce qui ressemblait le plus à une revendication qu’une autre revendication ? Le Juge fit un effort surhumain et rapprocha de dix bons centimètres son fauteuil de la fenêtre laissée entr’ouverte pour mieux entendre. De la cacophonie, quelques cris s’élevaient distinctement :
« Justice ! Nous venons réclamer justice ! » furent les premiers mots que le Juge discerna. Cela, ils le disaient tous. Voyons, qu’y avait-il d’autre ?
« C’est un scandale ! » Oui, un grand classique. Rien de mieux ?
« Aucun respect pour la vie et la dignité humaine ! C’est inadmissible ! » Bof.
« Nous ne pouvons plus le supporter ! Pour qui nous prenez-vous ? Nous avons des droits ! » Bon, pas beaucoup d’originalité là-dedans. C’était d’un ennui !
Le Juge se réinstalla confortablement contre le dossier de son fauteuil, referma les yeux et ne les rouvrit que lorsque l’on frappa à la porte.
(fiche de Milora)
Le vieux forgeron
Texte : Lys de la vallée, Rain
Description : Le légendes parlent d'un forgeron, le plus grand forgeron de tous les temps, capable de réparer les coeurs et d'en forger de nouveaux. C'est pour ça que, brisé par la perte de sa femme et de son enfant, le héros de l'histoire part à sa rechercher à travers le monde.
Mais l'homme qu'il trouve ne correspond pas à l'image qu'il s'en était faite. C'est un vieillard isolé dans un phare qui, surtout, ne s'avère pas si facile à convaincre.
Extrait :" « Vieil homme, sais-tu où je pourrai trouver le meilleur forgeron de tous les temps, capable de réparer les cœurs ?
- Il se tient devant toi », répondit le vieil homme
Le voyageur regarda autour de lui, mais personne d'autre qu'eux ne se trouvait dans la pièce. Il considéra son hôte un moment.
« Assurément, ce ne peut être toi. Tu possèdes dans le bras moins de force que mon jeune fils, qui parvient à peine à soulever mon marteau !
- Tu es bien sûr de toi, et bien prompt à juger les autres. Un jour, cela te jouera des tours. Mais viens, suis-moi. Puisque tu ne me crois pas, je vais te montrer mon enclume faite d'étoile. »
Le voyageur suivit le vieux forgeron jusqu'en haut du phare. Tout autour d'eux, la tempête faisait rage. Le phare, à cet étage, ne possédait plus ni mur ni fenêtres, rien que quelques piliers pour soutenir le toit. Là, au milieu de la pièce, au pied du feu, se tenait l'atelier du vieillard – et surtout, son enclume. Elle semblait irisée par le mouvement des flammes, et résonnait du chant de la pluie et du vent. Un vieillard, pensait encore le voyageur, ne saurait être capable de travailler sans abîmer une telle œuvre d'art.
Mais le vieux forgeron n'avait pas dit son dernier mot. Il reprit son ouvrage, qu'il avait abandonné pour aller ouvrir au voyageur, et celui-ci fut bien obligé d'admettre son erreur. Le vieil homme travaillait un coeur brisé avec adresse et précision. Sans jamais perdre son rythme, il martelait le cœur, deux coups d'un côté, deux coups de l'autre, sans forcer, sans se presser, comme un véritable maître. Le voyageur sentait de la passion et, oui, de la tendresse, et de la douceur aussi, dans chacun de ses coups. Puis le forgeron prit le cœur entre ses pinces et le trempa délicatement dans l'eau, puis dans le feu et à nouveau dans l'eau. Lorsqu'il eut bien refroidi, il le saisit avec ses mains et l'apporta derrière lui à un corps étendu que le voyageur n'avait pas remarqué. C'était une jeune femme endormie, au sommeil paisible et profond. Le forgeron déposa le cœur sur sa poitrine, et celui-ci disparut. Bientôt, la fille ouvrit les yeux et fit un large sourire. Elle sauta sur ses pieds, embrassa le vieil homme sur les deux joues et s'en alla dans l'escalier à toute vitesse.
Alors le voyageur s'inclina devant le maître-forgeron, et déclara :
« Maître, forgez-moi un cœur d'enfant ! »
Le vieil homme le considéra un instant, puis refusa.
« Je ne peux te fabriquer de cœur, car je ne sais comment faire. Je ne peux pas non plus réparer ton cœur, qui n'est même pas brisé. Il brûle d'une flamme trop ardente pour que je puisse même l'approcher. Passe ton chemin. »"
(fiche de Milora)
FirminTexte : Des cailloux plein les poches, Baptiste
Description :
Firmin, c'est un vieux. Il ressemble pas à grand chose, même si il a un faux air de James Dean, et il sait des trucs que personne ne connaît et dont tout le monde se fout. Mais il sait écouter, et c'est déjà pas mal.
Extrait :Il avait dit ça en rigolant. Clément s’éloigna du rebord. Le type toussait maintenant. Rauque. Poumons encrassés de goudron et de nicotine. Il sortit d'une poche de sa veste une petite flasque, but un coup rapidement et la tendit à Clément.
- Tu sais qu’à Nancy, sur la place Stanislas, il y a une dalle où il y a une petite étoile et juste en dessous, on dit qu’il y aurait les plans de la ville.
Le Dandy tira à nouveau sur son mégot.
- Pourquoi tu me dis ça ? dit Clément après un long silence
- Je sais pas. Ça fait du bien de savoir qu’il reste des choses cachées dans le monde, non ?
- Peut-être.
- C’est quoi ton blaze ?
- Clément.
- Moi, c’est Firmin, mais tout le monde m’appelle Verre-de-gris. Rapport à mes péchés mignons, quoi.
(fiche de Baptiste)
La chamane Texte : Ulisse au lac gelé, Zacharielle
Description :Jerry et Ben explorent la banquise. Mais lorsque Ben disparaît mystérieusement, Jerry cherche alors de l'aide auprès d'une mystérieuse (et très défoncée) chamane. Accro aux Mars, elle tient à sa tranquillité mais n'hésite pas à donner un coup de main.
Extrait :Elle me tend une cigarette à l'odeur suspecte.
- Non merci. Vous ne l'avez pas vu alors ?
- AH AH AH.
- Ca veut dire quoi ?
- Je sais pas. Parka jaune tu dis ?
Elle ponctue sa réflexion d'un « mmmm » « mmm » que je ne trouve pas très convaincants.
- S'il vous plaît, la nuit tombe et j'ai peur qu'il se soit perdu. Il était allongé sur le lac pour observer les poissons et...
- AH AH AH !
- Oui, bon, vous l'avez vu ou pas ?
- Non, pas vu, pas vu. Va voir le Magicien Blizzard, il pourra peut-être t'aider à récupérer ton ami.
- Pourquoi ça ? Il est où Ben ?
- Sous le lac ! Plouf, dans l'eau !
- Oh mon Dieu !! Aidez-moi, on va le repêcher !
Elle éclate de nouveau de rire et tousse à n'en plus finir. J'ai envie de la secouer mais je doute que ça lui rende les idées plus claires.
- Tu peux pas ! Il est avec les sirènes ! Elles les attirent tous. Sauf les chiffes molles.
C'est marrant, je sens comme une insulte dans cette phrase.
- Il est toujours en vie ?
- Je vois pas l'intérêt de choper un gars pour en faire un cadavre. T'inquiète pas, il est bien où il est.
Ouf, c'est déjà ça. Mais moi, ça m'avance pas des masses et en plus la nuit est bientôt tombée, impossible de commencer des recherches maintenant.
- Vous habitez où ?
- Premier igloo à gauche.
- C'est loin ?
Elle se met alors à rire en se tenant le ventre.
- Allez, viens, je vais te faire une soupe aux épices ça va te requinquer.
Je doute fort de la qualité de sa cuisine mais la suis néanmoins. Avant qu'on aille se perdre dans le désert blanc on nous avait prévenus que l'endroit était plein de magie et de mystère. J'y croyais pas trop au départ . Maintenant, je sais plus quoi penser. La vieille femme me réclame des Mars toutes les cinq minutes.
Avez-vous déjà vu une chamane édentée au pôle nord ? Maintenant, oui.
(Fiche de Baptiste)
LèneTexte : Void X Time, Freakazoid
Description : Lène est l’un des deux héros de
Void X Time. Dans un monde post-apocalyptique peuplé de monstres, elle est retrouvée errant seule dans les ruines à la recherche d’autres survivants. Sauvée d’une meute de lézards géants, par Duncan, l’autre personnage principal, elle est ramenée à Espoir, une ville miraculée.
Là-bas, malgré le mystère qu’elle entretient autour de son passé, elle acquiert une rapide popularité en raison de son caractère ultra-positif mais aussi grâce à ses pouvoirs surnaturels qui lui valent le surnom de l’Ange d’Espoir.
Elle s’avère néanmoins être une fille peu sûre d’elle, qui a constamment besoin de l’amour et de la reconnaissance des autres pour se construire. Manquant d’empathie, elle ne s’apercevra pas que sa brusque notoriété provoquera la jalousie de Duncan.
Extrait :— Brrr ! Je suis gelée !
Lène tremblait de tous ses membres tandis qu'elle poussait du pied la porte de son abri. C’était une chambre vide aux papiers peints complètement brûlés, simplement éclairée par la lumière extérieure passant à travers deux fenêtres aux vitres brisées. Epuisée, elle laissa tomber les bouts de bois qu'elle tenait dans ses bras. La jeune fille les avait réunis au prix d'une bonne heure de recherches qui avaient bien failli s’avérer infructueuses. Ce n'est qu'après avoir fouillé quelques dizaines d'appartements qu'elle était parvenue à trouver parmi les cendres quelques bouts de meubles et de planches sauvés des flammes. Lène contemplait désormais avec une certaine fierté son petit tas de bois sec.
Elle attacha ses longs cheveux noirs en chignon puis se mit à genoux près de son butin. Elle prit ensuite une profonde inspiration et ferma les yeux pour se concentrer. Elle tendit ensuite la main vers le centre de la pile et murmura :
— Luciole…
L'instant d'après, une petite boule lumineuse jaillit de sa paume. Lentement, elle tomba jusqu'à entrer en contact avec le bois pour y faire apparaître une première flammèche. Elle se mit à grossir et rapidement, un feu réchauffa toute la pièce. Ressentant déjà les bienfaits de la chaleur, Lène laissa échapper un grand soupir de soulagement. La douceur des flammes enveloppait son corps. Son épais poncho, plein de crasse, lui apportait une couverture précieuse, mais dessous, elle ne portait qu'un simple t-shirt qui fut, à une certaine époque, blanc et un pantalon en toile déchiré.
Pourtant, dans cette pièce, à cet instant, ce n'était pas grave. Elle se sentait si bien ! Elle aurait voulu pouvoir vider son esprit, ne plus penser au futur. Mais les braises ne dureraient pas éternellement.
(fiche de Freakazoïd)