Rien de plus étrange
que l’expression du visage familier.
Il sourit,
mais il gronde au cœur de son cratère.
S’il pleure,
il se peut qu’il pleuve
aussi à l’intérieur de ce qui m’échappe.
Comment lire
dans l’étang d’un regard ?
ce soleil de minuit
qui vacille dans des reflets changeants.
Les visages sont à la mesure
de ce que nous sommes,
de la tempérance au débordement,
avec parfois le désarroi,
ce désert glacial des questions sans réponse,
qui creuse ses sillons dans les fronts solitaires.
Si le rire fuse,
c’est peut-être que le chat est passé
ou un moineau une coccinelle.
C’est à ton rire
que je peux me fier,
lui qui comble l’écart du visage à la pensée
Les rires sont si brefs,
comme le passage d’un dieux par la fenêtre.
Mais quand les larmes ravinent l’équilibre des traits,
détresse et déférence me déchirent.
J’accepterai les visages de ta vie,
cette région de toi-même que tu laisses voir.
Dedans nous sommes visiteurs,
suspendus au regard et captifs de ses limites,
curieux de ce qui ne nous regarde pas,
cette frontière sans raison,
entre le vrai et le faux,
elle ride le visage maquillé des hommes.
Je ne suis que visage,
regardant ton visage,
dont l’air est si bon,
avec le mien qui nous partage,
dont je n’ai que maigre avantage.
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