Salut Aahraz !

Alors comme personne n'ose te défier, je te propose d'écrire un texte poupée russe, avec une histoire unique, narrée par au moins trois de ses protagonistes. T'as vu Rashomon, de Kurusawa ? C'est en gros le même principe. Quelques précisions :
- le premier protagoniste raconte une histoire comportant un certain nombre d'événements. Dans cette histoire, lui-même ainsi que tous les autres protagonistes sont présents à un moment donné.
- à partir du second protagoniste, chaque narrateur raconte sa version (sincère ou arrangée) de l'histoire précédente, compatible avec les événements déjà en place, mais en donnant une autre explication/interprétation des faits.
- à la différence de Rashomon, les protagonistes ne doivent pas contester les faits mentionnés par leurs prédécesseurs. Ils leurs donne juste un éclairage différent. Ce sont donc des faits à géométrie variable.
- les protagonistes sont libres d'ajouter de nouveaux événements à la liste des événements existants.
- chaque version doit se distinguer des précédentes par son style, son ton, mais également son genre littéraire.
- il doit y avoir un lien/transition entre les différentes narrations.
Voici un exemple bidon de plan pour un texte poupée russe :
[genre thriller] : La maman de Paul et de Virginie attend ses deux enfants qui ne sont pas rentrés du collège. Elle reçoit un texto de Paul qui lui explique qu'il a vu sa grande sœur Virginie, kidnappée par un individu masqué qui l'a contrainte à monter dans sa voiture sous la menace d'un pistolet. La mère, morte d'inquiétude, est sur le point de composer le 17, quand Virginie rentre. [Genre romance] : Elle explique que le "kidnappeur" n'était autre que Bernard, son facétieux petit fiancé, qui avait cru drôle de se déguiser en braqueur, parce que cet après-midi, ils allaient déposer ensemble leurs alliances de mariage dans le coffre de leur banque. Même qu'avec son angine, il imitait à merveille la voix rauque d'Al Pacino. Leur pote, Jean-Claude, tout aussi facétieux que Bernard, s'était pour l'occasion déguisé en otage, couché dans le coffre de la voiture, bâillonné et saucissonné. La maman, rassurée, remet à Virginie l'écrin dans lequel se trouve les précieuses alliances que les richissimes parents de Bernard lui avaient confiées. Elle embrasse sa fille, et l'enjoint d'aller vite retrouver Bernard qui l'attend dans la voiture avec leur ami Jean-Claude. Virginie ouvre la porte pour sortir, quand Bernard, le visage en sang, entre dans la maison, épaulé par le jeune Paul. [genre policier] : Il venait de tuer Jean-Claude d'un coup de couteau. Son ami d'enfance, appelé en renfort pour convoyer ces bijoux à la valeur inestimable, l'avait saucissonné dans le coffre et s'était fait passer pour lui, en inventant toute l'histoire des déguisements. Virginie ayant tout gobé, son plan avait été à deux doigts d'aboutir : il n'avait plus qu'à attendre au volant de sa voiture que la fiancée de son pote Bernard lui apportât tout cuits ses bijoux de famille (au sens propre). Mais Paul avait suivi le véhicule en skate bord, jusqu'à ce qu'il se gare en face de sa maison. Il s'était approché discrètement de l'arrière de la voiture quand il reconnu Bernard, bâillonné à l'intérieur du coffre. S'apercevant que la serrure n'était pas verrouillée, il ouvrit la portière et détacha le fiancé de sa sœur en moins de temps qu'il n'en fallût à Jean-Claude pour sortir à son tour de la voiture, armé d'un canif. Il s'ensuivit une bagarre entre les deux jeunes gens, qui se termina par le décès du ravisseur, tué par son propre couteau.
L'exemple est tout naze, mais c'est plus clair qu'un mode d'emploi. Ce genre d'histoires poupées russes, avec plein de twists imbriqués, c'est génial pour s'entraîner à écrire des scénarios.
Voilà, voili ! Si ça t'inspire, Aarazh...
