La dernière nuit
La lumière est tamisée, tu es nue, allongée, mon amour ne l’est plus, lui est debout. Il nous contemple du fond de la pièce.
Il m’attend, prêt à traverser le seuil. Prêt à descendre ces quelques marches de bois vernis qui me menait vers toi.
Je glisse mes mains sur ma chute, celle de tes reins, alors s’esquisse un couple de sourires.
Peut- on mourir de tendresse ?
Les draps sont encore chauds, tu me regardes une dernière fois, avant de t’endormir. J’ai froid car je sais ce que tu ignores. Dors, dors ma belle, laisse-moi une dernière fois savourer le mariage des ombres et des éclats.
La lumière est éteinte, je me souviens de ta main dans la mienne et de ta robe bleue qui ondoyait sur la promenade.
C’est à son sommet que meurt notre amour.
Aléana…Il est rare d’aimer l’insomnie, mais il est rare d’être aveuglé par la nuit. Dors, dors ma belle, nous ne finirons pas nos jours ensemble. Mes doigts plongent dans ta chevelure et je t’embrasse. Je pars sans bruit.
L’incendie s’éteindra. C’est sur. Tout finit par s’éteindre.
J’ai des larmes invisibles sur le visage. Je traverse les rues sans y voir les passants. Sans y sentir la pluie. Sans savoir qui je suis devenu. Tout est masqué par le souvenir de ce que nous étions.