Sur le plan structurel, c'est très faible. Sur le plan métaphorique, c'est un cliché. Sur le plan de l'idée, ce n'est pas mal quoique pas assez approfondi. Les deux premières strophes sont très sympas et auraient pu l'être encore plus si elles avaient été un tant soit peu ouvragées au niveau du rythme et, surtout, laissées seules, presque nues, dans leur extrême simplicité. Le minimalisme de leur expression aurait rendu leur propos beaucoup plus puissant qu'il n'est, là, gâché par la volonté de produire quatre quatrains plutôt que deux. La forme libre a sa propre autonomie, sa propre économie. Il faut être à son écoute. D'autant plus que vraiment, la fin est presque niaise et son fil un peu gros. C'est dommage ; on supprime les deux derniers quatrains, on laisse résonner l'écho des deux premiers, en les imaginant un peu mieux élaborés, on a quelque chose qui s'approche de la force et du poignant, pudique et digne pourtant.
Travaille ton dépouillement, il y a moyen de faire quelque chose. La poésie est la première forme de sincérité littéraire, mais la plus complexe des structures stylistiques et techniques.