Le Monde de L'Écriture – Forum d'entraide littéraire

04 Juillet 2026 à 07:39:56
Bienvenue, Invité. Merci de vous connecter ou de vous inscrire.


Le Monde de L'Écriture » Coin écriture » Textes courts (Modérateur: Claudius) » Cyberpunk Melancholy (explicite / version augmentée)

Auteur Sujet: Cyberpunk Melancholy (explicite / version augmentée)  (Lu 1345 fois)

World End Girlfriend

  • Invité
Cyberpunk Melancholy (explicite / version augmentée)
« le: 23 Mars 2014 à 16:59:22 »
Hey, suite aux remarques de Vivi, j'ai décidé de reprendre le texte sous une autre approche. Reste à trouver l'équilibre.


Derp se réveilla dans un bain de foutre.
Le liquide avait eu le temps de sécher et ça lui tirait salement la peau. Il se gratta le visage en maudissant ses clientes du soir, une bande de nonnes venue tester leurs greffes de bites XXL. D'accord, elles ne maîtrisaient pas encore leurs engins, d'accord, elles s'étaient shootées à mort et avaient payé la formule "laisse-moi te ramoner comme je veux", mais cela ne justifiait pas le gang-bang qui s'en suivit.
Derp saignait du cul, littéralement.
Impossible de se relever, ses fesses étaient en feu. Il rampa sur le sol maculé de sperme et de pisse, se fraya un chemin parmi les carcasses endormies, puis sniffa un rail de coke² qui traînait par là...
"Woooooooooo !" cria-t-il en sautillant tout d'un coup sur ses deux pieds, "la vache !"
La coke² avait cela de magique, même le plus amorphe des malheureux pouvait péter le feu deux secondes plus tard. La liste des effets secondaires était aussi longue que les bites des nonnes de ce soir, mais bon, on guérissait de tout à cette époque. Il suffisait de hacker son organisme.
Activer HUD.
Une grande interface tactile apparue dans son champ de vision, il navigua entre les différents onglets et fit défiler ses nouvelles notifications... facture de vidéos pornos, facture de chirurgie anale, taxe d'impôts sur la prostitution, encore une facture de chirurgie anale, résultats du concours national d'auto-mutilation.
Il sélectionna ce dernier et une fenêtre s'ouvrit.

Premier prix (5 millions de yens) : Se curer le trou du pénis avec une perceuse.
Dauphin (2,5 millions de yens ): S'éventrer avec un couteau en plastique et se pendre avec ses tripes.
Troisième place (1 million yens ) : Se broyer les yeux au mixeur.

Aucun signe de sa contribution, se fourrer un lance-flamme dans le cul et vomir deux litres de sang. Ha... cela faisait pourtant des années qu'il essayait de percer. À ce rythme-là, il allait devoir abandonner ses ambitions. Hacking ou pas, les reconstructions coûtaient cher et Derp croulait déjà sous les dettes. Même ces orgies ne suffisaient plus à payer son loyer.
Les Yakuza l'avaient vraiment baisé, tout ce qu'il gagnait finissait dans leur poche. Il lui restait seulement de quoi s'acheter des nutriments©, cette bouillie dégueulasse qu'on avalait pour pas crever, le genre qu'on filait autrefois aux gamins d'Afrique.
Fallait avouer que c'était de sa faute aussi, à force de se planter des clous dans les couilles, Derp avait choppé le tétanos. Comme si ça ne suffisait pas, il avait fait le con avec son traitement. Au lieu de s'acheter un médoc dans la Base Pharmacopéenne Internationale, il avait téléchargé une version illégale. Un générique artisanal, même molécule que le produit de référence, sauf que cela coûtait vingt fois moins cher. Maintenant qu'il y repensait, c'était sans doute un chouia trop beau pour être vrai. Mais il avait pas réfléchi sur le coup, il avait confirmé et téléchargé le fichier. Deux secondes plus tard, un connard de hacker prenait en otage sa base de données physiologique.
C'était la technique préférée des Yakuzas, quoi de mieux qu'avoir un droit de vie ou de mort sur quelqu'un pour le tenir par les couilles ?
Le lendemain matin, un de leurs gars était venu sonner à sa porte.
Derp essaya de jouer le mort pour qu'on le laisse tranquille. Si je fais semblant de ne pas être chez moi, pensa-t-il, je gagnerai au moins un peu de temps pour me dépêtrer de cette merde.
Effort louable, mais ces salauds avaient l'habitude apparemment. Deux minutes après la première sonnerie, voilà qu'on défonçait sa porte à la tronçonneuse. L'assaillant ne payait pas de mine, il était petit et nerveux, mais il avait quand même un sourire hypocrite aux coins des lèvres.
- Monsieur Derp, commença-t-il cordialement, tronçonneuse en main. Je suis venu exposer nos différentes formules pour rembourser votre dette. Il ouvrit sa valise et en sortit un dépliant commercial. Nous avons tout un large panel de jobs disponibles, cela va des simples missions d'assassinats à des travaux de prostitution, en passant par cobaye, serveur, ou même assistant en nécromancie, tout dépendra de vos compétences personnelles ! Nous sommes au plus près de nos esclaves chez les Yakuzas, notre politique est de vous exploiter jusqu'à la moelle. Cela signifie donc que tant que vous êtes sous contrat, nous vous protégerons de tous les aléas susceptibles de vous pourrir la vie. Génial, n'est-ce pas ?
Et le mec sourit de plus belle, pour de vrai cette fois. Derp connaissait l'expression, la spéciale on-te-l'as-mise-bien-profond, avec supplément emmerdes jusqu'au cou.
Après de longues heures de négociation, il fut conclu que Derp allait vendre ses jolies petites fesses à la Cathédrale du Hardcore, un bordel pour déglingué. Quatre-vingt-dix pour cent de ses revenus partaient directement aux Yakuzas, le reste devait juste lui permettre de survivre.
Cela faisait six mois qu'il trimait pour eux maintenant, et Derp avait subi autant de chirurgies anales qu'une star du X. Opérations qu'il devait payer lui-même bien sûr. Risques du métier.
Il soupira et ferma l'onglet du concours.
Une nonne se réveilla au même moment, une vieille aux seins flétris et au physique de baleine. Elle avait passé la moitié de la soirée à se branler en lui lançant des clins d'oeil, Derp en avait encore la chair de poule. Elle tituba sur ses deux jambes grasses, manqua de se casser la gueule sur une flaque, puis sourit à pleines dents quand elle remarqua une bouteille de Molotov. Elle la vida d'une traite et poussa un gros rot.
Derp fuit avant qu'elle ne lui saute dessus.


Les folles de ce soir étaient des ex-nonnes, il avait toujours du mal à y croire. Il essaya de se les imaginer recluses dans leur couvent, priant durant des décennies un dieu oublié de tous. Elles s'étaient sans doute fait chier à mort, mais de là à se greffer des bites...
Le monde avait drôlement changé quand même, maintenant c'était chacun pour sa poire et aux chiottes le reste. Il était possible de vivre indéfiniment, de transférer sa conscience dans une réalité virtuelle, et même d'avoir accès à ses fantasmes les plus pervers en un seul clic. Le chaos régnait et ce qui restait de société s'en fichait, pourquoi se soucier des autres lorsqu'on pouvait subvenir soi-même à ses besoins ? Il suffisait de s'injecter toute une tonne de trucs et l'on se sentait beaucoup, beaucoup mieux.
Seuls ceux qui nourrissaient des ambitions souffraient dans ce monde, et Derp en faisait partie. Il voulait devenir un artiste, un automutilateur professionnel. Les échecs se faisaient pourtant de plus en plus cuisants, fallait croire qu'il n'avait aucun talent.
Beep beep.
Quelqu'un essayait de le contacter, il appuya sur sa boucle d'oreille et un mini-écran apparu devant lui. Derp reconnut de suite son interlocutrice, Fé, sa seule amie réelle.
- Yo ! T'as deux secondes ?
- Si c'est pour te prêter du fric, non.
- Han... soit pas si méchant, c'est tout le contraire ! J'ai un super plan pour se faire un max de yens.
Derp resta dubitatif, il connaissait la chanson avec Fé. Ses "super plans" avaient le don de tourner au vinaigre à chaque fois. Il se souvenait du dernier en date, un cambriolage où il avait terminé dans une piscine infestée de piranha génétiquement modifié. Il fallut une semaine pour le recoller en un seul morceau, et l'opération avait coûté tout son butin.
Cela dit, c'était la crise...
- Rien de foireux, tu promets ?
- Mais oui, mais oui, on se retrouve à l'endroit habituel dans une heure. Tcho !


La Cathédrale du Hardcore se trouvait au beau milieu du district Rouge, l'un des endroits phares de Neo-Tokyo. Les rues grouillaient de monde même à des heures pas possibles, les gens avaient pris l'habitude de trafiquer leurs cerveaux pour ne plus dormir. Avec les nouveaux logiciels de gestion neuronale, il suffisait de se mettre en veille une heure ou deux pour carburer ensuite non-stop. Une évolution normale pour une société suicidaire, toujours plus éveillée, plus branchée, plus nombriliste.
La mégalopole était sacrément noire, mais Derp ne s'imaginait pas vivre autre part. Il avait grandi dans cette jungle urbaine, au milieu de son béton froid, de ses ruelles obscures. Décadente, certes, mais lénifiante. Il formait un tout cohérent avec ce monde, comme un minuscule rouage dans une mécanique en surchauffe. Se sentir aussi insignifiant le rassurait, car il savait bien qu'on n'attendait rien de lui. Il devait seulement serrer les fesses et suivre le troupeau, même s'il y avait quand même ce vide qui persistait, cette envie de se démarquer des autres, de séduire, d'être vénéré. Des ambitions.
Quelque part dans cette mégalopole, un chat artificiel miaule aux côtés d'un clochard agonisant. Une prostituée se fait cuire vivante par des satanistes cannibales, un saxophoniste hurle son chef-d'oeuvre au clair de lune.
Et moi, dans cette forêt de néons aux couleurs trop vives, dans ce brouhaha nocturne. Je marche.
Dans quel but ? Être heureux sans doute, mais je ne veux pas me contenter d'illusions, comme ces junkies qui s'enferment dans leurs délires virtuels. Je veux être heureux ici, dans le vrai monde, avec quelqu'un...
Ha...


Derp prit le métro à la sortie de Neo-Tokyo, direction le centre-ville et sa grande Place des artistes. On pouvait au choix y suivre des battles de rap peu inspirées, voir des hollograffeurs sculpter le vide à coups de pinceaux rétroprojectifs, ou même s'évader avec des troupes de théâtre jouant d'anciens classiques.
Il y avait aussi un restaurant à ciel ouvert planté au milieu de ce chaos, le FakeDonald. Il servait le meilleur canard laqué de la région, se targuant même d'utiliser une viande non synthétique. Foutaises, évidemment, mais les gens s'en fichaient tant que ça restait bon.
Derp trouva Fé en train de dévorer un burger géant. Elle dégageait un véritable charme bestial. Ses cheveux rouges en pétard, ses tatouages orange fluo, ses yeux d'ambre et son regard de fauve. Elle aurait même été canon si son visage n'était pas grêlé de micro-foetus, un accident de bukkake au sperme radioactif. Son vrai nom était Féodor, un mec. Les évènements qui l'avaient rendu ainsi étaient aussi cons que dramatiques. Lorsqu'il avait entendu son histoire, Derp hésita entre chialer comme une madeleine ou se rouler par terre de rire.
Flashback vers l'adolescence de Féodor, un lycéen puceau des quartiers aisés. Cours le jour, réalité virtuelle le soir, rien d'anormal, jusqu'à ce qu'il décide de visiter des espaces pornographiques. Ça avait commencé par du soft, de simples mannequins algorithmiques qu'on tripotait pour se faire la main, puis il avait viré sur des relations "humaines". Plus inspirées, plus déjantées, et forcément plus sales. Le jeune Féodor était passé du mauvais côté, fini les branlettes en cachette et les expériences innocentes, bienvenue aux soirées sado-maso. C'est là qu'il rencontra Azimuth Swag, une actrice porno de seconde zone.
Il la croisa lors d'une orgie zoophile, pendant qu'elle se faisait fister par un monstre à tentacules. Son corps ruisselant de sueur, secoué d'orgasmes. Ses yeux révulsés, ses lèvres trop rouges, bavant sur sa tenue de petite écolière déchirée. Il était tombé sous le charme dès la première seconde.
La suite était un gros bordel tragi-comique. Féodor se confessait à notre charmante hardeuse, qui lui annonçait qu'elle ne pouvait pas sortir avec lui vu qu'elle était lesbienne. Mais t'es sacrément mignon, qu'elle ajoute, si tu changeais de sexe, ce serait une autre histoire. Je connais un su-per chirurgien qui pourrait te faire une ristourne. Ni une, ni deux, le jeune Féodor va voir ses nobliaux de parents et leur balance ceci : P'pa, M'man, filez moi cinq millions de yens que je change de sexe. Ils refusèrent bien entendu, allant même jusqu'à utiliser leur droit de censure parental pour bloquer son HUD. C'est à ce moment-là qu'il prit la décision la plus stupide de sa courte existence : cracker le compte bancaire de son père et se faire charcuter.
Le truc, c'est qu'Azimuth Swag avait crevé entre-temps, asphyxiée en plein tournage. Deux caniches défectueux avaient fait les cons lors d'une double pénétration nasale, et elle pouvait plus respirer vu qu'on lui avait aussi suturé les lèvres.
Fé refusait d'aborder la suite, Derp savait juste qu'il l'avait rencontré peu après sa transformation.
Il commanda des cuisses de grenouille et s'installa à ses côtés.
- Je t'écoute.
Elle finit d'avaler son burger et vida son Méga-caféine++.
- Un fourgon blindé ! J'ai hacké cet aprèm' les databases habituelles et je suis tombé sur un message crypté. Je trouve ça bizarre alors je fouine un peu et je trouve ça...
Elle lui envoya un document sur son HUD, Derp passa en mode discret pour l'examiner.
- Trajet du fourgon blindé du... Baron Doura Cula ?
- Ouep, j'ai fait mes recherches et voilà ce que j'ai trouvé : Doura Cula se fait livrer chaque année un fourgon contenant une jeune pucelle tout droit sortie de HollowCoast Industries.
- Un androïde ? La coupa Derp.
- Mieux, cyborg. Tu sais, on prend des gamines qui traînent dans les rues, on leur vide la mémoire et on les "conditionne" pour devenir de parfaites esclaves sexuelles. Ce type à des penchants vampiriques apparemment, alors HollowCoast les optimise pour ce genre de... trucs.
- Attends attends attends, c'est totalement illégal, non ? T'imagines le scandale si tu vends ça à la presse ?
Elle le zieuta d'un de ces regards dont il avait horreur, le genre qui disait clairement merde Derp tu me déçois, je ne savais pas que t'étais aussi con.
- Demande de rançon ! J'ai fait mes calculs, on se fera beaucoup plus de fric si on menace directement Doura Cula. Et puis vaut mieux pas déranger HollowCoast, pas envie de finir en cuisse de grenouille au FuckDo.
- Hmmm ?
- Ah oui, je t'ai jamais dit, y paraît que c'est à base de gélatine humaine tes machins-là.
Après avoir dégueulé son menu dans une table voisine, Derp retourna à sa chaise.
- C'est pour quand la livraison ?
- Demain, première heure.


Le lendemain matin.
Une brume chargée de particules toxiques avait envahi la mégalopole, une notification du gouvernement conseillait le port de masques à gaz.
Derp quitta son squat avec un sac de sport sous la main. Il transportait une antique kalachnikov et quelques autres jouets explosifs. Il prit le métro et se laissa bercer par ses secousses. Les voitures pullulaient d'hologrammes publicitaires et de spams sonores, il désactiva son HUD et lança le peu de pare-feu qu'il pouvait se payer. Selon certaines rumeurs, des virus traînaient dans les transports en commun. Les hackers pénétraient dans la tête des infectés, puis s'amusaient à balancer des snuff movies ou des traumashot à longueur de journée. La plupart des victimes crevaient d'overdose nociceptive, le reste se retrouvait à l'état de légume. Il essaya d'imaginer les malades qui faisaient cela, sûrement des frustrés asociaux aussi gras que moches, le genre à se créer des avatars sexy et à draguer des mecs dans la réalité alternative.
Il quitta le métro au terminus et continua à pied, marchant près d'une demi-heure vers la Radioaktivnyj, une ancienne zone industrielle en quarantaine. Cela faisait vingt ans que l'endroit était fermé au public, depuis qu'un gros réacteur y avait sauté. Toutes les banlieues alentour avaient été évacuées à l'époque, un vrai foutoir. Il ne restait maintenant plus qu'une ville fantôme et des saloperies mutantes. Pas le genre de bêtes monstrueuses qu'on s'imaginait dans les films apocalyptiques, mais de vraies abominations, des trucs tellement contre-nature et pathétiques qu'on voudrait juste les euthanasier. Y'avait d'ailleurs des mecs qui s'amusaient à les buter, ils organisaient des safaris morbides le temps d'un week-end. Bain de sang et humeurs multicolores dans la joie et la bonne humeur, ce n'était pas pire que la secte des SNC (Satanistes Nazi Cannibales).
Derp arriva au point de rendez-vous avant Fé, un long pont désert à moitié détruit. Il se grilla une cigarette électronique et scruta l'eau noire sous ses pieds. Il y avait sans doute assez de toxines pour le tuer immédiatement. Pleins de gens s'étaient suicidés de cette manière, une chute et puis plus rien. Englouti à jamais dans les ténèbres.
C'était peut-être cela la solution, mais Derp n'en avait pas le courage.
Et s'il n'y avait rien après la mort, et si ce monde était la meilleure chose que je puisse avoir ? Peurs, craintes, doutes, voilà ce qui l'empêchait de passer à l'acte. Mais aussi un espoir, le maigre petit espoir d'être heureux un jour. Avec quelqu'un...
- Yo, fit une voix derrière lui, t'as pas l'air dans ton assiette.
- J'ai envie de me dissoudre dans un bain d'acide.
- Encore tes machins d'auto-mutilation ?
Oui, encore et toujours.
Il y avait eu la peinture à une époque, la musique, ou même la littérature. L'humanité avait toujours cherché un moyen de s'exprimer, de faire ressortir les cris de son âme. Comment est-ce que l'auto-mutilation s'était retrouvée parmi le lot ? Derp n'en savait rien. Peut-être une espèce de cycle glauco-Kafkaien-sadomaso-cathartique, ou simplement une manière détournée de prouver son existence. Comme ces gamins qui simulaient des pendaisons pour capter l'attention de leurs parents. Derp et ses potes n'étaient que de grands gamins avec un peu plus de moyens. Dans ce monde où il n'y avait plus de frontière entre le virtuel et le réel, il venait à ce que des gens développent ce sentiment, ce doute sur leur propre existence.
Et si tout cela n'était qu'une vaste blague, un mauvais rêve ? Et si je n'étais même pas cet insignifiant rouage, mais juste un rien, un néant piégé dans un néant piégé dans un néant ?
Alors on s'enfonçait des clous dans les couilles et on hurlait de douleur. Oui, on ressentait bien quelque chose, et on savait qu'il n'y avait aucun algorithme sur terre pouvant simuler une telle souffrance. Vivant, je suis vivant. On s'enfonçait cette certitude dans le crâne, puis on se mutilait de nouveau quand on oubliait. Bousiller son corps n'avait aucune importance, la science, ô cette si magnifique science savait tout réparer.
Sauf l'ambition.
- Tu devrais essayer des activités plus saines, reprit Fé, hermétique à ses réflexions. Le jardinage par exemple, fait pousser de la coke² chez toi que je vienne en profiter de temps en temps.
- Est-ce que tu m'aimes ?
Elle fronça les sourcils, surprise par la soudaineté de la question, puis se mit à ricaner nerveusement.
- Je ne sais pas ce que t'es en train de fumer, mais ça doit être sacrément bon ! Repose-moi encore ce genre de questions et je te castre dans la seconde, pigé ? Allez ramène tes fesses, ils arrivent.
Derp ferma les yeux et s'exécuta.


Deux grands phares percèrent le voile de brume, un fourgon noir apparut. Fé dégaina un fusil à pompe et le pointa en direction du véhicule. C'est ça ton plan ?se demanda Derp en reculant instinctivement. Aucune chance de percer la cuirasse avec de simples balles, le conducteur pouvait juste foncer droit devant et les écraser. Il sentit une sueur froide lui glisser le long de la nuque, voilà, ça commençait déjà à partir en couille, il allait encore se retrouver en morceaux. Satanée Fé....
A leur grande surprise, le véhicule freina pour s'arrêter juste devant eux. Le chauffeur ouvrit la portière et descendit, aucune arme entre les mains. Fé semblait aussi larguée que lui, ce n'était pas prévu.
- On était pas censé se retrouver un peu plus loin ? Demanda le chauffeur en s'allumant une cigarette.
Les deux partenaires se questionnèrent du regard. Derp haussa les épaules, Fé se gratta la tête.
- Euh... on a voulu faire ça plus vite, improvisa-t-elle.
Le chauffeur ne parut pas convaincu, il posa une main sur son flingue.
- Vous êtes bien de l'association anti-Hollowcoast pour la liberté des cyborgs.... non ?
- Si si si ! insista Fé, on est venu sauver ces pauvres jeunes filles du méchant Doura Cula. C'est juste que... Euh... y paraît que des gens veulent récupérer le butin en se faisant passer pour nous !
- Mon dieu, mais c'est horrible ! Ces salauds n'ont aucune dignité, profiter du malheur de gamines pour se faire de l'argent, quelle indécence !
- Eh oui mon brave, renchérit-elle, y'a de ces pourritures qui mériterait d'être noyé dans un bain d'acide * clin d'oeil vers Derp *.
- Bon, je vous démarre le moteur, faites un bon voya...
Pan !
La cervelle du chauffeur parti maquiller le capot du fourgon.
- Oops, fit Fé, mon doigt a glissé.
Il y eut un moment de silence, Derp fixa le corps décapité sans trop comprendre.
- T-t-t-t-u, tu l'as buté bordel de merde ! Il nous a donné le fourgon et tu l'as buté quand même !
- Mais je l'ai pas fait exprèuuuhh ! C'est vraiment de la camelote ces anciennes armes.
Voilà, voilà ! Ces "super plans" finissaient toujours mal. HollowCoast surveillait sans doute les signes vitaux de leur chauffeur, maintenant qu'il était raide, ils allaient envoyer la grosse cavalerie pour investiguer l'incident.
Derp lui agrippa le bras et l'entraîna dans le véhicule. Ne sachant pas conduire, il se mit du côté passager et ordonna à Fé de démarrer.
- Reconnaissance de l'iris... commenta-t-elle d'une petite voix paniquée. Voyant que Derp ne comprenait pas, elle expliqua : ce truc ne démarre que s'il scanne l'iris du chauffeur, on pourrait toujours fouiller s'il lui reste un globe oculaire intact, mais vu comment sa tête a explosé, j'en doute fort.
- Alors c'est mort ?
- Je vais essayer...
Elle enfila son casque d'immersion, le connecta au tableau de bord, puis pianota comme une dingue sur son clavier virtuel. Les lignes de codes déferlèrent à une vitesse vertigineuse, Derp la regarda faire en silence, elle était sacrément belle dans ces moments-là.
Il avait tenté d'apprendre les bases du hacking à une époque, histoire de frimer un peu auprès des filles. Il abandonna bien assez vite, trop chiant, et puis la drogue avait ramolli son cerveau.
Le fourgon miaula tout d'un coup, signe que le moteur electrico-écologique s'était mis en marche. Fé appuya sur le champignon et le véhicule démarra dans un mélodieux crissement de pneu. Derp boucla instinctivement sa ceinture de sécurité, ç'aurait été bête de crever dans un accident de la route.
Ils avaient prévu une planque, un hangar sécurisé à quelques kilomètres de là. Impossible de les tracer une fois à l'intérieur, l'endroit brouillait tous les signaux.
Derp put enfin souffler, le plus dur était passé. Fé allait sûrement négocier un bon prix avec Doura Cula, elle s'y connaissait dans l'art de vider les bourses, il en était la première victime.
- Fais chier, souffla brusquement Fé.
Derp remarqua qu'elle saignait du nez, le véhicule commença à zigzaguer.
- Hé, qu'est-ce qui t'arrive ?
- J'ai réussi à forcer le démarrage en mimant la séquence de validation, mais le système s'en est rendu compte, il essaie de me repousser maintenant.
Elle suait à grosses gouttes, ce truc devait lui envoyer une tonne de traumashot.
- La planque est encore loin ?
- Oui.
- Connecte cette saloperie à mon interface, je vais servir d'appât.
- Trop risqué, c'est déjà l'enfer avec toutes mes protections, tu vas en chier à mort toi.
- Fé... articula-t-il tendrement, ferme ta gueule et laisse-moi jouer le mec pour une fois.
Il lui envoya une requête de partage. Elle hésita un moment, se mordit la lèvre inférieure, puis accepta.
- Si jamais t'oses crever, je jure que je vais te buter !
Il sourit et... ouvrit de grands yeux exorbités.
Ses pupilles se dilatèrent, sa vision devint floue, son souffle se fit court. Derp sombra dans un trou noir, il chutait indéfiniment, comme dans ces rêves bizarres où il sautait d'un pont, mais ne s'écrasait jamais. La gravité lui essora le cerveau, son intestin lui remonta à la bouche.
Et puis l'explosion.
Trente-six mille chiées de breakcore lui violèrent les tympans, un véritable vomi de décibels ponctué de hurlements déments. Il voulut s'arracher les oreilles, mais ses bras étaient paralysés. Quelque chose se contorsionnait dans ses veines, ce n'était pas de la coke² ni du Molotov, ça tirait sur ses parois et ça sifflait, des serpents. Il ouvrit grand sa bouche et en régurgita une dizaine, il lui en sortait par le cul, par le pénis, par le nombril. Ils le déchiraient de l'intérieur, s'amusaient à le mordre et le saigner. Il ne pouvait pas hurler, il ne pouvait même plus respirer. Un kaléidoscope de couleurs psychédéliques défilait tout autour de lui, il ferma les yeux et les rouvrit aussitôt, ses paupières étaient tapissées de lames de rasoir. Des nuages en poils pubiens dégueulaient une pluie de dents cariées, qui s'enfonçaient dans sa peau comme de l'acide dans du beurre. Les trous exhalaient une longue fumée à l'odeur de chair brûlée. Derp tomba à genoux, frissonnant d'un mélange de souffrance et de plaisir. Les dents germèrent en des cellules qui comblèrent ses plaies, puis gonflèrent en de gigantesques tumeurs. Elles pompaient la moindre parcelle de son énergie, la moindre goutte de sang. Les tumeurs prirent alors la forme de visages humains, le reluquant dans différentes expressions hallucinées.
Une meute d'anonymes greffée sur sa peau, et qui le zieutaient sans faire de bruit.
Tout autour de lui, des arbres en chair humaine se bouffaient le tronc jusqu'au sang. Un éventail d'oiseaux étaient pendus à leurs branches, avec leurs petits intestins bourrés de vers, on aurait dit de jolies guirlandes dans un sapin de noel. Là-haut, dans un ciel sans fond, la pleine lune se faisait enculer par une nuée de fusées. On voyait des milliards d'humains grouiller à sa surface, des milliards d'insectes qui la bouffaient comme une vérole noire.
Et puis une sirène brisa le silence. Lourde, grave.
Les visages se mirent à gémir d'une même voix étouffée, comme si elle était noyée dans un rêve lointain.
Mais personne n'entendait leur plainte. Personne.
Des électrodes apparurent de nulle part, transperçant leurs yeux doucement. Laissant le temps de savourer leurs pupilles pisser le sang, leur iris se débattre frénétiquement. C'était pire que sa première mutilation, pire que toutes les tortures qu'il s'était fait subir. Et pourtant Derp ne s'était jamais senti aussi serein, aussi vivant, aussi vrai.
Puis vint une décharge qui le fit se trémousser dans une chorégraphie saccadée, et les visages se mirent à hurler. L'atmosphère tout entière tremblait à la seule force de leur cri.
Il aurait trouvé la scène marrante s'il ne souffrait pas autant, bonne idée pour son prochain concours d'automutilation. Gang bang sensoriel, ça allait être un putain de chef d'oeuvre.
Il remarqua alors quelque chose au coin de sa vision, une ombre aux contours vagues.
Elle se rapprocha lentement, très lentement.
Un enfant... un corbeau ?
La chose disparut avant qu'il ne soit fixé.
- Bonne nuit, Derp, lui murmura alors une voix au creux de l'oreille, joyeux cauchemar.
Et le supplice prit fin.


Derp se réveilla dans un hangar.
Sa tête lui faisait un mal de chien. Il se releva, tituba, puis remarqua Fé assise à même le sol.
- Yo... fit cette dernière d'une voix monocorde. Cool que tu sois en vie.
Elle arborait une de ses expressions blasées, le genre petite princesse boudeuse. Bizarre, la vraie Fé aurait sauté de joie après un casse pareil. Il s'était passé un truc pendant son sommeil.
- Regarde à l'intérieur du fourgon.
Derp s'exécuta, il marcha jusqu'au véhicule et s'arrêta, bouche bée.
- C'est quoi ce truc ?
- On s'est fait avoir, tout simplement. Il n'y a jamais eu de jeune cyborg pucelle, et Doura Cula est un jeu de mots sur Dracula, y paraît que c'était un vampire connu à l'époque. J'ai trouvé un message signé par un scientifique de chez HollowCaust, un certain  Mnemonic. Il nous a utilisés pour intercepter ça. Pourquoi ? Je n'en sais foutre rien, peut-être en rapport avec l'association anti-HollowCoast, à moins que ce soit des cracks ça aussi. Tout ce que je sais, c'est que ce truc a beaucoup, beaucoup, beaucoup plus de valeur qu'un cyborg. Un peu trop à mon goût.
- On peut pas le revendre ?
Elle rigola nerveusement de sa question.
- Non Derp on peut pas, ça ferait de nous les plus grands criminels de l'humanité. On a entre les mains l'arme la plus puissante jamais créée. Pire que la bombe atomique ou les religions, un virus, le virus de l'illusion collective ! Tu piges ? T'envoies ce truc vers tous les HUD du monde, et tu choisis de leur faire vivre ce que tu veux. Si demain quelqu'un décide de nous faire revenir vers les années 1800, alors les gens vont juste se réveiller et avoir l'intime conviction que tout a toujours été comme ça. Et les possibilités sont infinies, un monde de fantasy où la magie existe réellement, un enfer post-apocalyptique ou simplement une utopie parfaite, tout dépendra du gars qui entrera les lignes de codes. Bordel de merde Derp, on est censé faire quoi de ce truc ?
Je t'ai jamais vu dans cet état, c'est aussi choquant que ça, un virus pareil à notre époque ? Heh, t'es étonnement innocente parfois. C'est ce que j'aime chez toi, mis à part tes gros nichons bien sûr.
Puis il repensa à quelque chose, cela lui parut con sur le coup, mais ça devenait de plus en plus logique maintenant. L'enfant-corbeau de son traumashot lui avait souhaité un joyeux cauchemar, si ce dernier disait vrai, cela ne pouvait signifier qu'une seule chose : ce monde n'était qu'une illusion, le virus était déjà lancé.
Son dernier traumashot était la réalité, ce monde totalement déjanté était... Oui, ces malades du métro qui s'invitaient dans le HUD de leurs victimes, ils ne chargeaient aucun virus, bien au contraire. Ils ne faisaient qu'enlever ce voile de mensonges, ce tissu d'illusions où tout le monde était empêtré.
Une planète en agonie et une lune surpeuplée, voilà la réalité.
Quel sorte de psychopathe pouvait remplacer cet enfer par un autre cauchemar cyberpunk ? Derp n'en avait aucune idée. Ce taré avait le destin du monde entre ses mains, mais au lieu d'en imaginer un en paix et sans pollution, il programma cet univers décadent juste un peu moins pire que le précédent.
Derp voulut en parler à Fé, mais cette dernière psychotait suffisamment.
Tu me demandes ce qu'on doit faire ? Eh bien si mon hypothèse est correcte, si l'on est tous en train d'halluciner, nous n'avons que deux choix : hacker HollowCoast et remonter jusqu'à Mnemonic, essayer de comprendre ce qui se passe et sauver le monde. Ou alors... ou alors s'en foutre, et faire comme si rien ne s'était passé.
Le choix est simple, non ? Regarde-nous, regarde cette humanité sale et perverse et lâche. Il n'y a pas de place pour de l'héroïsme. Les gens ont trop peur, et moi le premier. On rêve tous d'un monde meilleur, mais aucun de nous n'a les couilles pour le changer radicalement, même avec l'outil le plus puissant jamais créé : un virus d'illusion ! Non, on est juste bons à se morfondre dans notre mélancolie, toujours en quête de notre véritable bonheur, mais en le fuyant dès qu'il se présente. Nous vivons dans une époque où le plaisir immédiat l'emporte sur tout le reste. Si j'avais été un chevalier du moyen-âge ou un artiste révolutionnaire, aurais-je abandonné une aussi noble quête ? Non, j'aurai été assez con pour croire en mon prochain, en une humanité meilleure. Mais je suis un homme d'aujourd'hui, j'ai vu le plus répugnant des spectacles, j'en ai ressenti l'horreur jusqu'au plus profond de mon âme, et j'ai kiffé cela, j'ai bandé et joui de cette même noirceur. Je veux être heureux et triste, je veux aimer et haïr. Qu'importe le décor, qu'importe la réalité ou l'illusion, je le sais maintenant, je veux seulement ressentir des émotions.
Et les partager avec quelqu'un ...
J'aurai fait pareil que le gars qui a programmé cette merde, tous les hommes de cette époque auraient fait pareil. C'est mieux ainsi, crois-moi Fé, il vaut mieux nous laisser pourrir comme ces bestioles de la Radioaktivnyj.
Ce monde... est parfait pour nous.
- Bon, déclara-t-il, je rentre chez moi.
Il enfourcha la moto que Fé avait chourée à la hâte hier.
Cette histoire était dingue, mais ça n'allait pas remplir son estomac pour les mois à venir. Il soupira en pensant à tous les ramonages qui l'attendaient, son cul en frémit d'avance.
Fé ouvrit son sac de sport et s'injecta de la morphine, ç'eut le mérite de la calmer. Elle s'installa derrière lui en enroulant ses bras autour de son torse.
- Au fait, Derp.
- Quoi ?
- Va te faire foutre, je t'aime. À partir d'aujourd'hui tu va m'aimer à la folie, compris petit merdeux ?
Il eut un sourire en coin, décidément cette journée était pleine d'évènements.
- Pas besoin de me l'ordonner, j'étais fou de toi dès le départ.
Il sentit les muscles de Fé se tendre. Même en lui tournant le dos, il pouvait imaginer ses joues qui devenaient rouges, sa si mignonne tête d'amazone embarrassée.
- C-connard, ça ne me rend pas heureuse.

Et la moto ronronna de plus belle sous la brume toxique...



« Modifié: 05 Juillet 2014 à 11:10:29 par World End Girlfriend »

MillaNox

  • Invité
Re : Cyberpunk Melancholy (explicite / version augmentée)
« Réponse #1 le: 25 Mars 2014 à 13:53:30 »
Salut,

redécouverte du début de "cyberpunk melancholy"

je trouve que ton scénario gagne en profondeur avec l'histoire des yakuza. l'autre fois le début faisait plus tranche de vie dans un futur barge tant qu'on n'en venait pas au coup avec Fé. Cette fois, on sent plus une intrigue dès le début, le monde est mieux planté. (à mon humble ressenti)

par contre :
Citer
son accent de bougnoule
le mot bougnoule m'a arraché les yeux. pour moi c'est un terme très péjoratif que je considère forcément comme raciste, je vois pas pourquoi ton narrateur le serait. après c'est peut-être moi qui ait une vision exagérément xénophobe du terme qui est plus péjoratif que raciste, voilà ce que je trouve dans le dico :
http://atilf.atilf.fr/dendien/scripts/tlfiv5/advanced.exe?8;s=3559625070;
(je sais pas si le lien marchera, sinon tu peux refaire la recherche en entrant dans le tlf)

bon ben y a plus qu'à voir ce que tu fais de la fin !

milla



World End Girlfriend

  • Invité
Re : Cyberpunk Melancholy (explicite / version augmentée)
« Réponse #2 le: 25 Mars 2014 à 20:12:50 »
Ouep, j'hésitai à la mettre, mais vu le contexte politiquement incorrect je me suis dit que ça allait passer. Je l'enlève, ça n'apporte rien de toute façon  :P
« Modifié: 05 Juillet 2014 à 11:11:43 par World End Girlfriend »

MillaNox

  • Invité
Re : Cyberpunk Melancholy (explicite / version augmentée)
« Réponse #3 le: 28 Mars 2014 à 13:43:28 »
bon, voilà donc Cyberpunk Melancholy après chirurgie anale complète  :mrgreen:

toujours un bon texte, trash ok mais avec le style qui fait tout passer quoi  :D
sur le fond, je crois que je préfère cette version à la première mais bon la lecture date un peu...
je me disais que finalement ça aurait pu convenir à l'appel à texte du meilleur des mondes !

maintenant ce qui serait chouette, ce serait des regards tout neuf sur le texte, alors up up up !

bonne continuation dans ton imaginaire délirant WEG :)

Milla

Hors ligne Vivi

  • Palimpseste Astral
  • Messages: 3 818
  • Pouponnière de Posts
Re : Cyberpunk Melancholy (explicite / version augmentée)
« Réponse #4 le: 28 Mars 2014 à 14:52:11 »
Citer
Hey, suite aux remarques de Vivi, j'ai décidé de reprendre le texte sous une autre approche. Reste à trouver l'équilibre.
Ca va être de ma faute maintenant !  ><   :D


Citer
Derp se réveilla dans un bain de foutre.
Ca le fait toujours !!  :viviane:

Citer
- Woooooooooo ! Cria-t-il en sautillant tout d'un coup sur ses deux pieds, la vache !
- On était pas censé se retrouver un peu plus loin ? Demanda-t-il en s'allumant une cigarette.
Pas de majuscule sur les incises.

Citer
un bordel pour déglingué
déglingué au pluriel, non ?

Citer
ses revenus partaient directement aux Yakuza
chez les yakuzas, plutôt non (n'oublie pas le "s" au pluriel de yakuza, refait un check de ton texte, y'en a qqautres ^^ )

Citer
Opérations qu'il devait lui même payer bien sûr
tiret + peut-être inverser la position de lui-même + peut-être se payer ??

Citer
et ce qui restait de société s'en fichait
+ la + mal formulé à mon avis

Citer
Il fallut une semaine pour le recoller en un seul morceau, et l'opération avait coûté tout son butin.
+ lui + peut-être virer le "et" et mettre un point virgule ou 2 phrases ?

Citer
il avait tété de son béton froid et gris
moi pas bien comprendre... :\?

Citer
noyé au beau milieu d'une foule anonyme.
je virerais le "beau", car c'est une figure de style et non une localisation géographique.

Citer
son visage n'était pas grêlé de micro-foetus (un accident de bukkake au sperme radioactif)
là, va falloir être technique : comment une gamette radioactive peut-être s'auto-féconder  :\? ? (disons que vu la qualité du texte, ce délire nécessite un éclaicissement, tu vois ? ::))

Citer
Après avoir dégueulé son menu dans une table voisine, Derp retourna à sa chaise.

dans / à : mal employés à mon avis (le premier, c'est sûr lol)

Citer
nociceptive
J'ai appris un mot ^^

Citer
, le reste se transformait en légume
grammaticalement correct, mais faux dans le sens. Le "reste" ne devient pas un légume, on parle bien des gens ; donc reformuler cette partie de la phrase serait peut-être indiqué.

Citer
Une demi-heure de marche dans la Radioaktivnyj, une ancienne zone industrielle en quarantaine.
juste pour savoir si tu confirmes bien que tu a voulu faire une phrase nominale ;x

Citer
des trucs tellement faibles et pathétiques qu'on voudrait les euthanasier.
Il manque un petit truc (un adverbe comme "aussitôt" ou "tout de suite" peut-être) pour bien renforcer l'opposition, je trouve la fin un peu "fade" par rapport à la tournure précédente.

Citer
*se tournant vers un bruit derrière*
* clin d'oeil vers Derp *
ces astérisques sont-ils vraiment nécessaire ? Cette signalétique n'est plus d'usage dans le ton du texte amélioré, je pense.

Citer
A leur grande surprise
accent (À)

Citer
tu l'a buté
 tu va en chier à mort toi.
conjugaison

Citer
Les lignes de codes déferlèrent à une vitesse vertigineuse
défilèrent, non ? Sinon, ça fait un peu pléonasmique à mon goût :mrgreen:

Citer
elle était sacrément belle dans ces moments-là
j'enlèverais le tiret ; l'expression "à ce moment-là" ne semble pas exister au pluriel (instinct + google en diagonale)

Citer
Il avait tenté d'apprendre les bases du hacking à l'époque, histoire de frimer un peu auprès des filles, mais abandonna l'idée au bout d'une heure.
accord temps : avait abandonné :-¬?

Citer
le moteur electrico-écologique
élec... (accent)

Citer
Fé appuya sur le champignon et le véhicule démarra dans un mélodieux crissement de pneu.
le "et" est malheureux, j'ai du relire. Peut-être avec "puis" ou reformuler  :\??

Citer
Ils avaient prévu une planque, un hangar sécurisé à quelques kilomètres de là. Impossible de les tracer une fois à l'intérieur, l'endroit brouillait tous les signaux.
Il enfourcha la moto qu'ils avaient préparée.
Rien entre la 1° partie et le début de la 2° n'indique qu'il ont préparé qqch ensemble. J'ai relu en vitesse, mais pas d'allusions à une préparation minutieuse. Au pire, mettre "elle" passerait bien, vu qu'elle l'appelle et qu'elle à déjà son plan (elle lui refile un dossier virtuel au macgerbal). Sinon, tu dois rajouter un bout de phrase qqpart ^^

Citer
et laisse moi jouer le mec pour une fois
tiret

Citer
(elle) J'ai trouvé un message signé par un scientifique de chez HollowCaust, un certain William G.
(lui) ...hacker HollowCoast et remonter jusqu'à William Gib.
Bug d'information. Elle lui dit "G." et lui répond "Gib.", c'est chelou. Rajouter aussi un "ce" devant le nom passerait mieux, vu qu'il vient d'être informé de son existence par elle. ^^


Conclusion : très beau travail de remise à niveau. Le délire est génial. Bon courage pour les derniers trucs à fignoler et envoie-moi ça à un éditeur ou un fanzine :D
Merci pour ce super texte  :coeur:
« Modifié: 28 Mars 2014 à 15:00:17 par Viviane »
Je suis capable du pire comme du meilleur, mais c'est dans le pire que je suis le meilleur (^.^)v

Hors ligne Nahlia

  • Plumelette
  • Messages: 11
Re : Cyberpunk Melancholy (explicite / version augmentée)
« Réponse #5 le: 30 Mars 2014 à 13:08:17 »
J'ai pas lu la première version, mais celle là est fichtrement bien !
C'est le genre de texte qui laisse une marque, bien profonde si je puis dire, dans les esprits, dans le mien en tout cas.
Il y a une touche d'humour noire très sympathique, et puis le coup de 'je l'ai tué sans faire exprès' a un petit côté Tarantino, je trouve... on va dire que c'est un Tarantino sous une forte dose d'acide !
L'atmosphère est hard, mais on se la représente bien, ça fait carrément flipper même. Et puis ça se passe à Tokyo donc c'est un petit plus non négligeable pour moi, haha !
Sans compter ton style d'écriture qui est génial.

Ok, je ne suis pas douée pour commenter un texte, mais je tenais quand même à te faire part de mon ressenti !

 


Écrivez-nous :
Ou retrouvez-nous sur les réseaux sociaux :
Les textes postés sur le forum sont publiés sous licence Creative Commons BY-NC-ND. Merci de la respecter :)

SMF 2.0.19 | SMF © 2017, Simple Machines | Terms and Policies
Manuscript © Blocweb

Page générée en 0.013 secondes avec 16 requêtes.