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Le Monde de L'Écriture » Coin écriture » Textes courts (Modérateur: Claudius) » Une nouvelle espèce

Auteur Sujet: Une nouvelle espèce  (Lu 1605 fois)

Hors ligne Lordius

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Une nouvelle espèce
« le: 23 Mars 2014 à 16:18:05 »
Le cavalier progresse dans les sous-bois touffus depuis une bonne heure quand son cheval s’immobilise.

Serait-ce la redoutable tribu des Dévots, ces adorateurs du dieu Baal qui se livrent à des sacrifices humains ? Non, ils vivent en lisière de la forêt. Fatalis les évite comme la peste, cette maladie terrible que ses congénères propagent parfois.

Vent-Vif frappe le sol du sabot, plus attentif qu’inquiet. Il hennit. À la surprise du cavalier, un hennissement se fait entendre en réponse. Fatalis croyait cette partie de la forêt inhabitée. Il laisse à Vent-Vif la bride sur le cou.

Ils arrivent à une grande clairière, d’où curieusement aucun sentier ne part. En lisière de cette trouée, un cheval est attaché à un arbre par une longe. Le malheureux équidé est en piteux état. Famélique et sale, il est couvert de mouches. Toute la végétation autour de lui a été consommée. Il lève à peine des yeux fatigués en voyant les arrivants. Fatalis met pied-à-terre. Le magicien scrute les environs à la recherche du propriétaire du cheval. Un talus borde la clairière. Un grand trou creusé s’y enfonce.

Vent-Vif souffle bruyamment par ses naseaux et s’enfuit brusquement de la clairière. Fatalis réfrène l’envie de l’imiter. Une odeur nauséabonde s’échappe de l’entrée du trou. Le magicien laisse le temps à ses narines de s’habituer à la puanteur presque insoutenable. C’est alors qu’un être étrange sort de l’ouverture.

De surprise, Fatalis manque de lâcher son bâton. Sachant que c’est un outil inséparable des magiciens, on peut imaginer l’intensité de sa stupeur. L’apparition semble étonnée elle aussi.

Fatalis n’a jamais vu une telle créature. Ni dans la réalité, ni même dans les nombreux grimoires qu’il a consultés. S’agit-il du fruit d’expériences impies d’un sorcier fou ou bien d’une évolution « naturelle » ? Pris de sueurs froides et réprimant un tremblement de crainte devant ce monstre, Fatalis cligne des yeux et se demande s’il ne s’agit pas d’une illusion. Mais aucun illusionniste, aussi doué soit-il n’est capable de projeter une odeur. Et odeur il y a…

La créature qui se tient à quelques mètres de lui est un bipède. La forme du corps ressemble à celle d’un humain. La peau est verte et écailleuse. Comme celle d’un reptile. Et la tête aussi fait penser à un reptile. Un lézard, ou plutôt un iguane. Tête allongée pourvue d’une crête comme les iguanes, narines à l’extrémité de la gueule en guise de nez, museau.

Fatalis croise son regard : terriblement humain ! L’homme a l’impression de scruter les yeux d’un alter ego.

Leur face à face silencieux est interrompu par l’arrivée de deux autres humanoïdes en provenance du terrier. Un mâle et une femelle. Tous trois sont vêtus d’un simple pagne en peau de bête. Apparemment ils ne craignent pas le froid. Curieux pour des reptiles à sang froid. Leur surprise fait place à la joie : le trio d’hommes-reptiles sourit avec, ce qui inquiète le magicien, un air sournois.

Fatalis se décide à prendre la parole, estimant que le regard humain des créatures implique l’utilisation du langage articulé.

— Je vous salue, amis bipèdes ! Je m’appelle Fatalis et je suis le Gardien de cette vaste forêt.

— Bonjour, répond avec un accent sifflant le premier humanoïde à être sorti du terrier. Je me nomme Grôk et je te souhaite la bienvenue sur le territoire des iguanomes. Nous aimons beaucoup les humains…

— Vous m’en voyez ravi ! s’exclame Fatalis avec une révérence. Merci pour votre accueil chaleureux. Je ne connaissais pas l’existence de votre espèce…

De la gorge de l’iguanome s’échappe un glouglou que l’humain interprète comme un rire.

— C’est parce que nous, les hommes-iguanes, sommes très discrets. Les humains ont un proverbe à ce sujet, quelque chose comme « pour vivre heureux, vivons cachés ».

— Je ne voulais pas troubler votre quiétude philosophique, croyez-le bien. Pardonnez ma curiosité, iguanomes, mais d’où venez-vous ? Et qui êtes-vous ?

— Nous venons des Marais Gris. C’est là que demeure la majorité de nos congénères. Quelques courageux pionniers ont décidé de fonder une colonie dans la forêt avoisinante. Je suis le chef de cette tête de pont.

— Combien êtes-vous dans cette colonie ? demande négligemment Fatalis, comme par politesse.

— Très peu nombreux en vérité, susurre évasivement Grôk.

— Vous paraissez… terriblement humains.

Il pensait : « monstrueusement ».

— Nous nous y efforçons. À l’origine, notre espèce était de grands iguanes des marécages. Il semble que voici quelques siècles, nous ayons rapidement muté vers la race des iguanomes, à la faveur d’un changement de régime alimentaire et d’autres processus mystérieux qui nous rapprochent progressivement de l’espèce humaine.

— C’est très intéressant d’un point de vue scientifique, répond Fatalis. Il apparaît que de nombreux phénomènes se sont produits à cette époque qui a correspondu à l’effondrement de la Grande Civilisation.

Le magicien épris de science reste songeur un instant. Il reprend d’un ton inquiet :

— De quel changement de régime alimentaire s’agit-il ?

— Nos ancêtres étaient friands de chair humaine, intervient la femelle. Mais apaise-toi, bien que cette nouvelle pratique alimentaire ait fait évoluer les iguanes vers le genre humain, nous avons découvert l’inutilité de consommer la viande humaine, aussi délicieuse soit-elle.

— Vraiment ? Alors je suis rassuré. Toutefois, j’aurais encore une question à propos de vos mœurs alimentaires, si ma curiosité n’abuse pas de votre patience.

— Au contraire, nous sommes flattés de ton intérêt pour notre race. En général, tes congénères prennent leurs jambes à leur cou dès qu’ils nous aperçoivent. Les rares humains qui ont croisé notre chemin prétendent que « l’iguanome est un loup pour
l’homme ». Nous respectons ton courage et ta curiosité scientifique.

— Merci vraiment de votre civilité. Voilà… Mon interrogation, que l’on peut estimer à la fois indiscrète et légitime, est la suivante : de quelle manière évoluez-vous vers le genre humain ?

— C’est très simple en théorie, répond la femelle. Il nous suffit de consommer des cerveaux humains. En pratique, c’est plus difficile car le gibier se fait rare dans les Marais Gris. C’est pourquoi nous prospectons cette vaste forêt sauvage.

— Mais ne t’en fais pas, ajoute Grôk avec prévenance. Nous n’avons pas l’intention de manger ton cerveau même s’il parait de très bonne facture.

— De tout cœur, merci à la fois d’épargner mon intégrité et de porter une si haute estime à mon esprit.

— En vérité, complète Grôk, nous te destinons à la fonction d’étalon reproducteur de notre élevage d’humains.

— Il est trop vieux pour la reproduction ! aboie le troisième iguanome qui avait gardé le silence jusqu’à présent.

— C’est aussi mon avis, abonde le magicien, faisant fi de son amour-propre. Mais où sont les femelles humaines à féconder ?

— Bien, approuve la femelle iguanome. Ton interrogation démontre ton intérêt pour le rôle qui t’est dévolu. Hélas, nous n’en avons qu’une actuellement au terrier. Mais grâce à vous deux, l’avenir est prometteur, car la sexualité humaine est prolifique ! Vos femelles sont perpétuellement en chaleur. Un cas unique chez les mammifères.

— Ne dit-on pas « forniquer comme des humains » ? renchérit Grôk.

Les deux autres s’esclaffent horriblement. Fatalis a un sourire crispé. Il est choqué de leur mépris pour l’humanité, elle qui est pourtant au-dessus de tout.

— Je me réjouis du ton cordial, voire chaleureux de notre conversation jusqu’ici, dit le magicien. La fonction d’étalon d’élevage que vous m’offrez aimablement est certes un honneur pour moi. Pourtant, je dois décliner cette invitation à mon grand regret. Afin que nos relations restent au beau fixe, j’ai un marché à vous proposer. Confiez-moi le cheval et la femelle humaine. En échange, je vous indiquerai un territoire giboyeux.

— Hum ! fait Grôk après un instant de réflexion. Ton refus m’attriste. Heureusement, une meilleure idée me vient : tu seras l’étalon du troupeau ET tu nous donneras l’emplacement du gibier… Pourquoi te crispes-tu ? Nous respectons les humains. Nous les aimons tout comme vous aimez les animaux : pour ce qu’ils vous procurent. Vous avez la reconnaissance du ventre ; nous ajoutons celle du cerveau. Nourriture pour l’esprit, viens ici !

Tout en parlant, il avance en souriant vers Fatalis. Celui-ci fronce les narines en raison de la puanteur qui augmente. Il lève la main en guise d’avertissement :

— Si vous tentez de vous saisir de ma personne, je serai dans l’obligation de vous mettre à mal car je suis un puissant magicien.

À ces mots, Grôk s’arrête net. Le magicien se réjouit de sa force de conviction. Hélas, sa satisfaction est éphémère : les trois compères éclatent d’un rire bruyant et disgracieux.

— Pas de chance pour toi, futur étalon, les iguanomes sont immunisés contre la magie ! Allez, rends-toi sans faire d’histoire pour éviter de te blesser inutilement. Nous savons domestiquer les humains sauvages. De gré ou après dressage, tu rejoindras le troupeau.

— J’admire ta capacité à bluffer, Grôk. Ton attitude respire la sincérité. Mais ce n’est pas à un vieux primate qu’on apprend à faire des grimaces…

Fatalis pointe son bâton vers les yeux de son adversaire. Flash ! Un rai de lumière jaillit du bâton. Mais il disparait au contact des yeux de Grôk. Les trois iguanomes avancent vers Fatalis, lequel recule vers le bout de la clairière sans les quitter du regard.

— Tu n’as pas menti ! s’exclame le magicien. Ta franchise est louable. Malgré tout, tu pèches par excès de confiance. La magie n’a pas d’emprise directe sur les iguanomes, c’est vrai. Elle peut néanmoins s’exercer sur l’environnement autour de vous.

— Tu es persévérant, très belle qualité ! le congratule Grôk tout en avançant lentement, peu pressé de se saisir de sa proie qui ne saurait lui échapper. Ma foi, notre troupeau sera magnifique, avec un géniteur de ta qualité !

— En espérant que sa sénilité lui laisse un peu de vitalité… grommelle l’autre mâle.

Le magicien pousse un cri guttural inarticulé, accompagné d’un geste de bas en haut des deux mains. Aussitôt, un bruit de terre en mouvement et une vibration forte se déclenchent sous les pieds écaillés des trois iguanomes. Des racines, des branchages et des plantes grimpantes surgissent du sol. Elles s’enroulent immédiatement autour des trois humanoïdes qui se débattent en vain. Les plantes grimpent le long du corps de leurs victimes, les immobilisant totalement en quelques secondes.

— Ah, mes amis ! Je suis désolé de vous mettre dans une situation aussi inconfortable. Vous venez d’être victimes du sort appelé «  étranglement végétal ». Il est particulièrement efficace dans un lieu où la végétation abonde. Surtout ne vous débattez pas : plus vous bougez, plus les végétaux vont resserrer leur emprise. N’oubliez jamais cette leçon à l’avenir : respectez la puissance du Gardien de l’Ancienne Forêt. Même s’il n’est plus tout jeune. Les magiciens âgés sont souvent les plus puissants. Savez-vous d’où me vient nom ? Du latin. Une langue tellement ancienne qu’elle avait disparu avant même la chute de la Grande Civilisation, sauf au sein d’une secte cruciphile d’après les vestiges. Fatalis signifie fatal, mortel. Mais je connais aussi la clémence. Je vous avais proposé un marché équitable que vous avez inconsidérément rejeté. Pourtant je vais être bon prince car vous m’êtes sympathiques : je vais appliquer le marché malgré votre comportement cavalier à mon égard. N’est-ce pas clément ?

Aucune réponse. Peut-être parce que des lianes se sont enroulées autour du museau des trois comparses, se dit Fatalis. Ce dernier pénètre dans la tanière en dépit de l’odeur parfaitement nauséabonde. Obscurité totale. Le magicien prononce Flash ! et la lumière est.

Fatalis se trouve dans une pièce basse mais assez vaste. Des étais en bois soutiennent le plafond en terre. Les restes d’un repas sont entreposés dans un coin. Le Gardien préfère ne pas connaître le sinistre menu. À terre, quatre couches faites de branchages et de feuilles.

Un gémissement se fait entendre, venant de la pièce à côté. Fatalis s’y rend. La lumière de son bâton révèle une jeune femme, les mains attachées, prostrée par terre. Elle est dans le même piteux état que le cheval dans la clairière : décharnée et couverte de crasse, l’air abattu.

Misère, songe Fatalis choqué, ces hommes-reptiles ne prennent guère soin de leurs animaux domestiques. Ce n’est pas ainsi que l’on élève du bétail…

Il sourit à la jeune femme qui lève la tête vers lui avec une stupeur mêlée d’espoir.

— Tout va bien, je vais te délivrer et on va filer d’ici, dit le Gardien en sortant son couteau.

— Attention aux iguanomes, ils vont arriver, chuchote-t-elle d’une voix enrouée et angoissée.

— J’ai neutralisé les trois, annonce-t-il en coupant les liens de l’infortunée prisonnière.

— Il y en a quatre ! sanglote-t-elle.

Fatalis reçoit un choc formidable entre les omoplates. Il tombe au sol en avant. Une masse gesticulante pèse sur son dos. Il a lâché son couteau et son bâton dans la chute. Le quatrième iguanome est à quatre pattes sur le magicien allongé sur le ventre. Les mains puissantes de l’humanoïde lui serrent le cou. Fatalis suffoque. Impossible de faire basculer son assaillant. D’une main, le magicien tente en vain de desserrer l’emprise sur son cou ; de l’autre, il cherche son couteau à tâtons. Soudain, l’iguanome hurle et s’effondre sur le côté. La femme vient de lui administrer par-derrière un formidable coup de pied dans les parties pendant que la brute était à quatre pattes.

Tandis que Fatalis reprend son souffle, l’ex-prisonnière ramasse prestement le bâton magique et assomme net l’agresseur de son sauveur.

— Merci petite, j’étais en mauvaise posture…

— Vite, glapit-elle hystérique, ton couteau ! Saigne-le comme un porc !

— Calme-toi, répond doucement Fatalis. Je conçois ta soif de vengeance, mais nous allons lui laisser la vie car j’ai un meilleur dessein pour ces créatures étranges. Allons, sortons. Va récupérer le cheval attaché, et filons.

— Oui, répond-elle subjuguée.

La femme ramasse le couteau et le donne au Gardien. Elle sort dans la clairière, aussitôt aveuglée par la lumière du soleil qu’elle n’a pas vu depuis longtemps. Le cheval la salue d’un hennissement de joie. D’un coup, il parait retrouver goût à la vie. Tout en se massant le cou encore endolori, Fatalis s’approche des trois iguanomes toujours immobilisés dans leur prison végétale.

— Nous allons à présent devoir prendre congé, leur dit-il. Votre congénère a tenté lui aussi de me faire épouser le statut d’étalon de troupeau. Nous avons dû le dissuader avec vigueur mais il aura bientôt la force de venir vous délivrer. En tout cas, je ne vous félicite pas pour la façon dont vous traitez votre bétail. Il ou plutôt elle est dans un état déplorable ! Bref, je passe l’éponge pour cette fois, malgré l’extrême rusticité de vos mœurs. Je vais vous indiquer où vous pouvez vous approvisionner en cerveaux humains…

Il leur donne l’emplacement de la tribu des Dévots.

Hors ligne giacopolika

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Re : Une nouvelle espèce
« Réponse #1 le: 23 Mars 2014 à 19:59:29 »
Hello Lordius,
C'est beau, on rentre dans l'histoire facilement, sauf que personnellement, soit c'est une suite d'histoire ou il manque une introduction. Maintenant je ne suis pas experte, mais c'est ce qui m'a frustré.
Et quand tu évoques le bipède, il y a des répétitions...maintenant je n'ai pas tout lu, par manque de temps, sorry mais je reviens vite;-)

Sinon, j'aime les histoires de magiciens(j'aime y jouer aussi;-) :coeur:

A bientôt!
Giacco

« Dans le tissu de l'espace comme dans la nature de la matière, figure, en tout petit, la signature de l'artiste.  »
Carl Sagan

Hors ligne soso

  • Aède
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Re : Une nouvelle espèce
« Réponse #2 le: 23 Mars 2014 à 22:01:12 »
Bonsoir, petit texte sympathique, l'échange entre Fatalis et les " lézards " est bien mené, on dit que plus les politesses sont nombreuses et plus les sentiments sont distants, c'est un peu ça ici, c'est une conversation très courtoise derrière laquelle se cache des intentions qui le sont bien moins. La fin me laisse un peu perplexe, surtout pour la fille, elle est d'abord décrite comme " décharnée et couverte de crasse", ensuite elle passe à l'hystérie, ensuite elle est subjuguée..Tout ça dans un laps de temps très court je trouve, mais bon rien de méchant :D
Au plaisir
" lorsque le doigt montre la lune, l'imbécile regarde le doigt"

Donaldo75

  • Invité
Re : Une nouvelle espèce
« Réponse #3 le: 24 Mars 2014 à 12:28:52 »
Cher Lordius,

Cela faisait longtemps que je n'avais lu un de tes textes.
J'ai été happé par cette histoire courte et trépidante.
Comme d'habitude, la fin est surprenante et subtile.

Bravo et merci.

Donald

Hors ligne OliveDuWeb

  • Calame Supersonique
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Re : Une nouvelle espèce
« Réponse #4 le: 24 Mars 2014 à 13:12:33 »
Comme d'hab, mes remarques sont le reflet de ma vision. Il n'y a rien d'absolu. Tout comme les suggestions qui étayent mes propos.


Petite répétition cavalier/cheval dans la première phrase (peut-être remplacer cheval par monture ?)

"Il laisse à Vent-Vif la bride sur le cou." : construction un peu lourde. Pourquoi pas quelque chose de plus léger comme "Il laisse la bride sur le cou de Vent-Vif" ?

"un cheval est attaché à un arbre par une longe" : "par une longe" fait pléonasme avec "attaché".

"Il lève à peine des yeux fatigués en voyant les arrivants" : s'il lève à peine les yeux, c'est qu'il a entendu les arrivants, pas qu'il les a vus.

"Sachant que c’est un outil inséparable des magiciens" : éviter les "c'est". "Sa stupeur est d'autant plus intense que cet outil est généralement inséparable de tout bon magicien" ?

"Un mâle et une femelle" : tu n'expliques pas comment ils se différencient (je n'y connais rien en anatomie d'iguane)

"À l’origine, notre espèce était de grands iguanes des marécages." : j'ai l'impression qu'il manque un mot comme "constituée" ou "composée".

"« l’iguanome est un loup pour
l’homme »" : un retour à la ligne inopiné, ici.

Je viendrai lire/commenter la suite et donner un avis général plus tard.
"Les seuls beaux yeux sont ceux qui vous regardent avec tendresse" (Coco Chanel)

Hors ligne Babataher

  • Troubadour
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Re : Une nouvelle espèce
« Réponse #5 le: 24 Mars 2014 à 13:42:12 »
Bonjour Lordius,
Je suis un peu surpris mais agréablement par ce nouveau genre!
Je suis d'accord avec les commentaires précédents, surtout les remarques d'OliveDuWeb!
Serait-ce un conte de magie? Dans ce cas une introduction avec un paragraphe montrant la situation initiale accrocherait plus facilement le lecteur. Enfin je pense.
J'ai lu avec plaisir.
Une phrase n'est bien construite que si elle est écrite de telle manière que personne ne remarque qu'elle a été construite.

Hors ligne Lordius

  • Troubadour
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    • Le journal de Lordius
Re : Une nouvelle espèce
« Réponse #6 le: 24 Mars 2014 à 16:21:09 »
Merci pour vos commentaires, notamment ceux d'Olive.

C'est de la fantasy : un genre où le merveilleux (la magie par exemple) est présent au quotidien.
Je ne crois pas qu'il y ait besoin d'intro, sauf effectivement préciser le genre. On s'aperçoit assez vite que la magie existe dans cet univers.

Hors ligne OliveDuWeb

  • Calame Supersonique
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  • Une tapenade de mots dans une mer d'huile d'idées
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Re : Une nouvelle espèce
« Réponse #7 le: 24 Mars 2014 à 18:53:32 »
Me revoilà pour la suite.


"Savez-vous d’où me vient nom ?" : "d'où me vient MON nom" ?

"je vais te délivrer et on va filer d’ici" : le "on" dénote un peu du reste. "nous" serait à mon sens plus à sa place ici.


Je vais commencer par le point négatif. Je trouve un peu bizarre que les lézards... oups, les iguanes prennent autant de temps pour discuter avec leur "proie". C'est plus logique une fois qu'ils ont compris qu'il peut leur fournir le lieu d'une source plus importante d'humains, mais avant cela, vu comment ils ont traité la femme, ça me gène un peu (un peu, seulement, hein).

Sinon, les dialogues sont bien menés, l'histoire est prenante, y compris le dénouement.
Du Lordius, quoi  :mrgreen:
Merci.
"Les seuls beaux yeux sont ceux qui vous regardent avec tendresse" (Coco Chanel)

Hors ligne Lordius

  • Troubadour
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    • Le journal de Lordius
Re : Une nouvelle espèce
« Réponse #8 le: 24 Mars 2014 à 19:10:30 »
Ils sont sûrs d'eux. Un vieil humain ne peut pas leur échapper. Et puis l'orgueil joue. Fatalis s'intéresse à eux, ils sont flattés. Ils ont le temps. Ils jubilent. Converser avec un humain les réjouit. Progresser vers l'humanité est leur modèle. Alors converser avec leur modèle, c'est le pied. D'autant qu'à la fois ils l'admirent et se sentent capables de le vaincre.

Ils ont la chance d'avoir un modèle qui existe, là, devant eux, à leur pied bientôt. Pas comme nous pauvres humains qui errons à la recherche de Dieu ou de l'humanisme  - qui n'est qu'un concept, évanescent comme tous les concepts.

Merci pour tes corrections, elles m'aident beaucoup.

 


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