Je ne connais rien à la poésie... mais j'ai eu envie d'essayer. j'espère que ça arrache pas trop les yeux sur la forme...
Bonne lecture
Le con descendantÇa commence dans un ascenseur, rien d’étonnant.
Au-dedans, bavardent deux sieurs, nonchalamment.
50ème étage, Dard-Dard introduit :
— Vous devriez changer de lunettes, l’ami.
Ce n’est pas que vous ayez mauvais goût,
mais vous avez les cheveux gris.
À porter des montures kaki
Ça vous donne l’air d’un gnou.
Il vous faut du noir, c’est tout.
45ème, Coolos réagit :
(il lui a fallu du temps au petit)
— Morbleu ! Vous n’avez p’t’être pas tort.
Faudrait pas que j’fasse mal aux yeux
dès que j’entre dans le décor.
Ç’qui m’ferait hésiter un peu,
c’est mon faible pour les gnous.
Sont pas bêtes ces bestiaux, saviez-vous ?
44ème, Dard-Dard réplique :
— Malheureux ! Si peu de sens critique…
C’est à coup sûr votre jeunesse
La fautive de cette faiblesse.
— Quarante berges, tout de même !
— C’est bien moins que moi-même.
Je suis de deux ans votre aîné,
Ça change tout comme vous voyez…
35ème, le dialogue s’installe :
— Ah, ça ne fait aucun doute,
il vous faut maigrir un peu.
Là vous semblez négligé.
— Mais qui donc peut s’en soucier ?
— Vous ne seriez pas ambitieux ?
— Et de quoi ?
— Mais de tout, ma foi !
Briller au travail, éblouir Madame…
— Ça fait un bail que tout ça crame !
—Suivez mon exemple, soyez unique !
En aucun temple je n’ai ma réplique !
Je n’ai nul alter ego.
— Et pourtant, ça, de l’ego…
Au 15ème, ça dégénère :
— Et c’est quoi votre petit nom ?
— Dard-Dard, avec quatre D
—Bite-en-l’air vous aurait mieux été.
— En ode à ma virilité ?
— Ben tiens, et ce serait moi le con ?
La belle affaire !
Enfin, arrive le zéro.
Dard-Dard attend, Coolos s’étonne.
— Que faites-vous, mon coco ?
—Je vais au 49, mon bonhomme.
— Mais pourquoi êtes-vous descendu ?
— Ah ça ! C’est parce que je vous ai vu !
J’ai su qu’il me fallait vous élever.
— Ben pour quelqu’un qui veut élever,
Z’êtes un sacré condescendant !
— À moitié seulement,
Il n’y a que deux D.
Puis l’ascenseur s’est fermé.