Mon radeau est fragile, il craque de partout.
Il est fait de lianes, qui mises bout à bout
Ne résistent plus guère aux énormes tempêtes
Qui gémissent autour de nos corps et nos têtes
Là j’entends comme un bruit, c’est l’océan qui bout
Et qui veut dévorer ce qui reste de nous.
Lors je n’entendrai plus les tendres épithètes
Qui tombent de la bouche soyeuse et mignonette
De Manon.
Du fin fond des enfers où mon grands corps tout mou
Durcira ainsi qu’une pierre dans un trou
Je ne connaîtrai plus le plaisir et la fête
Des sons et des couleurs que porte sur sa tête
Ma Manon.
Mais lorsque Lucifer, me sortant de ce trou
Me laissera quitter le grand troupeau de gnous
Qui brûle gentiment depuis belle lurette
Alors moi j’écrirai sur papier à en-tête
A Manon
Je lui proposerai d’aller dans un igloo
De poser l’un dans l’autre nos jolis genoux
Et de nous reposer ainsi que deux poètes.
J’assouvirai alors mes tendres amourettes
En Manon