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Le Monde de L'Écriture » Coin écriture » Textes courts (Modérateur: Claudius) » L'affaire Whitley [Policier] [1er chapitre d'un roman]

Auteur Sujet: L'affaire Whitley [Policier] [1er chapitre d'un roman]  (Lu 766 fois)

Hors ligne Koropka

  • Plumelette
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L'affaire Whitley [Policier] [1er chapitre d'un roman]
« le: 05 Mars 2014 à 14:33:17 »
Salut,

Je soumet à vos critiques éclairées le premier chapitre de mon roman policier, "L'affaire Whitley". Je vais le copier/coller ci-dessous mais si vous voulez, vous pouvez aussi le retrouver sur Google Drive, à cette adresse L'avantage de google drive, c'est que si vous repérez un truc qui vous fait tiquer, vous pouvez le surligner, aller dans insertion > commentaires et laisser un commentaire précisément sur le point qui vous turlupine. Je trouve ça pratique mais évidemment vous faites comme vous voulez  :huhu:

Enjoy !

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Chapitre 1

L'annonce que Carver allait démissionner de son poste de détective de la police de New-York avait soulevé l'enthousiasme de ses collègues. Survenue au début du mois de mars 1912, elle fut immédiatement considérée comme un fait établi, alors même que personne n'était capable de retracer l'origine de la rumeur. Des rires tonitruants avaient alors éclatés, les réflexions silencieuses s'étaient transformées en moqueries ouvertes et, dans l'hilarité générale, une bouteille d'un mauvais mousseux avait même été sabrée. Rien de tout cela ne s'était fait en présence de Carver, mais celui-ci n'était de toute façon presque plus jamais aperçu aux bureaux de la section homicide. Les rumeurs avaient redoublé, on supposait qu’il passait désormais ses journées à boire chez lui, et tous ceux qui l’avaient fréquenté –simple agents comme officiers décorés- attendaient avec impatience qu’il apparaisse une dernière fois pour vider son bureau.

Mais les jours passèrent, et Carver ne semblait pas vouloir partir. Il avait fini par réapparaître de manière erratique à son bureau, y travaillant quelques heures, récupérant des dossiers avant de repartir sans un mot. Par deux fois il s'était contenté de déposer un épais dossier chez le lieutenant Einstein et de saluer quelques personnes avant de quitter le bâtiment. Personne ne savait que penser : Carver avait-il trouvé une nouvelle combine pour esquiver son châtiment, ou allait-il finir par faire le grand plongeon que chacun espérait ?

La situation en resta là pendant une dizaine de jours, jusqu'à ce qu'un bruit de couloir fasse état d'un rendez-vous entre Einstein et Carver sous peu et surtout, hors des bureaux de la criminelle. Cette nouvelle inattendue déclencha une nouvelle vague de débats sur la teneur du rendez-vous. Certains commencèrent à remettre en cause ces rumeurs, car personne ne comprenait pourquoi Einstein prendrait la peine d'un rendez-vous à l'extérieur pour virer Carver, et personne ne voulait croire que Carver puisse ne pas être viré. Pourtant, le lendemain matin, ils durent se rendre à l'évidence : Einstein n'était pas là, et Carver non plus.
#
Les deux hommes étaient ensemble, à quelques pâtés de maison du commissariat. Un double meurtre venait d'arriver à la morgue. Ils patientaient à l'entrée du bâtiment, le temps que le médecin légiste finisse son autopsie. Carver était aussi rayonnant que son supérieur était sombre. Il jetait des coups d'oeil furtif à sa droite et à sa gauche, sursautait quand des policiers sortaient de la morgue en ouvrant les portes en grand et tirait sur sa cigarette avec le désespoir d'un condamné à mort. Les mains enfoncées dans son pardessus, Carver goûtait avec délectation le spectacle que lui offrait son patron.

- Vous ne vous sentez pas dans votre assiette, Lieutenant ?
Einstein écrasa la cigarette d'un talon rageur.
- Je n'aime pas les morgues.
- Vous savez, j'aurais pu venir au commissariat si ça vous posait tant de problèmes.
- Je ne suis pas venu ici pour vous faire une faveur. Les élections approchent, il faut être sur le terrain. Alors vous laissez les rapaces qui ne vont pas tarder à arriver nous tirer le portrait, vous fermez votre clapet pendant que je réponds à deux ou trois questions, je vous fais le topo à l'intérieur et on s'en va.
- Parfait.
- Et vous auriez pu enfiler quelquechose de plus convenable, dit Einstein en jetant un coup d'oeil dégoûté à la veste laminée de son détective. On va croire que New-York ne paye même pas assez ses flics pour qu'ils se payent des tenues décentes.
- Je n'ai pas pris ma plaque de toute façon, vous n'aurez qu'à leur dire que je suis un clochard accroché à vos basques depuis ce matin.
Einstein tourna la dos à Carver sans lui répondre. Le silence se prolongea jusqu'à l'arrivée de deux voitures qui se garèrent à une dizaine de mètres de la morgue. Trois hommes en sortirent et s'approchèrent à pas rapide de l'entrée.
- Regardez-les moi, dit Einstein en voyant les trois journalistes s'approcher. Ils ne savent même pas pourquoi ils sont là.
Quand les journalistes arrivèrent à leur niveau, Carver recula d'un pas et laissa Einstein débiter un discours préparé à l'avance, et décrivant en des termes vagues et confus un horrible crime sur lequel la police de New-York allait immédiatement s'atteler. Après avoir refusé d'en dire plus « afin de préserver l'intégrité de l'enquête », il répondit à quelques questions puis mis fin à l'interview en gratifiant ses interlocuteurs d'un sourire exaspéré. Quand il pénétra dans la morgue, Carver l'y attendait déjà.
- Bouclez-la, et venez avec moi, dit Einstein en le dépassant sans un regard.

L'endroit fourmillait d'activité : les couloirs étaient déjà remplis de brancards et les portes s'ouvraient constamment pour en faire rentrer de nouveaux. Einstein posa un mouchoir sur sa bouche et accéléra le pas, suivi de Carver qui se contenta d'une mine de dégoût face à l'odeur pestilentielle qui régnait. Ils marchèrent ainsi cinq bonnes minutes, avant de s'arrêter dans une aile du bâtiment beaucoup moins fréquenté.

- Eh merde, dit Einstein en tâtant ses poches. Il vous reste des clopes, Carver ?
Le détective acquiesça sans dire un mot et tendit une cigarette à son patron.
- Vous en êtes ou sur l'affaire Lewis ?
Carver haussa les épaules
- Beckett a arrêté un type. Je doute qu'il ait le moindre rapport avec notre meurtre mais enfin, pourquoi pas. Quand il l'aura assez interrogé et qu'il n'en aura rien tiré, il m'écoutera.
- Une affaire plutôt simple, n'est-ce pas ?
- Rien qui sorte de l'ordinaire.
- Bon.
Carver ne dit rien. Son supérieur se grattait la tête, les bras croisés sur son ventre.
- Vous êtes sur la corde raide, Carver.
- Il paraît.
- Je vous l'ai dit, on est en période d'élection et vous êtes bon pour mon taux d'élucidation, mais mauvais pour tout le reste. Vos méthodes sont scandaleuses, Beckett est le seul capable de boucler une enquête avec vous et par-dessus le marché, personne ne vous aime. Votre seule qualité est votre efficacité, mais vous êtes assez intelligent pour savoir que ce n'est pas suffisant. Enfin merde Carver, on ne vous demande pas d'être des génies de la diplomatie, simplement un minimum de relations publiques à l'extérieur et de bonne entente à l'intérieur.
Carver bailla.
- Quand j'ai dit que personne ne vous aime, ça m'inclut, continua Einstein. Je vais vous saquer dans mon prochain rapport et vous allez vous retrouver à faire la circulation.
- A moins que ?
- A moins que rien du tout. La question n'est pas de savoir si oui ou non vous allez être sanctionné, mais quand et comment.
Einstein pointa du doigt la porte en métal froid en face de laquelle ils se tenaient.
- Il y a là un cadavre dont vous allez vous charger. Le genre de cadavre que personne ne veut récupérer. Pas de scène de crime, pas d'arme du crime, probablement pas de témoins. Juste un corps. Vous allez prendre cette affaire. Vous allez vous planter, et vous prendrez un blâme. Vous supporterez la punition comme un homme et, quand la situation se sera un peu calmée, vous reviendrez parmi nous. Ça vous va ?
De nouveau, Carver sourit, de ce sourire prétentieux qui exaspérait tant tous ceux qu'il croisait.
- Vous me faites une fleur, on dirait.
- Je le fais uniquement parce que vous avez le meilleur taux d'élucidation de la brigade, et vous le savez très bien. Si je peux éviter de vous perdre définitivement, c'est mieux pour moi. Mais n'allez pas croire que vous êtes indispensable, Carver. A la seconde ou les problèmes que vous me posez seront plus importants que les bénéfices que vous m'apportez, je vous dégage.
- Bien entendu. Et si je résous cette affaire ?
- Alors je vous redonnerai un autre meurtre du même genre, et un autre, et un autre, jusqu'à ce que vous échouiez et que je puisse vous coller ce satané blâme.
Einstein se permit un sourire carnassier.
- Mais ne vous en faites pas trop pour ça, je doute que ça arrive.
- Bon d'accord, ça me paraît honnête, dit Carver en hochant la tête.
Il jeta un léger coup de tête en direction de la porte.
- Qui est l'heureuse élue ?
- Thomas Whitley. Homme d'affaire britannique, tué par balle sur le Titanic, avant son naufrage.
Carver haussa les sourcils.
- Intéressant.
- D'après les premiers rapports, reprit Einstein, visiblement déçu du peu de réaction que la mention du nom du navire avait suscité, toute sa famille a survécu. La mère, les deux filles et le fils. Ménagez les bien, ce sera sûrement vos seuls témoins dans cette affaire.
- Vous avez autre chose à me dire ?
- Le médecin est là, il vous fera une visite du cadavre. Sinon, dit-il en jetant un coup d'œil vers la sortie, je crois que tout est clair. Ah oui, vous serez avec Beckett, mais uniquement sur cette affaire.
- Il est sur la corde raide, lui aussi ?
- Non, répondit Einstein en remettant son chapeau, seulement malchanceux.
#
- "Seulement malchanceux", hein ? Quel enfoiré.
Beckett avait rejoint Carver à la table d'un bar sale et dépravé, caché dans une cave à deux encablures du commissariat. Par rapport à ce dernier, de taille moyenne mais maigre, Beckett possédait une poignée de kilos en trop, mais qu'il pouvait aisément stocker dans son immense carcasse. Sa moustache était soignée et sa calvitie cachée sous un chapeau. Son revolver pendait sous son aisselle, enfoncé de manière négligé dans un holster écorché par les années.
- Les élections le rendent un peu nerveux, le pauvre. Avec la chance qu'il a, il va sûrement subir une inspection et il ne veut pas que je sois dans ses pattes si ça arrive.
- Ce qui est parfaitement compréhensible. Là où je ne suis plus trop, c'est quand je suis mis au trou avec toi.
- Qu'est-ce que tu veux que je te dise, fallait pas être le seul capable de bosser avec moi.
- Enfoiré, marmonna Beckett.
Les deux hommes restèrent silencieux le temps de siroter la moitié de leurs bières.
- A quoi il ressemble ?
- Le macchabée ?
Beckett hocha la tête.
- Je ne sais pas, répondit Carver en avalant une autre gorgée. Les trucs morts, ça n'a jamais été ma passion, du coup je suis sorti de la morgue juste après qu'Einstein soit parti.
Carver répondit à l'air moitié exaspéré, moitié affligé de son coéquipier en haussant les épaules avec dédain.
- J'ai pas besoin de voir un cadavre pour résoudre une enquête. Tu pourras t'en occuper et me dire ce que t'as trouvé.
- Et pour l'affaire Lewis ?
- Il parait que t'as arrêté Vicar. Il a craché le morceau ?
Beckett remua sur le banc avant de répondre.
- Non, dit-il enfin.
- Bien sûr que non. Tu n'avais rien, et il le savait.
- Je t'emmerde, Carver. Et je te rappelle qu'on était ensemble sur cette enquête.
- On n'est plus dessus maintenant. Mais si j'avais été toi, j'aurais cherché une petite frappe qui tournait souvent autour de Vicar et qui aurait eu vent de sa dispute avec Lewis. Moins de la trentaine probablement, et de race blanche. Il est arrivé à Atlantic City trois jours avant que Lewis se fasse enfoncer le crâne à la clé à molette.
- Et tu n'aurais pas pu me dire ça avant ?
Nouveau haussement d'épaule.
- Tu le diras à ceux qui reprennent l'affaire. Nous, on a d'autres chats à fouetter.
Beckett ne dit rien. Carver alluma une cigarette, et reprit :
- Incroyable cette histoire quand même. C'est pas tous les jours que le plus gros transatlantique au monde coule à pic.
- C'est pas tous les jours qu'une scène de crime se retrouve au fin fond de l'atlantique, confirma Beckett, morose. Pas de preuves matérielles, probablement pas de témoin et un coupable sans doute lui aussi vint mille pieds sous les mers. Enfin, au moins on pourra vite classer cette affaire, toi tu prendras ton blâme et moi je retournerai à des trucs plus intéressants.
- Et s'il est vivant ?
- Qui ça ?
- Celui qui a flingué ce type. S'il est vivant, pourquoi est-ce qu'on ne pourrait pas le choper ?
- Parce que s'il a un minimum de jugeote, il saura qu'il a eu le coup de chance du siècle et qu'il lui suffit de tenir sa langue pour s'en sortir. Même si un témoin jurait l'avoir vu assassiner ce Whitley, il lui suffirait de tout nier pour quitter le tribunal les mains libres. Vu les circonstances, on a autant de chance d'arrêter ce type que de le faire condamner ensuite. Aucune chance.
- Ca ne va pas être simple, répondit Carver avec entrain. Il finit sa bière d'un train et se leva. La bière est pour moi, on se revoit dès qu'il y a du nouveau. 
« Modifié: 05 Mars 2014 à 17:01:44 par Koropka »

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  • Tabellion
  • Messages: 33
Re : L'affaire Whitley [Policier] [1er chapitre d'un roman]
« Réponse #1 le: 05 Mars 2014 à 20:14:34 »
 Son supérieur se grattait la tête, les bras croisés sur son ventre. là franco, c'est un fakir?

sinon j'ai bien aimé mais ça manque un peu de stabilité, de pieds, comment dire, on y croit difficilement...

C'est quoi cet histoire de mort sur le Titanic? le corps il est arrivé là comment?

En plus au début tu fais une petite maladresse qui plante le décor en annonçant un double meurtre a la morgue...
Un double meurtre venait d'arriver à la morgue: c'est qui le deuxième? et on dirait dit comme ça qu'il ont été tués à la morgue...

En tout cas c'est pas trop mal, ton style est fluide et agréable mais les descriptions sont un peu maladroites et mal placées.

Si tu as des questions contacte moi je te répondrai plus en détails...

Djag.

 


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