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Le Monde de L'Écriture » Coin écriture » Textes courts (Modérateur: Claudius) » Ce que je n'ose pas te dire.

Auteur Sujet: Ce que je n'ose pas te dire.  (Lu 1368 fois)

Hors ligne Lysea

  • Tabellion
  • Messages: 40
Ce que je n'ose pas te dire.
« le: 15 Février 2014 à 12:03:21 »
Ce que je n'ose pas te dire.

J’avais 20 ans. J’étais une jeune fille qui découvrait la famille de mon amoureux. J’avais tellement envie d’être aimer et de me faire une place, que je ne te voyais pas. Sa famille était de l’autre côté de la mer. Ici il n’y avait que vous dans un petit appartement de Bruxelles. Baya, toujours si accueillante qui parlait fort, riait fort, aimait fort et pleurait fort. Son mari toujours dehors, qui ne parlait pas, ne riait pas, il était juste grand, fort et calme, posé sur une chaise ou un canapé.

Tu avais 6 ans. Tu sautais sur les canapés, tu avais cassé la télévision. Tu refusais de manger la soupe de Baya. Tu disais : « Elle n’est pas bonne cette soupe, ça fait trois jours qu’elle est au frigo ». Tu disais aussi « Quand on va au magasin, je suis tout écrasé sur la banquette de la voiture, parce que Baya est trop grosse, elle prend toute la place. »

Baya avais 25 ans. Elle avait épousé ton papa sans l’avoir choisi, comme cela se fait dans son pays. Elle n’était pas triste. Elle disait «  Mon mari, il est très bien mais si j’avais su, je ne me serai jamais marié avec un homme qui a déjà en enfant. C’est trop dur. Lounès crée toujours des problèmes entre son père et moi. »

Dari avais 35 ans. Il avait épousé Baya, parce que sa mère l’avait choisit, elle s’occuperait bien de toi. Il était souvent au travail et le reste du temps, il sortait pour changer d’air. Car c’était dur d’être entre vous deux, surtout pour lui. Il te manquait, il manquait à Baya, et il s’enfuyait.
8ans ont passés

Il m’a fallu toutes ces années pour comprendre et pour voir ce que je ne voulais pas admettre. Et je me disais, si les autres ne le voient pas peut-être que je me trompe. Les voisines trouvaient ça normal, Dari ne disait jamais rien, mon mari que j’aime tant ne réagissait pas. Je me disais ce n’est pas possible. Pourtant aujourd’hui je dois bien le reconnaitre : Baya te maltraite.
J’ai vu le pain rassit qu’elle te donne à manger. J’ai vu les bêtises que tu ne fais pas et pour lesquelles elle se plaint jusqu’à ce que ton père te frappe. J’ai vu ses mensonges, comme elle transforme un petit geste en grande histoire. J’ai mal comme toi quand elle crie et que tu ne peux pas t’enfuir, quand elle attrape ton bras et qu’elle te pince. Toi tu criais « lâche-moi je vais le dire à mon père ! », elle me prenait à témoin « Tu vois il veut toujours faire des problèmes entre son père et moi » Quand elle voulait te faire taire et que sa main t’étouffait, moi non plus je ne pouvais plus respirer. 

Lounès, tu as treize ans, tu es charmant. Tu es toujours le premier à rendre service, j’aime quand tu viens chez moi, que tu joues avec mes enfants. Je te fais confiance car tu as un bon cœur, beaucoup de patience et de courage. Tu auras une belle vie car tu sais aimer. Quand tu seras adulte tu seras libre et tout te paraitra doux car tu auras surmonté bien pire. Tu as la force de continuer à sourire et à jouer, même à répondre. Je t’admire, moi qui me tais. Je ne savais pas comment te défendre et quand tu partais pleurer dans un coin, je te suivais pour tenter de te consoler. Je crois que je ne suis pas assez courageuse pour te dire tout cela. Je te disais juste « Ce n’est pas grave Lounès, je sais que ce n’est pas ta faute, t’es un gentil garçon, je le sais. »
Je ne fais rien. Mais je sais.
   
Baya me dit : «  Tu as vu ! Il m’a frappée, il m’a poussée avec son pied. » Je réponds, « Il a eu peur, tu lui faisais mal » Baya s’effondre d’une douleur imaginaire qui la terrasse, elle est enceinte, elle souffre, oserais-je l’achever ?
Je me tais. Comme je me tairais quand les invités arriveront elle qu’elle leur contera à tous qu’elle élève un enfant qui la bat. Quand les voisines viennent sécher les larmes de Baya. Toi tu ne pleures pas tu es dans ton coin et on ne te parle pas. Car tout le monde pense que c’est mal ce que tu fais. Ils croient tous que Baya est si gentille et qu’il est si dur pour elle d’élever le grand garçon turbulent que tu es en plus de ses bébés dans un tout petit appartement insalubre. Ils se mentent, comme je l’ai fait aussi.
Ta grand-mère là-bas dans l’autre pays, elle t’aime si fort qu’à chaque fois que je la vois elle ne me parle que de toi. Ton papa, t’aime à la façon de ceux qui ne savent pas le dire. Tous ceux qui t’ont vu chez moi ont été charmés par ta gentillesse me demande souvent de tes nouvelles : Amélie, Nadine et surtout ma mère. Quand tu seras plus grand je te donnerais ce  texte. J’ai vraiment peur, mais je ne suis pas une fée. Je ne peux rien faire, qu’être un témoin qui note pour t’aider plus tard à reconstituer le passé. Ce n’est qu’une version, la mienne.
 J’espère que tu seras heureux. Parfois je me dis que j’ai trop peur pour faire quelque chose. Et souvent je ne sais pas quoi faire. Tu n’as plus que ton père et si tu étais en foyer est ce que tu serais mieux ?
Moi je n’ai pas le courage de te protéger mais je fini toute mes prière en demandant à Dieu de le faire, car Il le peut.
Et toi tu continues à jouer et rire. Toujours plus fort !
« Modifié: 16 Février 2014 à 10:13:23 par Lysea »

Hors ligne létranger

  • Plumelette
  • Messages: 19
Re : Ce que je n'ose pas te dire.
« Réponse #1 le: 15 Février 2014 à 21:05:16 »
Voilà un sujet peu commun. En tout cas, c’est très courageux de ta part d’écrire une vérité courante (c’est toujours plus valorisant de se placer en héro).

Je trouve que c’est une bonne idée de style d’écrire ‘J’avais 20 ans… Tu avais 6 ans…’ (ça donne du rythme). J’aime bien aussi la description que tu fais du père.

Après, au niveau du style, je ne le trouve pas fabuleux, mais il a le bon gout d’être simple.
« Savoir qu'on n'a plus rien à espérer n'empêche pas de continuer à attendre. »
Marcel Proust - À la recherche du temps perdu

Hors ligne LeBossu

  • Grand Encrier Cosmique
  • Messages: 1 311
Re : Ce que je n'ose pas te dire.
« Réponse #2 le: 16 Février 2014 à 01:55:56 »
Quelques fautes qui traînent, mais une lecture très agréable. J'ai largement préféré cette version à celle en forme de conte (NB : La Fée qui avait peur).
« Modifié: 16 Février 2014 à 01:57:31 par LeBossu »
Et alors ?

Hors ligne Lysea

  • Tabellion
  • Messages: 40
Re : Ce que je n'ose pas te dire.
« Réponse #3 le: 16 Février 2014 à 10:20:34 »
Merci à vous deux pour votre lecture.


Létranger : effectivement le style n'est pas extra, beaucoup de phrases ne sonnent pas très bien. Mais j'ai choisi de n'utiliser que des mots et des tournure que le véritable destinataire pourrait comprendre facilement, éviter les quiproquos. Ce qui n'est pas une raison pas délaisser le style, je le reprendrais.

LeBossu : Disons que le conte, au contraire de ce texte donne la liberté au lecteur de comprendre ou non en fonction de ce qu'il est capable d'entendre et de supporter. Après le propre d'un conte, souvent oral, c'est qu'après on peut en parler... En tout cas c'est bien d'avoir un avis de quelqu'un qui a lu les deux textes. Je me rapproche de plus en plus de l'idée de remettre le texte à son destinataire.

Hors ligne LisaLucinda

  • Plumelette
  • Messages: 19
Re : Ce que je n'ose pas te dire.
« Réponse #4 le: 06 Mars 2014 à 15:22:01 »
J'ai aimé ton style et le ton que tu prends, calme, posé
C'est un peu triste et assez prenant, on s'y croirait
Par contre j'ai eu un peu de mal à comprendre qui est qui dans les personnages
Joli sujet bien traité en tout cas ! :)

 


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