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Ils vont, tête basse, le pas lent et le visage grave vers une sombre bâtisse.
Accoudée à sa fenêtre, il y a cette femme aimant les choses simples. Et derrière elle, dans le salon bien chauffé, son plus jeune fils admirant son dernier jouet.
Ils n'ont que très peu dormi, la journée ne fait que commencer, l'odeur de la transpiration envahit déjà les lieux.
Les yeux reposés, elle admire un majestueux levé de soleil, le temps s'accroche, elle le retient, la brise hivernal caresse sa peau douce. L'enfant a posé son jouet.
Quelques regards s'échangent, compréhensifs, alors démarre la chorégraphie des épaules voûtées, des gestes répétitifs, en cadence, sous l'œil vigilant du chef d'orchestre.
À l'arrière clignotent encore les ampoules du sapin décoré. Le jouet est tombé, il aurait pu s'abimer. Silence se fait, quelques aiguilles sont au sol, qu'il faudra nettoyer.
Parfaite harmonie mais sans entrain, aucune note au-dessus de l'autre, lèvres pincées, quelques heures, encore.
Les rues sont vides, personne n'assiste au jour qui se tait, une silhouette est étendue au sol, on entend des voix paniquées.
L'heure des douches, nettoyer, étirer les corps usés. Quelques voix s'élèvent, aujourd'hui plus dur que la veille, quelque rires, il reste un peu de temps.