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Le Monde de L'Écriture » Coin écriture » Textes courts (Modérateur: Claudius) » [AT 3 | T#03] Exclosion

Auteur Sujet: [AT 3 | T#03] Exclosion  (Lu 4608 fois)

MillaNox

  • Invité
[AT 3 | T#03] Exclosion
« le: 01 Février 2014 à 00:06:39 »
Sur la très haute branche du plus grand arbre du monde, Philomène, demoiselle éternelle, coulait des jours duveteux. Cette oiselle était l’amie du Dieu Vent et du Dieu Temps qui avaient créé la vie puis donné naissance, pour lui plaire, au séquoia géant sur lequel elle reposait. Tous les mille ans, une plume se détachait de son corps mais elle ne savait jamais de laquelle il s’agirait. Cela faisait dix fois déjà qu’elle se retrouvait dépouillée de cette petite partie d’elle-même et qu’elle offrait, un millénaire sur deux, cette tige de douceur à un de ses amis dieu. Vent et Temps s’en paraient fièrement, parfois se les échangeaient et d’autres fois encore, s’en servaient pour écrire quelques légendes qu’ils laissaient tomber au sol pour ensuite se moquer de la crédulité des Hommes.

Philomène, pour sa part, n’avait pas immédiatement remarqué ces points noirs insignifiants qui s’agitaient au bas de son arbre. Ce fut à force d’entendre ses amis en parler, à force d’envie de partager leurs fous-rires auxquels elle ne comprenait goutte qu’elle se décida à les observer. Les humains, peuple des bas-fonds dépourvu de plumes, étaient à première vue d’un maigre intérêt. Ils semblaient vivre en troupeau, ne savaient pas se tenir tranquille et décrivaient des lignes incohérentes. Parfois brefs allers-retours, parfois longues courbes épousant la rondeur du monde. Philomène s’étonnait de leurs trajectoires et de leur obsession de se mouvoir. Le sol sortait un peu sali de sous leurs pieds, ce qui ne se remarquait qu’à peine les premiers temps, lorsqu’ils n’étaient que peu nombreux, mais prit rapidement des airs de gribouillage quand ils commencèrent à se multiplier.

De tout temps et de tout vent, Philomène avait eu de nombreux prétendants. Oiselle géante au plumage de feu, chaque volatile du bas-monde la visitait au moins une fois dans sa vie et profitait de ce pèlerinage à la beauté pour lui déclarer son amour qu’elle accueillait d’un pépiement ravi. Parfois, elle se laissait charmer au point d’échanger quelques bécotements avec un oiseau se démarquant des autres. Elle appréciait le courage des manchots qui, dépourvus du don de voler, escaladaient courageusement son séquoia pour venir la trouver. Toutefois sa préférence allait au quetzal dont elle ne se lassait pas de regarder la queue, longue et vivement colorée, danser jusqu’à complètement l’envoûter. Plus vieille encore que le monde lui-même, Philomène parlait tous les chants d’oiseaux et se délectait de ces conversations sifflotantes durant lesquelles il lui semblait voyager sans jamais quitter son arbre. Elles lui étaient aussi essentielles que son petit-déjeuner-graines-de-nuage et si un jour se passait sans visite, l’oiselle étendait ses gigantesques ailes jusqu’à voiler le soleil. Capricieuse, elle ne rendait sa lumière au monde que lorsqu’un oiseau la rejoignait, apaisant son courroux.

Mais vint un âge où nul ne se présenta plus en haut de l’arbre le plus grand du monde.

Philomène ombragea la planète de longues heures durant mais ses éclipses demeurèrent vaines. Elle s’offusqua, s’énerva, cria quelques noms d’oiseaux, puis s’interrogea et enfin, s’inquiéta grandement. Quelque chose avait dû se passer, d’au moins aussi grave que le chant du hibou. Son regard parcourant le sol lointain, l’oiselle s’aperçut que de minuscules carrés noirs ou orange recouvraient désormais toute la surface du monde, les points noirs n’ayant de cesse de se rendre de l’un à l’autre. Pour la première fois de sa longue vie d’oiselle, elle décida de descendre sur la terre dont sont prisonniers ceux qui ne savent pas voler. Ses ailes se déployèrent et se gonflèrent du vent d’en haut. Philomène précipita son corps dans le vide et se laissa porter par l’air. Elle faisait la ronde avec elle-même puisqu’aucun rapace ne se trouvait dans le ciel pour l’accompagner. Lentement, elle descendit vers le bas-monde qui grossissait à vue d’œil alors qu’elle-même rapetissait son corps pour se mettre à la taille des êtres qu’elle rejoignait.

L’étonnement de l’oiselle fut sans pareil. A voir les choses de loin on s’en fait toute une idée et quand enfin on s’approche, on se retrouve face à une autre réalité. Tout d’abord, les humains étaient bien moins petits qu’ils ne le paraissaient de là-haut, et même plus grands que les congénères de Philomène, ce qu’elle n’aurait jamais soupçonné. Quant aux carrés qu’elle avait distingués depuis son belvédère, il s’agissait en fait de cubes à l’intérieur creux et dans lesquels les Hommes, manifestement peu adaptés pour vivre sur les branches des arbres, s’enfermaient les nuits et passaient les jours. Ces blocs de briques, torchis ou béton avaient poussé partout comme des champignons. De l’herbe, des arbres, de la terre salissante plantées de fleurs, il en restait bien sûr, mais seulement dans l’entre-deux, exclusivement à la condition qu’autour se trouvât, encadrement méthodique, autant de ces étranges habitations que nécessaire pour refermer le cercle. Un moineau dodu avait accueilli Philomène et se déplaçait en sautillant lourdement à ses côtés. L’oiselle écoutait le récit de son compagnon en parcourant le quadrillage des rues, mesurant avec perplexité l’étendue des dégâts.

« Nous avons été pris au piège du grand Vis-à-Vis qui s’est emparé du monde, expliquait-il. Les maisons sont désormais si proches les unes des autres que parfois six foyers nourrissent une seule famille d’oiseaux. Il y a bien longtemps que je n’ai vu un membre de notre espèce gratter le sol pour y dénicher un ver de terre, Dam’Oiselle, la nourriture est si abondante que nous n’avons qu’à nous poser pour picorer. Toutefois, nous ne savons pas résister à l’infinité et nos ventres ont grossi à l’image de ceux de nos voisins humains. Nombre d’entre nous ne peuvent plus voler du tout et rares sont ceux qui s’élèvent à plus d’une dizaine de battements d’ailes au-dessus du sol. »

Partout autour de Philomène, des oiseaux obèses se mouvaient péniblement, fuyant son regard, honteux de leur absurde situation. Pour rejoindre les branches des arbres, ils s’accrochaient péniblement aux tiges de lierres qui habillaient les troncs en les pinçant de leurs becs et escaladaient tant bien que mal l’écorce pour parvenir à leurs nids. Plusieurs essais étaient parfois nécessaires et il n’en fallait qu’un de trop pour qu’un prédateur passant par-là coupe court à la pénible épopée. Philomène en avait vu assez et, à tire d’aile, s’évada de ce sombre spectacle.

Partagée entre tristesse et colère, l’oiselle se rendit directement chez ses amis dieux pour leur faire part de son accablement.

« Temps ! Vent ! Qu’avez-vous fait de ce monde ? Pourquoi l’avoir créé si c’était pour le rendre aussi insensé ?
- Allons Philo, répondit Vent d’un air surpris, tu as parfois une cervelle d’oiseau et une bien mauvaise mémoire !
- C’est toi qui as créé le monde, compléta Temps, pas nous !
Philomène demeura interdite face à ses amis.
- C’est vrai que c’était il y a très longtemps, admit Vent. Ce gros œuf sorti de toi était inerte.
- Nous n’avons fait que lui insuffler le mouvement qui lui manquait, conclut Temps. »

Plusieurs nuits blanches furent nécessaires à Philomène pour se remettre de sa perplexité. Un vague souvenir était remonté en elle depuis le fond des âges et elle n’arrivait pas à comprendre comment elle avait pu oublier que le monde était son propre œuf. En toute logique, la question qui découla de cette incroyable révélation la perturba plus encore. Pourquoi, depuis tant de millénaires, n’avait-il jamais éclos ? Il lui fallut encore une journée entière, qu’elle passa à contempler le mouvement des points noirs en dessous, et une nuit complète, durant laquelle elle observa attentivement chaque point jaune scintillant au-dessus, pour prendre sa décision. Au petit matin, Philomène perdit une plume et s’en servit pour laisser un mot à ses amis dieux. Puis, gardant cette fois-ci sa taille de géante, elle se laissa de nouveau voler jusqu’au sol du monde d’en bas. Elle se posa entre deux Vis, là où la terre était gorgée de vers que nul ne mangeait plus. De son bec puissant et de ses serres acérées, la gigantesque oiselle creusa jusqu’à trouver le trésor qu’elle recherchait.

La coquille.

Comment savoir, où trouver la certitude qu’elle n’était pas en train de commettre une irréparable erreur ? Philomène hésita quelques instants et se sentit tendrement entourée de son ami Temps. Une brise caressa son plumage, effaça un peu de la poussière terreuse qui recouvrait l’œuf, et elle sut que Vent la comprenait. S’armant de courage et d’un peu de folie, l’oiselle frappa violemment la coquille de son bec et un craquement résonna jusqu’au plus haut du ciel. L’œuf se fissura, son enveloppe se brisa sous l’onde du choc initial. Le monde entier trembla et les êtres se précipitèrent hors des blocs cubiques qui les contenaient. Etrangement, les arbres semblaient enracinés au-delà de la couche de terre qui recouvrait la coquille et demeuraient immobiles. Peut-être appartenaient-ils déjà au monde qui était en train d’éclore ? Hommes, oiseaux et autres animaux, s’accrochèrent aux branches tendues vers eux tandis que le quadrillage goudronné était englouti à la façon d’un champ de mauvaises herbes qu’on laboure.

Tous, Philomène comprise, retenaient leurs souffles devant cette vision d’apocalypse. Puis, Vent souffla sur les décombres pour leur donner l’idée de respirer à nouveau.

De l’œuf brisé d’une oiselle éternelle, c’était la seconde chance du monde qui venait de naître.


(Modifications sur les remarques des commentateurs)
« Modifié: 20 Février 2014 à 18:57:31 par Mout »

Hors ligne Baptiste

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Re : [AT 3 | T#03] Exclosion
« Réponse #1 le: 01 Février 2014 à 02:31:14 »
Salut
Citer
des jours duveteux
J'aime bien
Citer
d’autres fois encore, s’en servaient pour écrire quelques légendes qu’ils laissaient tomber au sol pour ensuite se moquer de la crédulité des Hommes.
j'aime bien aussi
Citer
Parfois brefs allers-retours, parfois longues courbes épousant la rondeur du monde,
ça aussi

Je pense que je vais arrêter de relever ce qui m'a plu, sinon, je vais pas réussir à entrer dans ton texte


Citer
des airs de gribouillage
pour le coup gribouillage ça me chagrine
Citer
Philomène ombragea
mmmmmmh, j'aime beaucoup l'image, le verbe me plait, mais il y a un truc qui me chagrine dans la construction de cette phrase. peut être ave un autre verbe ? je sais pas
Citer
A voir les choses de loin on s’en fait toute une idée et quand enfin on s’approche, on se retrouve face à une autre réalité
il ya plein de truc qui m'ont plu avant mais ça c'est particulièrement chouette
Citer
-Allons Philo, répondit Vent d’un air surpris, tu as parfois une cervelle d’oiseau et une bien mauvaise mémoire !
Ah ben non non non il peut pas l’appeler philo, quand même


Citer
   De l’œuf brisé d’une oiselle éternelle, c’était la seconde chance du monde qui venait de naître.
:coeur: :coeur: :coeur: :coeur: :coeur: :coeur:


Bon, j'ai vraiment, vraiment beaucoup beaucoup aimé
Du coup, ce que j'ai dit au dessus c'est du pinaillage.
 j'aime le style, les jeux de mots, la fin.


merci pour ce texte



« Modifié: 01 Février 2014 à 03:40:11 par Baptiste »

Hors ligne Loïc

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Re : [AT 3 | T#03] Exclosion
« Réponse #2 le: 01 Février 2014 à 02:58:05 »
Citer
Cette oiselle était l’amie du Dieu Vent et du Dieu Temps qui avaient créé la vie puis donné naissance pour lui plaire au séquoia géant sur lequel elle reposait.

Un papa, une maman, on n'ment pas, aux enfants ! Hum, pardon.
Un peu long, une virgule ne ferait pas de mal.

Citer
fous-rires

fou-rires je pense.
Ça fait un peu pléonasme, fou-rire incontrôlable, non ?

Citer
lle ne comprenait goutte, qu’elle se décida à les observer.

la coupure sonne mal

Citer
-Allons Philo, répondit Vent d’un air surpris, tu as parfois une cervelle d’oiseau et une bien mauvaise mémoire !
;D

Hum, j'ai globalement bien aimé. C'est bien écrit, ça se lit tranquillement, sans se presser, agréablement. La dernière phrase est peut-être de trop ou à modifier, à mon sens elle ne va pas avec le reste.
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Re : [AT 3 | T#03] Exclosion
« Réponse #3 le: 01 Février 2014 à 19:32:49 »
Pour l'instant le texte que j'ai préféré! Bon peut etre aussi (parce que j'ai pas encore tout lu m'enfin) parce que au début je me suis dis qu'il allait pas me plaire du tout, le coup de 'Temps et Vent' grosse sensation de déjà vu, et puis finalement je l'ai trouvé très bien écrit, y'a une vrai esthetique puissante derriere le conte, poétique et philosophique, et rien que pour la prouesse de rendre aussi belle cette bonne vieille question de l'oeuf ou la poule, moi je suis conquis  :D  :coeur:

Ah si juste une petite remarque sur une phrase qui m'a dérangé:
Citer
il s’agissait en fait de cubes en trois dimensions à l’intérieur creux et dans lesquels les Hommes
Cube en trois dimensions? Je trouve que ca colle pas du tout à l'esprit de Philomène, qui voit des dessins dans les pas des hommes, enfin ce 3D fait vraiment tache, mais ca reste un détail  ^^
Le style c'est comme le dribble. Quand je regarde Léo Messi, j'apprends à écrire.
- Alain Damasio

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Re : [AT 3 | T#03] Exclosion
« Réponse #4 le: 01 Février 2014 à 21:39:52 »
Citer
Sur la très haute branche du plus grand arbre du monde, Philomène, demoiselle éternelle, coulait des jours duveteux.
énorme, des jours duveteux ! love it

ce premier paragraphe est juste ADORABLE  _/-o_

Citer
Parfois brefs allers-retours, parfois longues courbes épousant la rondeur du monde
formulation pas très heureuse, coupe la lecture, à revoir selon moi

Citer
Le sol sortait un peu sali de sous leurs pieds, ce qui ne se remarquait qu’à peine les premiers temps, lorsqu’ils n’étaient que peu nombreux, mais prit rapidement des airs de gribouillage quand ils commencèrent à se multiplier.
là aussi ça manque de légèreté / clarté : "de sous leurs pieds" "lorsqu'ils" puis "quand"... Peux-tu faire plus simple ?

Citer
De tout temps et de tout vent, Philomène avait eu de nombreux prétendants.
j'aime beaucoup le début mais en fait je saisis pas le lien entre ce nouveau paragraphe et le précédent

Citer
Oiselle géante au plumage de feu, chaque volatile du bas-monde la visitait au moins une fois dans sa vie et profitait de ce pèlerinage à la beauté
ce pèlerinage tout court

J'aime beaucoup ce paragraphe de cour volatile x)

Citer
Elles lui étaient aussi essentielles que son petit-déjeuner-graines-de-nuage et si un jour se passait sans visite, l’oiselle étendait ses gigantesques ailes jusqu’à voiler le soleil. Capricieuse, elle ne rendait sa lumière au monde que lorsqu’un oiseau la rejoignait, apaisant son courroux.
j'aime bien l'idée mais je trouve qu'elle pourrait être rendue de façon plus percutante. Peut-être déjà en mettant un point après son petit-déjeuner ? Ajouter du drame "Si par malheur un jour se passait sans visite,..." Puis supprimer "capricieuse" parce que l'idée passe dans la description de l'action, pas la peine de se répéter. "Elle ne rendait alors sa lumière au monde...".

Citer
Mais vint un âge où nul ne se présenta plus en haut de l’arbre le plus grand du monde.
un âge ? tu es sûr(e) ? ça sous-entend une durée longue alors que finalement l'oseille elle prend rapidement la mouche...

Citer
et enfin, s’inquiéta grandement.
tu peux supprimer l'adverbe, il n'apporte rien

Citer
d’au moins aussi grave que le chant du hibou.
gnnneuh

Citer
Son regard parcourant le sol lointain
étrange que son premier réflexe ne soit pas d'interroger ses fameux amis Vent et Temps, tu ne penses pas ? Tu pourrais mettre un lien par exemple avec un petit "A défaut de réponse" ou qqch comme ça.

Citer
elle faisait la ronde avec elle-même puisqu’aucun rapace ne se trouvait dans le ciel pour l’accompagner.
je comprends pas cette partie et ne la trouve pas utile

Citer
Tout d’abord, les humains étaient bien moins petits qu’ils ne le paraissaient de là-haut, et même plus grands que les congénères de Philomène, ce qu’elle n’aurait jamais soupçonné.
elle est choupi

Citer
Un moineau dodu avait accueilli Philomène et se déplaçait en sautillant lourdement à ses côtés.
hm tu peux pas dire qu'il s'approcha d'elle (parce que là, direct "accueilli" ! c'est pas adapté je trouve) et lui demanda poliment si elle était étrangère et si il pouvait l'aider ? Genre guide touristique haha

Citer
Dam’Oiselle
ohoh, très bon

J'adore la façon dont s'exprime fat-moineau

Citer
« Temps ! Vent ! Qu’avez-vous fait de ce monde ? Pourquoi l’avoir créé si c’était pour le rendre aussi insensé ?
-Allons Philo, répondit Vent d’un air surpris, tu as parfois une cervelle d’oiseau et une bien mauvaise mémoire !
-C’est toi qui as créé le monde, compléta Temps, pas nous !
   Philomène demeura interdite face à ses amis.
-C’est vrai que c’était il y a très longtemps, admit Vent. Ce gros œuf sorti de toi était inerte.
-Nous n’avons fait que lui insuffler le mouvement qui lui manquait, conclut Temps. »
trop cool !! j'aime beaucoup l'idée

Citer
Hommes, oiseaux et autres animaux, s’accrochèrent aux branches tendues vers eux tandis que le quadrillage goudronné était englouti à la façon d’un champ de mauvaises herbes qu’on laboure.
euh retourné dans ce cas, non ? parce que j'ai rarement vu des mauvaises herbes se faire engloutir par un motoculteur x)



Très bien foutu, très bien écrit, avec ce qu'il faut d'humour dans le conte philosophique pour le rendre léger, non franchement, quasi rien à redire, c'est du très très bon, merci beaucoup :]

Hors ligne Aphone

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Re : [AT 3 | T#03] Exclosion
« Réponse #5 le: 01 Février 2014 à 22:54:49 »
J'ai failli décrocher avec le début. Tu annonces bien le ton du conte philosophique mais je ne me sentais pas vraiment imprégné par l'histoire. Mais je me suis laissé bercer par tes jeux de mots et la fluidité duveteuse -pour reprendre ton terme-. J'avoue que ce que j'ai particulièrement aimé, c'est ta façon de guider ton histoire. Une narration qui m'a rappelé certaines de ces soirées passées au coin du feu, en classe de neige, à écouter le mono raconter ses contes de montagnard. Pas un coup de coeur non plus, mais un très agréable moment.

Merci pour cette lecture.
La curiosité est le remède à l'ennui.
Il n'y a pas de remède à la curiosité.

- Dorothée Parker

Hors ligne nanomag

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Re : [AT 3 | T#03] Exclosion
« Réponse #6 le: 02 Février 2014 à 21:39:08 »
ça m'a pris deux, trois phrases pour rentrer dans le texte, je l'ai trouvé assez poétique dans l'ensemble. Le monde décrit est beau et même la description de ce qui se passe en dessous, dans le monde des hommes, ne vient pas faire trop de contraste, c'est apaisant, on visualise bien la scène. En l'étoffant un peu tu pourrais en faire un joli conte pour enfants (ou adultes :) ) La fin était un peu trop courte, pas assez explicite pour moi, je l'ai relu deux fois pour comprendre ce qui se passait. Les mots sont très bien choisis. Je reste sur ma fin pour l'histoire des plumes,  ::), la description de ce passage est pour moi un peu trop longue pour être anodine, pourquoi Philomène ne perd qu'une plume par millénaire ?!

Merci !
Should we reboot universe ?

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World End Girlfriend

  • Invité
Re : [AT 3 | T#03] Exclosion
« Réponse #7 le: 02 Février 2014 à 22:31:13 »
Yahaha ! Enfin un texte que je kiffe !  :D
C'est super bien écrit, c'est prenant, c'est poétique, en gros c'est génial.

Hors ligne Salynga

  • Tabellion
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Re : [AT 3 | T#03] Exclosion
« Réponse #8 le: 02 Février 2014 à 23:11:50 »
Waw les jours duveteux ! A retenir, superbe !

Sinon le texte, un peu trop poétique pour moi, (donc moi me concernant personnellement ;) ), ne le prends pas pour toi !

Merci ! Et bravo !

MillaNox

  • Invité
Re : [AT 3 | T#03] Exclosion
« Réponse #9 le: 05 Février 2014 à 21:16:07 »
Merci beaucoup de vos commentaires, ils sont dans l'ensemble super positifs et je suis...  :-[ :-[ :-[ :-[ :-[ :-[

J'ai fait des modifs minimes, (des virgules et le 3D qui effectivement n'avait pas de sens!) grâce à vos précieuses lectures. Il y a des remarques qui me font hésiter, j'attend de voir si d'autres soulignent les même choses pour vraiment modifier.

En tout cas, c'est mon premier AT et c'est très encourageant ! Merci encore !

Hors ligne Kerena

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Re : [AT 3 | T#03] Exclosion
« Réponse #10 le: 08 Février 2014 à 22:00:55 »
Bon allez, je me remets dans le bain.

Ce texte est un coup de coeur pour moi, je n'ai pas grand-chose à en dire, à part que c'est très poétique. J'ai eu un peu peur en voyant les gros pâtés de lecture, mais en fait j'ai été vite happée par le texte.

C'était très beau, et j'aime bien l'espoir qui ressort de la fin  :coeur:

Merci pour ce joli texte !
Je crois qu'il y a dans le coeur des hommes une place créée pour l'émerveillement, une place endormie qui attend de s'épanouir ~ Les Aventuriers de la mer


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Re : [AT 3 | T#03] Exclosion
« Réponse #11 le: 09 Février 2014 à 20:18:20 »
Je ne suis pas entré dans le texte.
La cause doit être l'aspect poétique, discipline qui me laisse de marbre en général.


Merci pour ce texte.

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Hors ligne Milora

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Re : [AT 3 | T#03] Exclosion
« Réponse #12 le: 11 Février 2014 à 17:18:45 »
Citer
Pour la première fois depuis sa longue vie d’oiselle
depuis sa vie, ça implique que sa vie est finie, alors que là elle est en cours. Du coup, faudrait "de sa vie", ou "depuis le début" de sa vie (dans l'idée, après ça peut être plus joliment tourné, bien sûr ^^)

Citer
Quant aux carrés qu’elle avait distingué depuis son belvédère
distingués


J'ai vraiment bien aimé ! :) J'ai trouvé que le ton mélodieux et musical embarquait vraiment le lecteur, j'aime bien le côté conte, le personnage de Philomène, du temps et du vent.
J'ai juste été déçue par la fin : je pensais que quelque chose allait sortir de l'oeuf, et je voulais voir quoi !

Joli texte en tout cas ! :)
Il ne faut jamais remettre à demain ce que tu peux faire après-demain.

Hors ligne Musyne

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Re : [AT 3 | T#03] Exclosion
« Réponse #13 le: 12 Février 2014 à 19:53:30 »
Bonsoir,

Citer
Sur la très haute branche du plus grand arbre du monde, Philomène, demoiselle éternelle, coulait des jours duveteux. Cette oiselle était l’amie du Dieu Vent et du Dieu Temps qui avaient créé la vie puis donné naissance, pour lui plaire, au séquoia géant sur lequel elle reposait. Tous les mille ans, une plume se détachait de son corps mais elle ne savait jamais de laquelle il s’agirait. Cela faisait dix fois déjà qu’elle se retrouvait dépouillée de cette petite partie d’elle-même et qu’elle offrait, un millénaire sur deux, cette tige de douceur à un de ses amis dieu. Vent et Temps s’en paraient fièrement, parfois se les échangeaient et d’autres fois encore, s’en servaient pour écrire quelques légendes qu’ils laissaient tomber au sol pour ensuite se moquer de la crédulité des Hommes.
J'adore ce premier paragraphe :)

Citer
décrivaient des lignes incohérentes
J'ai du mal à saisir le sens de cette proposition.

Citer
Parfois brefs allers-retours, parfois longues courbes épousant la rondeur du monde, Philomène s’étonnait de leurs trajectoires et de leur obsession de se mouvoir.
J'aurais relié la première partie de la phrase à la précédente, en fait, pour commencer une nouvelle phrase à Philomène.

Citer
mais prit rapidement des airs de gribouillage quand ils commencèrent à se multiplier.
De tout temps et de tout vent, Philomène avait eu de nombreux prétendants.
On saute un peu du coq à l'âne, c'est surprenant  :???:

Citer
Elle appréciait le courage des manchots qui, dépourvus du don de voler, escaladaient courageusement son séquoia pour venir la trouver.
Je visualise un manchot qui escalade un séquoia et je me marre quand même  :D

Citer
Elle s’offusqua, s’énerva, cria quelques noms d’oiseaux
Bien trouvé  :D

Citer
Quelque chose avait dû se passer, d’au moins aussi grave que le chant du hibou.
J'aime.

Citer
sur la terre de laquelle sont prisonniers ceux qui ne savent pas voler
C'est pas très joli ce "de laquelle" (même si grammaticalement correct, certes).

Citer
Philomène précipita son corps dans le vide et se laissa porter par l’air, elle faisait la ronde avec elle-même puisqu’aucun rapace ne se trouvait dans le ciel pour l’accompagner.
J'aurais séparé en deux phrases, à cause du changement de temps.

Citer
de cubes à l’intérieur creux et dans lesquels les Hommes
Un peu lourd : pourquoi pas "de cubes creux à l'intérieur desquels" ?

Citer
De l’herbe, des arbres, de la terre salissante plantées de fleurs, il en restait bien-sûr, mais seulement dans l’entre-deux, exclusivement à la condition qu’autour se trouvât, encadrement méthodique, autant de ces étranges habitations que nécessaire pour refermer le cercle.
Phrase un peu tarabiscotée, je trouve.

Citer
Un moineau dodu avait accueilli Philomène et se déplaçait en sautillant lourdement à ses côtés.
C'est amusant, mais j'imagine pas un moineau, même dodu, sautiller lourdement.

Citer
seule famille d’oiseau
+x

Citer
Dam’Oiselle
Génial  :P

Citer
Ce gros œuf sorti de toi était inerte.
Pas très joli ce "sorti de toi".

Citer
Un vague souvenir était remonté en elle
Bof pour le "remonté en elle".

Citer
gorgée de ver
+s

Citer
Une brise caressa son plumage, effaça un peu de la poussière terreuse qui recouvrait l’œuf, et elle sut que Vent la comprenait.
C'est joli :)

Citer
leurs souffles
Au singulier.

Citer
De l’œuf brisé d’une oiselle éternelle, c’était la seconde chance du monde qui venait de naître.
Un peu maladroite cette phrase, je trouve.

Malgré les remarques que j'ai pu faire, j'ai beaucoup aimé ton texte. C'est poétique, c'est joli, les images sont belles et bien trouvées, les jeux de mots aussi. Je n'ai pas grand chose à rajouter, à part merci pour cette lecture :)

MillaNox

  • Invité
Re : [AT 3 | T#03] Exclosion
« Réponse #14 le: 13 Février 2014 à 22:00:04 »
Une fois de plus, merci beaucoup de vos lectures.
J'ai pris en compte certaines de vos remarques et ai incorporé ces modifications au texte. Vous avez l'œil, dans le contexte, c'est encore plus sympa de trouver des coquilles ! hihihi !
Je suis très heureuse de lire que ça a plu ou beaucoup plu à certain. Encore merci de vos précieux commentaires qui font avancer ! Quant à ceux à qui ça a moins plu, c'est tout de même sympa de m'avoir fait un retour et ce sera peut-être pour une prochaine fois :)

 


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