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Le Monde de L'Écriture » Coin écriture » Poésie (Modérateur: Claudius) » Berlin, des nuits blanches et du maquillage ensuite.

Auteur Sujet: Berlin, des nuits blanches et du maquillage ensuite.  (Lu 1042 fois)

Hors ligne EloiR

  • Aède
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Berlin, des nuits blanches et du maquillage ensuite.
« le: 31 janvier 2014 à 22:38:50 »
Berlin  c’est la viande toujours la ville saigne, s’ouvre, se déchire, toujours elle brûle. C’est un grand fracas de cendre ; en nuit et en feu. On avait fait je m’en rappelle ce voyage une grande ombre tendue sur nos gorges.

C’était un autre langage revenu de l’église un peu de vert aux yeux des prières creusées sur nos fronts ; ça vous prend comme ça la religion la couleur perdue le matin dans la neige la voix coulée tout en bas des ruelles. Tu avais gardé toi ce visage de la veille pour tromper comme il faut, un peu de vert aux yeux, et j’avais moi pleuré longtemps les vitraux, avec eux la nuit, la nuit.

Il ne fallait pas dire et bientôt l’ombre nous prendrait, il ne fallait pas grand chose, un rire un éclat un peu de vie et ça saigne. Toujours il y avait l’ombre sur nos gorges, la nuit, la nuit, ne parle pas.

Gardes encore un peu dans ce souvenir du vert au coin de l’œil la mèche humide le matin la lèvre mauve, ne parle pas j’ai besoin encore de couleurs pour me rappeler, encore rester debout, la nuit, la nuit, ne pas dire Berlin ça meurt.
"Je crois que les efforts humains peuvent faire naître une œuvre."
Peter Zumthor

 


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