Bonsoir, Bonsoir. Je suis entrain de penser à une nouvelle que je mettrai sur pied peut être bientôt, en attendant mon initiative, j'ai une trame que je souhaiterai soumettre à vos critiques avisées.
Peu avant l’aube d’un dimanche de Novembre, vers 5H00, alors que le soleil se prépare en vain à évincer les étoiles à la façon de Sisyphe, qui serrant les dents, est déterminé dans la solitude de son malheur à atteindre ce funeste sommet. Où les mains travaillées par l’effort répété et devenues abrupts, épousent déjà le roc, comme prêtent à accompagner derechef la volonté inlassable de ce pauvre condamné. Et c’est dans ce silence trompeusement apparent d’une nuit obscure, lourde et effroyablement calme, qu’Ambroise se réveilla en sursaut comme revenue à la vie après avoir été plongée dans une agonie asphyxiante. La poitrine battante, les yeux écarquillés, mais ses cheveux épais et ondulant ne donnaient étrangement pas l’impression d’un sommeil inquiété. Seuls ses doigts fins, froids et délicats agrippaient fermement l’épaisse couverture de lin, y dessinant de raides nervures dans les plis crispés qu’ils faisaient, laissant ainsi présager l’angoisse qui l’animait. Alors que sa main gauche, elle, tremblante, venait tapoter délicatement le haut de sa poitrine, cherchant par ce moyen affectif à réduire la vitesse de son cœur, pour enfin, après à-coup, se poser sur son subtil collier d’argent et le saisir avec force, comme s’il fallait cramponner quelque chose pour se rattacher à la réalité. Cependant que le sifflement cadencé de sa respiration bouleversée et enrouée dans un bruit étouffé, ne pu prendre fin que lorsqu’elle expira profondément pour se calmer en caressant son visage des deux mains, et levant la tête vers le ciel, l’air dévote en espérant d’être préserver d’un mal qu’elle redoutait. Avant que sa main aille chercher maladroitement l’interrupteur de la lampe de chevet qui éclaira subitement la pièce via une lueur froide. Accroissant l’ombre des meubles sur les murs, rendant l’atmosphère de la chambre plus troublante et pâle. Seule l’imposante bibliothèque n’était pas projetée, faisant face à la lampe et au lit, la lumière l’écrasait de ses rayons.
En dégageant sa couverture une odeur de bois de Santal s’était évadée, attirant paisiblement son attention cristallisée sur le miroir près d’une grande fenêtre à carreau. Elle s’y reflétait sans se voir. L’odeur lui faisait un grand bien, elle provenait d’un petit coffret rectangulaire, très ancien, sur lequel était dessiné un joli motif oriental, d’un bleu saphir. Elle avait oublié de le déposer sur la table de nuit avant de s’endormir avec. L’habitude d'inhaler régulièrement l’odeur avant de se coucher, calmait le mal dont elle souffrait trop. Le médecin, dans une posture compassionnelle, avait dit que son malheur venait de ses poumons, que ce serait chronique, et que les médicaments iraient malheureusement de pair avec sa vie, qu’il fallait ménager avec beaucoup de contrainte. La pauvre Ambroise voyait ainsi sa liberté livrée aux violences d’une toux qui pourrait lui être fatale. Dans tout les cas le médecin savait qu’elle le sera un jour, c’était une question de durée. Elle était donc depuis sa jeune enfance, tellement sauvegardée et isolée, qu’elle se comparait, avec autodérision, à une œuvre d’art dont la fragilité finissait par être paradoxalement le comble de sa tragédie.
Après un court moment à se rappeler le visage aimable et avenant de sa défunte grand-mère, lui ayant offert cet écrin un jour de pluie en guise de remède bien plus efficace que ceux du médecin pessimiste. Elle se décida non sans peine d’aller boire un verre d’eau, pensant devoir oublier cette péripétie de fin de nuit qui ajoutait de la quantité à la récurrence du phénomène. Le froid semblait vouloir l’en dissuader, en léchant ses épaules et chevilles découvertes qui montraient une innocence de peau de lait, trop tentante pour ne pas lui faire gouter l’ardeur d’une fraicheur désagréablement omniprésente. Mais c’est le sentiment de crainte, souvenir de cauchemar, qui fut plus décourageant. Tel un terrible flash, prestement ressenti au contact du pied nu sur le sol d’aloès, déclenche mécaniquement une toux véhémente, entrainée par de fortes convulsions spasmodiques, l’amenant péniblement vers la boîte d’une manière précipitée et désordonnée. Puisque seule l’odeur de la précieuse écorce aller être l’unique moyen d’enrayer temporairement la crise.