Le Monde de L'Écriture – Forum d'entraide littéraire

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Le Monde de L'Écriture » Coin écriture » Textes courts (Modérateur: Claudius) » Monsieur Friedlander

Auteur Sujet: Monsieur Friedlander  (Lu 1736 fois)

Hors ligne Loupiotte

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Monsieur Friedlander
« le: 09 Janvier 2014 à 00:42:14 »
La force des coups s’intensifiait.
Dans un tremblement incoercible, je maugréais une dernière supplication.

-   Je t’en prie Papa !
-   Je n’ai pas le choix, chérie. Tout ira bien. Aies confiance en ton père. Fais ce qu’ils t’ordonnent, et tout ira bien.

Sa voix contrastait avec la signification des mots.
A cet instant, le regard bovin de mon père m’inspira un profond dégout. Je m’efforçais de garder cette pensée pour moi.
Mon esprit hurlait, mais la voix me faisait défaut.

Comment leur expliquer que je savais ce qui suivrait ? Comment leur faire comprendre que la déférence, en pareille situation, nous tuerait ? Je ne savais pas moi même par quel miracle je le savais, mais je le savais…

Les aboiements des hommes derrière la porte eurent raison des dernières hésitations de mon père.
Il se dirigea vers l’entrée d’un pas qui se voulait décidé.
Avant de tourner la poignée, il remit maladroitement de l’ordre à ses vêtements, comme pour tenter de sauver le peu de dignité qui lui restait.

Les hommes poussèrent énergiquement la porte qui s’entrouvrait, bousculant du même coup mon père.
Il s’efforça de prendre un ton posé.

-   Entrez je vous prie.

Les hommes n’avaient pas attendu son invitation, et agissaient dans notre maison comme en pays conquis.

De toute sa spontanéité habituelle, ma mère se dirigea vers les visiteurs importuns.

-   Nous allions justement passer à table ! Je vous sers quelque chose ?

L’un d’eux la regarda d’un air mauvais.
Ignorant sa proposition, il sorti une liste de sa poche.

-   Monsieur Friedlander ?

Mon père répondit sans ambages. Il brandissait son nom avec fierté.

-   Oui. Joseph Friedlander.
-   C’est votre famille ? – Questionna l’homme d’un ton amer sans lever les yeux de sa liste.
-   Oui.

Le silence s’installa. L’homme posa furtivement son regard sur nous, et entrepris une conversation incompréhensible avec ses collègues.

Un raz de marée d’angoisse m’envahit. Comme pour fuir l’ignominie de ce spectacle, je posais mon regard sur la fenêtre pour admirer la course des goutes de pluie sur la vitre.
D’instinct, je me collais à mon frère pour agripper sa main. J’avais le pitoyable espoir que si je serrais assez fort, il comprendrait que nous aussi, malgré les consignes paternelles, nous devions imiter les goutes de pluie et nous mettre à courir.

L’homme qui tenait la liste se mit à vociférer.

-   Prenez des affaires ! Le strict minimum ! Rapidement !
-   Où allons nous ? - Demanda mon père avec le pragmatisme d’un enfant.

La fureur dans le regard, l’homme se tourna violemment vers mon père.

-   A partir de maintenant, vous ne posez plus de question. Vous faites ce que l’on vous dit.

Mon père hocha la tête en signe d’acquiescement. Il ne m’avait jamais paru si vieux. Ses traits étaient usés, ses inspirations hachées, et ses épaules se voutaient.

Les hommes, jusque là bien campés sur leurs pieds, commencèrent à s’agiter dans notre intérieur.
Comme je l’avais prédit, ils prenaient déjà possession des lieux.

Je savais ce qui allait se passer. J’avais tenté de les prévenir. J’avais hurlé sans que ma voix n’émette un son. J’avais tenté de courir sans parvenir à me déplacer.
Pourtant, il fallait que je les sauve.

-   Viens chérie.

Ma mère m’attira dans sa chambre. Un des aboyeurs nous surveillait.

-   Prends quelques affaires. Tiens voilà un pull chaud. On va prendre quelques robes aussi…

Le colosse qui nous servait de garde lui arracha aussitôt la robe qu’elle tenait dans ses mains.

-   Ca ne sera pas utile.

Il posa son regard sur la main de ma mère. Un éclat calculateur apparut dans ses yeux.

-   Cette bague ! Elle ne te servira pas non plus là où tu vas !

Il empoigna le bras de ma mère pour lui arracher le bijou qui refusait de céder.

-   Non ! Je vous en prie, pas ma bague !

Les sanglots étouffaient sa voix.
Cette bague avait appartenu à ma grand-mère. C’était un bijou de famille.
Le visage informe de notre chien de garde vira au rouge. Les tendons saillirent de son cou, et une veine rageuse apparut sur son front.

-   Je t’ai dit qu’elle ne te servirait pas là où tu vas !

Il ajouta dans un rictus ironique :

-   D’ailleurs, là où tu vas, rien ne te servira !

Dans la pièce attenante, deux autres hommes discutaient.
Les pleures de ma mère me volaient leurs paroles.

Alors que ma famille obéissait dans une soumission déconcertante, j’observai la scène comme si je n’en faisais plus partie.
Je l’avais déjà vécue de nombreuses fois. J’en connaissais le début, le milieu, et la fin.
Je pensai alors qu’en me concentrant assez fort, j’en serais peut être libérée.
Je n’y parvins pas.
Je me dis que si par le fruit de je ne sais quel miracle, je connaissais l’histoire, je devais certainement, par ce même miracle, pouvoir la changer.

Dans le couloir, je me trouvai nez à nez avec l’un des hommes en uniforme.
Nous nous observâmes en chien de faïence durant quelques instants.
Sans jamais prononcer un mot, je laissai nos yeux communiquer.
Une lueur d’humanité apparut au fond de sa pupille.

-   Juste toi ! Je ferme les yeux. Tu as dix secondes.

Mon cœur cessa de battre, mais je continuai sans lui.

-   Non je ne pars pas sans eux ! Je vous en prie…
-   J’ai dit, dix secondes – Conclue t-il sèchement.

Il ferma les yeux et se mit à compter à rebours comme pour jouer à cache-cache. Un cache-cache sinistre.
Je tressaillis.
Un raisonnement intérieur rapide comme l’éclair s’opéra en moi.
Si je restais, nous n’avions plus aucune chance.
Si je fuyais, je gagnais du temps. Le temps de les sauver.

-   8, 7, 6…

Je m’échappai avec la discrétion d’une ombre.

*****

Repensant au goutes de pluie sur la vitre, je me mis à courir.
Poursuivant ma course effrénée, je me dis en moi même : - Les goutes ne regardent jamais derrière elles. Elles vont de l’avant. Ne te retourne pas.
Je courrai de toutes mes forces. Je courrai, m’efforçant de regarder droit devant, sans prêter attention à l’effroyable spectacle qui se produisait autour de moi, et dont je connaissais la chute.

Je trébuchai. Mes yeux se posèrent sur un renfoncement, et sans réfléchir, je rampai jusqu’à lui pour m’y accroupir, à l’abris des regards.
J’avais toujours été douée à cache-cache.

Par je ne sais quel mystère insondable, et alors que j’avais couru sans arrêt durant plusieurs minutes, je pouvais voir de ma cachette la maison de mes parents.

L’homme à la liste sorti en premier, suivi de mon père, de ma mère, et de mon frère.
Ils tenaient chacun un sac ridicule.
De là où j’étais, je percevais la main de ma mère. Elle ne portait plus sa bague.

Mon père s’approcha de ma mère. Il lui susurra discrètement quelque chose à l’oreille.
Je savais qu’il parlait de moi et demandait où j’étais. Je lis sur son visage la plus haute inquiétude. Mon insubordination l’avait toujours inquiété.

J’observai ma famille qui ne tardait pas, comme le leur indiquait l’officier, à rejoindre une file de gens aussi démunis qu’eux, aussi juifs qu’eux.

L’histoire se déroula alors devant mes yeux. Le Vel d’hiv, les camps de travail, … l’Histoire.

Comme à chaque fois que j’avais fait ce rêve, je réalisais que je ne pourrai pas les sauver, ni me sauver moi.
Je savais que je n’allais plus tarder à me réveiller. J’étais toujours libérée de mon cauchemar au même instant.

Tel un chat qui en a finit d’observer le monde depuis sa cachette, je sortis de mon trou.
La tête droite, je rejoignis ma famille. J’irai où elle irait. C’était nous tous ou personne.

*****


Mon oreiller était trempé de sueur. Mes yeux pleuraient. Mon cœur cognait et mes membres tremblaient.
Encore haletante de ma course, je me laissai le temps de recouvrer mes esprits.
J’avalai une gorgée d’eau, et imbibai mon visage du reste de la bouteille.

J’avais fait ce même rêve des dizaines de fois. La précision des évènements était frappante.

Je me levai, les jambes presque courbaturées.
D’un coup d’œil, je vérifiai que tout était normal. Mes parents et mon frère dormaient tranquillement.

« Ca ne peut pas se reproduire » - Me rassurai-je.

Alors que je me dirigeai vers mon lit, je me surpris à chercher des petits coins. L’incohérence de mes actes m’étonna.
Mon regard se posa sur un panier à linge susceptible de contenir une personne.

«  Ca ferait une bonne cachette » - Me dis-je.

Je fus surprise de ma propre pensée.
Au fond de moi, je savais que l’homme n’apprend pas de ses erreurs.
Au fond de moi, je savais qu’il était capital de ne pas oublier.










Hors ligne Erwan

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Re : Monsieur Friedlander
« Réponse #1 le: 10 Janvier 2014 à 14:31:22 »
La présentation de ton texte, avec tout ces sauts de lignes, me paraît un peu trop aérée, c'est presque excessif, je trouve.

Citer
et entrepris une conversation incompréhensible avec ses collègues.
-> pourquoi incompréhensible ? La seule explication semble être qu'ils parlent une langue étrangère, mais on s'attendrait à ce que tu le précise, c'est quand même important.

Citer
Demanda mon père avec le pragmatisme d’un enfant.
-> je comprends très bien ce que tu veux dire, mais le mot pragmatisme ne me parle pas plus que ça dans ce contexte. Les enfants ne me paraissent pas particulièrement pragmatiques...

Citer
Il ajouta dans un rictus ironique :

-   D’ailleurs, là où tu vas, rien ne te servira !
-> Dommage, ça lève les incertitudes. Jusque là tu avais maintenu l'ambiguité, même si je me doutais de ce dont il était question, il restait un doute, et c'était bien. Là, on pense tout de suite aux camps de la mort.

Citer
-   Juste toi ! Je ferme les yeux. Tu as dix secondes.
-> La façon dont tu amènes ce revirement de situation mériterait d'être approfondi. Là c'est un peu comme un cheveux sur la soupe. Une description plus poussée de ce gardien généreux ?  Peut-être que son attitude corporelle trahit ce qui se passe dans sa tête ?

Citer
Si je fuyais, je gagnais du temps.
-> problème de temps. c'est un conditionnel, je pense : donc gagnerais.

Citer
Repensant au goutes
-> gouttes

Citer
Les goutes ne regardent
-> gouttes

Citer
De là où j’étais, je percevais la main de ma mère. Elle ne portait plus sa bague.
-> Ça me parait peu crédible, il faut être près pour voir une bague à un doigt. À moins que celle ci soit particulièrement voyante, auquel cas ce serait peut-être mieux que tu le précise.

Citer
L’histoire se déroula alors devant mes yeux. Le Vel d’hiv, les camps de travail, … l’Histoire.
-> Bon, cela s'explique par la suite, car c'est un rêve. Mais tant que l'on ne sait pas que c'en est un, c'est un peu déroutant. On se demande si elle n'est pas devin, la fillette.

Citer
« Ca ne peut pas se reproduire »
-> Ça

Citer
je me surpris à chercher des petits coins.
-> Euh, étrange formulation, pas très élégante. Petit coin, ça fait penser à autre chose qu'une cachette...  :-¬? Recoins ?

Citer
«  Ca ferait une bonne cachette »
-> Ça

Globalement, ton texte est agréable à lire, je trouve que tu emmènes bien le lecteur en lui faisant comprendre petit à petit de quoi il retourne. La chute, et le récit rêvé sont inattendus. Les personnages de la famille sont bien construits, mais je trouve les bourreaux beaucoup moins convainquant. Il faudrait les décrire plus précisément, en particulier celui qui laisse une chance à la fillette. Ce sont peut-être des "méchants", mais il faut accorder le même soin à ces personnages qu'aux autres protagonistes, à mon avis. Ce serait le point améliorable que je noterais sur ton texte, s'il devait y en avoir un.

Voilà, sinon une lecture intéressante !  ;)

Hors ligne ran01

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Re : Monsieur Friedlander
« Réponse #2 le: 10 Janvier 2014 à 17:22:50 »
j'ai bien aimé ton texte ^^
j'ai assez vite compris de quoi ça parlait mais j'ai encore le texte d'une amie sur un sujet similaire en tete
« Modifié: 10 Janvier 2014 à 17:43:19 par ran01 »
Âme blanche et pure comme la neige
Semblable a un bourgeon qui s'epanuit
Un enfant

Hors ligne Alex

  • Aède
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Re : Monsieur Friedlander
« Réponse #3 le: 10 Janvier 2014 à 18:15:22 »
Dans l'ensemble, j'ai beaucoup appréciée ton écriture fluide et vivante, je t'ai lue sans mal, avec plaisir même.  ^^
Je vais quand même faire quelque remarques sur la forme, histoire que ce soit constructif, et des remarques sur le fond parce que, pour des raisons personnelles, je suis très pointilleuse sur cette période de l'Histoire  :-[


Citer
Sa voix contrastait avec la signification des mots.

Je bute sur cette phrase sans vraiment savoir pourquoi. De "ses mots" peut-être ? Ou bien c'est signification qui me dérange parce que justement je trouve que sa phrase ne veut pas dire grand chose, c'est une fuite en quelque sorte...

Citer
De toute sa spontanéité habituelle, ma mère se dirigea vers les visiteurs importuns.

-   Nous allions justement passer à table ! Je vous sers quelque chose ?

Euh... Une femme juive pendant la guerre qui invite des allemands à partager son repas alors que sa famille survit grâce aux tickets de rationnement ? Désolée mais j'ai un peu de mal à y croire  :/


Citer
et entrepris une conversation incompréhensible avec ses collègues.
-> pourquoi incompréhensible ? La seule explication semble être qu'ils parlent une langue étrangère, mais on s'attendrait à ce que tu le précise, c'est quand même important.

Pour ma part, ça ne m'a pas dérangé mais c'est peut-être parce que j'ai tout de suite compris de quoi il s'agissait et qu'il m'a donc parut évident qu'ils parlaient allemand.

Citer
je me collais à mon frère pour agripper sa main

Je trouve le verbe "coller" soudainement familier par rapport au reste du texte, ça donne un peu l'impression que tu ne trouvais pas d'autre mot ^^ Peut-être "me serrais contre" ?

Citer
La fureur dans le regard, l’homme se tourna violemment vers mon père.

Il a toute la fureur du monde dans le regard ? Je trouve la formulation un peu maladroite. "Le regard plein de fureur" ? Mais je ne suis pas sûr que la fureur soit vraiment le sentiment adapté... Je le verrais plus condescendant, hargneux, violent, mais je e vois pas pourquoi il serait furieux (ça impliquerait que M. Friedlander ait touché une corde sensible d'une façon ou d'un autre je pense).

Citer
Il ajouta dans un rictus ironique :

-   D’ailleurs, là où tu vas, rien ne te servira !

Là, c'est d'un point de vue historique que ça cloche je trouve. Les allemands qui ont arrêté les juifs ne savaient pas qu'ils allaient tous être assassiné. Ils croyaient juste les envoyer dans des camps de concentration pour qu'ils soient "utiles aux ariens et qu'ils ne contaminent pas la race" mais très peu de gens savait pour les camps d 'extermination. Et puis si le soldat avait sous-entendu si clairement qu'ils allaient mourir, est-ce que sa mère n'aurait pas dû se mettre à paniquer ? Surtout si elle refusait d'y croire jusque là...

Citer
Les pleures de ma mère me volaient leurs paroles.

Les pleurs  :) Et "volaient" c'est un peu étrange mais pourquoi pas. Le plus étrange, c'est finalement que les deux hommes de parlent pas allemand cette fois  :-¬?

Citer
Le Vel d’hiv

Hum... Au moment de la rafle du Vel' d'Hiv', ce sont les français qui ont raflés les juifs, pas les allemands... Mais peut-être que tu ne fais que le mentionner et que ce n'est pas à ce moment que se passe ton histoire :)

Enfin je rejoins l'avis d'Erwan sur le passage du soldat qui la libère : on dirait qu'il fait ça comme ça : "oui, de temps en temps, j'aime bien sauver une vie ou deux, ça me détend"  ;) Plus sérieusement, les soldats ne libéraient pas les juifs parce que ça leur coûtait la vie, et pas parce que c'étaient des monstres... Si un membre de la famille avait disparu sous a surveillance d'un soldat, il aurait eu a en répondre (au chef hargneux?) et il y aurait eu une recherche, au moins un minimum...

J'ai l'air de beaucoup critiquer mais je trouve tout le reste vraiment très bien.  :coeur: Vas-tu continuer cette histoire ?

Hors ligne vinksdarkso

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Re : Monsieur Friedlander
« Réponse #4 le: 10 Janvier 2014 à 19:14:16 »
Bon texte, j'ai aimé, et ce pour plusieurs raison,  à la fois subjectives et objectives.

Objectivement: Bien écrit, fluide,  le dialogue, les descriptions et l'ambiance y sont bien retranscrites, on se laisse prendre par l'intrigue, ce qui est un détail non négligeable, et même primordial. Le passage ou elle sort de la maison manque un peu de précisions, je n'ai pas bien compris comment elle à fait pour pas se faire remarquer...

Il manque un peu de description de lieu, notamment sur l'environnement extérieur à la maison, la nuit, le jour? etc. Le coup de la liste me parait un peu étrange, en générale, les officier SS savaient très bien à qui ils avaient à faire avant d'entrer dans une maison, ils étaient pas là pour faire les courses... Je ne suis même pas sur qu'ils toquaient! Mais après tout, le personnage rêve donc même si il y'a des incohérence, ça passe.


Subjectivement:

En ces temps délétères qui semblent propices à de vieux relans antisémites et à une certaine hétérogénéité communautaire qui sent fortement la quenelle. Je crois qu'il est bon de rappeler qu'on est pas du tout "protéger" des méandres de l'inhumanité, dont seuls la race des hommes est capable. Le racisme est comme la tolérance, il est universel, il n'a pas de couleur, pas de drapeau, mais à l'inverse de la tolérance, on le reconnait facilement: il cherche à monter une partie des hommes contre une autre. J'espère que ton texte en fera réfléchir certains !

Espérons que cela demeure un mauvais rêve...
« Modifié: 11 Janvier 2014 à 11:28:17 par vinksdarkso »
"La fiction, c’est la part de vérité qu’il existe en chaque mensonge." Stephen King

Hors ligne Loïc

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Re : Monsieur Friedlander
« Réponse #5 le: 11 Janvier 2014 à 00:11:01 »
J'ai bien aimé... jusqu'à la fin. En gros, à partir du moment où c'est un rêve (voire celui où elle choisit de pas se barrer mais c'est moins grave selon moi), j'ai trouvé ça dommage. J'ai trouvé que tu entrais plus facilement dans les clichés, dans le ton "moralisant" (rien de mieux, désolé) et je me suis détaché de ton personnage pourtant intéressant.
En effet, le reste, je l'ai trouvé fluide, intéressant, prenant même, avec un personnage qui donne envie de s'intéresser à lui...
mais la chute me semble vraiment à revoir.
"We think you're dumb and we hate you too"
Alestorm

"Les Grandes Histoires sont celles que l'on a déjà entendues et que l'on n'aspire qu'à réentendre.
Celles dans lesquelles on peut entrer à tout moment et s'installer à son aise."
Arundhati Roy

Hors ligne Loupiotte

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Re : Monsieur Friedlander
« Réponse #6 le: 12 Janvier 2014 à 15:55:09 »
Bonjour!
Tout d'abord merci à tous pour vos nombreux commentaires qui me sont très utiles.

@ Loic: Je comprends ce que tu veux dire pour la chute. C'est vrai que j'aurais pu la faire continuer à se battre. C'est d'ailleurs ce que j'aurais fait dans le cadre d'un roman par exemple. Pour cette nouvelle c'est vrai que c'est ce qu'il m'est venu à l'esprit, peut être car je me suis souvent demandé ce que j'aurais fait en pareille circonstances... Certainement l'instinct de survie, mais après tout si tous les tiens ne sont plus là, c'est discutable, je n'ai pas de réponse ferme  :-[.
Merci en tous cas pour les compliments et pour m'avoir lue.

@Vinksdarkso: Merci à toi. Je suis contente de t'avoir touché. J'ai bien pris notes de tes remarques sur le fond et je suis assez d'accord. D'ailleurs je suis en train de revoir mon texte, et j'ai enlevé le mot liste car effectivement c'était un peu incohérent, mais je pense le remplacer quand même car à la lecture de certains ouvrages sur le sujet, les policiers avaient bien des listes. On peut le voir dans les films également. Mais la fille n'a pas a savoir que c'est une liste pour autant, elle voit au mieux un morceau de papier.
Pour le moment où elle s'enfuit, oui c'est assez laconique. C'est le coté rêve mais tu as raison ça gagnerai à être précisé.
Merci encore, et c'est vrai que ces temps ci donnent à réfléchir...

@ Alex: Merci tes remarques sont très constructives et intéressantes. Je réecris le texte en prenant compte de tout ça, j'en reposterai une nouvelle version j'espère que tu pourras la lire...
Par contre, il s'agissait bien de la rafle du vel d'hiv, mais c'est de ma faute, j'ai induit en erreur le lecteur en disant qu'il parlait une langue incompréhensible. Mais c'était bien de la police française dont il s'agissait. Et du coup tu as raison, ils ne pouvaient pas savoir que "la où ils allaient, rien de leur serviraient".
Ceci dit c'est un rêve et la fille qui rêve sait tout ça, donc elle le met dans la bouche de ces hommes dans le rêve, mais je crois en effet qu'il est préférable de rester cohérent jusqu'au bout, et d'amener la chute du rêve d'un coup à la fin. Mais il faut qu'on y croit jusqu'à la fin.
Et tu as bien raison d'être pointilleuse sur cette partie de l'histoire!
Merci

@Ran01: merci de m'avoir lue  ;)

@ Erwan: merci à toi aussi pour tes remarques pertinentes. Tu as raison, le fait que l'homme la libère arrive un peu comme un cheveux sur la soupe, j'essaye d'y travailler et de rentrer dans une description plus approfondie des bourreaux.
Au début, j'avais fait discuter la fille avec l'homme, elle essayait de négocier, elle le suppliait mais j'ai trouvé que ça manquait encore plus de crédibilité. Du coup je me suis dit qu'étant dans un rêve, il valait mieux peut être l'amener subitement.
Si tu as une idée pour amener ça mieux je suis preneuse  :-[.
Merci encore

Merci à tous, gros bisou, et au plaisir de vous lire!

Hors ligne Erwan

  • Grand Encrier Cosmique
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Re : Monsieur Friedlander
« Réponse #7 le: 14 Janvier 2014 à 19:20:51 »
Citer
Au début, j'avais fait discuter la fille avec l'homme, elle essayait de négocier, elle le suppliait mais j'ai trouvé que ça manquait encore plus de crédibilité. Du coup je me suis dit qu'étant dans un rêve, il valait mieux peut être l'amener subitement.
Si tu as une idée pour amener ça mieux je suis preneuse  :-[.

Vu qu'on est dans un rêve, tout est possible effectivement. Et je pense que tant qu'à faire, il vaut mieux faire court que long et pas convainquant. Cependant, je me serais attendu à ce que tu développe, même juste un peu, le passage sur le regard.

Citer
Nous nous observâmes en chien de faïence durant quelques instants.
Sans jamais prononcer un mot, je laissai nos yeux communiquer.
Une lueur d’humanité apparut au fond de sa pupille.

-   Juste toi ! Je ferme les yeux. Tu as dix secondes.

Le type qui prend cette décision risque quand même gros. Donc il ne prend pas cette décision à la légère, sur un coup de tête. Là, c'est l'impression que ça donne. Tu pourrais décrire son visage qui trahit son hésitation, le combat intérieur qui doit avoir lieu en lui à cet instant, quand leurs regards se croisent. Et laisser entendre que cette décision n'est pas simple pour lui. Il pourrait avoir une attitude corporelle qui trahit sa gène. Il est sans doute très mal à l'aise face à cette jeune fille, sachant ce qu'il lui fait vivre. Il est aussi sans doute anxieux de faire ce qu'il fait. Il pourrait au moins jeter un regard pour vérifier que personne ne le voit faire ce qu'il s'apprête à faire. Il pourrait chuchoter, être tendu, bref tu comprends le principe... Il faut informer le lecteur de ce qui se passe dans la tête de ce bourreau, et cela peut être fait par une description de son attitude corporelle, son expression faciale, le ton de sa voix, sa gestuelle. Après, c'est ton personnage, donc à toi de choisir ce qui le décrit le mieux.  ;)

Hors ligne Loupiotte

  • Plumelette
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Re : Monsieur Friedlander
« Réponse #8 le: 14 Janvier 2014 à 22:28:47 »
Merci beaucoup erwan! Tu as de bonnes idées,  je vais y travailler et posterai le resultat! Je vais essayer de simplifier quelques phrases aussi que je trouve un peu pompeuses pour pas grand chose finalement! 
Merci encore  :P  :-[

 


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