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Le Monde de L'Écriture » Coin écriture » Textes courts (Modérateur: Claudius) » Des flocons pour Edwige.

Auteur Sujet: Des flocons pour Edwige.  (Lu 1778 fois)

Hors ligne Musyne

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Des flocons pour Edwige.
« le: 27 Décembre 2013 à 19:46:00 »
Un petit conte de Noël, à lire avec ça en fond musical, si vous en avez envie :)
Bonne lecture !


     Quelques flocons tombaient paresseusement sur l’herbe givrée. Un nuage de buée se forma sur la vitre lorsqu’Edwige souffla. Son index potelé s’y posa immédiatement et dessina un soleil plein d’enfance.
─ Papa ! Viens voir ! Il neige !
Elle se retourna, un sourire en banane illuminant son visage poupin parsemé de taches de rousseur. Un jeune quarantenaire mal rasé se leva tant bien que mal du canapé dans lequel il était enfoui, absorbé par un programme quelconque de télévision. Il se dirigea vers la fenêtre et posa une main épaisse sur l’épaule de sa fille.
─ Nous allons passer Noël sous la neige, dirait-on.

     Les flocons semblaient s’être passé le mot et dansaient maintenant une gigue féérique. L’herbe commençait à blanchir sous leur éclat gelé. La voix flûtée d’Edwige piailla :
─ Youpie !
Elle sautilla sur place, tourbillonna sur elle-même, petit flocon de chaleur en pamoison devant ses microscopiques cousins. Son père rit légèrement, gagné par le bonheur de la jeune fille. Puis, comme si ce rire avait été une erreur, il se referma de nouveau ; de lourds nuages s’imposèrent dans son regard clair. Il contint un soupir amer, pour ne pas gâcher le bonheur de la petite Edwige qui avait déjà recollé son nez sur la vitre. Elle retenait son souffle cette fois, pour ne pas voiler la vision merveilleuse du petit jardin qui se recouvrait d’un léger duvet cotonneux. Elle tourna ses grands yeux bleus vers lui :
─ Je peux aller jouer dehors, Papa ?
─ Il fait trop froid, Pépète.
─ S’teuplêêêêt !
Le père céda. Comment ne pas céder ?
─ Habille-toi chaudement, alors. Tu mets tes gants, ta capuche. Et tes bottes.
─ Ouiiii !

     Sa voix était un chant d’enthousiasme, une ode à la vie. Comme un papillon, elle s’envola vers sa chambre, virevoltante, légère. Edwige : sa lumière, son amour. Il se rassit et s’enfonça dans le canapé, camouflant entre deux coussins le vide à ses côtés, la chaleur qui lui manquait. Il jeta un regard dépourvu de vie vers le sapin couvert de guirlandes désordonnées, de boules colorées. Une étoile d’argent trônait à son extrémité, jetant son éclat froid dans la pièce. Cette nuit, il se lèverait pour entourer l’arbre de paquets multicolores et chatoyants ; dès le matin, les cris de joie d’Edwige lui feraient faire un pas de plus, encore un pas. Rien que pour elle, puisqu’il n’y avait plus qu’elle.
─ Papa, je suis prête ! Tu viens avec moi ?

     Elle glissa devant lui tel un lutin farceur, les bras levés vers le plafond. Elle était emmitouflée comme un esquimau et son petit nez retroussé dépassait, rose et appétissant, des multiples couches de tissu.  Elle avait même mis un bonnet sous sa capuche.
─ Non, Pépète. Je n’en ai pas envie.
La mine rieuse d’Edwige se fana, juste un peu. Juste assez pour que la joie dans son regard se délite et disparaisse derrière un iris ombragé.
─ On pourrait faire des bonhommes de neige, tous les deux ! Allez !
Mais Edwige voyait bien que c’était inutile. Elle savait qu’elle l’avait perdu, depuis longtemps déjà. Il secoua la tête, comme à chaque fois.
─ Vas-y sans moi. Je te déclare officiellement Miss Bonhomme de Neige 2013 !
Un sourire fugace anima son visage. Elle courut vers la porte d’entrée qui claqua derrière elle. Pierre se renfonça dans le canapé, changea de chaîne et se perdit dans le détachement télévisuel.

     Edwige, elle, pénétra dans l’univers enneigé du jardin. Malgré le froid qui régnait en maître en ce 24 décembre, elle sentait le sang affluer à ses joues et l’envelopper d’une tiédeur bienfaisante. Seul le vent qui soufflait par brèves saccades lui rappelait l’hiver. Et la neige, évidemment, toute cette neige ! Les flocons avaient tellement grossi qu’ils s’écrasaient lourdement sur sa veste, ses bottes, son écharpe, laissant de petits points mouillés et scintillants. Edwige s’avança sur l’herbe qui crissa sous ses semelles en plastique, à la fois croustillante et moelleuse, comme une omelette norvégienne. Elle leva le nez vers le ciel et ouvrit la bouche, les yeux fermés, pour avaler ces étoiles glacées qui tombaient du ciel. Elle tourna ensuite sur elle-même en laissant son rire s’envoler, les bras étendus. La tête lui tourna vite et elle tomba en riant aux éclats, tellement vivante, tellement joyeuse. Allongée au sol les bras en croix, elle ouvrit les yeux sur le tourbillon blanc qui fondait sur elle : un vertige la gagna alors qu’elle observait le ballet incessant des flocons qui chutaient sans répit. Il lui sembla avoir quitté son monde pour pénétrer dans un univers fait de neige, de vent et de nuages gris. Et d’un silence que rien ne venait troubler.

     Ce fut ce silence qui la fit finalement se redresser. C’était trop inhabituel, trop gênant, tant de silence. Presque choquant ! Edwige regarda autour d’elle : une brume blanche l’entourait, et les flocons dansaient toujours, nombreux et épais, aériens. Ils étaient regroupés autour d’elle, attirés par sa chaleur et son petit nez rose si mignon. L’un d’eux se posa dessus pour y mourir aussitôt. Edwige chassa du bout du doigt la petite goutte qu’il y avait laissée. Elle se leva, lentement. Elle n’y voyait pas à un mètre et ce brouillard opaque l’inquiéta soudain. Elle se dirigea vers la porte de la maison, à l’aveugle, mue par le besoin irrépressible de regagner son foyer et son père. Elle fit quelques mètres sans rencontrer aucun obstacle. Rien. Pas même la porte. Était-elle si loin ? Le doute s’insinua en elle, ainsi que le vent froid qui jouait avec les mèches de ses cheveux. Edwige frissonna. Elle avança encore, droit devant elle. Aucune porte ne se profila dans son horizon gris. Les flocons se moquaient d’elle, maintenant. Toute chaleur l’avait désertée, et elle entourait son corps de ses bras pour tenter vainement de se réchauffer, de se réconforter. « Je ne dois plus être loin, le jardin n’est pas si grand ! » pensait-elle. Pourtant, elle aurait dû trouver les marches du perron déjà. « Et si je m’étais trompée de direction ? J’étais pourtant sûre… » Fallait-il faire demi-tour ? Mais si la maison n’était de ce côté, de quel côté était-elle ? Une bourrasque souffla à son oreille, comme un rire méchant qui lui aurait dit « Ouhouhouh, tu es perdue, ouhouhouh ! » Mais on ne pouvait pas se perdre dans son jardin, n’est-ce pas ?

     Une larme coula sur la joue d’Edwige et rejoignit le sol blanc où elle creusa une tombe miniature dans laquelle elle mourut. Ses bottes s’enfonçaient dans la neige épaisse et lourde, pas après pas. D’autres larmes naquirent des grands yeux écarquillés qui tentaient vainement de percer l’épais rideau de brouillard. Edwige n’y comprenait plus rien et son petit cœur était étreint par le froid. Elle appela, de sa voix la plus forte, elle s’égosilla même, hurlant autour d’elle, vers toutes les directions : « Papa ! Papa ! Papaaa ! » Et le vent répondait, implacable : « Ouhouhouh, tu es perdue, ouhouhouh ! » Alors Edwige s’assit sur le sol recouvert de neige, se recroquevilla et pleura à chaudes larmes dans son univers gelé.

     Les flocons poursuivirent leur danse silencieuse et s’amoncelèrent sur le petit corps qu’un sanglot agitait parfois. Cruels petits flocons, eux qui avaient éveillé en leur victime tant de bonheur auparavant ! Oh, nombreux étaient ceux qui mouraient en touchant les vêtements de la fillette, mais leur nombre sans cesse croissant eut raison des quelques miettes tièdes qui demeuraient. Parfois, Edwige les chassait de ses mains gantées, mais bientôt les gants furent entièrement mouillés et le froid mordit ses doigts potelés. Elle imaginait qu’elle se levait et marchait vers sa maison, qui était toute proche. Son père l’attendait sur le pas de la porte et lui ouvrait grand ses bras. Elle s’y précipitait, petite fille apeurée et frigorifiée, et sa douce tiédeur l’enveloppait, protectrice, salvatrice. Mais le plus souvent, elle l’imaginait, morne et vide, enfoncé dans le canapé. Il n’entendait pas ses petits poings qui tambourinaient sur la porte ni son appel désespéré.

     Les images parvenaient à son esprit sans jamais l’atteindre vraiment. Il avait dû changer de chaîne au moins dix fois depuis qu’Edwige était sortie. Aucune importance, rien n’avait d'importance. La flambée de feu du matin s’était bien amoindrie et quelques flammèches léchaient encore une bûche à moitié calcinée. Aucune importance. Il avait toujours froid depuis que son ange avait quitté ce monde. Seul le rire d’Edwige avait encore le pouvoir de faire fondre la gangue de glace qui enfermait durement son cœur.
     La bûche craqua, cela le fit sursauter. Une lumière douce inondait la pièce et projetait des ombres aux contours incertains sur le parquet de bois clair. Pierre cligna des yeux et se redressa. Une odeur flottait dans l’air, une odeur sucrée aux notes florales. Il huma profondément et des larmes glissèrent, silencieuses, sur ses joues. Judith lui manquait tellement ; c’était si douloureux qu’un frisson s’empara de son corps, violemment. Il ferma les yeux et son visage se forma derrière ses paupières closes. Il soupira en dessinant le contour de ses pommettes, de ses yeux en amande, de ses fins sourcils châtains. Il fourragea dans son épaisse chevelure et baisa ses lèvres charnues desquelles s’échappait un souffle tiède qui se mêla au sien. Comme c’était bon d’effleurer son parfum, de renifler sa peau, de s’enivrer de ces gestes oubliés et enfouis dans le temps. Tout son corps se tendait vers ce fantasme que son esprit daignait lui offrir : des ondes de chaleur lui déchiraient les entrailles, magnifiquement lancinantes, langoureusement sublimes. Un abîme s’était ouvert sous lui et, appelé par un souvenir fuyant, un rêve enfui, il n’avait pas même esquissé un geste pour se retenir à la réalité. Il forgea dans son esprit chaque parcelle de peau de la silhouette fine de son ange évaporé, il en caressa chaque détail, jusqu’au duvet clair qui naissait sur la chute de ses reins. Un gémissement lui échappa, sourd et rauque, qui s’envola bien vite vers d’autres cieux, vers son ange.

     Seule, Edwige pleurait. Son corps n’était qu’une sourde souffrance, une tristesse insondable. Ses larmes dégringolaient de ses joues et rejoignaient les cristaux de glace qui couvraient l’herbe. Depuis combien de temps était-elle assise, dans cet endroit qu’elle ne reconnaissait plus, qu’elle ne connaissait pas ? Elle était couverte d’une mince couche de flocons volatiles, qu’elle faisait parfois tomber d’un mouvement d’épaule dénué de force. Le souffle qu’elle exhalait formait un nuage de vapeur grisâtre. La brume s’était emparée d’elle et l’avait avalée tout entière, elle ne voyait pas d’autre explication. Elle vivotait dans le cœur de l’hiver et nul doute qu’elle mourrait. Rejoindrait-elle sa mère, qui était montée au ciel avec les anges ? Le tendre visage lui apparut : les grands yeux clairs, les longs cheveux, le sourire doux et sucré comme un bonbon. Edwige appela sa mère, animée d’une énergie nouvelle. « Maman ! Maman ! Mamaaan ! » Le vent ne se moqua pas et les flocons virevoltèrent. Le rideau de brume s’ouvrit pour laisser apparaître une silhouette diaphane, qui fit naître un sourire sur les lèvres gelées d’Edwige. « Maman ! »

     La silhouette avança vers elle, ses pieds nus flottant sur le sol enneigé sans n’y laisser aucune empreinte. Le vent soulevait la robe d’étoiles et de nuages et les longs cheveux ondulaient, laissant de la poussière de rêves dans leur sillage. L’ange tendit ses bras d’opaline vers l’enfant recroquevillée qui s’y blottit, se gorgeant de la chaleur maternelle. « Maman… » répéta-t-elle encore une fois, d’une voix si légère qu’un souffle aurait pu la briser, avant de poser son visage contre la poitrine palpitante. Une odeur flottait au creux du cou d’albâtre, une odeur florale aux notes sucrées. Elle ferma les yeux, si fort que des larmes en jaillirent encore et glissèrent sur la peau  claire de l’ange maternel. Edwige s’envola.

     Pierre ouvrit les yeux sur un monde froid et vide. Tout son corps vibrait encore sous les caresses de son rêve. Ses lèvres savouraient le miel de baisers fantômes. Des ondes de chaleur le parcouraient de la tête aux pieds, sensuelles, délicieuses, et à la fois si vaines dans la lumière crue de la réalité.
     Il se redressa soudain inquiet, consulta sa montre. Deux heures s’étaient écoulées : où était passée Edwige ? Il se précipita vers la porte d’entrée et l’ouvrit d’un geste brusque. Personne. Le vide qu’il pensait insondable s’accrut soudain et il sombra. Il appela sa fille, d’une voix puissante, tremblante, gagnée par une angoisse sourde et insidieuse. Il hurla son nom jusqu’à ce que les voisins soulèvent leur rideau, inquiétés par cette agitation soudaine et bruyante. Il tomba à genoux sur le paillasson couleur de terre et prit son visage dans ses mains, gagné par des sanglots sans larmes, si profonds que ses larges épaules en étaient secouées.

     « Papa, pourquoi tu pleures ? »

     Edwige se tenait sur le perron, le visage rougi par le froid, couverte de neige. Elle souriait. Non, elle ne souriait pas : elle rayonnait dans les lueurs mourantes du soleil couchant. Pierre la trouva si belle que son cœur battit plus fort dans sa poitrine, diffusant une chaleur nouvelle, qu’il n’avait jamais fait qu’effleurer. « Papa, j’ai volé avec Maman, tu sais… » Il prit sa fille dans ses bras et la serra contre son cœur qui battait si fort que la glace qui l’entourait explosa soudain en un millier de cristaux. « Moi aussi, Pépète… Moi aussi, j’ai volé avec Maman. »

     Ils retournèrent à l’intérieur, dans le petit salon où brûlait un feu resplendissant qui projetait ses lueurs festives dans les moindres recoins. L’étoile d’argent du sapin scintillait joyeusement. Leurs deux cœurs palpitèrent à l’unisson lorsqu’ils sentirent le parfum doux, à la fois sucré et floral, qui flottait dans l’air et les enveloppait d'un amour immense : l’amour d’une mère, l’amour d’une épouse, qui les unissait plus étroitement que jamais.
« Modifié: 28 Décembre 2013 à 00:31:21 par Musyne »

Hors ligne ernya

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Re : Des flocons pour Edwige.
« Réponse #1 le: 27 Décembre 2013 à 20:24:15 »
Citer
Elle se retourna, un sourire en banane illuminant son visage encore poupin parsemé de taches de rousseur.
un peu bizarre peut-être ? ce visage poupin
enfant on comprend depuis un moment qu'il s'agit d'une enfant donc "poupin" me semble être mis là juste pour le mot :/

Citer
Un jeune quarantenaire mal rasé se leva tant bien que mal du canapé dans lequel il était avachi, absorbé par un programme quelconque de télévision. Il se dirigea vers la fenêtre et posa une main épaisse sur l’épaule de sa fille.
sur lequel  ? (on n'est pas dans un canapé, si ? ou alors faudrait plutôt dire qu'il est comme enfoui peut-être)

Citer
Elle sautilla sur place, tourbillonna sur elle-même, petit flocon de chaleur en pâmoison devant ses microscopiques cousins.

pâmoison, non ?
sinon ta phrase me semble un peu tiré par les cheveux, un peu trop chargée en analogie/image. Je veux bien identifier la gamine à un flocon par le fait qu'elle tourbillonne mais ensuite cette idée de pâmoison me semble un peu too much, si tu l'entends au sens d'émotion intense, c'est déjà sous-entendu avant...

     
Citer
Edwige les chassait de ses mains gantées, mais bientôt les gants furent entièrement mouillés et le froid mordit ses doigts potelés.
utile cette seconde précision sur ses doigts ?

Citer
et sa douche tiédeur l’enveloppait, protectrice, salvatrice.
bug ^^

Citer
Aucune importance, rien n’avait aucune importance.
lourd ? utile? je me demande surtout si c'est correct "rien n'avait aucune importance"

Citer
Il fourragea dans son épaisse chevelure et baisa ses douces lèvres charnues desquelles un souffle tiède s’échappait pour se mêler au sien.
un peu lourde comme phrase ?

Citer
Mais ressentir cette chaleur qui l’avait déserté était si réconfortant !
désertée ?

Citer
Il forgea dans son esprit chaque parcelle de peau de la silhouette fine de son ange évaporé,
ça fait un peu beaucoup comme compléments du nom

   
Citer
La silhouette avança vers elle, ses pieds nus flottant sur le sol enneigé sans n’y laisser aucune empreinte.
je trouve ça chelou cette double négation avec "aucune"

C'est tout mignon. Peut-être un peu trop à mon goût. La fin, par exemple, me semble un peu tiré le texte avec cet idée d'amour à transmettre, je n'ai pas tellement vu ça dans le texte, pour ma part. J'ai plus vu une communion entre deux êtres chérissant une même personne. Pour rester dans l'idée de "too much", je trouve que tu fais un peu trop de comparaisons entre les larmes, les flocons, tout ça. Je pense que tu aurais pu élaguer quelques passages qui se répètent. Y a un peu trop de mentions de neige, si tu veux. Ou plutôt un peu trop les mêmes formulations. Ce sont les mêmes comparaisons qui reviennent au fil de ton texte et au bout d'un moment, je trouve ça assez lourdingue pour ma part.
Bref, peut-être un peu trop d'envolées lyriques pour moi, mais il y a des phrases qui restent jolies et des images qui m'ont plu (le seul souci c'est qu'à cause d'une surenchère, elles se perdent dans le tas, je trouve, ces belles images).
Ce fut une lecture agréable donc, moi, je te conseillerai juste d'élaguer un peu.
Voilà  :mafio:
"Je crois qu'il est de mon devoir de laisser les gens en meilleur état que je ne les ai trouvés"
Kennit, Les Aventuriers de la Mer, Robin Hobb.

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Re : Des flocons pour Edwige.
« Réponse #2 le: 27 Décembre 2013 à 22:31:53 »
Plop !

J'ai pas trop compris ce qui s'est passé dehors perso, et la fin.

Sinon ce fut une lecture sympathique même si j'ai trouvé ça un peu long. Euh je sais pas trop quoi dire en fait  :-¬?

Désolée de mon inutile passage : /

Bonne continuation ^^
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Dit un père béret basque à un jeune blouson d'cuir
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Hors ligne Musyne

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Re : Des flocons pour Edwige.
« Réponse #3 le: 27 Décembre 2013 à 23:48:09 »
@Ernya : merci de ton commentaire détaillé, comme toujours :)

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Elle se retourna, un sourire en banane illuminant son visage encore poupin parsemé de taches de rousseur.
un peu bizarre peut-être ? ce visage poupin
enfant on comprend depuis un moment qu'il s'agit d'une enfant donc "poupin" me semble être mis là juste pour le mot :/
Je l'avais imaginée plus vieille et puis finalement non  :-¬?

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Un jeune quarantenaire mal rasé se leva tant bien que mal du canapé dans lequel il était avachi, absorbé par un programme quelconque de télévision. Il se dirigea vers la fenêtre et posa une main épaisse sur l’épaule de sa fille.
sur lequel  ? (on n'est pas dans un canapé, si ? ou alors faudrait plutôt dire qu'il est comme enfoui peut-être)
Enfoui dans le canapé, oui, c'est exactement l'idée. J'avais pensé à absorbé par le canapé, même...

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et sa douche tiédeur l’enveloppait, protectrice, salvatrice.
bug ^^
Yeah ! Superbe  :D

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Aucune importance, rien n’avait aucune importance.
lourd ? utile? je me demande surtout si c'est correct "rien n'avait aucune importance"
Naaan  :-[

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Il fourragea dans son épaisse chevelure et baisa ses douces lèvres charnues desquelles un souffle tiède s’échappait pour se mêler au sien.
un peu lourde comme phrase ?
Mouip. Vais voir à la réécrire.

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Mais ressentir cette chaleur qui l’avait déserté était si réconfortant !
désertée ?
Non, pas ici.

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Il forgea dans son esprit chaque parcelle de peau de la silhouette fine de son ange évaporé,
ça fait un peu beaucoup comme compléments du nom
Oui. Mais comment, autrement ?

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La silhouette avança vers elle, ses pieds nus flottant sur le sol enneigé sans n’y laisser aucune empreinte.
je trouve ça chelou cette double négation avec "aucune"
Moi aussi, mais c'est techniquement correct, me semble  :/

J'ai modifié certaines choses par rapport à tes remarques mais je n'ai pas encore vraiment élagué le texte. J'attends d'éventuels autres retours et puis je laisse décanter aussi, pour voir ce que je pourrais modifier/enlever.
Merci ^^
Edit : Au final, j'ai fait pas mal de modif, dont la fin. Si tu repasses par là...  ;)

@Ambriel : c'est pas grave, merci d'être passée  :D
« Modifié: 28 Décembre 2013 à 00:32:16 par Musyne »

Eveil

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Re : Des flocons pour Edwige.
« Réponse #4 le: 17 Janvier 2014 à 20:48:27 »
hello !  ^^

Je suis d'accord avec ernya, j'ai eu un peu de mal avec ce côté mignonnesque poussé à l'extrême, ça m'a d'ailleurs rappelé les petites filles dans certains disney ou pixar ou autres, qui sont étudiées pour que chacun de leur dialogue, de leur mouvement, soit mignon. (là, pour le lien, ça serait la petite de l'âge de glace...mais en réalité j'ai aussi pensé à celle de monstres et cie :mrgreen:). Je sais que "petit" aide à renforcer cette dimension, mais là ya carrément excès lol, et puis je m'en suis rendu compte, et puis je m'amusais à les compter au lieu de suivre l'histoire  :mrgreen:, tiens flagrant délit :

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Les flocons poursuivirent leur danse silencieuse et s’amoncelèrent sur le petit corps qu’un sanglot agitait parfois. Cruels petits flocons, eux qui avaient éveillé en leur victime tant de bonheur auparavant ! Oh, nombreux étaient ceux qui mouraient en touchant les vêtements de la fillette, mais leur nombre sans cesse croissant eut raison des quelques miettes tièdes qui demeuraient. Parfois, Edwige les chassait de ses mains gantées, mais bientôt les gants furent entièrement mouillés et le froid mordit ses doigts potelés. Elle imaginait qu’elle se levait et marchait vers sa maison, qui était toute proche. Son père l’attendait sur le pas de la porte et lui ouvrait grand ses bras. Elle s’y précipitait, petite fille apeurée et frigorifiée, et sa douce tiédeur l’enveloppait, protectrice, salvatrice. Mais le plus souvent, elle l’imaginait, morne et vide, enfoncé dans le canapé. Il n’entendait pas ses petits poings qui tambourinaient sur la porte ni son appel désespéré.
bon, ça fait trois...mais en ajoutant ceux d'avant et d'après, ça pèse dans la balance :mrgreen:

Pour chipoter, ya "fifille"-nalement, et un passage avec adverbes et adjectifs en fois deux : "langoureusement..." (qui était lourd).

Donc pour moi, malgré les stratagèmes du "petit nez rose si mignon" et cette image "disnéique" que je trouve pas vraiment recherchée, ça marche assez bien. Ba sur l'écriture en elle-même, je vois pas trop ce qu'on peut reprocher, à part juste ces "petites" répétitions.  ;D  C'est propre comme du Musyne. Je préférerais moins, mais c'est complètement personnel.  :mrgreen:

Et puis bon, j'étais quand même content qu'elle soit pas vraiment morte à la fin. ^^

(ah, j'ai failli oublié une remarque mais genre super importante :
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Edwige s’envola.
mais Edwige est une chouette, donc rien d'anormal !   gnahahahaha)

a+ !

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Re : Des flocons pour Edwige.
« Réponse #5 le: 17 Janvier 2014 à 21:55:37 »
Je suis un peu embêté chère Musyne car bien que je sois contraint d'admettre que ton écriture est précise et prenante, grâce à un vocabulaire bien choisit, une intrigue solide et rondement bien mené, je dois admettre que l'excès de guimauve m'a quelque peu écœuré.  La subjectivité du narrateur sur le petit nez rose de la petite Edwige ou les petit doigts potelés, c'est un peu trop pour moi... C'est une question de gout en vérité, et je fais partie de ces gens qui n'aiment pas trop les sucreries. J'aime le salé, l'acide, le piquant, et même le cramé parfois, et  ton texte est beaucoup trop emplit de bons sentiments pour moi, même si j'avoues ne pas être totalement opaque à ton univers (étant plutôt ouvert d'esprit).

Le fait est que certains aiment Disney, d'autres les films d'horreur, certains boivent de la Guiness, d'autre du panaché, certains aiment le blues rocailleux, d'autre la pop lisse, disons que c'est très manichéen, mais je fais partie de la première partie, le côté obscure de la force comme dirait un type asthmatique dans un film quelconque.

En tout cas la qualité est là, et je sais que ça plaira à beaucoup de gens, mais c'est trop enfantin pour moi, après tout c'est un conte...

Je suis presque désolé de ne pas avoir accroché à ton texte, écris donc un truc glauque un de ces quatre, pour les tarés du côté obscure de la force !

Bonne continuation.
« Modifié: 17 Janvier 2014 à 22:01:58 par vinksdarkso »
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Re : Des flocons pour Edwige.
« Réponse #6 le: 17 Janvier 2014 à 22:10:22 »
Euh, c'est pas parce qu'on aime Disney qu'on aime forcément les textes un peu "mignon" tout comme on peut aimer Tarantino et ne pas accrocher à un texte gore, la littérature et le cinéma, c'est quand même pas exactement la même chose... et on peut aimer Disney et Tarantino parce que ce sont deux choses différentes et que nous sommes des êtres riches et complexes  ^^

edit : ça se voit que tu ne me connais pas parce que si tu penses que je suis en train de te reprocher de faire une critique critique... ça serait l"hôpital qui se fout de la charité, j'ai le monopole des critiques critiques  :mrgreen:
Non, non, je trouvais juste dommage que tu sous-entendes qu'à la base, y a ceux qui aiment le sucré et ceux qui aiment l'acide comme si une seule et même personne était incapable d'aimer le sucré et l'acide. Je suis intimement convaincue que tout dépend du texte et non pas du thème^^
« Modifié: 17 Janvier 2014 à 23:10:46 par ernya »
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Re : Des flocons pour Edwige.
« Réponse #7 le: 17 Janvier 2014 à 22:19:40 »
Pour ça que j'ai mis que c'était un peu manichéen en guise d'autocritique, et que cela plairai surement à beaucoup (étant donné que le texte est de bonne qualité objectivement) chacun ses préférences, en l'occurrence, je préfère Tarantino. Une critique peut parfois être critique...
« Modifié: 17 Janvier 2014 à 22:24:15 par vinksdarkso »
"La fiction, c’est la part de vérité qu’il existe en chaque mensonge." Stephen King

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Re : Des flocons pour Edwige.
« Réponse #8 le: 17 Janvier 2014 à 23:27:39 »
Hey, merci pour votre passage, Messieurs !

Oui, c'était un texte fait pour être cromeugnon à l'excès, j'avais envie de guimauve et de trucs choupinous, ce qui m'arrive parfois.
J'apprécie tout autant un Disney qu'un Tarantino - voire plus trash mais Tarantino rhaa  :coeur: 
Je préfère la Guinness au panaché en vrai, mais je ne crache pas sur un demi-fraise :D

Il n'est pas improbable que j'écrive un truc sombre, glauque voire gore un jour, mais j'avoue qu'en ce moment, je me plais bien dans les univers bleu bonbon. Puis j'avais la musique qui allait avec pour le coup. Je testerai en écrivant avec du Rammstein en fond, tiens  :-\

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C'est propre comme du Musyne.
:D

C'est gentil d'avoir lu et commenté, en tout cas, malgré le trop plein de mièvrerie ^^

 


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